L'ordre qui vous fascine le plus ?
L'ordre qui vous fascine le plus ?
 Bénédictin
 Chartreux
 Citeaux
 Cluny
 Dominicain
 Franciscain
 Hospitalier
 Templier
Total des votes: 12
 
Thursday 13 April 2006 à 16:08
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Juste au topic sur les Templiers, j'ai eu envie d'elagir le debat sur l'ensemble des principaux ordres religieux du moyen age. En effet c'est au Moyen Age que la floraison des ordres religieux et des congrégations monastiques est très abondante. Le Moyen Age est plus que les autres époques le temps des moines et des religieux. De nombreux ordres religieux verront le jours, regroupement de moines, ordres mendiants, ordres militaires...

Ordre des Bénédictins : L'an 529. Les Bénédictins ou les Moines Noires, tirent leur origine et leur Règle, de Saint Benoît leur fondateur. Saint Benoît est né vers 480 à Nurcie (Norcia) et décédé en 547 (il est enterré dans l'église Saint-Jean-Baptiste). Pendant trois ans, il vit comme un anachorète du désert, vêtu d'une peau de chèvre, dans la prière et le travail. La réputation de sainteté qu'il a acquise attire auprès de lui des disciples. Le premier monastère fut celui du Mont-Cassin (Cassino). On y trouvait aussi deux oratoires : l'un dédié à saint Jean-Baptiste, l'autre à saint Martin. Devant l'affluence des disciples, un deuxième monastère est édifié dans la petite ville voisine de Terracine. En 595, Saint Grégoire le Grand approuva leur Règle ("Règle de Saint-Benoît" rédigée à partir de 534 et corrigée à plusieurs reprises) dans un Concile tenu à Rome. Elle fut ensuite reçue par tous les moines d'Occident. On dit que cet Ordre s'était tellement multiplié et rendu illustre dans tout le monde chrétien, que dès le Concile de Constance, l'on comptait parmi ses religieux 55460 Saints, 35 Papes, 200 Cardinaux, 1164 Archevêques et 3512 Evêques.

Ordre des Chartreux : L'an 1086. L'Ordre des Chartreux, établi par Saint Hugues (Hugues Ier), évêque de Grenoble, à la sollicitation de Saint Bruno, natif de Cologne (vers 1030). Saint Bruno se fait donner le domaine de la Chartreuse par l'abbé de La Chaise-Dieu, Seguin, qui va le conseiller, ainsi que par les seigneurs laïcs qui y ont des droits. En 1089 ou 1900, Bruno est appelé à Rome par le Pape Urbain II. Bruno est alors remplacé par le prieur Landuin. Bruno décède en 1101, après avoir fonder en 1091 une seconde Maison à Santa Maria della Torre, en Calabre. Urbain II confirma l'institut de ces nouveaux solitaires, qui n'ont jamais eu besoin de réforme, parce qu'ils ont su se contenir dans la retraite et y vivre dans la prière, le silence et le travail. Cette constante et merveilleuse régularité a valu à cet Ordre une exception qui aurait de quoi flatter les religieux qui le composent, s'ils étaient sensibles à d'autres gloire qu'à celle de Dieu. Le Pape Martin IV, en défendant aux Religieux Mendiants de se transférer de leur Ordre dans un autre, sans les dispenses nécessaires du Pape, le leur permet si c'est pour se faire Chartreux. Vers 1360, les établissements sont au nombre de 107. D'autres se créent : en Angleterre (à Hull en 1378, à Coventry en 1381), en Germanie (à Isernach en 1370, à Nuremberg en 1380, à Danzig en 1381, à Hildesheim en 1387, Francfort-sur-Oder, Rostock, Berne, Strasbourg), aux Pays-Bas (à Utrecht, à Amsterdam), en France (à Champmol en 1383, à Rouen en 1384, à Clermont vers 1392). Vers 1500, l'Ordre compte près de 200 établissements.

