Mai 68, 40 Ans Apres

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jeudi 20 mars 2008 à 23:44
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Mai 68 a été un grand bouleversement dans les mœurs des sociétés dites "occidentales".

Que ce soit en Allemagne, aux États-Unis, en Tchécoslovaquie, au Japon, en Italie, au Mexique ou au Brésil, les révoltes 68ardes ont eu un impacte très important, selon moi, sur la géopolitique du monde.

Je ne suis pas connaisseur, et j'aimerais avoir l'avis de spécialistes en histoire.



Ce message a été modifié par bubuledement - jeudi 20 mars 2008 à 23:51.
vendredi 21 mars 2008 à 00:11
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bubuledement
jeudi 20 mars 2008 à 23:44
Mai 68 a été un grand bouleversement dans les mœurs des sociétés dites "occidentales".

Que ce soit en Allemagne, aux États-Unis, en Tchécoslovaquie, au Japon, en Italie, au Mexique ou au Brésil, les révoltes 68ardes ont eu un impacte très important, selon moi, sur la géopolitique du monde.

Je ne suis pas connaisseur, et j'aimerais avoir l'avis de spécialistes en histoire.




Un mois exceptionnel inoubliable.

Un souffle de liberté.

La seule fois de ma vie ou jais eu l’impression que ma petite personne pouvez influencé la politique et beaucoup d’autre chose en France.

Tout n’était pas clair encore dans nos revendications.

Il y a l’avant et l’après.

Ceux qui ont critiqués l’après ne savent pas ce que c’étais avant. 32% d’augmentation de salaire et une avancé sur les classifications que cela a fait du bien.


vendredi 21 mars 2008 à 00:31
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BOF !

qques avancées
-le samedi matin de libre
-12% d'augmentation

pour le reste
-beaucoup de discusion au quartier latin,quand la fumée des lacrymo etait dissipée
-un grand rassemblement syndical

et en definitive ,l'instauration d'une permissivité,
"il est interdit d'interdire"
qui au final a peut etre été trop forte

voila ce que pour moi resume mai 68
samedi 22 mars 2008 à 22:10
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Sans nom
-
--
"il est interdit d'interdire"




Tout le monde attribue cette phrase aux soixante-huitards , mais c'est Jean Yanne qui a lancé cela dans son émission du dimanche matin , sur Europe 1.

Edit .

A propos , aujourd'hui on fête les 40 ans du début des évènements de 68 , qui ont débutés en Mars à Nanterre .


Ce message a été modifié par Okomarac - samedi 22 mars 2008 à 22:14.
samedi 22 mars 2008 à 23:23
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et qui a commencé dès 1965 au USA
dimanche 23 mars 2008 à 00:01
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Mai 68 reste essentiellement l'affirmation politique d'une jeunesse issue de la société de consommation. Paradoxalement, à l'époque, cette jeunesse disait rejetter cette société et invoquait la Commune, 17, 36... bref "le grand soir" prolétarien et tout le tremblement.

En fait, 68, échec quasi total, a tué l'idée même de révolte et l'espérance de ce grand soir... elle a permis à l'ex-jeunesse de l'époque de prendre le pouvoir autour de Mitterrand en 81... et de ne toujours pas le lâcher, 40 ans après. 68 permet à ces anciens combattants sans guerre de se revendiquer toujours "dans le coup": une sorte de jeunisme perpétuel, même au-delà de l'âge de la retraite.
dimanche 23 mars 2008 à 10:27
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Histoire de France - Mai 68 a débuté... le 22 mars


Au soir du 22 mars, à la fac de Nanterre, un groupe d'étudiants est arrêté pour avoir protesté contre l'interpellation d'étudiants hostiles à la guerre du Vietnam.
Les buts "révolutionnaires" du "Mouvement du 22 mars" sont aussi flous que les causes du malaise étudiant.


http://tf1.lci.fr/infos/sciences/histoire/...bute-mars-.html

Il y a quarante ans jour pour jour, démarrait... Mai 68. Deux mois avant le mouvement d'ampleur qui a secoué la France plusieurs semaines durant, sa genèse prend forme à la fac de Nanterre, au soir du 22 mars. Des étudiants progressistes occupent le campus de leur fac, pour protester contre l'interpellation d'étudiants hostiles à la guerre du Vietnam. Ils sont environ 300 à se réunir dans un amphithéâtre. Puis ils occupent la tour administrative de l'université installée sur des terrains vagues, derrière le nouveau quartier d'affaires de la Défense.

Sur les murs, leur premier slogan fleurit : "Non à l'Université bourgeoise". "C'était la première occupation de fac en France", se souvient l'architecte Roland Castro, alors responsable de l'Union des jeunes communistes marxistes-léninistes de Nanterre. Les cours sont suspendus jusqu'au 1er avril pour éviter l'occupation de la faculté, annoncée pour le 29 mars. Les étudiants se replient sur la Sorbonne et y occupent le grand amphithéâtre. Le 2 mai, après plusieurs incidents sur le campus, Nanterre est fermée. Le 3 mai, la Sorbonne est évacuée par les forces de l'ordre. De violents incidents éclatent dans la nuit suivante au Quartier Latin qui se soldent au matin par 600 interpellations.

