Anim histoire & religion
27 ans (F)
Autre pays d'Asie
Friday 26 October 2007 à 09:41
Le mauvais oeil
Le mauvais œil est un regard de jalousie pouvant provoquer le malheur, la maladie et même la mort, les bébés et les animaux y sont particulièrement vulnérables. Il n’est pas forcément volontaire, tout personne envieuse peut jeter le mauvais oeil. C’est une croyance présente dans toutes les cultures, mais elle est surtout développée dans les pays méditerranéens.
en temoigne cet article:
Plusieurs enfants de moins de six ans, portés disparus, ont été retrouvés affreusement mutilés l'année dernière dans des régions rurales marocaines où la sorcellerie, le charlatanisme, mais surtout les actes sataniques, rapportés par la presse locale, ont jeté l'effroi dans un pays encore rongé par les pratiques médiévales. A Adjelmous, dans la région de Khenifra, dans les montagnes du Rif, plusieurs enfants ont été enlevés entre 1999 et 2003 par des adeptes de la magie noire. Leurs corps ont été retrouvés dans la forêt avoisinante, affreusement mutilés, par la gendarmerie. Un de ces enfants victime de pratiques sataniques qui a fait l'objet d'une émission sur les enfants disparus de la chaîne radiophonique marocaine, a été retrouvé en août 2003 dans la forêt de la localité d'Adjelmous pratiquement «scalpe», sans langue, sans yeux et sans la lèvre inférieur, le corps à moitié dévoré par les chiens. Le quotidien «Al Ittihad El Ichtiraki», qui a fait un long reportage sur les pratiques médiévales et terrifiantes de certains sorciers d'Adjelmous, rapporte que dans ce petit village du rif marocain, la fable du «trésor caché» serait derrière ces massacres d'enfants.
En fait, dans les régions rurales marocaines, où le taux d'analphabétisme avoisine les 80 %, exacerbé par un chômage endémique, le charlatanisme, mais également la sorcellerie, restent une pratique courante. Dans ces régions du rif souvent difficiles d'accès et pratiquement isolées par des montagnes fortement boisées, l'invocation des djinns et démons est toujours pratiquée par les talebs et sorciers pour exorciser le «mauvais œil», favoriser la fertilité des femmes, provoquer le mariage de vieilles filles, ou jeter le mauvais sort.
Le plus étrange, c'est que dans les grandes villes du Maroc, et particulièrement dans la capitale, ces pratiques, quoique feutrées, dissimulées, restent de mise. A la Souika de Rabat, dans la vieille ville, une ribambelle de gamins prend possession de la ruelle principale dès le crépuscule pour vendre des centaines de petites tortues. «Non, c'est pour les gens qui ont des jardins et qui aiment élever des tortues», répond un des gamins à la question de savoir qui «achète ces tortues». En fait, la sorcellerie arabe, et plus particulièrement au Maghreb central, utilisait souvent les tortues comme rituel pour des actes sataniques ou pour jeter le mauvais sort. A la Souika de Rabat, des échoppes obscures, dans lesquelles on entre le dos courbé, proposent plusieurs dizaines de variétés d'onguents, de matières premières, de végétaux pour les rites sataniques, ou pour la sorcellerie.
«Djaoui, fsoukhs, chham, plomb», plantes, écorces d'arbres, et tant d'autres matières et onguents pour la pratique de la sorcellerie sont disponibles, avec en plus des variétés très rares, sinon disparues ailleurs au Maghreb. Au Maroc, la sorcellerie, qui n'est pas tellement un tabou, ni un phénomène marginal, rythme toujours le côté mystérieux d'une société qui veut s'affranchir d'une époque médiévale très présente dans les régions rurales, faiblement développées, encore assujetties au rôle mystique des charlatans et des talebs de douars.
Au point que des jeunes filles, cultivées et urbanisées, n'hésitent pas à solliciter la «baraka» des saints et des marabouts qui pour trouver un emploi, qui pour se marier, ou pour exorciser le «mauvais œil».
A Rabat, un saint homme, Sidi El Yabouri, est devenu le souffre douleur des filles qui veulent se marier. Chaque mercredi, les jeunes filles, qui ont consulté auparavant un «voyant», y affluent pour contrecarrer le mauvais sort.
Le rituel est stupéfiant : après l'invocation adressée au saint homme pour conjurer le mauvais sort, allumer des bougies et tourner autour plusieurs fois avec des incantations, la jeune fille doit impérativement se purifier en prenant une douche avec l'eau du puits du mausolée, ensuite laisser ses sous vêtements sur une tombe pour que sa visite ait de l'effet. Sous le vernis de la modernité, la société marocaine reste encore prisonnière de pratiques médiévales, ailleurs presque disparues au Maghreb, de sorciers réputés qui vivent des contradictions sociales d'un pays qui n'arrive pas à se débarrasser de ses «djinns».
La nouvelle republique
Ce message a été modifié par sandie72 - Friday 26 October 2007 à 09:49.