Tuesday 22 August 2006 à 18:14
Voici un article intéressant qui répond en partie à cette question!
Le suicide cellulaire : un phénomène clé du vivant!
L'étude de la mort cellulaire physiologique ou apoptose constitue l'un des axes de recherche du Laboratoire de Génétique et Biologie Cellulaire (LGBC) de l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. La disparition de structures transitoires au cours du développement a été décrite dès l’antiquité par Galien et les premières observations de mort cellulaire datent du milieu du XIXe siècle. Toutefois, ce n'est qu'à la fin du XXe siècle que s'est imposée l'évidence du rôle physiologique de la mort cellulaire non seulement au cours du développement, mais également dans le contrôle de la taille des tissus et dans l'élimination des cellules infectées ou endommagées.
Une illustration du rôle central de la mort cellulaire se trouve dans le fait qu'un défaut dans la régulation du programme de mort cellulaire est à l'origine de diverses pathologies. Ainsi une activation anormale du programme de mort est impliquée dans certaines maladies neurodégénératives (Alzeihmer et Parkinson), hépatiques ou encore dans le SIDA qui résulte d'une destruction massive de certains lymphocytes. Inversement, une inhibition de la mort est responsable de certaines maladies auto-immunes, des infections virales et l'apparition de cancers.
Induction du suicide : une stratégie cellulaire pour lutter contre le cancer … Le suicide cellulaire est le véritable rempart de nos corps contre le développement de cancers.
Le contrôle de la taille des populations cellulaires (tissus) repose sur l'existence d'une balance très fine entre les phénomènes de prolifération et d'apoptose. Ainsi, l'apparition d'une mutation oncogénique, c'est-à-dire qui favorise une multiplication inappropriée de la cellule qui la porte, s'accompagne le plus souvent de l'activation d'un programme de mort permettant son élimination. On l'aura compris, la combinaison d'une mutation oncogénique et d'un défaut dans l'induction du processus de mort constituera un moment critique de la progression tumorale.
La protéine p53 est un acteur clé de ces mécanismes d'inhibition de la cancérogenèse, qu'illustre parfaitement, a contrario, le fait que cette protéine soit inactive dans la quasi-totalité des cancers humains. En effet, la forme normale, active, de cette protéine empêche la survie des cellules présentant des altérations génétiques ou se multipliant de manière inopportune, c'est-à-dire des cellules que l'on peut qualifier de précancéreuses. Nous pouvons donc comprendre pourquoi le développement d'une tumeur nécessite l'apparition de mutation conduisant à une perte de fonction de la protéine p53. Cette inactivation de la protéine p53 aura non seulement pour conséquence de favoriser l'oncogenèse, mais elle compromettra également l'efficacité des traitements qui reposent sur la possibilité d'induire l'apoptose par chimiothérapie.
L'étude des modes d'action de la protéine p53 constitue l'un des thèmes de recherche du groupe "Déterminisme du Devenir Cellulaire" dirigé par Jean-Luc Vayssière au sein du LGBC. Nous avons récemment décrit une nouvelle voie d'induction de l'apoptose par la protéine p53, c'est-à-dire une nouvelle cascade d'événements intracellulaires par laquelle la protéine p53 peut conduire une cellule à mourir (1). Ces travaux mettent également en évidence la possibilité de réactiver une protéine p53 normale mais incapable d'agir en raison de l'altération d'un composant de la voie classique d'apoptose induite par p53. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives dans la thérapie des cancers humains dans lesquels le gène p53 est normal et qui sont néanmoins résistants à l'apoptose induite par p53 (ex : mélanomes).
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Blocage du suicide cellulaire : une stratégie virale pour persister dans l’organisme… L’apoptose est un processus qui peut aussi intervenir lors d’infections virales. Au sein du LGBC, le groupe "Réponses cellulaires" dirigé par Jean-Michel Rossignol s’intéresse notamment au virus de l’hépatite B et plus précisément au rôle d’une protéine virale spécifique, nommée P22, dans le maintien du virus dans les cellules hépatiques (hépatite chronique). En effet, le VHB est la cause, dans 80 % des cas, de troubles hépatiques bénins se terminant par une élimination complète du virus dans l’organisme. Néanmoins, le VHB a la capacité, dans 20 % des cas, de ne pas être éliminé par le système de défense immunitaire du patient et ainsi de persister dans l’organisme. Ce mécanisme de persistance dans le foie du patient est à la base de nombreux désordres cellulaires comme le cancer du foie ou la cirrhose. Notre équipe a récemment montré (2) que P22 interagit spécifiquement avec une protéine de la cellule infectée, nommée gC1qR, qui peut s’associer à différentes protéines virales appartenant toutes à des virus provoquant une infection persistante (virus du SIDA, de l'hépatite C humaine, de l'herpès ou de la rubéole). De récents travaux effectués dans notre laboratoire sur des cellules non infectées montrent que gC1qR pourrait avoir un rôle dans la régulation du processus d'apoptose. Dans le cadre de l'hépatite B, nos travaux nous ont conduit à émettre l’hypothèse que le virus, via la protéine gC1qR, pourrait inhiber l’apoptose et ainsi maintenir la cellule infectée en vie, dans le but de persister au sein des cellules hépatiques. Ces études pourraient ouvrir une nouvelle voie de recherche pour la lutte contre l’hépatite B qui reste, à ce jour, un problème majeur de santé publique.
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Source:
http://www.uvsq.fr/news/mag/4/suicide-cellulaire.html
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