Les buts "révolutionnaires" du "Mouvement du 22 mars" sont aussi flous que les causes du malaise étudiant, celui d'une génération de l'après-guerre qui remet en cause la société de consommation, fille de la prospérité économique. Installée dans la croissance et la monarchie gaullienne, "la France s'ennuie" alors et ses étudiants en nombre croissant rêvent de révolution et de liberté. Ils commencent par abattre les séparations entre les cités universitaires des filles et des garçons. Mai 68 est en route...



dimanche 23 mars 2008 à 10:29
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Mai 68 en France: un défi à toutes les formes d'autorité

http://www.20minutes.fr/article/220924/Mai...-d-autorite.php

Les événements de mai 68 ont constitué un défi souvent joyeux à toutes les formes d'autorité dans une France en pleine croissance mais aux structures encore rigides, soulignent divers experts ou acteurs de la période.
"L'anti-autoritarisme est une composante essentielle du mouvement de Mai 68", considère Patrick Rotman, auteur de plusieurs livres et documentaires sur ces événements. "Il s'élève contre la rigidité de tous les appareils verticaux et des institutions qui structurent et encadrent traditionnellement la société: le pouvoir politique, l'école, l'entreprise, l'Eglise", ajoute Rotman, à l'époque jeune étudiant trotskiste.

Cela avait un côté "joyeux et rigolo" même si cela comportait "une part de violence" et que cela aurait pu "basculer dans quelque chose de terrible" lors des émeutes du 24 mai, note-t-il.

Mai 68, "c'est la révolte contre les pères, contre la société traditionnelle", souligne Sharon Elbaz, commissaire de l'Historial Charles de Gaulle qui retrace notamment les dernières années de présidence du général de Gaulle.

La sphère privée a été particulièrement influencée par les événements de mai. Dans les années 1960, "les relations homme/femme, parents/enfants étaient encore très figées, très archaïques. Ces cadres rigides, qui subissaient déjà quelques craquements, ont explosé en mai-juin et surtout après", indique à l'AFP Michelle Zancarini, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Lyon I.

Jusqu'en 1965, les femmes mariées n'avaient pas le droit d'ouvrir un compte en banque ni de travailler sans l'autorisation de leur époux.

Dans la foulée de mai 68, seront votées plusieurs lois importantes pour les couples: autorité parentale partagée (1970), réforme du divorce (1975), légalisation de l'avortement (1975), souligne Mme Zancarini.

"La façon d'éduquer les enfants change totalement", ajoute cette historienne. L'enfant est désormais considéré comme une personne à part entière, autorisé à s'exprimer à table, à prendre la parole.

Dans l'enseignement, les figures du mandarin ou du maître tout puissant sont particulièrement contestées.

Les lycéens remettent des cahiers de doléance où ils réclament de pouvoir avoir des délégués de classe, des carnets de correspondance ainsi que la mixité des classes. Celle-ci deviendra obligatoire pour le primaire et le secondaire en 1975.

En 1970, les "surveillants généraux", souvent perçus comme des adjudants sont remplacés par les conseillers d'éducation soucieux d'"animer" et d'"éduquer", rappelle Muriel Darmon, chercheuse au CNRS, dans une étude sur l'évolution de la discipline dans un lycée de province entre 1940 et 1970.

Le patronat autoritaire ou paternaliste est remis en cause. "Dans près d'un quart des entreprises en grève, les ouvriers réclament plus de considération de la part de leurs contremaîtres et la question du pouvoir dans l'entreprise est au centre des discussions", souligne Patrick Rotman.

Le terme d'autogestion apparaît en 1968. Le concept, porté par la CFDT, connaîtra son heure de gloire dans les années 1970, notamment avec la reprise du fabricant de montres Lip par ses salariés en 1973.

Dans certaines entreprises, "le management a récupéré les revendications sur l'autonomie pour réorganiser le processus de travail", relève Michelle Zancarini. Les postes de travail sont ainsi éclatés en petites unités.

"Après mai 1968, les rapports de pouvoir n'ont pas disparu mais ils se sont modifiés. On impose moins, on discute, on informe, on négocie davantage, dans la famille, au sein du couple, au lycée, dans l'entreprise, dans la cité", estime Henri Weber, un "ancien" de 68, dans un essai intitulé "Faut-il liquider mai 68?" (Seuil).





lundi 24 mars 2008 à 13:48
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Outre l'importance du mouvement social en France avec la grève générale, dont le résultat fut des augmentations de salaires, mai 68 fut aussi le point de départ d'une revolution des moeurs et des comportements notamment concernant les femmes, une liberté accrue et des tabous qui tombent je pense à l'IVG avec une loi votée quelques années plus tard.
lundi 24 mars 2008 à 22:17
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Express
dimanche 23 mars 2008 à 00:01
Mai 68 reste essentiellement l'affirmation politique d'une jeunesse issue de la société de consommation.




societe de consommation ;avant 68.qui a pu te raconter cela;
et de plus les etudiants etaient tres minoritaire dans la jeunesse a cette epoque



Express
dimanche 23 mars 2008 à 00:01
En fait, 68, échec quasi total, a tué l'idée même de révolte et l'espérance de ce grand soir... elle a permis à l'ex-jeunesse de l'époque de prendre le pouvoir autour de Mitterrand en 81... et de ne toujours pas le lâcher, 40 ans après. 68 permet à ces anciens combattants sans guerre de se revendiquer toujours "dans le coup": une sorte de jeunisme perpétuel, même au-delà de l'âge de la retraite.





et pourquoi faudrait'il que cette generation se taise aujourd'hui,je pense que ta notion de jeunisme est reductrice et que tu envoi tous les "anciens " . . . .
lundi 24 mars 2008 à 22:26
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paco85
vendredi 21 mars 2008 à 00:31
societe de consommation ;avant 68.qui a pu te raconter cela;
et de plus les etudiants etaient tres minoritaire dans la jeunesse a cette epoque
et pourquoi faudrait'il que cette generation se taise aujourd'hui,je pense que ta notion de jeunisme est reductrice et que tu envoi tous les "anciens " . . . .




