Wednesday 02 April 2008 à 09:25 Quels sont les réels intérêts de la france (économiques, géo-politiques...)?
Facile :
Au Moyen Âge déjà, certains géographes comme l'arabe Ibn Hauqal (Xe siècle) font état d'une extraordinaire richesse du pays en ces termes : « On se procure à Badakhchan de magnifiques grenats, de splendides pierres précieuses qui valent les rubis par leur beauté et par l'éclat surprenant de leurs coloris roses, grenadins, purpurins ou encore d'une nuance lie-de-vin. C'est également là que l'on extrait le lapis-lazuli, grâce aux nombreux gisements des montagnes environnantes. »
En outre, le pays dispose d'autres innombrables richesses en tout genre et un immense potentiel d'exploitation à l'échelle industrielle. La signature d'un protocole d'accord, le 21 novembre 2007, entre le Ministère des mines et deux compagnies chinoises China Metallurgical Group et Jiangxi Cooper Co sur les mines de cuivre d'Aïnak, témoigne de ce potentiel.
Le charbonUne des richesses de l'avenir, le charbon est aujourd'hui exploité de manière quelque peu rudimentaire par des habitants environnant les gisements. L'utilisation de celui-ci est encore domestique, essentiellement pour le chauffage. Mais on estime que l'exploitation du charbon en Afghanistan pourrait rendre le pays autosuffisant en termes d'énergie. Reste cependant l'obstacle écologique qui est d'ailleurs parfaitement fondé. À l'heure où tout le monde cherche le moyen de réduire l'émission de CO2 dans l'atmosphère, le choix du charbon comme énergie serait une erreur stratégique pour le développement de l'Afghanistan.
Les métaux L'Afghanistan regorge littéralement de métaux qu'ils soient ferreux ou non. La liste des métaux contenus dans les hautes montagnes afghanes est très longue. On peut notamment citer : le plomb, le zinc, l'alumine, le molybdène, le tungstène, la chromite, la baryte mais aussi des métaux très rares comme l'étain, le lithium, le pentoxyde de tantale sans oublier les incontournables qui sont le fer et le cuivre. Pour ce dernier, l'Afghanistan vient d'annoncer la signature de la cession d'exploitation de la célèbre mine de cuivre Aïnak qui est considérée par des spécialistes comme l'une des plus pures au monde. En effet la teneur en cuivre est estimé à plus de 57 % ce qui est extrêmement rare. Les clauses du contrat prévoient un investissement chinois (les gagnants de l'appel d'offre sont China Metallurgical Group et Jiangxi Cooper Co) de 3 500 000 000 $US, la construction du chemin de fer reliant le nord de l'Afghanistan à la frontière pakistanaise, la construction d'une centrale électrique de 400 mégawatts et des royalties calculés sur 40 % des ventes de cuivre réalisées. En outre, l'Afghanistan a obtenu la construction d'une usine de transformation de minerai en lingots de cuivre, ce qui permettra au pays d'en maîtriser la technologie et connaître ainsi sa première remontée de filière.
Le fer peut également constituer une source importante de devises pour le pays. En effet selon Albert de Lapparent, ancien directeur de CNRS, la teneur en fer des gisements de fer découverts au Bâmiyân (centre de l'Afghanistan) est estimée à 61 % ce qui est plus que rare. L'exploitation des minerais de fer n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour, mais représente un immense potentiel pour le pays.
Par ailleurs, des gisements d’or ont également été découverts dans des régions assez éloignées les unes des autres. Au Badakhchan, fut découverte dans les années 1960 une importante mine d'or qui n'est malheureusement toujours pas exploitée. Plus récemment une mine d'or a été découverte en 2003 près d'Herat à l'ouest de l'Afghanistan. L'exploitation a déjà commencé et c'est une entreprise britannique qui l'assure. D'autres opportunités existent.
Les futurs investissements en Afghanistan, certainement pour 10 ou 15 années à venir seront très vraisemblablement concentrés autour de ces gisements de métaux ferreux et non ferreux car ils constituent un potentiel de développement et de croissance considérable tant pour le pays que pour les entreprises qui envisagent d'y investir.
Pierres semi-précieuses Depuis l'Antiquité, l'Afghanistan est la source principale de lapis-lazuli pour toute la planète. Cette pierre semi précieuse incrustée de quartz a servi à fabriquer des bijoux qu'on a retrouvés dans les tombes des nobles aussi bien en Inde, qu'en Chine et même en Egypte antique. En outre, le lapis-lazuli a servi de pigment bleu pour la peinture de la période de la Renaissance en Europe. À titre d'exemple, citons le bleu éclatant qui a servi à peindre le ciel sur le dôme de la chapelle Sixtine au Vatican, ce pigment bleu provient du lapis-lazuli venu sur le dos des chameaux afghans.
Pierres précieuses En ce qui concerne les pierres précieuses, hormis le diamant, l'Afghanistan contient quasiment toutes les autres pierres précieuses, parmi lesquelles on peut citer l'émeraude, le rubis, le saphir. Le pays a même donné son nom à une pierre : l'afghanite. Notons que le commerce de l'émeraude et de lapis-lazuli a permis au Commandant Ahmad Shah Massoud de payer la guerre coûteuse qu'il menait contre les taliban[9].
