Monday 17 July 2006 à 23:37
J'adore, chez ceux qu'on appelle plus précisément les Décadents, la concomitance d'un raffinement extrême et d'une imagination macabre débridée.
Tuesday 18 July 2006 à 00:28
Je t'arrête de suite Sandie: ce n'est pas un courant, ni une école. Simplement une appellation donnée par Verlaine dans une plaquette d'étude consacrée, entre autre, à son cher Rimbaud et à Corbière.
Baudelaire n'a jamais cautionné (cf correspondance de 1865-66) les jeunes poètes (dont Verlaine, évidemment...) qui se réclamaient de lui. Tous ces poètes-là furent des solitaires ne se voulant d'aucune école... flirtant avec le Parnasse ou le romantisme finissant ou les cénacles spéciaux style "hydropathes"... mais en aucun cas ce ne fut un vrai courant avec manifestes, chefs de file reconnus, oeuvres collectives etc etc
C'est un phénomène, une appellation à-postériori...mais c'est tout. Il serait plus juste de parler de "ceux qu'on appelle aujourd'hui poètes maudits", et encore... le terme est abusif pour certains car les critères sont flous.
Ancien72
32 ans (F)
Autre pays d'Asie
Tuesday 18 July 2006 à 04:35
je me suis mal exprimee
Je resume ce que je voulais dire
j entendais par "chef de file" l un de ces poetes les plus illustres...celui qui represente le plus a nos yeux ce style...bien qu ils different tous en effet et qu un style unique soit objectivement impossible a degager
sans idee de lien de subordination..
Mais c est tres subjectif car pour moi c est Baudelaire et pour d autres cela pourrait etre Verlaine ou Rimbaud...Ils sont tous les trois tres renommes ...
Par ailleurs il n y avait pas de courant unifie a l epoque c est vrai
C est par la suite,bien apres,que l on a rassemble ces ecrivains tres differents sous l appelation" Poetes Maudits"et que l on en a fait une sorte de courant...
Oui auteurs tres heterogenes bien qu ayant en commun le mal d une epoque
Etant fatiguee j ai eu du mal a y mettre les termes precis...
Voila pour la clarification...
Je voyais les choses ainsi...
Ce message a été modifié par sandie72 - Tuesday 18 July 2006 à 04:45.
Tuesday 18 July 2006 à 12:53
il me semble que Verlaine citaitt Mallarmé dans la catégorie des poètes maudits, alors que la vie de celui-ci ne ressemble pas beaucoup au topos de l'existence des "poètes maudits".
(quant à Poe, on a souvent une vision un eu biaisée de sa vie, notamment parce qu'après sa mort, on l'a beaucoup diffamé - concernant son éthylisme par exemple)
Ancien72
32 ans (F)
Autre pays d'Asie
Tuesday 18 July 2006 à 12:57
Cette "categorie" a en effet des contours bien imprecis...
Thursday 20 July 2006 à 01:04
| QUOTE (Loudon Dodd @ 18 Jul 2006 à 12:53) |
il me semble que Verlaine citaitt Mallarmé dans la catégorie des poètes maudits, alors que la vie de celui-ci ne ressemble pas beaucoup au topos de l'existence des "poètes maudits".
(quant à Poe, on a souvent une vision un eu biaisée de sa vie, notamment parce qu'après sa mort, on l'a beaucoup diffamé - concernant son éthylisme par exemple) |
Au secours! Que le cher Edgard ait un peu abusé du bourbon, on s'en tape!
Ce n'est pas parcequ'il a été traduit par Baudelaire qu'il prend place dans ce qu'il est convenu d'appeler la poésie.
Bien sûr, il y a le "corbeau" et même la fin monumentale de "Gordon Pym" mais où est la poésie dans "le double assassinat de la rue Morgue", "la lettre cachée", "le chat noir" : du génie à l'état pur (oups, je suis subjectif) mais certainement pas de la poésie (à moins bien sûr de considérer tout écrit fantastique ou policier comme de la poésie).