La société de consommation? Relis Morin et Lefebvre... ils la théorisent dès les années 50. La France gaulliste est en pleine prospérité, pour la première fois les jeunes ont des loisirs... et du pouvoir d'achat autonome, d'où l'explosion de la culture jeune (rock, ciné, BD etc).

Cette jeunesse qui s'autonomise peu à peu va chercher en 68 à s'affirmer politiquement... mais en utilisant des vieux concepts.

Alors oui, tu as raison, cette société n'en était qu'à ses débuts. Oui, aussi, les étudiants étaient encore minoritaires... mais ils ont été les porte-paroles d'une génération, et ont ouvert la voie à ce qui s'est passé derrière.

Cette génération n'a pas à se taire... de toute façon, elle ne l'a jamais fait. Mais je souligne juste l'ironie de cette génération qui s'est bâtie sur le slogan "la jeunesse au pouvoir" et qui, 40 ans après, s'accroche à ce pouvoir qu'ils ont voulu arracher à leurs pères... sans vouloir le transmettre à leurs fils.
lundi 24 mars 2008 à 22:30
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Moins de libertés depuis.
Plus d'enfants à coté de leur pompes.
Plein de diplômés sans qualification professionnelle.
Autant d'escrocs au parlement.
Plus de grandes surfaces au racket de la bouffe.
Des maisons partout dans la compagne, plus de paysage sans un toit de merde dans l'horizon.
Des profs et des instits qu'il faut materner tellement ils sont dépassés.
Des parents démissionnaires qui croient que ces feignants de profs vont élever leurs enfants !
Bac +3 pour être gardien de square (après concours).

Allez les jeunes vous connaissez les risques, c'est votre futur qui se joue.
Et vous serez compris, la France ayant perdu une demi douzaine de guerre depuis 1870 vous avez bien le droit de perdre la votre à vous !
(sérieux la France n'en a gagné aucune)

lundi 24 mars 2008 à 23:39
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Express
dimanche 23 mars 2008 à 00:01
La société de consommation? Relis Morin et Lefebvre... ils la théorisent dès les années 50. La France gaulliste est en pleine prospérité, pour la première fois les jeunes ont des loisirs... et du pouvoir d'achat autonome, d'où l'explosion de la culture jeune (rock, ciné, BD etc).




La France gaulliste est en pleine prospérité : qui dans la france gaulliste?
du pouvoir d'achat autonome :tu as du rever,as tu une idée des salaires a cette epoque
pour le rock je suis d'accord



Express
dimanche 23 mars 2008 à 00:01
Alors oui, tu as raison, cette société n'en était qu'à ses débuts. Oui, aussi, les étudiants étaient encore minoritaires... mais ils ont été les porte-paroles d'une génération, et ont ouvert la voie à ce qui s'est passé derrière.




porte paroles ,certainement pas.les premiers a parler oui,mais sans le mouvement ouvrier qui suivi qu'en serait il resté?



Express
dimanche 23 mars 2008 à 00:01
Cette génération n'a pas à se taire... de toute façon, elle ne l'a jamais fait. Mais je souligne juste l'ironie de cette génération qui s'est bâtie sur le slogan "la jeunesse au pouvoir" et qui, 40 ans après, s'accroche à ce pouvoir qu'ils ont voulu arracher à leurs pères... sans vouloir le transmettre à leurs fils.




cela ne concerne qu"un petit nombre d'individu du monde politique
mercredi 26 mars 2008 à 12:03
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Qui étaient les gauchistes en 1968 ?

Les « événements de Mai-68 » ayant en réalité commencé le 22 mars de la même année à Nanterre, ce samedi aurait dû être commémoré comme le quarantième anniversaire du début de ce gigantesque happening étudiant qui sera bientôt rejoint par la plus grande grève qu’ait jamais connu la France. C’est à cette occasion que le grand public entendra pour la première fois parler des « gauchistes » terme qui, encore aujourd’hui, reste relativement mystérieux. Pour contribuer à faire revivre ce moment particulier de l’histoire de France, cet article a pour ambition d’en faire un panorama succinct et... largement subjectif.

Qualifié en son temps de “maladie infantile du communisme” par Lénine, le gauchisme des années 70 se compose d’un ensemble d’organisations et de groupuscules que l’on peut tenter de classer en trois tendances principales : les trotskistes, les maoïstes et les anarchistes.

Les trotskistes

La grande affaire des trotskistes, qui sont aussi anciens que Trotsky lui-même (qui a eu dès le début ses partisans), c’est leur opposition au choix effectué par Staline en faveur de la révolution dans un seul pays, qui a eu pour conséquence l’inféodation et l’instrumentation de tous les partis communistes du monde, à commencer par le PCF, à la politique étrangère de l’URSS. La plupart des organisations trotskistes en France sont issues du mouvement communiste.

