vendredi 20 juillet 2007 à 23:51
Je vais parler de moi à mon tour... Je ne me rappelle plus très bien de tout ce qui concernait ma sexualité quand j'étais gamin, sans doute parce que ça ne m'avait pas marqué... Je sais en revanche que j'ai eu mes premiers rapports sexuels à 14 ans et demie, avec un garçon. Mais si vous voulez, à l'époque, j'ai pas percuté. C'était histoire d'essayer, sans penser à autre chose.
Certaines filles me draguaient à mort mais je ne percutais pas. Je pensais à autre chose. Ce n'est qu'au lycée que ça a commencé à se débloquer. Ce fut pour les filles. Je vous passe les détails que vous imaginez aisément... Je me suis retrouvé ensuite à la fac. Je m'entendais bien avec des filles, j'en draguais ouvertement, jusqu'à ce qu'arrive le divorce de mes parents. Dans l'histoire, ma mère était fautive. Mon père a tellement déprimé qu'il en est tombé gravement malade et à fini à l'hôpital. Ce fut vraiment traumatisant. J'étais tombé malade moi aussi.
Et là je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais quelque part quelque chose qui ne demandait qu'à sortir s'est débloqué dans ma tête. C'est arrivé sans prévenir. J'allais tranquillement en cours de droit ( ouais j'ai fait du droit ) et là, je regarde un garçon qui ne m'a jamais fait d'effet jusque là, et je suis pris d'une forte envie de sexe... Franchement je vous jure, je m'en faisais mal aux doigts pour rester assis, tant j'avais envie de lui sauter dessus. Quand je suis rentré chez moi, fort heureusement y'avait personne, ma mère s'était cassée avec son amant et mon père était comme d'hab en voyage d'affaires. Et là, je me suis demandé ce qu'il m'arrivait, ce qu'il se passait. J'en viens à me dire, pour me rassurer, que c'était qu'une pulsion passagère, qui disparaitrait aussi vite qu'elle n'était arrivée.
Le problème, c'est que c'est pas resté seulement une pulsion, mon regard sur les mecs était complètement différent. J'ai cru que j'avais pété un câble, ce qui pouvait se comprendre après ce qui s'était passé entre mon père et ma mère. J'achetais des revues de mode et je passais mon temps à reluquer les mecs qui posaient. Je fantasmais sur eux ! Bien sûr, mes profs de lycée déjà me trouvaient trop émotif, trop sensible, je sais bien que j'ai pas souvent été très viril, ils s'en étaient plaints d'ailleurs. Mais je me suis rassuré en me disant que ça finirait par passer.
Après, j'ai fini par me faire une raison : ça ne passerait pas. C'était en moi. Quand ça m'est tombé dessus, je rasais les murs, j'en avais franchement honte. Alors je me suis répété que j'aurais une femme, des mômes, que j'étais hétéro, hétéro... Cette attirance m'emmerdant plus qu'autre chose, je me suis mis en tête de l'ignorer, de la renier. Hélas... Un combat perdu d'avance... Je ne pouvais pas la renier sinon je me reniais moi-même. Et là, j'ai compris pourquoi autant de jeunes qui se découvrent gay mettaient fin à leurs jours.
A qui je pouvais en parler ? A l'époque, je n'avais pas d'amis à proprement parler. Restait la famille... Franchement, ça craint. Quand j'en avais parlé comme ça sur le ton de la plaisanterie à ma mère, que je revois depuis, tout ce qu'elle m'a sortit, c'est que pour dire ça je n'allais pas bien, et que j'avais besoin d'un psy. La famille catho quoi. Je ne vous fais pas un dessin. J'ai strictement rien contre les cathos, mais sur des sujets comme ça, là... Quant à mon père, il ne sait rien.
Je me suis retrouvé seul... Alors heureusement, si on veut, il y a Internet, des forums sur le sujet, où on peut trouver des gens qui sont comme vous et à qui on peut parler, se confier, sans avoir d'ennuis. Quand tu vis entouré de copains qui sont gays, sans forcément qu'ils vivent avec toi, ça t'aide aussi. Ca te libère, tu finis par prendre confiance en toi, à assumer ces attirances là. Franchement si Internet n'existait pas, je ne sais pas ce que je serais devenu aujourd'hui.
Ce message a été modifié par Biarrot - samedi 21 juillet 2007 à 00:01.