mercredi 04 octobre 2006 à 20:48
| QUOTE (ArnoArnoArno @ 02 Oct 2006 à 20:49) |
| Quand ca clignote et que ca fait pin-pon dans l'usine a gaz, c'est signe qu'il faut mettre hors-jus, sinon ca pete, commencons par virer tout les fonctionnaires qui n'ont rien a foutre sur le site serait sage...... |
Arno, tu ne veux pas de fonctionnaires ou de personnes qui défendent le service public sur le site, tu ne veux pas de personnes qui ont des idées communistes, en fait tu voudrais que des personnes qui pensent comme toi, je pense que tu te ferais chier pour de bon.
Tu dis que les services publics font pinpon, je dirais que pour tuer un chien on l'accuse de la rage. Depuis que les gouvernements de gauche éliminent les postes de fonctionnaires et cela fait un bail, voit-on une meilleure gestion de la fonction publique ? Faut les mêmes incohérences, les mêmes plaintes des usagers ce qui n'est pas normal, crois-tu vraiment que les fonctionnaires font grêve que pour leur pomme ? C'est faux.
Pourquoi une recrudescence des maladies "neusocomiales" (je m'excuse pour l'orthographe, je suis pas sûr), pourquoi l'éducation nationale n'arrive à enrayer l'illetrisme etc... et pourquoi les services publics qui devraient être gratuits voient leur tarif augmenter ? Les fonctionnaires subissent la même chose que dans le privé, on réduit le personnel mais leur d'en faire plus, ce qui pour un fonctionnaire veut dire souvent rendre un service de moins bonne qualité.
Et pourtant, il y a des choses qui deviennent incontournables et qui n'existaient pas auparavant, par exemple : les médecins faisaient plus facilement des déplacements le week-end et même dans la semaine pour des urgences, maintenant les malades se dirrigent globalement vers les services d'urgences des hôpitaux qui sont donc engorgés et les patients attendent des heures pour être soignés. Ils peuvent gueuler, c'est normal ; mais le manque de personnel dans ces services est tout de même notoire.
Dans l'Education nationale, on fait des parcours diversifiés, des parcours croisés mais sans rajouter des moyens cela veut dire des professeurs. Dans un collège, un ami m'a dit qu'un professeur des écoles y avait été affecté pour faire la classe à des jeunes présentant des handicaps. C'est une classe de douze élèves, mais dans cette classe il y a deux autistes, un enfant ayant un comportement violent, deux autres ayant des retards... Tu me diras que cela peut être passionant comme expérience pour un professeur, encore faut-il qu'il soit formé. Il a reçu son affectation fin août et la personne qui le lui a dit, ne savait même pas ce que voulait dire le sigle de sa classe UPI : en gros, unité d'insertion. Il faut savoir également que ce collège est en ZEP et qu'il n'a pas reçu de moyens supplémentaires pour cette classe. Les assistantes sont au nombre de : 1.
Dans le public, il suffit qu'une classe perde un élève pour que l'année suivante cette classe n'existe plus.
C'est comme pour le chemin de fer, il suffit que le nombre d'usagers à s'arrêter dans une gare diminue d'un certain nombre pour que la gare ne soit plus desservie par des grandes lignes voire même des TER.
Il faut aussi savoir que les fonctionnaires, donc les titulaires de leur poste ne sont pas rem-placés par d'autres titulaires mais des contractuels, dans la plupart des cas ce sont des contrats précaires et il faut savoir que l'Etat quand il licencie ne paie pratiquement pas de prime de licenciement. Mais bien sûr, recruter un contractuel que l'on peut virer quand on veut, cela coût moins cher qu'un titulaire avec plusieurs années d'expérience. Mais bon cela aussi a un coût. Demande à une personne de savoir faire du jour au lendemain un travail dans de bonnes conditions ?
Avec la décentralisation et les différentes coupes sombres dans le crédit de l'Education Nationale, il y a par exemple des inspections qui sont devenues spécialisées dans une tache comme celle par exemple de gérer les examens professionnels allant jusqu'au BEP. Au lieu de prendre les fonctionnaires qui faisaient ce travail dans toutes les inspections, ils ont recrutés des contractuels qui ne connaissaient pas le travail. Pour palier à l'embouteillage, une solution : le contrôle continu, or, même s'il y a une trame nationale il faut savoir que chaque établissement est seul maitre de la façon dont ces contrôles peuvent se faire et ce sont les professeurs qui jugent leurs propres élèves. Les disparités sur les notations qui existaient déjà se sont accrues au détriment des élèves.
Je peux encore te citer le cas d'une crêche qui a recruté un CES, alors qu'il manquait une éducatrice d'enfant. Le quota des personnes diplomées dans la crèche n'ayant pas été atteint, elle aurait dû fermer pour la sécurité des enfants...
On parle depuis longtemps de fermer les écoles maternelles publiques puisque cela a un coût pour la société et que l'obligation de scolarité ne commence qu'à 5 ans. Qui va trinquer ? Les parents. Comment vont faire les parents qui travaillent ? Ils devront prendre une nourrice pour l'année et cela bien sûr a un autre coût...
Les cliniques de proximité sont fermées les unes après les autres obligeant les malades à faire des kilomètres voire des centaines de kilomètres en plus. Pour des grossesses à risque cela demande donc soit que les mères se fassent hospitalisées plus tôt dans l'hôpital le plus prôche, soit d'aller vers une clinique privée où le coût est plus important.
Les transports publics : Les bus, métros, rer ne sont pas en nombre suffisants. Pour réduire les coûts dans des villes on demande aux chauffeurs d'être chauffeur bien sûr, mais aussi guichetier, aussi contrôleur, ils se retrouvent donc parfois seul face à des personnes qui n'ayant pas payées deviennent agressifs et les autres passagers peuvent très bien se dire qu'en fait ce n'est pas son boulot et qu'il prend du retard à ne pas conduire son bus et deviennent eux aussi agressifs.
Dans la police, où un de mes frères travaillent, ils ont cru effectivement Sarkozy quand il leur promettait plus de moyens, ces moyens ont été pour la plupart la possibilité d'embaucher des adjoints de sécurité. Des gilets pare-balle par exemple peut-être deux ou trois pour un manque de dix. Par contre, on leur a demandé de faire des missions supplémentaires et la plupart des fonctionnaires de police ne sont pas plus satisfaits qu'auparavant. Peut-être qu'aujourdh'ui tu me diras que leur situation s'est améliorée, mais j'en doute.
Les pompiers il y a quelques années revendiquaient le droit de voir leur métier être catalogué comme métier à risques (ce qui pour moi allait de soi), aujourd'ui ils veulent dé-fendre leur droit à la retraite, et cela est normal. Leur effectif me semble - t- il n'a pas évolué ce qui les amène par exemple à abandonner certaines missions, ou les faire payer, comme quand un particulier veut se débarrasser d'un essaim de guêpes.
Dans la Marine Nationale, où on déclame et répète les missions publiques : les vedette surveillant le rail des pétroliers au large d'Ouessant se comptent sur les doigts d'une main, et des remorqueurs de haute-mer, il doit y en avoir deux peut-être trois, mais ce n'est pas avec cela que l'on empêche les marées noires...
Bref, tout cela pour dire, que les services publics sont au service du public mais qu'il faut savoir que tous les politiques pratiquées depuis des années n'ont fait que mettre à dos les usagers à ces services. Si l'informatique a modernisé et permis peut-être de redistribuer des taches (c'est plutôt des suppressions), c'est surtout de personnels qu'il lui faut.