dimanche 15 août 2004 à 12:46
Pour le
JudoAprès la médaille, le protocole
Frédérique Jossinet sur le podium
Sitôt médaillé, l'athlète est prié de suivre un planning strict. Frédérique Jossinet en a été le premier témoin.
A peine le temps de monter sur le podium pour recevoir sa médaille et la couronne d’olivier, après un ou deux sourires aux photographes, le médaillé est aussitôt pris en charge par un membre de son comité olympique. L’objectif est simple : promouvoir sa médaille, son sport, et donc répondre aux sollicitations des médias, nombreux.
De notre envoyé spécial, Romain BONTE
Publié le15/08 à 10:17
Une autre course commence
La judokate Frédérique Jossinet, première médaillée française à Athènes n’a pas tardé à réaliser que sa médaille d’argent valait de l’or aux yeux des médias. Après les premiers crépitements de flashs sur le tatami, et sa médaille d’argent en poche, la jeune française a dans un premier temps répondu présente à sa première interview à chaud. Il est 16h38. L’esprit encore tourné vers la compétition, l’athlète a un peu de mal à réaliser qu’elle vient de réaliser une superbe performance. Tant d’années d’efforts pour quelques minutes de compétition. Jossinet sait qu’elle n’a pas l’or et ne cache pas dans un premier temps « une petite déception ». Une finale n’est belle que si elle est gagnée dit-on. Mais peu à peu, Jossinet réalise qu’elle a décroché une médaille, la première de surcroît de la délégation française. « Je suis heureuse d’être sur le podium olympique, même si ce n’est pas l’or », nous a-t-elle confié.
Celle qui avait été remplaçante en 1996 et 2000 peut enfin savourer son moment de gloire, mais pas trop longtemps quand même… Après la cérémonie de remise des médailles (17h40), le temps est compté. Au programme : répondre aux journalistes en « zone mixte » (lieu de rencontre entre les journalistes et les athlètes dans les lieux de compétition), se prêter au jeu de la conférence de presse. A peine le temps de plier son kimono, que Frédérique Jossinet se retrouve embarquée dans une voiture du Comité National Olympique Français (CNOSF), direction le gigantesque Centre de production audiovisuel (IBC) des JO. Il est 20h10 à Athènes, les plateaux de télévision s’enchaînent, la moindre seconde compte. Entre ses différentes interventions, elle doit presser le pas. « Nous n’avons pas une minute à perdre », déclare ainsi un membre du CNOSF qui l’accompagne. Il est près de 21h00, l’athlète a tout juste eu le temps de grignoter un encas, et la soirée n’est pas terminée puisque le Club France l’attend avec impatience pour célébrer sa médaille, la première des Français.
Entre temps, elle a tout de même eu le temps de nous accorder un entretien. Rapide. « Une minute pas plus », nous a indiqué un responsable du CNOSF. Encore toute émoustillée par ce qu’elle vient de vivre, le visage illuminé par tant d’agitation autour d’elle, Frédérique Jossinet nous a fait part de son « grand bonheur » d’avoir reçu la médaille d’argent. « Dès ce matin, je me sentais bien. Je me suis concentrée sur chaque match, et ça a payé jusqu’à la finale. Je sais que j’étais un peu déçue lorsque Ryoko Tani m’a battue, mais d’un autre côté lorsque j’ai appris que j’étais la première médaillée pour la France, cela m’a réconforté. En tant qu’athlète, mon objectif c’est de décrocher l’or, je me contenterai de l’argent. Ma satisfaction est aussi d’avoir montré le chemin aux autres, j’espère que cela les aidera, et qu’il y en aura beaucoup d’autres. » La minute est terminée, l’athlète doit repartir. Elle ne pourra certainement savourer sa performance que le lendemain.