On trouve d’abord le déjà ancien PCI (plus tard OCI et actuellement “Parti des travailleurs” dont le dirigeant historique est un certain « Lambert » [1], récemment décédé, d’où l’appellation de “Lambertisme” pour ce courant). Ce groupe assez mystérieux du fait de sa quasi-clandestinité a fait l’objet de beaucoup de fantasmes. Très professionnel et d’une rare efficacité, obsédé par l’auto-épuration, spécialisé dans « l’entrisme » au sein d’organisations de masses diverses (les syndicats, notamment à FO et à la FEN, mais aussi les francs-maçons ou les libres penseurs), il a retenu l’attention des médias lorsque l’on a su que Lionel Jospin en aurait plus ou moins fait partie dans sa jeunesse.

Lutte ouvrière (LO) est une organisation inclassable et exclusivement française qui a longtemps végété d’une manière très isolée en développant une culture littérale et quasi-mystique de Trotsky, et pour qui le monde s’est figé en 1939, date des derniers écrits du maître. Pour les soixante-huitards, LO ce n’est pas tant Arlette Laguillier, que leur fête annuelle de Presles qui a constitué un point de rassemblement régulier, avec quelques autres comme le Larzac.

Le parti trotskiste qui a été le plus en vue ces années-là dans les luttes est sans doute la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) qui eut dès cette époque Alain Krivine comme dirigeant (qui s’efface maintenant au profit d’Olivier Besancenot). Considérée comme un peu moins dogmatique que LO, la LCR s’intéressait essentiellement aux syndicats, seules organisations légitimes, à ses yeux, de la classe ouvrière.

De la LCR est issu le groupuscule Révolution, alias REVO. Ce mouvement se distinguait de la LCR par une plus grande attention aux “mouvements de masse” et, à ce titre, s’est beaucoup plus investi, par exemple, dans le féminisme ou la lutte des paysans du Larzac. Ce groupuscule fusionnera au bout de quelques années avec la GOP (Gauche ouvrière et paysanne) qui, elle, est issue du maoïsme, pour donner naissance à l’OCT actuelle (Organisation communiste des travailleurs).

Qu’y a-t-il de commun à ces groupes ? D’abord, et il ne faut pas l’oublier, une adhésion complète au marxisme et au léninisme, donc aux concepts de la lutte des classes, de l’avant-garde de la révolution prolétarienne, de la valeur-travail et tout le fourniment ; mais aussi une critique radicale du PC (dit “Stalinien”) et de ce qu’il a fait de l’URSS. « Au fond, le message trotskiste est simple : la révolution est possible, et si l’on analyse les causes de son échec en URSS, on comprend qu’elle ne peut pas se faire avec le Parti communiste. » (Dixit un ancien trotskard de mes amis...)

Les trotskistes malgré leur éclatement, même lorsque le nombre de leurs militants est très faible, restent des groupes très structurés, et avec une pensée à peu près “identifiable” puisque l’on dispose des écrits de Trotsky. En raison de leur côté très organisé (avec notamment l’entraînement à la clandestinité, les pseudonymes, l’apprentissage des mouvements de rue, de l’agit-prop), même avec le recul, il est difficile de les trouver vraiment « folkloriques », tant ils avaient des fonctionnements proches de ceux des sectes. Malgré une rude concurrence avec LO, et dans une moindre mesure à peu près tous les mouvements gauchistes, on attribuera probablement la palme du sectarisme aux lambertistes (vase clos, culpabilisation, glorification, endoctrinement, discipline, encadrement, cotisations gigantesques : 10 % du salaire minimum. On y notera avec amusement deux causes immédiates d’exclusion : fumer un pétard et suivre une psychanalyse...)

Les maoïstes

Chez les maoïstes, par contre, on trouve de tout, et il est encore plus difficile d’en dresser un paysage à peu près fidèle.

Le terme “mao” recouvre, en fait, la plupart des tendances et groupes gauchistes qui n’étaient pas trotskistes.
Contrairement à ce qui s’est produit avec l’URSS vis-à-vis des Partis communistes “frères”, le PC chinois n’a jamais soutenu, aidé ou dirigé aucun des groupuscules qui se réclamaient en France du maoïsme. On trouve chez ces gauchistes la fascination pour “la révolution culturelle” menée par Mao, et qui va rencontrer un certain écho auprès de ceux qui cherchent essentiellement à combattre le capitalisme sur le terrain de l’idéologie, de la culture. Ils sont favorables à la “spontanéité des masses” par opposition aux organisations structurées et préfèrent créer des “groupes d’action” ou des “coordinations” plutôt que de s’investir dans des syndicats (on les appelle d’ailleurs pour cela, par dérision, les “Mao-Spontex”). Ceux-là ont une attitude vis-à-vis des partis de gauche beaucoup plus radicale encore que les trotskistes, les mettant tous dans le même sac, allant jusqu’à considérer le PC et les syndicats noyautés par le PC comme les chiens de garde du capitalisme. Le mouvement le plus connu qui s’en réclame est la GP (Gauche prolétarienne) dont le dirigeant de l’époque a été Alain Geismar. La GP a bénéficié à maintes reprises du soutien actif et militant de J. P. Sartre. Ce sont aussi des membres de la GP qui sont à l’origine du journal Libération.