Ordre de Citeaux : L'an 1098. Les moines de Cîteaux, furent institués par Saint Robert (Robert de Molesme, né en 1028 dans une famille noble de Champagne), abbé de Molesme, dans le diocèse de Châlons en Bourgogne, sous les auspices de Hugues, archevêque de Lyon, et de Vaultier, évêque de Châlons. D'abord moine à Moûtier-la-Celle (près de Troyes), puis à Saint-Michel de Tonnerre, dont il devient abbé, Robert résigne sa charge en 1071 pour créer un petit groupes d'ermites dans la forêt de Collan. Il transfère sa communauté de moines dans le bois de Molesme, en 1075. Au départ de Robert, c'est Aubry qui prend la tête de la communauté de Molesme, puis Etienne Harding (de 1109 à 1133). Suite à un don fait par le vicomte de Beaune d'un petit domaine (appelé Cistels) au milieu des bois et des marécages, sis au Sud de Dijon entre Saint-Jean-de-Losne et Nuits-Saint-Georges, Robert et certains de ses disciples s'y installent officiellement le 21 mars 1098 et y construisent un monastère très vite dénommé Cîteaux. La fondation de Cîteaux est confirmée et approuvée par le Pape Pascal II. Les Papes ont enrichi cet Ordre de plusieurs privilèges, et Saint Bernard, abbé de Clairvaux, en a fait la gloire et l'ornement. Un essaimage important a lieu : l'abbaye de La Ferté (en 1113), Pontigny (en 1114), Clairvaux et Morimond (en 1115), Preuilly (en 1118), La Cour-Dieu et Bonnevaux (en 1119), L'Aumône (en 1121). En 1133, l'Ordre compte environ 70 établissements, répartis en Champagne, Bourgogne, Franche-Comté, Alpes, ainsi qu'en Allemagne, en Italie et en Angleterre (douze d'entre eux sont des dépendances immédiates de Cîteaux). En 1200, l'Ordre comprend plus de 530 abbayes. Saint Bernard (fils du seigneur de Fontaine et d'Aleth de Montbard), né en 1090 et moine novice en 1112, tient une place exceptionnelle dans l'histoire cistercienne du XIIème siècle.

Ordre de Cluny : L'an 910. C'est le 11 septembre 909 (ou 910) que Guillaume le Pieux (duc d'Aquitaine et comte de Mâcon) fait donation de son domaine de Cluny à saint Pierre et à saint Paul (c'est-à-dire à l'Eglise romaine), pour qu'y soit établi un monastère bénédictin. Les territoires qu'il possédait avaient été rassemblés par son père, Bernard Plantevelue. Les chanoines de Cluny, furent institués ou réformés sous la Règle de Saint Benoît par l'Abbé Bernon (décédé en 926), et sous les auspices de Guillaume, duc d'Aquitaine et comte d'Auvergne, dans le village de Cluny, au diocèse de Mâcon, en Bourgogne. Odon (décédé en 942), propagateur de la réforme clunisienne, est le successeur de Bernon. Aimar, successeur d'Odon, poursuit le rayonnement de Cluny. Frappé de cécité en 948, Aimar désigne auprès de lui un coadjuteur en la personne de Mayeul qui dirige officiellement la maison à partir de 954 et jusqu'en 994. On trouve ensuite Odilon entre 994 et 1049, Hugues de 1049 à 1109, Pons de Melgueil, Pierre de Montboissier ou Pierre le Vénérable (de 1122 à 1157). L'Ordre de Cluny (à la tête duquel se trouve l'abbé de Cluny) est constitué par l'abbaye-mère et les prieurés clunisiens (monastères bénédictins) qui en dépendent. Au début du XIIème siècle, on compte de 1 000 à 1 100 prieurés clunisiens parmi lesquels 800 sont situés en France.

Dominicains : L'an 1215. Les Dominicains ou Frères Prêcheurs, qu'on nomma Jacobins, à cause de la Maison qu'ils avaient à Paris au haut de la rue Saint Jacques, sont venus pour le service de l'Eglise dans le même temps que les Franciscains. Ils tirent leur origine de Saint Dominique, qui les établit d'abord en l'église Saint-Romain de Toulouse, puis à Paris et à Bologne vers 1217. On sait que ce saint fit des merveilles contre les hérétiques, entre autre les Cathares. Dominique de Guzman est né vers 1170 et devient chanoine du Chapitre de la cathédrale d'Osma en 1196 ou 1197. Innocent III confirma cet Ordre dans le IV Concile de Latran en 1215. Honorius III l'honora encore de son approbation. En 1221, les couvents sont répartis en huit provinces : Rome, la Lombardie, la Provence, la France, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne et la Hongrie. Quatre autres sont ajoutés en 1228 : la Terre Sainte, la Grèce, la Pologne et la Dacie (Scandinavie). Le 6 août 1221, lorsque meurt Dominique à Bologne, l'Ordre compte près de 500 frères et une centaine de religieuses.