Je suis très conscient d'être le parfait emmerdeur mais j'aime les définitions claires : qu'est ce que la poésie? qu'est-ce que la vérité artistique?
Thursday 20 July 2006 à 12:49
Désolé si tu ne connais pas l'oeuvre poétique d'Edgar Poe (traduite par Mallarmé essentiellement).
Mais tu peux toujours combler cette lacune en te procurant l'ouvrage publié aux éditions Gallimard, collection "poésie".
Thursday 20 July 2006 à 14:34
| QUOTE (TR33347 @ 20 Jul 2006 à 01:04) |
| du génie à l'état pur (oups, je suis subjectif) |
Tu es surtout dans la généralité vague, pour quelqu'un qui dit aimer les "définitions claires".
Thursday 20 July 2006 à 20:46
| QUOTE (Loudon Dodd @ 20 Jul 2006 à 14:34) |
| Tu es surtout dans la généralité vague, pour quelqu'un qui dit aimer les "définitions claires". |
J'avoue très humblement mon incompétence, mes contradictions...
Dans ce sujet, comme dans celui consacré à la vraie littérature, je me contenterai de lire les avis de spécialistes, sans formuler de commentaires.
Thursday 20 July 2006 à 20:56
Bien que Mallarmé n'ait pas mené la vie tourmentée qu'on a trop l'habitude d'attribuer à ces poètes, il n'en demeure pas moins un Maudit, en ceci que le Poète Maudit aspire à un Absolu (le fameux Azur, chez Mallarmé) dont l'accès est entravé par ses propres inclinations négatrices (la fainéantise, par exemple), la société à caractère bourgeois dans laquelle il vit, et enfin par la difficulté de créer.
C'est de cette dernière qu'il s'agit dans le sonnet intitulé "Le sonneur", poème qui trouve sa place dans les premiers travaux de Mallarmé, qui ont précisément pour sujet l'inaccessibilité de l'Azur et le manque de résultats probants de l'activité créatrice.
Le sonneur
Cependant que la cloche éveille sa voix claire
A l'air pur et limpide et profond du matin
Et passe sur l'enfant qui jette pour lui plaire
Un angélus parmi la lavande et le thym,
Le sonneur effleuré par l'oiseau qu'il éclaire,
Chevauchant tristement en geignant du latin
Sur la pierre qui tend la corde séculaire,
N'entend descendre à lui qu'un tintement lointain.
Je suis cet homme. Hélas! de la nuit désireuse,
J'ai beau tirer le câble à sonner l'Idéal,
De froids péchés s'ébat un plumage féal,
Et la voix ne me vient que par bribes et creuse!
Mais, un jour, fatigué d'avoir en vain tiré,
O Satan, j'ôterai la pierre et me pendrai.
Thursday 20 July 2006 à 22:14
| QUOTE (TR33347 @ 20 Jul 2006 à 20:46) |
J'avoue très humblement mon incompétence, mes contradictions... Dans ce sujet, comme dans celui consacré à la vraie littérature, je me contenterai de lire les avis de spécialistes, sans formuler de commentaires. |
Tout compte fait, je pense que cela vaut mieux.
Thursday 20 July 2006 à 22:15
| QUOTE (Mister_Saltarello @ 20 Jul 2006 à 20:56) |
Bien que Mallarmé n'ait pas mené la vie tourmentée qu'on a trop l'habitude d'attribuer à ces poètes, il n'en demeure pas moins un Maudit, en ceci que le Poète Maudit aspire à un Absolu (le fameux Azur, chez Mallarmé) dont l'accès est entravé par ses propres inclinations négatrices (la fainéantise, par exemple), la société à caractère bourgeois dans laquelle il vit, et enfin par la difficulté de créer. C'est de cette dernière qu'il s'agit dans le sonnet intitulé "Le sonneur", poème qui trouve sa place dans les premiers travaux de Mallarmé, qui ont précisément pour sujet l'inaccessibilité de l'Azur et le manque de résultats probants de l'activité créatrice. |
C'est le point de vue que défend Verlaine, non ?