Il est à noter que ce mouvement, un peu avant les années 80, s’est interrogé sur l’opportunité de basculer dans le terrorisme sur le modèle des Brigades rouges italiennes et de la “Bande à Baader” en Allemagne, avant d’y renoncer et de s’auto-dissoudre. Seule une toute petite fraction a créé sur ses cendres les NAPAP (Noyaux armés pour l’autonomie populaire) puis, dans la foulée, “Action directe” qui s’est illustrée par de véritables actions armées et quelques attentats particulièrement sanglants entre 85 et 86, en particulier l’assassinat de Georges Besse, le PDG de Renault et du général Audran, responsable des affaires internationales au ministère de la Défense. Quatre d’entre eux seront arrêtés en 1987, condamnés à perpétuité et soumis à un régime pénitentiaire extrêmement dur dénoncé régulièrement par diverses associations et la Cour européenne des droits de l’homme. Il s’agit de Joëlle Aubron, Nathalie Ménigon, Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani. Joelle Aubron, atteinte d’un cancer, a été libérée pour des raisons de santé, elle est récemment décédée. Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon bénéficient depuis peu d’un régime de semi-liberté, seul Georges Cipriani est encore en prison. [2]

Un autre thème du maoïsme est de mettre sur un pied d’égalité les paysans et les ouvriers comme moteurs de la révolution (“Marcher sur ses deux jambes”), alors que ces derniers sont privilégiés dans le léninisme classique.

A côté de ces maoïstes dits “Spontex” il y a les “Mao-Stals” qui ont la particularité d’être les seuls “gauchistes”à se réclamer de l’héritage stalinien, et qui considèrent, par exemple, que la période de légère décrispation de l’URSS sous Khrouchtchev est une trahison pure et simple de la révolution ! Il convient de noter, en effet, que contrairement à l’URSS, la Chine n’a jamais procédé à une quelconque “déstalinisation”. On trouve dans ce courant très bizarre la GOP (Gauche ouvrière et paysanne) et leur alliance avec Revo pour former l’OCT laisse rêveur...
Les Mao-Spontex sont peut-être les plus représentatifs de l’esprit de Mai-68, à la fois radical, imprévisible, bouillonnant et capable du pire comme du meilleur, mais c’est juste une impression personnelle. Il est à noter que, si bien peu parmi les gauchistes ont réellement lu Trotsky, pour les maoïstes la situation est beaucoup plus simple : il n’y a rien à lire, à moins de considérer les célèbres “Pensées” du Grand Timonier et son « petit livre rouge » comme de la doctrine politique, ce qui est à l’évidence très exagéré.

Les anarchistes

Ceux-là aussi existent sous des formes diverses depuis le XIXe siècle. Ce sont le plus généralement des individualistes qui ont comme objectif la disparition de l’État et qui développent un discours sur l’autonomie, l’autogestion, l’antimilitarisme et l’anticléricalisme (“A bas l’État, les flics et les patrons/curés...”). Ils disposent de plusieurs “organisations” [3]encore que le terme soit à utiliser avec précautions en ce qui les concerne : la Fédération anarchiste et la CNT qui, elle, prend sa source en Espagne avec le renouveau de l’anarchisme après Franco. Se réclament aussi vaguement de l’anarchisme des “autonomes” violents et à peu près incontrôlables dans les manifestations.

Mais, incontestablement, les anars les plus attachants et les plus originaux de cette époque ont été les Situationnistes. Il s’agit d’une avant-garde artistique et politique créée à la fin des années 50, qui voulait rendre la vie “intégralement poétique” et qui a fini par considérer que le prolétariat était le seul, à travers la révolution, en mesure d’atteindre un tel objectif. Les situationnistes, qui n’ont rien représenté comme poids sur le plan politique ont, en revanche, énormément contribué à l’imaginaire de Mai-68 à travers leurs slogans dévastateurs du genre “Il est interdit d’interdire” ou “Sous les pavés, la plage” et qui ont été largement diffusés au cours des événements.
Voici, à titre d’exemple, une citation de l’Internationale situationniste pour comprendre son rapport au militantisme organisé du gauchisme marxiste : “La révolution cesse dès l’instant où il faut se sacrifier pour elle. Ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre.”

Même s’il est difficile de les ranger sous l’étiquette “gauchistes” au sens marxiste du terme, il ne faut pas passer sous silence le rôle parfois important des chrétiens de gauche qui se sont exprimés à travers le syndicat CFDT, et qui ont souvent fréquenté le PSU [4] comme parti politique, mais qui ont aussi, comme à la fac de droit de Paris, été des organisateurs de la grève et de la contestation étudiante. Parmi les travailleurs, ils ont joué un rôle essentiel dans l’extraordinaire épopée des Lip à Besançon, dont l’un des leaders aux côtés de Charles Piaget, Jean Raguenès, était un prêtre-ouvrier dominicain...

Deux mouvements très importants attendront le début des années 70 pour se manifester et ne sont pas encore repérables en Mai-68, même s’ils en sont des prolongements directs : le féminisme et la pensée écologiste.

Il convient, enfin, d’expliquer que tous ces gauchistes ne représentaient au final qu’un très petit nombre de vrais militants et que les jeunes qu’ils parvenaient à mobiliser régulièrement dans des luttes diverses se disaient vaguement marxistes ou révolutionnaires, parfois chrétiens et révolutionnaires mais, au mieux, n’avaient lu que Le Manifeste du Parti communiste de Marx, peut-être quelques lignes de Lénine, Trotsky Rosa Luxembourg ou Bakounine, avaient vaguement entendu parler de Marcuse et de Reich, étaient un peu attirés par les beatnicks et les hippies ou les mouvement communautaires à la Lanza del Vasto et se promettaient d’éduquer leurs enfants façon “Summerhill”. Mais leur “gauchisme” était en réalité une sorte de fourre-tout contestataire, mélange d’utopie, de générosité, de violence assumée et de non-violence rêvée. Et l’appartenance à tel groupe plutôt que tel autre était bien souvent le fruit du hasard, d’une rencontre, d’un copinage...