Franciscains : L'an 1208. Les Franciscains ou Cordeliers, qu'on appelle aussi les Frères Mineurs, doivent leur institution à Saint François d'Assise, qui les a surtout engagés à une exacte et rigoureuse profession de pauvreté. Jean Bernardone, de son vrai nom, est né à Assise en 1181 ou 1182. Ce Ordre qui fut approuvé dans le quatrième Concile de Latran par Innocent III et puis par Honorius III, est au XVIIIème siècle composé de plusieurs familles qui servent l'Eglise. La plus nombreuse est la Famille des Observantins qu'on nomme Cordeliers, parce qu'ils sont ceints d'une corde. Il y en a de deux espèces : les uns sont les Conventuels de la grande Observance, à qui il est permis de posséder des immeubles, les autres sont les Religieux de l'étroite Observance, qui font profession d'une pauvreté absolue, et qui ne peuvent rien posséder.

Hospitaliers : L'an 1104. Les Hospitaliers ou les Joannites, appelés aujourd'hui les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem ou de Malte. L'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem est fondé à l'hôpital Saint-Jean par des chevaliers dirigés d'abord par le grand-maître Gérard (en 1120), puis Raymond du Puy (de 1120 à 1160). Cet Ordre devient un ordre militaire en 1198. A noter que l'Ordre des Chevaliers Porte-Glaive est fondé en Germanie en 1202

Templiers : L'an 1118-1119. L'Ordre des Templiers est né lorsque huit chevaliers, entraînés par Hugues de Payns, décidèrent de former une communauté dont les membres s'engageraient à pratiquer l'obéissance, la pauvreté, la chasteté et à protéger et escorter les pèlerins. L'Ordre des Templiers, ou Chevalière du Temple, est ainsi nommé, parce que le Roi de Jérusalem les avait logés proche du lieu où était autrefois le Temple du seigneur (ou le Temple de Salomon). Ils furent institués sous le Règne de Baudouin II, roi de Jérusalem, afin de prendre la défense des pèlerins qui allaient visiter les saints lieux

Pour la présentation rapide des ordres ici présent et autres, source : ICI

Venez parler de ces differents ordres religieux, ceux qui vous fascine ou autre ?

Moi personnellement, j'ai toujours été très interessé par les ordres mendiants, ces hommes qui ont tout quitté pour vivre une vie à l'image du Christ, et plus particulièrement les franciscains avec Saint François d'Assise qui recu les stigmates du Christ avant sa mort.
J'avais fait un dossier en deug sur cet ordre, j'ai eu la meilleure note du TD mrgreen.gif (le prof pensait que ce n'était pas de moi dry.gif ) si j'ai le temps je vous recopie mon dossier wink.gif


Ce message a été modifié par Hadora - Thursday 13 April 2006 à 16:08.
Thursday 13 April 2006 à 16:21
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QUOTE (Hadora @ 13 Apr 2006 à 16:08)
Hospitaliers : L'an 1104. Les Hospitaliers ou les Joannites, appelés aujourd'hui les Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem ou de Malte. L'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem est fondé à l'hôpital Saint-Jean par des chevaliers dirigés d'abord par le grand-maître Gérard (en 1120), puis Raymond du Puy (de 1120 à 1160). Cet Ordre devient un ordre militaire en 1198. A noter que l'Ordre des Chevaliers Porte-Glaive est fondé en Germanie en 1202

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Moi personnellement, j'ai toujours été très interessé par les ordres mendiants, ces hommes qui ont tout quitté pour vivre une vie à l'image du Christ, et plus particulièrement les franciscains avec Saint François d'Assise qui recu les stigmates du Christ avant sa mort.
J'avais fait un dossier en deug sur cet ordre, j'ai eu la meilleure note du TD mrgreen.gif (le prof pensait que ce n'était pas de moi dry.gif ) si j'ai le temps je vous recopie mon dossier wink.gif

