Topic inspiré d'un chapitre du livre de Dawkins
Pour en finir avec dieu
Argument en faveur de l’existence de Dieu
1. La régression a l’infini de Saint Thomas d’AquinIdée : La cause sans cause : rien n’est cause de soi-même. Tout effet a une cause efficiente antérieure. Mais quelle est la cause de cette cause ? Ceci nous amène à une régression à l’infini, que la seule façon de terminer est de postuler une cause première nommée dieu. L’argument fonctionne avec l’origine de l’Univers, ce qui met en mouvement les choses dans l’univers, etc.
Réfutation :Ces arguments supposent de façon totalement gratuite que Dieu lui-même échappe à cette régression infinie. Il est plus économique de faire appel à « une singularité appelée big bang » ou un autre concept physique encore inconnu. Au mieux, cela n’apporte rien de l’appeler Dieu, au pire, c’est trompeur.
Par ailleurs, quel est le rapport entre un +dieu solution ad hoc de cette régression infinie et un dieu omniscient, tout puissant (ce qui se contredit d’ailleurs), créatif, qui plus est doté de capacités bien humaines d’écoute des prières, pardon des péchés, etc ?
2. L’argument du degré, de Thomas d’aquin.Idée : Les choses du monde diffèrent entre elles. Il existe des degrés disons, dans le bien, ou la perfection. Mais nous jugeons ces degrés par rapport à un degré souverain. Comme les humains sont a la fois bon et mauvais, la bonté souveraine ne peut se trouver parmi nous. Il y a donc un être qui est cause de toute perfection : Dieu.
Réfutation :Remplacer bonté ou perfection par puanteur, ou méchanceté, ou tout autre caractère, et l’aspect ridicule de cet argument saute aux yeux : Il existe des degrés dans la méchanceté. Mais nous jugeons ces degrés par rapport à un degré souverain. Comme les humains sont a la fois bons et méchants, la méchanceté absolue ne peut se trouver parmi nous. Il y a donc un être qui est cause de toute méchanceté : Dieu.
3. L’argument théologique, ou argument du dessein (tj de St thomas d’Aquin)Idée : Les choses de ce monde, en particulier les êtres vivants, donnent l’impression d’opérer vers une fin. Rien de ce que nous connaissons n’a cet aspect s’il n’a été ordonné vers une fin. Il existe donc un ordonnateur, Dieu.
Réfutation : Cet argument est le seul encore régulièrement utilisé. Mais Darwin l’a mis en pièce. Les résultats de l’évolution par la sélection naturelle donnent à s’y méprendre l’illusion d’un dessein intelligent, jusqu’à des niveaux prodigieux de complexité et d’élégance. Et parmi ces chefs d’œuvre de l’évolution figurent les systèmes nerveux qui ont des comportements rationnels, cad nous.Avouons que ce contre argument nécessite un peu plus de culture scientifique que les autres pour s’en convaincre Mais je laisse ce soin à Uno !
4. L’argument ontologique (St Anselme de Cantorbéry)Idée : il est possible de concevoir un être tel que rien de plus grand ne puisse être conçu. Mme un athée peut concevoir un être si exceptionnel, quitte à en nier l’existence dans ce monde. Mais alors, cet être qui n’existe pas dans ce monde est de ce fait moins parfait. C’est une contradiction, donc cet être, Dieu, existe.
Réfutation : il est surprenant qu'au fil des siècles, les philosophes aient pris au sérieux cet argument, pour le réfuter ou s’y rallier. Une conclusion aussi importante aucunement alimentée par une donnée sur le monde réel devrait être systématique rejetée a priori.
Même le grand logicien Bertrand Russel a longtemps lutté contre cet argument, avant de se poser la bonne question : Y a t il une chose concevable, et qui par le simple fait qu’on la conçoive, existe en dehors de notre pensée ?tous les philosophes aimeraient pouvoir répondre oui.Si oui, il y a une relation entre la pure pensée et les choses. »
Mais la réponse est non… Hume et Kant ont considéré que cet argument revient à dire qu’exister et plus parfait que ne pas exister, ce qui est absurde : il est vrai de dire que ma future maison sera mieux si elle a une isolation que si elle n’en a pas, mais que pourrait signifier qu’elle soit mieux si elle existe que si elle n’existe pas ?
On peut facilement adapter l’argument ontologique pour « prouver » l’inexistence de dieu en supposant qu’une création est d’autant plus parfaite que son concepteur est handicapé au départ, par exemple par le fait de ne pas exister.
Bref, le problème de dieu est trop énorme pour pouvoir s’en tirer par un tour de passe passe dialectique. Cela revient ni plus ni moins à prendre ses désirs pour des réalités.
4. L’argument de la beauté.Idée : si dieu n’existe pas, comment expliquez une beauté telle que celle de la Passion selon St Matthieu, de Bach, ou la Chapelle Sixtine ?
Réfutation : la logique sous-jacente est creuse : ces œuvres sont sublimes, que dieu existe ou qu’il n’existe pas. Un grand chef d’orchestre a dit un jour : s’il vous est donné d’écouter Mozart, pourquoi auriez-vous besoin de dieu ?
Quant au fait que Dieu ait été a la source de ces œuvres, il ne faut pas confondre le commanditaire (l’Eglise, le plus riche mécène a bien des époques) et le créateur : l’artiste.
5. L’argument de l’expérience personnelle.Idée : j’ai vu Dieu, ou il m’a parlé, j’ai entendu la voix des anges, ect…
Réfutation : cet argument ne convainc personne qui a quelques notion de psychologie.
