lundi 09 juillet 2007 à 22:08
Salut,
Les "gros" médias nationaux ne sont pas les plus écoutés, les plus écoutés étant des médias locaux, extrêmement diversifiés et indépendants. Reste à savoir si ces derniers abordent des sujets plus complexes que juste l'énumération de faits divers. Concernant les journaux, seuls 2 ont réellement une vocation nationale : le USA Today en premier, ensuite The New York Times, sans compter The Wall Street Journal.
Les Américains sont localistes, c'est-à-dire qu'ils ne s'intéressent qu'aux choses qui touchent leur environnement immédiat, concrètement, dans leur vie de tous les jours, et non pas aux choses qui se déroulent à des milliers de kilomètres. Ce n'est pas forcément du repli sur soi ou de la fermeture d'esprit, mais plutôt une sorte de rejet de ce qui est trop abstrait (par exemple : ce qui se passe au Liban n'a aucune influence sur leur quotidien). Ce n'est pas non plus un manque d'intelligence, soyons clairs ; on ne devient pas la première puissance mondiale avec un peuple de demeurés.
Les médias américains ont chacun leur camp, et chacun défend avec plus ou moins d'ardeur les idées de son camp, un peu comme des lobbies (qui sont en Amérique, contrairement à la France, vus comme des piliers essentiels de la Démocratie, dans un pays où l'intérêt général n'est que l'addition d'intérêts particuliers). Quelques exemples : The New York Times est démocrate, CNN est reconnu comme plutôt objectif, et FOX News Channel est ultra-conservatrice.
La concentration des médias américains, en groupes financiers, est relativement limitée. Personne ne possède plus de 20% des médias, contrairement à des pays comme l'Australie où la quasi-totalité des médias appartient à un seul homme : Rupert Murdoch (News Corp., dont FOX News Channel).
Concernant les liens avec le gouvernement, les grands groupes de médias appartiennent à des entreprises de divertissement, qui n'ont pas besoin de l'Etat pour vivre, contrairement à la France où ces grands groupes sont en autre des groupes du secteur du BTP ou de l'armement militaire, qui dépendent donc directement des commandes de l'Etat, sans parler des aides étatiques françaises à la presse. Néanmoins, il ne s'agit pas de dire qu'il n'y pas de lien entre le gouvernement américain et la presse, mais disons qu'il est moins direct et moins évident que le lien français par exemple. Exemple : The New York Times a avoué avoir diffusé des informations sans les vérifier suffisamment, et même des nouvelles fausses en faisant confiance aux informations fournies par l'administration (gouvernement) du président George W. Bush dans le cadre de la préparation de la guerre contre l'Irak. Il faut ensuite distinguer l'objectivité et la méticulosité, et les liens directs/indirects avec le gouvernement, voire les pressions de ce dernier (en invocant la lutte anti-terroriste).
Pour finir, le classement mondial de la liberté de la presse établi par "Reporters sans frontières" ("frontières" ne devrait pas avoir de "s") (2006) :
. Etats-Unis d'Amérique : 53e (moins 9 places en 1 an, 36 en 5 ans), note : 13,00
. France : 35e (moins 5 en 1 ans, 24 en 5 ans), note : 9,00
. Liban : 107e (moins 54 en 5 ans), note : 27,00
Ce message a été modifié par avn21 - lundi 09 juillet 2007 à 22:20.