Je ne suis pas sûr que l'on doive considérer les Porte-Glaive dans la mêem lignée que les Hospitaliers, je les rangerais plutôt avec les Teutoniques ( qui d'ailleurs absorbèrent cet ordre ainsi qu'un autre dont je ne me rappelle plus le nom), d'ailleurs ça me fait remarquer que tu as oublié les grands "génocideurs" de la Chétienté du Moyen-Age, à savoir les Teutoniques wink.gif

Pour ton dossier sur les franciscains, je suis très intéressé. Si tu peux le mettre en ligne, je suis tout à fait preneur !
Thursday 13 April 2006 à 16:29
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les templiers, de l'ordre des francs-maçons et leur trésor caché
Thursday 13 April 2006 à 16:33
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QUOTE (Gilcad @ 13 Apr 2006 à 16:21)
Pour ton dossier sur les franciscains, je suis très intéressé. Si tu peux le mettre en ligne, je suis tout à fait preneur !

Je le tape ce soir sur mon pc wink.gif
Thursday 13 April 2006 à 18:11
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Sans aucun doute les Templiers.
Je trouve qu'il y'a un certain côté mythique et mystérieux quand on parle de cet Ordre ^^

Bref icon_redface.gif
Friday 14 April 2006 à 18:45
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Gilcad, pour mon dossier sur les franciscains ca va me prendre plus de temps, il fait 8 pages, m'en souvenais plus laugh.gif
Friday 14 April 2006 à 19:13
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Les Franciscains pour moi
Sunday 16 April 2006 à 15:37
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Voici donc mon exposé que j'avais fait en seconde année d'histoire sur les Franciscains. Il fallait commenter la règle des franciscains.


La grande nouveautéz du XIIIeme siècle dans le domaine de la vie religieuse, est l’apparition des ordres mendiants et en particulier des deux principaux, celui des Frères mineurs, créé par Saint François d’Assise et celui des Frères prêcheurs issu de Saint Dominique.
La création des ordres mendiants intervient dans un contexte de développement démographique, économique et urbain. Les ordres mendiant correspondaient à des religieux d’un type nouveau, vivant dans la pauvreté à la fois individuelle et collective, ils ne possédaient ni terres ni immeubles, en dehors de leurs propres église et couvent, à la différence d’autres ordres monastiques tels que Cluny ou Cîteaux.
Ils étaient totalement étrangers au monde du pouvoir et de l’argent. Axés sur l’apostolat, ils ne cherchaient pas à fuir le monde mais, au contraire, à entrer en relation avec les hommes pour leur transmettre le message évangélique et en imprégner les esprits.
Le mouvement franciscain fut fondé par un laïc, fils de marchands qui se prénomme François qui vivait à Assise une petite ville d’Italie en Ombrie. Il décida de ne pas suivre la même voie que son père et de se consacrer à sa vocation : vivre dans la pauvreté évangélique. Très vite il est rejoint par d’autres personnes fascinées par ce mode de vie. E, 1209, il rédigea un « manifeste » fait uniquement de passages de l’Evangile pour le soumettre au pape Innocent III. Confortés par cet accueil favorable, les frères qui prirent alors le nom de mineurs attirent de nombreuses recrues fascinées par le rayonnement personnel de François et ce courant est inédit alors pour l’époque. Avec une rapidité inouïe, le nombre des frères s’accroît et leur champ d’action s’élargit. Malgré tout il devint nécessaire de rédiger une règle de vie pour les Frères mineurs contrairement au souhait de François. Après diverses tentatives infructueuses, un texte connu sous le nom de seconde règle, fut approuvé en novembre 1223, par le pape Honorius III.
Le texte que j’étudie ici provient de cette seconde règle et est le témoignage des devoirs des Frères mineurs. Dès lors, on peut se questionner sur l’impulsion donnée par François et sa règle qui se propage en un vaste mouvement de renouveau évangélique qui soulève toute la chrétienté.
Pour répondre à cette problématique nous allons étudier tout d’abord l’idéal chrétien développé par la pensée de Saint François et par la règle puis dans une seconde partie, nous analyserons la vocation des franciscains.

