Thursday 17 January 2008 à 15:02
Je suis ce qu'on appelle un "gros" lecteur mais suis rarement "bouleversé" par un ouvrage. Il y a des moments forts en émotion, des moments propices à la réflexion mais rarement je suis ébranlé dans tout mon être. Et pourtant c'est ce qui vient de se produire tout dernièrement avec "Un Homme" de Philip Roth.
Il s'agit d'un court roman sur la vie et la fin de vie d'un homme ordinaire, une vie ordinaire et banale, jalonnée de joies, de peines, de séparations, de remariage, d'enfants distants, d'enfants adorés, la maladie qui frappe, le départ de ses proches, etc... C'est un roman sur la pesanteur de l'existence, la pesanteur du corps auquel on n'échappe pas malgré les aspirations de l'esprit. Je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà senti pareil malaise et semblable mélancolie en lisant ces pages. Et pourquoi est-ce probablement le livre que, s'il m'était donné le don de l'écriture, j'aurais voulu écrire? Je ne peux que le recommander, chaudement.