Gaz naturel et pétroleEn ce qui concerne le gaz naturel, le pays possède d'importants gisements dont l'exploitation avait commencé il y a plus de 60 ans déjà. Dans les années 1980, les réserves de gaz naturel étaient estimées par la Banque Mondiale à 140 milliards de mètres cubes. Aujourd'hui, les études préliminaires montrent que ces évaluations ont été sous-estimées d’au moins 18 fois, les réserves estimées seraient donc de près de 2 520 milliards de mètres cubes de gaz. D'autres experts pensent que les réserves de gaz sont encore plus importantes puisque les estimations ne concernaient que le nord et l'ouest du pays ; or certaines poches de gaz ont été découvertes dans le sud et l'est de l'Afghanistan.
En ce qui concerne le pétrole, les réserves ont été sous-estimées par les Soviétiques. Le pays contiendrait 90 fois plus de pétrole que ce qui avait été annoncé par les Soviétiques dans les années 1980. Aujourd’hui, des compagnies pétrolières comme Unocal, Texaco, BP et Total ont installé des bureaux à Kaboul espérant remporter des appels d’offres du gouvernement[10].
Production de tapisL'Afghanistan est l'un des plus grands producteurs de tapis du monde.
Ce secteur d'activité emploie plus d'un million de personnes, soit 3 % de la population. Des millions, d'autres personnes travaillent dans des branches d'activité annexes, telles que la production de la laine, la coupe, le lavage et le design.
En 2005, les exportations de tapis de l'Afghanistan ont atteint 140 millions de dollars US, ce qui en fait officiellement le produit d'exportation le plus important du pays.
Selon une étude réalisée pour le compte de l'Agence des États-Unis pour le développement international, l'importance de ce secteur doublerait si le pays pouvait faire revenir les entreprises qui se sont délocalisées au Pakistan.
Seule une petite proportion des tapis au dessin très élaboré et aux belles couleurs est vendue à l'étranger en tant que produits afghans, car plus de 90 % d'entre eux sont envoyés au Pakistan pour la coupe, le lavage et la finition. Ils sont alors exportés avec une étiquette indiquant qu'ils ont été fabriqués au Pakistan.
Narco-économieArticle détaillé : Narco-économie en Afghanistan.
Depuis le retrait des troupes soviétiques, la production de l'opium est une source importante de revenus pour les Afghans. Ainsi dans son livre Afghanistan - Opium de guerre, opium de paix, le journaliste et sociologue Alain Labrousse estime qu'un tiers de l'économie du pays repose sur le trafic d'opium ou de ses dérivés.
Même durant la période des Talibans, sa production a continué, avec plus ou moins un laisser-aller de la part des autorités talibanes. Le mollah Omar a même déclaré à des journalistes allemands : « À long terme, notre objectif est de nettoyer complètement l'Afghanistan de la drogue. Mais on ne peut pas demander à ceux dont l'existence dépend entièrement de la récolte de passer du jour au lendemain à d'autres cultures. » Il a tout de même ajouté que « si des non-musulmans souhaitent acheter de la drogue et s'intoxiquer, ce n'est pas à nous qu'il appartient de les protéger ». Durant l'été de l'an 2000, les Talibans ont malgré tout décidé de faire cesser complètement la production d'opium, la faisant baisser de plus de 95 %. Le peu d'opium encore produit en Afghanistan le fut très majoritairement sur des territoires contrôlés par l'Alliance du Nord, dont la province du Badakhchan qui produisit à elle seule 83 % du pavot afghan entre l'été 2000 et la fin de 2001.
Depuis la fin de la guerre d'Afghanistan en 2001 et la mise en place d'un nouveau gouvernement, la culture du pavot, qui était déjà diffuse à l’époque des Talibans, a aujourd’hui atteint des niveaux records estimée pour 2006 à 6100 tonnes, ce qui dépasse largement la demande mondiale et concurrence durement les autres produits de la toxicomanie. La production par irrigation de légumes ou de fleurs peut avoir une possibilité mais est très vulnérable aux sabotages.
Selon le rapport annuel de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), publié le 27 août 2007, la production d'opium en Afghanistan a augmenté de 34 % entre 2006 et 2007. Le montant total de la récolte de pavot s'élèvera à 8 200 tonnes pour 2007, contre 6 100 tonnes en 2006. En tout, les terres d'Afghanistan utilisées pour la culture du pavot sont passées de 165 000 hectares en 2006 à 193 000 en 2007. D'après les enquêteurs de l'ONUDC, la culture du pavot se développe essentiellement là où la présence des talibans est très importante, dans le sud, soit à 80 % dans quelques provinces le long de la frontière avec le Pakistan. [2].
Autre point de comparaison issu de l'ONUDC, d'après ses rapports "opium survey 2001"[11] et "Afghanistan Opium Survey 2007"[12], la surface cultivée en pavot est passée de 7.606 ha en 2001 (dont plus de 80 %, 6.342 ha, dans la province du Badakhshan, celle qui était à l'époque principalement contrôlée par l'Alliance du Nord), à 197.000 ha en 2007 (dont 70 % dans 5 provinces du Sud-Ouest bordant le Pakistan, principalement celle de Helmand). Ceci représente une multiplication par 26 de la surface cultivée entre la dernière année du régime des Talibans et la situation actuelle.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Afghanistan#L...rces_naturelles