I/ L'idéal chrétien

Dès le début de la règle : « suivre la doctrine et les exemple de Notre Seigneur Jésus Christ qui dit « Si tu veux être parfait, va et vend tout ce que tu as, donne le aux pauvres et tu auras un trésir dans le ciel. Ensuite, viens et suis moi »
Cette adhésion au Christ est clairement définie. On comprend, dès lors, l’insistance de Saint François à inviter tous ses frères à s’ouvrir à l’Esprit de Jésus. Le mobile qui anima toutes les actions de Saint François fut le souci de plaire au Christ et de lui ressembler. On peut dire que c’est là le fondement même de l’esprit franciscain et que toute vertu pratiquée par Saint François et ses disciples doit être interprétée dans cette perspective, voilà le but essentiel que doivent poursuivre les frères mineurs. A tout nouveau frère admis dans la fraternité, c’est cette passion pour la personne du fils de Dieu qu’il veut leur communiquer. Aussi ne prévoit-il pas que son ordre sera plus spécialement actif ou contemplatif, abonné à la prédiction ou aux œuvres charitables.
Le Franciscain est d’abord celui qui regarde et qui écoute le Seigneur Jésus et se conforme à sa vie et à sa parole. La règle de 1221 est à ce sujet catégorique.
Lignes 3-4 « La règle et la vie des frères consistent à vivre dans l’obéissance, la chasteté, sans rien posséder de propre et à suivre la doctrine et les exemple de Notre Seigneur Jésus-Christ ».
Cette ardeur à suivre Jésus pas à pas ne fut pas une témérité ou une présomption. En réalité, Saint François a si merveilleusement obéi à son idéal qu’il a pu mériter d’être appelé par un grand pape « la plus parfaire copie du Christ ».
En effet, peu de temps avant sa mort, Saint François va recevoir dans sa chair les stigmates glorieux et douloureux qui font de lui l’image vivante du Christ. Il va porter dans son âme et son corps la douleur de Jésus crucifié. Saint François est certainement le premier des Saints à manifester, à la fois dans sa vie et dans son œuvre cette ardeur dévorante à se modeler sur le Christ ; si bien que toute sa piété telle qu’il la pratiquera et telle qu’il la communiquera aux siens, est une piété centrée sur le Christ.
Sa vie et son enseignement ne visent pas une autre chose qu’à adhérer au Christ vivant et à entraîner dans cette adhésion le monde entier. Si pour Saint François le Seigneur est le Mendiant, le Pèlerin, il est aussi le Dieu créateur, le Juge suprême et le Seigneur. C’est pour cette raison que Saint François ne désigne jamais dans ses écrits le Christ par le seul titre de Jésus ou Jésus-Christ, mais toujours par Notre Seigneur Jésus-Christ.
De plus, si le frère mineur doit suivre le genre de vie du Christ, il doit d’abord suivre le Fils en mettant l’adoration du Père au cœur de sa vie. Pour Saint François, suivre les traces de Jésus, c’est suivre les traces du Fils animé par l’Esprit et tout entier orienté vers le Père. Ainsi si la Règle s’ouvre et s’achève par l’invocation de ce Dieu trinitaire « Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit », ce n’est pas uniquement une formule littéraire d’époque, le frère mineur parie toute sa vie sur l’Evangile.
A l’image de Saint François, les frères mineurs doivent respecter cette adhésion au Christ comme le prévoit la règle. Cette adhésion passe par de nombreuses privations tout comme l’illustre la volonté de Saint François de « suivre nu le Christ nu ».

