lundi 25 février 2008 à 15:47
une petite, pour la route
La Voix du Nord - Edition du vendredi 22 février 2008Le Courcellois qui n’a pas vu Sarkozy… pour avoir été trop bavard<H2></H2>
Si le bonheur est, selon certains, simple comme un coup de fil, ainsi en va-t-il des ennuis… C’est ce que doit se dire aujourd’hui un habitant de Courcelles-lès-Lens qui a payé d’une curieuse façon un simple accès d’humeur téléphonique.
La scène se passe ce mercredi au domicile d’Yves, un Courcellois de 58 ans. Depuis un an et demi, cet ancien collaborateur de l’Imprimerie nationale se bat auprès du médiateur de la République pour que son invalidité soit reconnue. Victime il y a quelques années d’un accident de la circulation pendant ses heures de travail, ce dernier se voit alors flanqué d’une barre pour redresser sa colonne vertébrale. «
Mais en la plaçant, on m’a touché la queue de cheval, la partie terminale de la moelle épinière où passent les nerfs. » Ce qui provoquera mille tracas à notre Courcellois dont une incontinence chronique. Or si son ancien employeur reconnaît une invalidité à son ancien salarié… c’est au niveau du genou. Un dossier qui, depuis 18 mois, est en instance auprès du médiateur de la République sans que les choses avancent vraiment.
OAS_AD('Position1');
« Comme un criminel »
Mercredi, lors d’un énième appel téléphonique, Yves fanfaronne alors. «
C’est bien simple, puisque M. Sarkozy vient demain à Metaleurop, je vais aller le trouver ! », lance-t-il, excédé. Sans imaginer la réaction en chaîne que déclenchera cet accès d’humeur. Car, quelques heures plus tard, trois fonctionnaires de police frappent à sa porte : « Ils m’ont demandé pourquoi je voulais voir M. Sarkozy et ce que je comptais faire ce jeudi matin. Moi, je n’ai pas répondu. Ils m’ont alors photographié, comme un criminel, et prévenu que, jeudi vers 10 h, un de leurs collègues viendrait me garder
! Je leur ai alors rétorqué qu’à moins d’être Batman je ne voyais pas de toute façon comment j’aurais pu approcher le président ! » Promesse tenue puisqu’hier, le temps de la visite présidentielle, un policier sera venu tenir compagnie à Yves. Qui l’aura attendu bien sagement. «
Je ne suis pas un terroriste, je ne vois pas pourquoi je me serais sauvé. Mais bon, cette histoire me rend malade et assez amer pour que, dès demain, j’aille rendre ma carte d’électeur au maire de Courcelles ! » Dépité et abattu notre homme, d’autant plus que, comme il le confie dans un souffle, «
moi, je l’aime plutôt bien M. Sarkozy ! ». •
P. W.