Friday 28 March 2008 à 04:26
Argent occulte de l'UIMM : les Français ne sont pas dupes Source :
http://www.humanite.f Deux tiers des personnes interrogées par CSA pour l'Humanité estiment que la direction du Medef était au courant des retraits occultes en liquides opérés depuis trente ans par l'UIMM. Dans son édition du mercredi 19 mars, L'Humanité publie et commente ce sondage exclusif. En vente en kiosque et chez votre marchand de journaux. Laurence Parisot a du boulot devant elle : 64% des personnes interrogées par CSA pour l'Humanité ne croient guère à la version d'un Medef découvrant sur le tard que l'UIMM opérait, depuis plus de trente ans, des retraits en liquide (estimés aujourd'hui à 19 millions d'euros) à destination inconnue. Plus encore, ce que le patronat de la métallurgie a fait de cet argent n'est pas considéré comme une petite affaire. 75% des Français interrogés qualifient l'affaire qui secoue l'Union des industries et métiers de la métallurgie de "grave", dont 41% de "très grave", alors que 11% seulement la jugent "pas grave".
La présidente du Medef, soucieuse de rendre étanche son organisation de la fédération de la métallurgie, a affirmé avoir déposé plainte pour diffamation contre d'ex-dirigeants de l'UIMM, dont Denis Gautier-Sauvagnac, selon lesquels elle avait été informée plus tôt qu'elle ne le dit de ces retraits en espèces.
Le nouveau président de l'UIMM, Frédéric Saint-Geours, s'est de son côté désolidarisé de son prédécesseur, affirmant qu'il n'y avait "pas de contrôle ni de processus de décision bien établi" avant son arrivée à la tête de la fédération patronale de la métallurgie, dans un entretien au Figaro. Il en a profité pour repousser la proposition du haut-commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch d'utiliser la cagnotte de l'UIMM (600 millions d'euros) pour financer des projets sociaux. « L'emploi de nos réserves relève de nos instances", a-t-il répondu. Selon lui, l'UIMM va mal : l'exercice 2007 de la fédération est "déficitaire de 4,7 millions d'euros et le résultat courant incluant le coût des restructurations est déficitaire de 8 millions d'euros".
Le Medef a encore du pain sur la planche pour convaincre de ses bonnes intentions : plus de la moitié des personnes interrogées (59%) par CSA ne font confiance ni à l'organisation patronale, ni au gouvernement pour que "les relations sociales soient en France plus transparentes et démocratiques dans l'avenir". En revanche, les Français sont une majorité (55%) à faire confiance aux organisations syndicales de salariés pour veiller à ce qu'il y ait plus de transparence dans les relations sociales, toujours selon ce sondage.
Sondage réalisé par téléphone le 12 mars auprès d'un échantillon national représentatif de 1.004 personnes âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas).
Ce message a été modifié par rigel - Friday 28 March 2008 à 04:27.