samedi 21 avril 2007 à 18:22
Chaque année en France, près de 20 000 personnes décèdent dans un accident domestique, c’est trois fois plus que sur la route. Des chiffres d’autant plus terrifiants que ces morts sont le plus souvent évitables.
Malgré une baisse d’environ 4 000 décès en quinze ans, les accidents de la vie courante restent un véritable problème de santé publique. Et si l’on peut se féliciter de ces progrès, il faut garder à l’esprit qu’avec le vieillissement de la population, les accidents domestiques sont amenés à se multiplier.
Mauvais élève de l’Union européenne, la France compte près de 20 000 morts chaque année dans des accidents de la vie courante, et il est difficile d’évaluer le nombre total d’accidents, les plus légers n’ayant pas fait l’objet d’une prise en charge médicale. Certains pourtant laissent des séquelles invalidantes et handicapent des enfants pour le restant de leurs jours. C’est pourquoi, il semble plus que jamais indispensable de multiplier les campagnes d’information et de renforcer les réglementations.
Ces accidents touchent plus particulièrement les enfants et les personnes agées
Les plus jeunes sont aussi les plus exposés. Plus de la moitié des accidents de la vie courante concerne des enfants de 0 à 16 ans. Et malgré les progrès accomplis depuis les années 80, c’est pour eux une des principales causes de décès prématurés. Produits ménagers ou médicaments accessibles, chaise haute non sanglée, table à langer instable… en quelques minutes, la vie peut tourner au drame. Il faut savoir que chez les tout-petits, c’est à l’intérieur de la maison que se situe le danger (plus de 80 % des accidents). En grandissant, le champ d’exploration se fait plus large : jardin, terrain de jeux… Les risques se déplacent de l’intérieur vers l’extérieur de la maison. Attention aux casse-cou, les garçons finissent plus souvent à l’hôpital que leur petite soeur…
La fréquence des accidents décroît avec l’âge jusqu’à 70 ans, elle augmente à nouveau chez les seniors. Et là ce ne sont plus les hommes les premières victimes, mais les femmes (plus de 70 % des accidents). Un phénomène qui s’explique probablement par leur sur-représentation chez les personnes âgées. Les chutes à l’intérieur de la maison sont de très loin la première cause d’accident (82 %) et les fractures représentent 36 % des lésions chez les personnes de plus de 65 ans. La baisse de la vue, la perte d’équilibre, les malaises, les problèmes cardiaques… et l’ostéoporose sont autant de causes possibles de ces chutes. Il est important de rappeler que les fractures du col du fémur par exemple ont des conséquences désastreuses : 20 à 30 % des victimes meurent dans l’année qui suit l’accident ; 50 % des blessés connaissent une perte d’autonomie et sont contraints d’abandonner leur domicile.
Pour les enfants de moins de dix ans, qu’ils soient garçons ou filles, l’accident se produit en général dans la maison. De 10 à 25 ans, les aires de sports et de loisirs vont devenir le principal lieu à risque des deux sexes. Pour les hommes, ce phénomène se poursuit jusqu’à 35 ans. La répartition des lésions (contusion, plaie ouverte, fracture, entorse) est la même pour les deux sexes. Dans plus de la moitié des cas (53 %), les accidents de la vie courante se produiront lors d’activités de jeux ou de loisirs, voire de sport dans 21 % des cas.
Les accidents de bricolage ou de ménage provoquent dans presque la moitié des cas des plaies ouvertes, alors que le sport ou l’école engendre plus souvent des contusions ou des entorses. Si 44 % des accidents de la vie courante sont bénins, 45 % nécessitent un traitement et un suivi ultérieur, et 11 % une hospitalisation.
Avez vous été victime ou témoin de l'un de ces accidents ? Votre entourage est-il conscient de tous ces risques et les précautions nécessaires sont-elles prises à votre avis ?
Sans devenir un catalogue d'histoires cruelles, ce sujet pourrait avoir pour but de sensibiliser tout un chacun à ce problème ....