lundi 11 avril 2005 à 10:57
Voici un rapport de police de juillet 1933 sur les camps allemand, a la meme epoque, c'est un texte tiré des archives nationales et je l'ai eu aussi grace à ma prof Mme Annie Lacroix-Riz
"Ville de 5 000 habitants, où a été ouvert un camp de concentration pour « des gens de toutes conditions, des communistes, des social-démocrates, des ouvriers et des intellectuels (...) un millier environ (...). Le camp est installé dans un ancien château qui fut jadis un asile d’aliénés et une maison de correction, et qui sans affectation depuis des années est complètement délabré (...) : environ 80% communistes, ouvriers et intellectuels et 20% de social-démocrates, ou n’appartenant à aucun parti politique », dont beaucoup « actuellement inoffensifs et doivent leur sort à des dénonciations : il y a des vieillards de 70 ans, des invalides de guerre, etc.
Dans des salles de 6 à 7 m2 sont parqués entassés 20 à 25 internés auquel le plancher couvert de paille sordide sert à la fois de couche, de table et de siège. Le camp est gardé par les SA de la Standarte (Régiment) 139. La nourriture est très mauvaise et de qualité douteuse, les prisonniers sont obligés de s’alimenter sans pouvoir se servir ni de table ni de siège et de peler avec leurs mains les pommes de terre qu’on veut bien leur servir. Toutefois on met à leur disposition de petites cuillères en fer blanc. »
Valeur de la nourriture quotidienne, « au plus de 40 à 50 pfennigs. Les internés sont obligés de dormir dans des salles éclairées au grand jour à l’électricité et toutes portes ouvertes au vent, sans cesse réveillés par le bruit lourd des sentinelles, les cris terrifiants de ceux que l’ont soumet à la bastonnade. Fréquemment on les fait sortir dehors de sorte qu’il est impossible de dormir.
L’eau pour la toilette tombe goutte à goutte du plafond de tuyaux percés et des groupes de 30 à 40 malheureux se précipitent et se bousculent pour la happer au passage.
Les prisonniers sont traités avec la dernière brutalité. La garde des SA est composée principalement de jeunes gens, qui à quelques exceptions près, sont des sadiques et des brutes complètes.
Les internés sont livrés à leur merci, sans moyen de défense. Leurs réclamations adressées au Commissaire du camp produisent généralement un effet tout à fait contraire à celui qu’en attendent les plaignants et provoquent de la part des SA une vengeance féroce. Lorsqu’on manifeste un désir quelconque et demande l’autorisation de ses laver, de satisfaire ses besoins naturels, etc., il faut se mettre au garde à vous devant chaque SA, porter les mains à la couture du pantalon et faire un demi tour réglementaire. Il en est de même quand on est interpellé par un SA, l’un veut que les bras soient tendus, un autre le contraire, un troisième que les doigts soient détendus et ouverts. Jamais on ne réussit à les satisfaire, il y a pourtant parmi les prisonniers beaucoup d’anciens soldats. Tout cela finit souvent par des coups de matraques en caoutchouc. On force les prisonniers à chanter des chansons nationalistes sous la direction d’intellectuels de Leipzig. Les corvées sont nombreuses et variées, vidanges des cendres, transport du charbon, vidange des cabinets et fosses d’aisance, travaux de cuisine, etc.
Les visites ne sont tolérées qu’une fois tous les 15 jours et d’une durée de 10 minutes au plus. Les prisonniers sont entourés de SA, les visiteurs sont traités ignoblement, les SA les eng…. (sic) et molestent les femmes. Les visiteurs (il y en a toujours des centaines à la fois) importunent le SA. [Les visites] avaient lieu les mercredis et dimanches.
Celles du dimanche ont été supprimées et reportées au samedi afin d’empêcher les visiteurs de bénéficier des billets à prix réduits des chemins de fer. Pendant les visites il est naturellement impossible de parler de choses ayant une certaine importance. Le mot d'ordre est de cuisiner prisonniers et visiteurs ce qui donne lieu aux plus grands abus.