L’adhésion au Christ voulue par les franciscains, nécessite un esprit de dépouillement et de grande pauvreté.
Lignes 6-7 « Qu’il vendre tous ses biens et s’applique à les donner aux pauvres. Tous les frères revêtiront des vêtements vulgaires. »
A l’image de Saint François lui-même qui jeta sa tunique, se chaussure, sa ceinture, son bâton, pour revêtir une étoffe grossière qu’il noue à la taille par une corde, le frère mineur doit se séparer de ses biens.
Lignes 4-5 « Si tu veux être parfait, va et vend tout ce que tu as, donne le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel. Ensuite viens et suis moi ».
Depuis son refus d’une vie mondaine, c’est d’abord sur la difficulté de faire son salut en étant riche qu’a porté sa réflexion, dont les termes sont définis dans ce verset évangélique.
C’est cette expropriation radicale, simple reprise de l’état du Christ pauvre, qui est l’essence même, l’élément constitutif de la pauvre selon Saint François. Dans cette perspective, la pauvreté selon Saint François ne tolère que le simple usage de fait de ce qui est requis pour l’existence. Cet état de pauvreté est illustre par la description de Saint François « son vêtement était sale », «ce misérable vêtement ».
Lignes 7-8 « Tous les frères revêtiront des vêtements vulgaires »
La règle interdit de posséder quoi que ce soit et n’accepte les vêtements que par décence. La pauvreté est au cœur de l’expérience religieuse franciscaine. L’amour de la pauvreté se présente chez Saint François si ombrageux que peu de disciples le comprendront complètement. Saint François va fonder un ordre dont les conditions d’existence seront inouïes jusque là. Avant la règle franciscaine, les moines observaient la pauvreté individuelle, mais possédaient en commun des biens fonciers. La règle de 1221 exige que les frères n’aient aucune propriété collective ni aucun revenu. C’est Dieu lui-même qui pourvoira à leur entretien.
Cette haine de l’argent chez Saint François provient du souvenir de Judas qui trahit le Christ. Cette volonté farouche d’atteindre l’état de pauvreté est pour Saint François une manière de suivre les traces de Jésus, cette pauvreté est clairement définie comme une vertu évangélique par excellence. En effet, la pauvreté franciscaine n’est donc pas une décision en vue d’une mission apostolique ou un désir de rejoindre une classe sociale déterminée mais avant tout une fascination devant l’humilité de l’amour du Christ.
Cette expropriation radicale implique de soi la mendicité, c’est cette mendicité qui va caractériser les franciscains.

L’esprit de pauvreté que développe Saint François est à l’origine de l’état de mendicité chez les franciscains. Puisqu’ils ne peuvent posséder ni biens matériels ni argent, les frères mineurs doivent donc mendier pour survivre. Saint François ordonne de mendier de la nourriture si les frères ne l’obtiennent pas en rendant des services.
Lignes 13-14 « Et lorsqu’il leur sera nécessaire de demander l’aumône, qu’ils n’en rougissent pas. »
Cette pauvreté dans laquelle vivent les frères franciscains, est joyeuse et positive. Elle est don de l’esprit de conversion qui attache à la personne aimée du Christ. De ce fait, Saint François a conscience de tout recevoir de Dieu, la vie, le pain, l’Esprit, les dons matériels et spirituels. Il se sait « mendiant de Dieu ». Et comme Dieu est amour, cette attitude de vérité n’est jamais aliénante mais au contraire libératrice. Sa mendicité volontaire lui ouvre le mystère de l’homme et de ses relations avec le monde créé. L’homme reçoit tout et se reçoit de Dieu.
Pour Saint François, « l’aumône est l’héritage et la justice dus aux pauvres ». Le pauvre qui partage la pauvreté du Christ a donc droit à cet héritage, à l’aumône.
Ainsi donner aux pauvres, c’est restituer ce qui leur revient. De part cette pensée Saint François rend la mendicité comme un acte valorisant et perçu comme l’héritage du Christ.
L’idéal chrétien développé par Saint François dans la règle consiste à l’adhésion au Christ de part sa vie. Pour respecter cette adhésion le frère franciscain doit alors vivre dans un état de pauvreté radical à l’image de Jésus, il doit ainsi « suivre nu le Christ nu ».