Certains hommes ont rencontré un éléphant rose, des individus entendent clairement des voix qui leur disent qu’ils sont Napoléon ou Charlie Chaplin. Les asiles en sont pleins. Nous ne prenons pas au sérieux leurs croyances parce qu’elles ne sont pas partagées par un grand nombre de personnes.La seule différence avec les expériences religieuses, c’est que les gens qui affirment ces dernières sont plus nombreux.
Qui plus est, on en sait suffisamment sur le cerveau humain pour savoir qu’il peut interpréter des bruits ou des signaux visuels en reconstruisant totalement la réalité pour la faire coïncider avec ce que notre éducation ou notre état d’esprit veut que nous voyons. Les illusions d’optique ou auditive sont légions, presqur tout le monde a pu les expérimenter, et elles s’expliquent très bien sans recourir à dieu.
6. Les expériences collectivesIdée : A premier vue, les illusions de masse, comme en 1917 à Fatima du Portugal, ou 70 000 pèlerins ont « vu le soleil se détacher du ciel et s’ecraser sur la multitude » sont plus durs à réfuter.
Réfutation : il est improbable que tant de personnes aient été victime de la même illusion, mais il est encore infiniment plus improbable que ce phénomène se soit réellement produit sans que le reste du monde ne s’en rende compte. Imaginez, la terre chassée de son orbite pour plonger sur le Soleil, cela n’est ni plus ni moins que la fin du système solaire ! Bizarre que 70 000 personne l’aient vue, mais encore plus bizarre si c’est vrai, que 5 milliards d’autres personnes ne s’en soient pas rendu compte.
7 ; L’argument par les EcrituresIdée : dieu existe, parce que c’est ce que la Bible dit (ou le coran, la torah, etc…)
Réfutation : cet argument ne convainc que les irréductible obscurantistes qui prennent les textes sacrés au pied de la lettre, alors même qu’ils ont été refutés a peu près sur tous les points.
C’est l’apanage des gens qui ne sont mm pas foutus de se poser les questions qui a « écrit cela, et quand ? » « comment ont ils su quoi écrire ? » « étaient-ils des observateurs impartiaux ou avaient ils un engagement politique qui influençait leurs écrits ? ». Depuis le xixe siècle, les théologiens cultivés ont démontré sans équivoque que les textes sacrés ne sont pas fiables quand ils relatent ce qui s’est passé dans le monde réel.
Les incohérences aussi bien scientifiques qu’historiographiques qu’internes, entre les différentes versions et histoires, sont telles qu’il n’est pas nécessaire de perdre son temps avec cet argument. D’autres topics ont très bien montré l’historicité des écritures.
Les livres saints sont des fictions historiques, au même titre que le Da Vinci code ou le seigneur des anneaux, ni plus ni moins.
7. L’argument des scientifiques admirésIdée : Newton était croyant, Kepler aussi, qui etes vous pour vous croire supérieur a ces grands scientifiques ?
Réfutation : outre que cet argument d’autorité est pathétique d’un point de vue logique, il est globalement faux.
Il a certes existé et il existe encore quelques scientifiques croyants, mais des études historiques et sociologiques tendent à montrer qu’ils deviennent des curiosités d’Académies. La très grande majorité des grands scientifiques aujourd’hui sont incroyants. On a observé que « parmi les lauréats de prix nobels en science tout comme en littérature, il y a un degré remarquable d’irréligiosité par rapport aux populations dont ils sont issus.
La prépondérance des athées parmi els scientifiques de renom est exactement inverse de la croyance de la population [ américaine].
De même, des enquêtes statistiques ont montré que plus une personne est instruite, moins elle a de chances être religieuse.
La recherche par les religieux de scientifiques croyants pour étayer leurs propos ressemble ainsi à une quête désespérée, menée avec l’énergie du désespoir.
8. Le Pari de Pascal.Idée ; Blaise Pascal a proposé que si dieu a peu de chances d’exister, cela coûte bcp plus cher au final de ne pas croire et de perdre son pari, que de faire semblant de croire et de perdre le pari.
Réfutation : c’est un pari mesquin. La foi ne relève pas d’une décision, vous diront les croyants. Je peux sacrifier à tous les rites religieux, si je ne crois pas au fond de moi., Rien de tout cela ne m’y fera croire un jour. Le pari de Pascal revient à feindre de croire en Dieu.
En plus, c’est risqué : parier, oui, mais sur quel dieu si on se trompe et qu'on se retrouve devant Allah au lieu de Yavhé le jour du jugement dernier, on n’est pas dans la merde…
D’ailleurs, d’où vint cette idée bizarre et non étayée que pour plaire à Dieu, il a besoin que nous croyons en lui ?
9. Finalement…Je passe l’argument bayesien de Stephen Unwin, qui revient à faire un calcul de probabilité sur des probabilité estimées au pif, pour en venir à au dernier argument qui reste :
Quand ils voient bien que les arguments précédents ne tiennent pas, les croyants intelligents reconnaissent qu’il n’y a pas de preuves. Mais justement, c’est la raison pour laquelle ça s’appelle la foi : Dieu existe parce que. C’est incompatible avec la démonstration, et ça ne s’y soumet pas.
Ok, d’accord. C’est votre foi. Mais vous n’espérez quand même pas convaincre qui que ce soit de sensé avec ça ?!
Ce message a été modifié par Gilcad - mardi 06 mai 2008 à 09:45.