[1] Il s’agit de son « pseudo », son vrai nom est Pierre Boussel

[2] J’ai toujours trouvé étonnante la proportion très élevée des femmes dans ces mouvements violents, que ce soit Action directe, l’ETA, les Brigades rouges ou la bande à Baader...

[3] Le « Mouvement du 22 mars » de D. Cohn-Bendit est à rattacher à cette mouvance

[4] Le PSU est un parti politique à l’histoire très complexe, né dans les années 60 autour des thèmes de l’anticolonialisme et de l’antigaullisme, dont le secrétaire général le plus célèbre a été Michel Rocard, et qui, à partir de 1968, est devenu un parti contestataire et autogestionaire. Il s’est auto-dissout en 1989

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=37866
jeudi 10 avril 2008 à 21:23
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J'ai vu un docu sur France 2 cette semaine. C'est dingue quand on pense que cela touchait le monde entier. L'année 68 a été vraiment très riche en événements historiques mais aussi pour les bouleversements sociaux qui ont permis les avancées que nous avons aujourd'hui.
samedi 12 avril 2008 à 09:02
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samedi 12 avril 2008 à 09:53
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Express
dimanche 23 mars 2008 à 00:01
Mai 68 reste essentiellement l'affirmation politique d'une jeunesse issue de la société de consommation.

Moi je suis pas sur...la majorité flairait quelquechose dans l'air et suivait.

En fait, 68, échec quasi total, a tué l'idée même de révolte et l'espérance de ce grand soir... elle a permis à l'ex-jeunesse de l'époque de prendre le pouvoir autour de Mitterrand en 81... et de ne toujours pas le lâcher, 40 ans après. 68 permet à ces anciens combattants sans guerre de se revendiquer toujours "dans le coup": une sorte de jeunisme perpétuel, même au-delà de l'âge de la retraite.




Surement vrai pour une infime minorité. Daniel Cohn Bendit, Tariq Ali etc.
Pour le jeunisme perpetuel qui semble t'exasperer, je te souhaite aussi de prendre la vie à bras le corps passer la cinquantaine.



Express
dimanche 23 mars 2008 à 00:01
La société de consommation? Relis Morin et Lefebvre... ils la théorisent dès les années 50. La France gaulliste est en pleine prospérité, pour la première fois les jeunes ont des loisirs... et du pouvoir d'achat autonome, d'où l'explosion de la culture jeune (rock, ciné, BD etc).




Si ceux qui n'ont pas vécu 68 en France, ou ailleurs, veulent comprendre je suggère qu'ils posent des questions au vieux qui l'ont vécu. A moins qu'ils veulent écrire leur thèse là dessus. A ce moment là, je te fais confiance, Morin et Lefebvre sont surement indispensable.
Pour la culture jeune, je plussoie - délire totale!


Autolyse
lundi 24 mars 2008 à 22:30
Moins de libertés depuis.
Plus d'enfants à coté de leur pompes.
Plein de diplômés sans qualification professionnelle.
Autant d'escrocs au parlement.
Plus de grandes surfaces au racket de la bouffe.
Des maisons partout dans la compagne, plus de paysage sans un toit de merde dans l'horizon.
Des profs et des instits qu'il faut materner tellement ils sont dépassés.
Des parents démissionnaires qui croient que ces feignants de profs vont élever leurs enfants !
Bac +3 pour être gardien de square (après concours).




Tristement vrai sad.gif

Mais je trouve que c'est possible que la France étant le déclencheur de beaucoup de ce qui a suivi, a suffisament de mérite comme ça. En tout cas, pour nous à Londres, Paris était LA référence en matière de la prise de consience politique. Avant Mai 68 beacoup de jeunes pensaient que la politique se résumer à recracher ce qu'ils avaient entendu à la table de leurs parents.


bubuledement
jeudi 20 mars 2008 à 23:44
J'ai vu un docu sur France 2 cette semaine. C'est dingue quand on pense que cela touchait le monde entier. L'année 68 a été vraiment très riche en événements historiques mais aussi pour les bouleversements sociaux qui ont permis les avancées que nous avons aujourd'hui.




Je l'ai vu aussi. Les docs inédits étaient fascinants, mais dans l'ensemble je l'ai trouvé décousue. Pas d'effort à lier ces evenements de par le monde. malgré que j'aime b'coup J. Joplin je trouvais que de lui donner le mot de la fin était de tomber dans une genre de facilité qui voulait rien dire. Ceci dit j'ai beaucoup apprecié, service publique qui rendait service!
samedi 19 avril 2008 à 08:17
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1968/2008 : même(s) combat(s) pour la jeunesse ?



Drôle d'anniversaire pour Mai 68 : le vacarme des manifs lycéennes recouvre le ronronnement satisfait des babyboomers qui s'auto-célébrent. Etrange téléscopage historique pour la gauche en ce moment : les librairies et les plateaux télés sont envahis de bouquins sur Mai 68 – souvent vite écrits mal écrits - mais l'Histoire mord la nuque de leurs auteurs !