II/ La vocation franciscaine

Ligne 10 « tous soient appelés frère mineurs »
Le franciscain est un « petit frère » un « mineur ». Ce terme de mineur, souligne l’adhésion à la condition des plus démunis. Saint François a toujours insisté sur la « minorité » des frères notamment au travail ou au service des marginaux. Il faut être « mineur » dans sa manière d’assumer ses responsabilités ou par le choix du travail auprès des catégories les plus défavorisés. Pour lui, le frère doit se faire le « plus petit », proche des plus petits, cela lui semblait être la mission prophétique de ses frères. Entre frère mineur à la suite du Christ qui a refusé tout pouvoir de domination pour servir les disciples.
La « minorité » n’est pas un des aspects parmi d’autres de la vocation franciscaine, elle en est la définition. Cependant la minorité n’est pas pour François une soumission servile mais un comportement volontaire qui essaie d’éliminer toute forme de domination pour libérer une présence fraternelle.
Lignes 12-13 « Les frères doivent se montrer souriant quand ils fréquentent des gens de peu et méprisés, notamment les pauvres, les infirmes, les malades, les lépreux et les mendiants »
Les frères mineurs par choix, veulent se faire proche de tous ces « handicapés » de toutes sortes, rejetés par le circuit social élaboré par ceux qui ont le pouvoir. Dès la création de la fraternité des frères mineurs, Saint François envoie ses frères pour servir gratuitement dans les léproseries, hospices et hôpitaux où ils travaillent parmi les gens simples. Pour l’époque, c’est une révolution. Par cet acte, Saint François fait éclater les idées et les cadres reçus sur la vie religieuse canonique de son époque. On voit ici qu’il n’a jamais voulu grouper ses frères dans des monastères, d’ailleurs ce terme est volontairement absent dans ses écrits, mais il les envoie servir et travailler chez autrui. Ces frères partagent ainsi le labeur quotidien des petits gens, à l’image du Christ qui lavait les pieds de ses disciples. De plus, en se montrant « souriants », les frères éprouvent une certaine joie dans l’humilité, voire même une jubilation dans une certaine humiliation.
Cette grande humilité développée par Saint François sous-entend un abaissement inouï mais aussi une obéissance face à l’église et un refus de pouvoir entre les frères.
Ligne 2 « Frère François promet obéissance et respect au seigneur pape Innocent et à ses successeurs. »
Cette humilité résulte par l’obligation d’obéir sans discussion au clergé et à l’Eglise, là-dessus, l’attitude de Saint François est claire. L’humilité conduit ainsi à avoir pleinement le sens de l’Eglise, qui est non seulement une hiérarchie de commandements et une autorité sacramentelle, mais l’humanité chrétienne toute entière.
Ligne 3 « La règle et la vie des frères consiste à vivre dans l’obéissance. »
L’obéissance chez Saint François est de la même ampleur que la pauvreté et l’humilité. Pour lui, elle n’est pas une simple exigence de la discipline, elle est fondée sur l’exemple même du Christ « a perdu sa vie pour ne pas perdre l’obéissance due à son Père ». C’est donc de l’adhérence au Christ que jaillit « la vraie et sainte obéissance ».
Dès lors, l’obéissance consiste avant tout dans une totale soumission à tous les vouloirs de Dieu. Ainsi pratiquée comme l’entend François, l’obéissance est le sommet de la pauvreté intérieure. Elle n’a qu’une limite réelle, ce qui est pêché, opposé au salut de l’âme ou contraire à la Règle.
Cependant, cette obéissance à l’Eglise et à Dieu débouche sur un refus de pouvoir au sein de la fraternité.
Ligne 9 « Que les frères n’exercent aucune fonction d’autorité, surtout entre eux. »
L’un des moteurs déterminant de la pensée franciscaine, c’est le refus du pouvoir, de la puissance. En effet, on trouve un florilège des expressions non pas tant de haine que du refus du pouvoir dans les écrits de Saint François. Il y a un refus total de la domination dans les rapports internes à la communauté qui est l’acte essentiel de la fraternité.
L’ordre franciscain se caractérise comme une structure « horizontale » puisque c’est, à la base, une « fraternité ». Ceci peut s’apparenter au contexte de l’époque qui est marqué par l’affaiblissement du système féodal et la tendance à la réunion des hommes en association ou en confrérie. De là mûrie une conception d’une autorité qui ne descendrait pas sur un homme mais qui serait conférée par le choix électif des membres de l’association. C’est ce que propose Saint François, ainsi il met en garde contre la domination dans toutes les relations humaines.

