samedi 06 janvier 2007 à 16:26
Je suis arrivé à la vie sexuelle en même temps que le Sida commençait à faire parler de lui. Et donc dès mon premier rapport avec un mec, j'avais déjà en tête qu'il y avait un danger, même si c'était au tout début de la médiatisation de la maladie. On savait que ça touchait les homosexuels mâles et que ça s'attrapait en baisant et que ça tuait !
Pour ma part, je n'ai jamais beaucoup trainé dans le milieu et donc je ne suis pas de ceux qui ont vu leur carnet d'adresse se rayer de noir. Je n'ai connu que trois mecs qui sont morts. C'est déjà bien assez. Deux d'entre eux étaient des amis de mes amis. Pour le troisième il était beaucoup plus proche, puisque j'ai été son dernier amour.
Par contre, je me souviens qu'à cette époque, il y avait une psychose, le milieu artistique se dépeuplait à la vitesse grand V, et j'ai le souvenir très net, des soirées où j'allais en boite, et où la vue d'anciens copains qui n'avaient pas bonne mine évoquait immédiatement la maladie, ce qui était souvent stupide... Mais je ne peux m'empêcher de penser que sur le nombre des mecs qui ont eu une bonne place dans ma vie, quelques uns ont sans doute été fauchés sans que je n'en sache rien... J'imagine...
J'ai connu un copain qui était séropo depuis les années 80 et dont la santé était toujours parfaite vingt ans plus tard, j'ai vécu avec un séropo pendant trois ans à l'époque de la trithérapie. Mais j'avoue que l'image d'ancien combattant des années 80, m'est assez familière. C'est vrai que ceux qui ont vécu de façon insouciente leur sexualité, ne sont souvent plus là, et que les quadrass ou plus qui sont encore frais et sains, sont sans doute ceux qui ont été les plus sages sur le plan sexuel. Nous sommes des rescapés.
Mais attention, car on parle de sida un peu trop vite au passé alors que rien n'est fini, tout est là et bien là, même si les homos ne sont plus les cibles uniques de la maladie, tout est encore tellement présent, un seul instant d'insoucience et c'est la catastrophe bien actuelle !
Bien entendu les traitements amoindrissent l'optique mortelle, mais on meurt encore du sida en France ! Faut pas se le cacher, on ne peut pas parler des années sida au passé, nous sommes toujours dans les années sida et tant que l'épidémie n'aura pas trouvé son remède absolu, nous serons encore dans les années sida !