Drôle d'anniversaire donc, car cette commémoration est en double décalage avec la réalité sociale. D'abord, un triste constat : Mai 68 est, de décennie en décennie, caricaturé comme la révolte festive de quelques jeunes bourgeois énervés et éclairés contre une société ennuyeuse et conservatrice...Les ouvriers ? La grève massive ? Les avancées syndicales (par exemple, l'entrée de la section syndicale dans l'entreprise) ? Tout est effacé de l'imaginaire folklorique, collection d’affiches et de photos du Quartier Latin... Le second décalage inquiétant est celui qui sépare le non-évènement qu'est le 40e anniversaire de Mai 68 de la mobilisation sociale et de la colère des lycéens. Sarkozy voulait liquider Mai 68 ? Inutile, les « soixante-huitards » l'ont momifié ! Quel contraste saisissant entre les inexpugnables babyboomers médiatiques (une quinzaine tout au plus, de Romain Goupil à André Glucksmann), chantres d'une révolution qui n'en fut pas une, et les jeunes qui se battent pour leur droit à l'éducation ! Les premiers pratiquent la lutte des classes d’âges quand les seconds combattent pour une meilleure solidarité entre générations.

Le hiatus n'est pas fortuit et illustre bien le fossé immense qui sépare une génération de celles qui lui ont succédé. Les enfants du baby-boom ont grandi dans une France sans guerre, avec le plein-emploi, l’Etat providence et la « parenthèse enchantée » de la libération sexuelle...Leurs enfants et petits-enfants doivent affronter la peur du SIDA, le chômage, le descenseur social, et le climat anxiogène des sociétés contemporaines, obsédées par le terrorisme dans un monde sans sécurité collective.

Pour la première fois dans notre Histoire en période de paix, une génération vit moins bien que celles de ses aînés. Mal-logement, chômage, ségrégation scolaire, ghettos urbains, surendendettement : tout indique que notre société ne se soucie plus de sa jeunesse. Le « jeune » (désigné sous un vocable unique) est devenu, dans les représentations sociales, un danger : il est dénoncé comme individualiste, allergique à l’effort et parfois violent, à tel point qu’on en vient à l’éloigner comme un nuisible au moyen d’ultrasons… Peu importe que les jeunes s’investissent massivement dans la vie associative, affrontent courageusement la galère quotidienne et travaillent plus pour gagner moins que les générations précédentes ! Ils sont oubliés les mots de Mitterrand : « Si la jeunesse n'a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort. » En sacrifiant ses jeunes, la France sacrifie son modèle social et, pire encore, son propre avenir.

Evidemment, comme le soulignait Bourdieu dans Questions de sociologie, la « Jeunesse » n’est pas un groupe social homogène : il n'y a rien de commun entre un jeune chômeur coincé dans une cage d'escalier du 9-3 et un jeune polytechnicien des beaux quartiers parisiens. Rien de commun entre ceux dont rien n’éclaire et ceux dont rien n’obscurcit l'avenir. Mais force est de constater que si la colère des jeunes explose régulièrement, des manifs lycéennes aux émeutes de banlieues, c'est que l'immense majorité craint cet avenir sombre que la société lui réserve. Xavier Darcos n’a pas compris ce malaise et reprend à son compte le vieux « Sois jeune et tais toi ! ». Pourtant, voir des lycéens manifester non pas contre une abstraite « autorité » mais contre des suppressions de postes d'enseignants et la dégradation de leurs conditions d'études : quel exemple de responsabilité et de maturité !

En cela, les jeunes dans les rues ces jours-ci sont les dignes héritiers de Mai 68, mais du Mai 68 ouvrier et social, pas du mythe réécrit par les rebelles autoproclamés, sans autre cause que leur propre avenir. Pour la gauche, puisqu'il est question de cela sur ce blog, la mission est claire : entendre ces jeunes et leur faire toute la place qu'ils méritent. A eux la tâche difficile de reprendre le flambeau politique en surmontant leur défiance à l'égard des partis. Qu'ils sachent qu'il y a cent ans, un jeune professeur du Sud-Ouest, autrement plus important que moi, écrivait déjà : « Nous n'avons pas besoin d'être des émeutiers, en un temps et en un pays où la légalité même bien maniée est révolutionnaire et où le régime parlementaire peut être un formidable engin de dislocation et de rénovation». Il s'appelait Jean Jaurès.



Mehdi Ouraoui.
http://desmotsetdebats.blogs.liberation.fr...008-mmes-c.html


Ce message a été modifié par sandie72 - samedi 19 avril 2008 à 08:19.
lundi 21 avril 2008 à 10:07
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Le Mai 68 français, héritage d'une tradition révolutionnaire

afp



Mai 68, avec ses manifestations, ses barricades et ses grèves, s'inscrit dans une tradition révolutionnaire française, explique l'historien Michel Winock, auteur notamment du livre "La fièvre hexagonale: les grandes crises politiques de 1871 à 1968".

Question: Qu'est-ce qui caractérise le mai 68 français?

Réponse: C'était à la fois une révolte étudiante, c'était un mouvement révolutionnaire de la part des groupuscules qui n'étaient pas unifiés, c'était une crise sociale avec un mouvement de grève sans précédent, c'était une crise politique, c'était en plus de tout cela une révolution culturelle.

C'était un moment tout à fait extraordinaire de libération de la parole.

On a pu dire que les Français ont pris la parole comme leurs aïeux avaient pris la Bastille en 1789. On voit des gens s'exprimer sur tous les sujets, dans les entreprises, dans l'Eglise, dans l'armée même. Partout il y a une sorte de mouvement d'émancipation, de libération, dont le dénominateur commun c'est un mouvement anti-autoritaire.

On est dans l'ancienne France un peu traditionnelle, un peu autoritaire, et là tout vole en éclat, il y a l'affirmation de l'individu.