La vocation première du religieux mendiant n’était pas d’expier ses propres fautes ou ses manquements envers la règle, mais d’amener les fidèles à la pénitence et les infidèles à la vraie foi.
Lignes 16-17 « Quand les frères iront en voyage, qu’ils n’emportent rien pour la route, ni sac, ni besace, ni pain, ni argent ni bâton ; et s’ils entrent en quelque maison, qu’ils disent d’abord « Paix à cette maison ».
Les franciscains se montrent extrêmement ouverts au monde qu’ils se proposaient d’évangéliser. A l’inverse des moines, ils ne renonçaient à la vie profane que pour mieux se tourner vers ceux qui les entouraient. Ainsi Saint François n’envoie pas ses frères au travail par simple solidarité avec la condition humaine mais pour y introduire l’utopie de l’Evangile.
De ce fait, les mendiants n’étaient pas astreints à la stabilité mais se caractérisaient au contraire par une grande mobilité. Saint François lui-même se déplacera dans l’Europe et même dans les pays musulmans. Les déplacements étaient constants et les frères, par groupe de deux, utilisaient les routes à l’image du Christ pèlerin.
Les relations avec les laïcs étaient importantes, la mendicité, sous la forme de la quête, était pour les frères l’occasion d’une rencontre avec ceux dont ils dépendaient pour leur subsistance matérielle. D’ailleurs les laïcs représentaient une part importante dans la fraternité des frères mineurs, Saint François lui-même était à l’origine un laïc.
Ainsi à la ligne 11 « Que les frères qui savent un métier l’exerce », ceci fait directement allusion aux frères de la fraternité qui en majorité, exerçait un travail manuel.
Lignes 20-21 « Je vis Saint François prêcher sur la place devant le Palais communal, où presque toute la population de la ville s’était réunie.
C’est évidemment la prédication qui était l’occasion principale de transmettre la bonne parole aux fidèles. Cela pouvait se faire dans le cadre d’une église paroissiale, où le curé avait invité ou laissé venir les religieux, ou en plein air, sur les places publiques qui attiraient une population importante. Par des voies diverses, les mendiants ont cherché à influencer le monde des laïcs en y créant des points d’appuis et des réseaux assurant la diffusion du message pénitentiel et des thèmes spirituels dont ils étaient porteurs, comme le prouve l’attitude des habitants de Bologne après le prêche de Saint François. Ainsi les franciscains ont joué un rôle important dans la lutte contre les hérésies de l’époque.

La naissance des deux premiers ordres Mendiants, qui répondaient autant aux besoins de l’Eglise qu’à l’attente spirituelle du temps, marque une rupture profonde avec la tradition.
Bien qu’ils soient souvent appelés moines, ils ne sont pas en fait de véritables moines, puisqu’ils ne vivent pas complètement à l’écarte du monde, ne sont pas astreints à la stabilité et par-dessus tout ont une vocation d’apostolat et d’action.
Saint François connut un succès extraordinaire de son vivant, personnalité rayonnante et charismatique, il existait chez lui une cohérence absolue entre le dire et le faire, le message proclamé et sa réalisation effective. Ce message était axé essentiellement sur la pauvreté. Loin d’être seulement une condition sociale ou une vertu, celle-ci constituait à ses yeux l’essence même de la vie évangélique. Vivre selon l’Evangile, c’était pour lui accepter de se trouver sur un pied d’égalité avec les plus pauvres et de ne rien posséder juste la subsistance quotidienne, à l’instar du Christ qui n’avait ni demeure fixe ni argent. C’est pour la même raison qu’il privilégiait également l’humilité ainsi que le refus du pouvoir sous toutes ses formes et à n’obéir qu’à Dieu.

Bibliographie :

I. Gobry, Saint François d’Assise et l’Esprit franciscain, Paris, 1957.
M. Hubaut, La famille multiple de Saint François, Paris, Les éditions du Cerf, 1981
M. Pacaut, les ordres monastiques et religieux au moyen age, Paris, Nathan, 1970

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Ce message a été modifié par Hadora - Monday 17 April 2006 à 19:17.
Monday 24 April 2006 à 14:10
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