dimanche 18 février 2007 à 01:31
"La mort de Papon ne tourne pas la page de ses crimes"Après l'annonce du dècès de l'ancien collaborateur, Marie-George Buffet a estimé qu'il a "bénéficié jusqu'à sa mort d'un traitement de faveur".
Pour Arno Klarsfeld, la mort de Maurice Papon est "anecdotique, sauf pour sa famille".Marie-George Buffet, candidate PCF à la présidentielle, a affirmé samedi que "la mort de Maurice Papon ne tourne pas la page de ses crimes", après l'annonce du décès du haut fonctionnaire condamné pour complicité de crime contre l'humanité. "Il aura fallu près de 60 ans pour qu'il réponde de l'envoi de milliers de juifs dans les camps de la mort. Si tardivement condamné pour ces crimes contre l'humanité, il aura bénéficié jusqu'à sa mort d'un traitement de faveur", a-t-elle déclaré dans un communiqué.
"Il disparaît alors que la République n'a jamais eu le courage de reconnaître sa responsabilité comme préfet de police dans le massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961, ni dans la mort de neuf manifestants le 8 février 1962 au métro Charonne", ajoute-t-elle. "Ce soir, c'est à ces victimes que je pense. Justice doit encore leur être rendue", conclut Marie-George Buffet.
Pour Me Arno Klarsfeld, l'un des avocats des parties civiles au procès de l'ancien fonctionnaire de Vichy, la mort de Maurice Papon est "anecdotique, sauf pour sa famille". "Ce qui a compté pour nous c'est la condamnation à 10 ans de prison par la cour d'assises de Bordeaux", a-t-il ajouté. "Cette condamnation représentait une grande victoire. Elle a été emblématique car, à travers lui, c'est toute la haute fonction publique de Vichy qui a été condamnée", a-t-il dit encore. Interrogé sur sa remise en liberté en 2002 pour raisons de santé et sur la controverse suscitée, Me Klarsfeld a répondu que Maurice Papon a "bénéficié toute sa vie de protections, même après sa condamnation. Il aurait pu faire deux ans de prison de plus, mais le fait qu'il soit allé en prison nous satisfait pleinement".
"Pas réussi à réintégrer le bourreau dans l'humanité"
"Il a payé. Malheureusement il n'est resté que 3 ans en prison, dans une prison dorée", a pour sa part déploré, sur LCI, Michel Slitinsky, porte-parole des victimes de Maurice Papon. Celui-ci "porte sur ses épaules la responsabilité de 1.600 arrestations, dont 250 enfants", a-t-il ajouté. "Pour les enfants, il aurait pu faire un effort, dissimuler les listes dans son tiroir. Il ne l'a pas fait. Il est allé à l'extrémité de ses possibilités", a-t-il souligné.
Me Gérard Boulanger, l'avocat de 27 parties civiles au procès de Maurice Papon à Bordeaux, a regretté samedi que le procès n'ait pas "réussi à réintégrer le bourreau dans l'humanité". "Il est resté muré dans son mépris et sa morgue et n'a jamais admis ce qu'il avait fait", a-t-il souligné. "Le seul sentiment d'échec qu'on peut avoir c'est qu'on n'a pas réussi à lui faire comprendre ce qu'il avait fait", a-t-il ajouté. Gérard Boulanger avait déposé le 8 décembre 1981 à Bordeaux la première plainte contre Maurice Papon.
Juliette Benzazon, 77 ans, partie civile au procès de Maurice Papon à Bordeaux pour douze des siens, a également gardé le souvenir d'un homme "qui n'a pas voulu reconnaître, qui n'a pas voulu demander pardon". "Il n'a eu aucun remord, il se disait fonctionnaire", a-t-elle ajouté. "Il a vécu bien tranquille, maintenant il est mort", a-t-elle poursuivi. "Je suis très malade, je priais le bon dieu de ne pas mourir avant lui".
http://tf1.lci.fr/infos/france/societe/0,,...ge-crimes-.html
Ce message a été modifié par dav55 - dimanche 18 février 2007 à 01:38.