Cela a été une fête de libération individuelle, mais en même temps c'est un mouvement collectif. Chacun avait sa solution. C'est une des faiblesses du mouvement puisqu'il n'y a pas d'objectif qui puisse unifier tous ces gens sur un mot d'ordre.

Q: Qu'est-ce qui fait la différence avec les autres pays?

R: Dans le monde entier on a eu des mouvements étudiants. Mais en France, chose extraordinaire, c'est l'ensemble des catégories sociales qui sont affectées par ce mouvement.

Si on compare avec les autres pays, on s'aperçoit que le changement de moeurs au fond a lieu dans tous les pays d'occident. 68, c'est moins une innovation qu'un moment de cristallisation, où tous les problèmes de la société se mettent à se condenser sur quelques semaines. Ailleurs, ça se fait sans barricades, là est la spécificité française.

Q: Mai 68 s'inscrit dans une tradition révolutionnaire française?

R: Bien sûr. Notre vie politique est née de la révolution de 1789. La révolution de 1789 et des années suivantes a instauré dans la vie politique le conflit pratiquement structurel. Nous sommes dans un pays qui a vécu depuis deux cents ans sur ce modèle d'affrontement permanent. Cet affrontement ne donne pas toujours pour résultat des barricades mais il est observable dans notre difficulté à négocier, à trouver des consensus.

Nous avons en France un culte de la révolution. Nous battons le record du monde de manifestations, il y en a plus de 1.000 par an à Paris. Quel est le pays où l'on observe cela ? Aucun. C'est un héritage de l'histoire. En France, l'esprit de contestation, de manifestation est comme dans les gènes.



vendredi 25 avril 2008 à 09:18
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Balladur. « Mai 68 ? Il en reste beaucoup »
Edouard Balladur a été un acteur important de Mai 68, notamment en tant qu’organisateur des entretiens de Grenelle qui ont largement contribué à la sortie de crise. Son dernier livre (*) fait l’objet d’un docu-fiction qui sera diffusé en mai.
Les événements de Mai 68 ont-ils été une crise de société ? Une crise sociale ? Une crise de l’État ? Au départ, ce fut une insurrection étudiante qui traduisait le malaise de la société, l’appréhension de l’avenir, le refus d’un certain conformisme. En 1968, il n’y eut pas de réclamation pour des moyens supplémentaires, mais un refus de la société telle qu’elle était, de l’autorité sous toutes ses formes. C’est le côté libertaire de cette crise universitaire. Elle est devenue très rapidement une crise sociale en raison de l’émoi de la majorité des Français qui, dans un premier temps, étaient favorables au mouvement étudiant, en raison aussi du succès de la manifestation du 13 mai. Alors, le gouvernement a paru affaibli, et se sont déclenchées des grèves spontanées, les plus importantes de notre histoire, qui ont rapidement paralysé notre pays et dépassé, non seulement le gouvernement, mais les syndicats eux-mêmes.

Grenelle a-t-il
été le moment le plus important du mois de mai 1968 ? Georges Pompidou a décidé les entretiens de Grenelle, sur ma proposition, afin de trouver une porte de sortie qui permette aux syndicats de restaurer leur autorité et d’appeler à la reprise du travail. Dans le même temps, les violences, le désordre, l’émeute dans Paris, le soir du 24 mai, ont fait basculer la population du côté de Georges Pompidou qui symbolisait à la fois le désir d’un retour à l’ordre, la volonté du dialogue, le refus de la violence. Crise universitaire, crise sociale et bientôt crise politique lorsque la CGT a échoué à faire approuver les Accords de Grenelle à Billancourt. Durant quelques jours, tout a semblé perdu, alors qu’en fait l’opinion avait reflué vers le gouvernement. Le voyage du général De Gaulle à Baden et son discours du 30 mai ont mis un point final à la crise. C’était une crise des valeurs qui mettait à l’épreuve la solidité des caractères. Ce qui m’a frappé en Mai 68, c’est la démission des élites, leur faiblesse et leur opportunisme.

Que reste-t-il de Mai 68 quarante ans après les événements ? Il en reste beaucoup. On peut dire que beaucoup de choses ont changé dans les rapports humains, qu’il s’agisse de la politique, de l’entreprise, de la famille, de l’école. L’héritage de Mai 68, c’est aussi un mouvement de libération des mœurs. Que tout cela soit souvent allé trop loin, comme toujours dans les mouvements de l’Histoire, est évident, mais l’on ne comprend rien à la France d’aujourd’hui si l’on néglige cette sorte d’explosion libertaire qu’a connue la France en Mai 68.

Sarkozy a-t-il raison de dénoncer « l’esprit de mai », comme il l’a fait au cours de sa campagne présidentielle ? « L’esprit de mai », c’était le refus de toute autorité, le rejet de toute règle, la morale confondue avec le conformisme, le sens civique avec la soumission. C’était un rêve anarchiste. A leur manière, tous les gouvernements qui se sont succédé depuis quarante ans ont tenté de tirer un trait sur cet épisode de notre histoire, d’en conserver les éléments positifs, d’en corriger les excès. On ne peut bâtir l’avenir en affirmant : « Il est interdit d’interdire », ou bien « Soyez réalistes, demandez l’impossible ». Ce sont des slogans qui expriment les aspirations de toujours de l’âme humaine. Mais si l’on veut que la société survive, elle ne le peut qu’au prix du respect de certains principes. (*) « L’Arbre de Mai » (éditions de l’Atelier Marcel Jullian)
Propos recueillis par Philippe Reinhard


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