Voici comment on procède au “cuisinage”, tous les prisonniers regagnent leur chambre avec interdiction de stationner dans les couloirs. Un baquet d’eau est placé devant la porte. Le prisonnier que l’on interroge doit se tenir debout devant une tales les mains levées. Un “Commissaire” entouré d’une vingtaine de SA commence alors l’interrogatoire. Celui-ci terminé, le Commissaire quitte la salle. Le prisonnier est couché sur la table et tous les SA présents tombent sur lui en le frappant à coups de matraques. Les coups sont portés avec un raffinement barbare sur les reins, le dos, les fesses, etc. On entend les cris de douleur dans les pièces voisines. Le prisonnier atterrit après la bastonnade dans le baquet rempli d’eau froide, puis il est jeté en cellule jusqu'à sa guérison. Quand les camarades le revoient quelque temps après il est amaigri et abruti.
Les nouveaux arrivants sont d'abord l’objet de toutes sortes de brimades. Tout d'abord on les obliger à des exercices, on les brutalise et frappe de la plus belle façon. Tout un transport de prisonniers venant de Pennig, en Saxe, a été brutalisé du premier jusqu'au dernier. Un invalide de guerre, amputé d’une jambe, qui en faisait partie a subi le même sort. Le nommé Dietrich Théo, de Rochlitz en Saxe, et un SA surnommé le “dégoûtant” par ses propres camarades s’y sont particulièrement distingués. Un transport de 70 prisonniers de Chemnitz arrivé le…. (sic) ont (sic) été tellement maltraités que la cuisinière des Nazis et la femme du SA M…. (sic) ont poussé des cris d’horreur et imploré pitié. Un des internés, l’ouvrier B….. (sic), ancien social-démocrate qui souffrait d’une maladie de nerfs contractée à la guerre, en est devenu fou. Des prisonniers l’ont emmené du camp l’écume aux lèvres et les menottes aux mains.
Des prisonniers racontent que des camarades dont ils citent les noms portaient des blessures qui s’envenimèrent, des chemises remplies de sang et de pus. Parmi un grand nombre de cas, six noms ont été signalés spécialement. Les punitions infligées aux prisonniers sont les suivantes : rester debout courir pendant des heures entières au pas de gymnastique; passer une nuit debout un bras levé etc. Le secrétaire social-démocrate et le caissier, Schorter et Riehl, tous deux de Leipzig, sont continuellement brutalisés. Les bastonnades sont à l'ordre du jour. On les oblige à vider les WC et à charger les ordures et on leur fait faire les plus sales besognes. Les plus cyniques des SA sont les nommés Mullet (sic), chef de groupe, Mengel, le “ dégoûtant”, et le fameux Dietrich Théo, déjà nommé, de Rochlitz, une brute finie.
Et voici maintenant le pire : toutes les personnes qui sont relâchées doivent signer une attestation qu’elles ne diront rien de défavorable au sujet de la nourriture, des traitements subis, etc., et qu’elles s’abstiendront de toute propagande marxiste, etc. quelque temps après leur mise en liberté elle reçoivent une feuille de papier portant les indications suivantes :
M….. de …. jusqu'à…. vous avez été interné dans un camp de concentration, ce qui a entraîné des frais se montant à… que vous êtes tenus de rembourser. Vous êtes prié de payer ledit montant à la caisse indiquée ci-dessous, jusqu'au… en cas de non paiement le montant sera récupéré par les moyens légaux.
Signé : Présidence de Police de Leipzig.
Les frais qui leur sont comptés se montent à la somme de 2 marks par jour (14 marks par semaine) alors que l’indemnité de chômage allouée pour l’entretien d’une famille est de 15 marks ½, dont il faut déduire 2 marks pour le loyer.
Résultats de l’incarcération : les prisonniers rentrent chez eux avec une haine encore plus forte contre le régime actuel qui dans un avenir prochain aura des conséquences graves pour les autorités responsables. Les prisonniers tiennent plus que jamais à leurs opinions politiques. Une armée de milliers d’ouvriers et d’intellectuels devient prête de sorte que sous peu le fascisme allemand aura vécu"
La difference de traitement des prisonniers et donc frappante