Que dire ?
Tu vas peut-être trouver mon message malvenu, mais je me lance... Si jamais il ne te plaît pas tu me le dis, soit je l'effacerai (si je peux encore éditer), soit je demanderai à un modo de le faire
Je suis très loin de ta situation, mais je comprends ce que tu vis sur pas mal de points. J'ai une maladie incurable, avec cette grande chance qu'elle n'est en aucun cas "grave", ni mortelle. Juste invalidante.
J'ai une fibromyalgie. Peu de gens connaissent, il s'agit de douleurs très présentes, très fortes, dans tout le corps, sans exception. Des douleurs inexpliquées. ça peut aller de la douleur à un orteil ou sous l'aisselle, à une douleur très intense dans la nuque, les jambes, le dos, qui t'empêchent de bouger. ça évolue par crises, actuellement je suis justement en pleine crise douloureuse. Chez moi elles durent généralement un mois

Hors des crises, les douleurs sont toujours présentes mais moins handicapantes.
Ces douleurs sont accompagnées de grande fatigue (au même dégré que dans le syndrôme de Fatigue Chronique, en général, mais c'est lié à des troubles du sommeil très importants provoqués par la maladie... jamais de phases de sommeil profond, alternance d'insomnies et d'hypersomnies, etc), de troubles cognitifs (perte de mémoire, problèmes de concentration, de réflexion...), de problèmes de vue, d'audition, etc.
Parfois les douleurs et la fatigue sont tellement présentes que certains malades finissent par ne plus être capables de marcher.
Il n'y a aucun traitement actuellement, car on ne connaît pas l'origine de la maladie. Il y a des pistes génétiques, neurologiques, mais rien d'officiel. Du coup on ne connaît pas encore d'examens permettant de diagnostiquer la maladie, entre les prises de sang, les IRM, les EEG, les radios... rien de bien significatif n'a jamais été trouvé, et pas conséquent pas de traitement possible.
Bref, tout ça pour dire que je comprends certaines situations dans lesquelles tu te trouves.
Je n'ose pas me plaindre à mon entourage. Enfin depuis mon diagnostic en Juin 06 (alors que je souffre depuis des années, mais j'ai eu ma première vraie crise en Novembre 2005), je ne dirais pas que je me plains, mais je parle beaucoup plus de mes douleurs à mon chéri. Pas dans le but de me faire plaindre (jai horreur de ça), mais plutôt pour qu'il puisse comprendre ce que je vis... Et ça a porté ses fruits. Il était déjà aux petits soins pour moi, mais depuis il sait carrément devancer mes "besoins"... J'ai besoin de prendre mon petit déjeuner mais y'a plus de bol de propre, je n'ai plus besoin de lui en parler, il va le faire de lui même... J'ai horreur de cette image de larbin que ça peut donner, mais je sais qu'il sait !! Il sait que si je me contente de laver ne serait-ce qu'un bol, je vais me déclencher de grosses douleurs au dos, je ne pourrais plus utiliser mes doigts pour faire quoi que ce soit pendant un petit moment (quelques heures parfois), et surtout, vu le peu de force que j'ai, je risque de le casser (la moitié de la vaisselle y est déjà passé, maintenant on mange dans des assiettes en plastique ! lol)
Pourtant je ne parle de ça à personne d'autre dans mon entourage... Cette même peur que toi de les ennuyer, de les faire fuir, d'avoir l'impression de n'avoir que ça à raconter... Il faut reconnaître que quand tout ce qu'on fait est entravé par une maladie, qu'on doit tout prévoir ou faire vis à vis de celle ci, on finit par en parler à un moment ou un autre... Comment justifier qu'on refuse de sortir avec des amis plusieurs fois d'affilée ? Au début je leur ai menti pour ne pas les embêter, puis je me suis aperçue que je devais leur expliquer, pour qu'ils comprennent... Ils pensaient que je ne voulais plus les voir !
Maintenant ils s'adaptent aussi, parce qu'on ne peut pas s'adapter à tout...
Je culpabilise aussi d'en demander autant à mon homme... Il en fait énormément pour moi, même plus qu'il ne devrait, j'ai l'impression qu'il gâche sa vie, qu'il perd son temps avec moi et la maladie ! Il ne peut presque plus sortir, il ne peut plus rien prévoir à l'avance, il y a plein d'endroits où je ne peux plus aller, et il se bloque encore plus en refusant d'aller seul quelque part, il refuse de me laisser seule à la maison !
Et se sentir inutile car incapable d'accomplir quoique ce soit, de travailler, de faire ce qu'on aime, pareil, je connais

Très difficile quand ta maladie n'est pas reconnue par les autres (c'est le cas de la fibro)
Comme dit plusieurs fois plus haut, tu n'as aucune raison de culpabiliser. Personne ne choisit d'être malade, et tu as une manière d'affronter ta maladie qui est exemplaire. Ta femme gère beaucoup de choses seule, mais ne ferais-tu pas pareil si c'était elle qui était dans ta situation ?

Tu sais bien que tu ne l'abandonnerais pas, que tu voudrais faire tout ton possible pour l'aider à surmonter toutes ces épreuves, tu serais là pour l'aider à garder le moral.
Elle est forte, et toi aussi... Vous avez tout pour vous en sortir de la meilleure manière possible !
C'est la même chose pour ta famille...
Quant à tes amis, ceux qui partent, en général ne sont pas une grosse perte. Il faut aussi savoir que parfois, certains partent car ils se sentent impuissants, ou mal à l'aise non pas face à la maladie, mais face à toi, qui a cette maladie. Parce qu'ils ne savent pas quoi dire, quoi faire, ils ont l'impression que ta maladie est quelque chose de trop intime et trop grave pour que tu aies envie de la partager. C'est idiot mais c'est souvent ce qui se passe. D'où l'intérêt de leur en parler très vite, de leur expliquer, de leur dire qu'ils peuvent poser toutes les questions qu'ils veulent, enfin bref, qu'ils se sentent "inclus" dans cette lutte contre la maladie. Avant qu'ils ne s'éloignent de trop... Pour certains tu ne perds rien, pour d'autres, peut-être que... S'ils ne veulent pas s'y intéresser, alors la meilleure chose est bien de les laisser partir !
Tu peux compter sur l'amour de tes proches, d'ailleurs ça risque même de vous rapprocher !

Pourquoi voudrais-tu qu'ils t'en veuillent ? Tu ne baisses pas les bras, ils n'ont aucune raison de te reprocher quoique ce soit
Les baisses de moral sont normales, mais il ne faut jamais oublier que ce qui compte le plus, c'est de positiver, et aussi de partager ces moments avec des proches !!
Je suis désolée de m'être étalée autant sur mon cas, je voulais juste expliquer que je comprenais ta situation et ce que tu peux ressentir face à certaines choses, bien que je sois loin de vivre tout ce que tu vis actuellement !
Je te souhaite tout plein de courage, de bonheur (et oui, ça n'empêche pas totalement d'être heureux), et surtout, je t'envoie plein d'ondes positives !
Bon, maintenant je vais aller me reposer les doigts, les mains, les bras, les coudes, les épaules, le dos !