Sunday 23 July 2006 à 06:05
| QUOTE (Loudon Dodd @ 20 Jul 2006 à 22:15) |
| QUOTE (Mister_Saltarello @ 20 Jul 2006 à 20:56) | Bien que Mallarmé n'ait pas mené la vie tourmentée qu'on a trop l'habitude d'attribuer à ces poètes, il n'en demeure pas moins un Maudit, en ceci que le Poète Maudit aspire à un Absolu (le fameux Azur, chez Mallarmé) dont l'accès est entravé par ses propres inclinations négatrices (la fainéantise, par exemple), la société à caractère bourgeois dans laquelle il vit, et enfin par la difficulté de créer. C'est de cette dernière qu'il s'agit dans le sonnet intitulé "Le sonneur", poème qui trouve sa place dans les premiers travaux de Mallarmé, qui ont précisément pour sujet l'inaccessibilité de l'Azur et le manque de résultats probants de l'activité créatrice. |
C'est le point de vue que défend Verlaine, non ?
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Je ne sais, je n'ai pas lu Les Poètes maudits.
Tuesday 25 July 2006 à 11:16
Moi je dirais Rimbaud en premier puis Lautréamont :
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Moi, comme les chiens, j'éprouve le besoin de l'infini... Je ne puis, je ne puis contenter ce besoin! Je suis fils de l'homme et de la femme, d'après ce qu'on m'a dit. Ça m'étonne... je croyais être davantage! Au reste, que m'importe d'où je viens? Moi, si cela avait pu dépendre de ma volonté, j'aurais voulu être plutôt le fils de la femelle du requin, dont la faim est amie des tempêtes, et du tigre, à la cruauté reconnue: je ne serais pas si méchant.
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ou
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| Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu'il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison; car à moins qu'il n'apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d'esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l'eau le sucre. Il n'est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : Dirige tes talons en arrière et non en avant, comme les yeux d'un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle; ou plutôt comme un angle à perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l'hiver, vole puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point déterminé de l'horizon d'où tout à coup part un vent étrange et fort, précurseur de la tempête. La grue la plus vieille et qui forme à elle seule l'avant-garde, voyant cela, branle la tête comme une personne raisonnable, conséquemment son bec aussi qu'elle fait claquer, et n'est pas contente (moi non plus, je ne le serais pas à sa place), tandis que son vieux cou, dégarni de plumes et contemporain de trois générations de grues, se remue en ondulations irritées qui présagent l'orage qui s'approche de plus en plus. Après avoir de sang-froid regardé plusieurs fois de tous les côtés avec des yeux qui renferment l'expérience, prudemment, la première (car c'est elle qui a le privilége de montrer les plumes de sa queue aux autres grues inférieures en intelligence), avec son cri vigilant de mélancolique sentinelle, pour repousser l'ennemi commun, elle vire avec flexibilité la pointe de la figure géométrique (c'est peut-être un triangle, mais on ne voit pas le troisième côté que forment dans l'espace ces curieux oiseaux de passage), soit à babord, soit à tribord, comme un habile capitaine; et, manœuvrant avec des ailes qui ne paraissent pas plus grandes que celles d'un moineau, parce qu'elle n'est pas bête, elle prend ainsi un autre chemin philosophique et plus sûr. |
ce livre est un bijoux
Profanation de cros est superbe
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Profanation Je n'ai pas d'ami, Ma maîtresse est morte. Ce n'est qu'à demi Que je le supporte.
Peut-on vivre seul ? Mon désir qui dure Retrousse un linceul Plein de pourriture.
Comme elle a blêmi Sa chair fière et forte Sur qui j'ai dormi ! Partons sans escorte !
Pire qu'un aïeul, Sans broncher j'endure L'odeur du tilleul Les bruits de ramure.
Musc, myrrhe, élémi, Chants de toute sorte, Je m'endors parmi Votre âcre cohorte.
Je puis vivre seul, Car j'ai la peau dure. Recouvre, linceul, Cette pourriture.
|
Et j'arrête

parceque ces fous ne me lassent jamais