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Livenet > Forum > Histoire
Friday 05 May 2006 à 14:08
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Pour les 70 ans du Front Populaire je souhaite revenir sur ce gouvernement et notamment sur sa politique intérieure.

Voici un article de Jean-Pierre Rioux, publié dans l'Histoire.

"Avec Léon Blum, en juin 1936, la France compte pour la première fois un chef de gouvernement socialiste. Un immense espoir soulève le pays. Et pourtant, un an plus tard, le désenchantement est complet.

Le 5 juin 1936, annonçant à la radio la constitution du gouvernement de Front populaire, Léon Blum concluait : « Un grand avenir s’ouvre devant la démocratie française. Je l’adjure, comme chef du gouvernement, de s’y engager avec cette force tranquille qui est la garantie de victoires nouvelles. » Tout est dit à mi-mot dans cette formule : l’impatience des masses, qu’il faut canaliser, l’impératif d’une gestion à moyen terme et la volonté d’élargir la démocratie en socialisme. Le Front populaire a tenté de nouer le faisceau de ces ambitions, avant d’échouer, désarmé par l’hostilité de ses adversaires et empêtré dans ses propres contradictions. En mai-juin 1936 déjà, quand Blum affiche l’espoir, quatre éléments sont en combinaison. « L’expérience » va dérouler leur chimie explosive.

1) Une bataille électorale dans la tradition républicaine, mais particulièrement dure et agitée, qui avait débouché, après un premier tour indécis le 26 avril, sur la victoire du Rassemblement populaire le 3 mai. La discipline républicaine donne un second tour sans « bavures » et la logique brutale du scrutin d’arrondissement joue pour la première fois à plein en faveur de la gauche : l’alliance préélectorale porte ses fruits ; qu’un électeur sur dix ait abandonné le centre et la droite suffit à faire basculer le pays. Mince victoire en chiffres absolus : un déplacement de moins d’un million de voix a emporté la décision. Mais large victoire politique et psychologique pour une gauche désunie depuis 1920.
Les radicaux, compromis depuis 1932 dans une mauvaise gestion de la crise économique et morale, sont les grands vaincus, même s’ils règnent encore sur le Sénat : ils ne conservent que 2 millions d’électeurs et 110 sièges à la Chambre, soit 50 de moins qu’en 1932. Les communistes, eux, sont les grands vainqueurs : ils passent, depuis 1932, de 782 000 à 1 468 000 voix et de 11 à 72 députés, au moment précis où le dynamisme militant de leur parti lui fait dépasser en effectifs la SFIO. L’Union de la gauche profite ainsi d’abord au PCF. Les socialistes, enfin, stabilisés autour de 2 millions de suffrages et progressant légèrement en sièges (de 131 à 147), cimentent la coalition victorieuse, possèdent le plus fort groupe parlementaire à la Chambre et peuvent donc légitimement imposer Léon Blum à la présidence du Conseil.
Pourtant, cette gauche socialiste n’a pas la majorité sociologique : la droite a reculé en bon ordre, le gouvernement Blum sera soumis à la pression des communistes et surveillé par des radicaux blessés, divisés et, on l’a vu, maîtres du Sénat, où la tentation est grande de renouer des alliances au centre et à droite. En fait, le Front populaire a sauvé le régime républicain attaqué dans la rue par les ligues depuis le 6 février 1934, il a réaffirmé la force de conviction d’une démocratie parlementaire réglée par les partis, mais il n’a pas résolu, d’entrée, la question d’avenir : stabiliser durablement à gauche des classes moyennes agitées par la crise, choyées par les droites classiques ou extrêmes, désorientées par l’affaissement continu du parti radical qui avait longtemps si bien exprimé leurs revendications. Le Front populaire ne s’est pas imposé au centre sociologique de la politique française. Toute revanche du social sur l’électoral est possible.

2) L’expérience gouvernementale est tout aussi originale et ambiguë. Pour la première fois dans l’histoire de la République, un socialiste dirige le gouvernement et reçoit le soutien du Parti communiste. Il accueille trois femmes en son sein, alors que l’électorat est masculin. Il n’entend pas se couper des masses et il pousse le dialogue avec les syndicats, les comités, les mouvements et les associations qui ont adhéré au Rassemblement populaire. Ce contact avec les sources vives devrait lui donner force et imagination. Or le drame est pour lui d’avoir à faire face à une cascade d’urgences.
A l’intérieur, la droite n’a pas désarmé, les classes moyennes parlent haut, les grèves « sur le tas » font tache d’huile. A l’extérieur, la spéculation attaque le franc et la guerre éclate en Espagne le 18 juillet. Pressé par le temps, le gouvernement Blum a fait galoper le Parlement : en quelques semaines, celui-ci vote plus de textes que dans toute la législature précédente.
Se succèdent ainsi les trois lois des 11 et 12 juin sur l’établissement de la semaine de travail de 40 heures, la création de deux semaines de congés payés par an et la procédure d’élaboration de conventions collectives par branche industrielle et dans chaque entreprise, trois mesures inscrites au programme du Rassemblement populaire mais dont l’adoption est hâtée par l’accord Matignon le 7 juin. Suivent dans la foulée des textes législatifs annulant les décrets-lois du gouvernement Laval qui pénalisaient les fonctionnaires et les pensionnés, épurant la police, interdisant les ligues factieuses.
Enfin, une impressionnante batterie de mesures économiques et financières procède de la même hâte : réforme de la Banque de France pour lutter contre les « deux cents familles »1 ; nationalisation des fabrications de matériel de guerre, qui seront vigoureusement relancées ; lancement de grands travaux ; création d’un Office du blé ; prolongation de la scolarité ; collectif budgétaire, emprunt ; crédits et aides. En quelques semaines, une « révolution par la loi » semble acquise, contre le patronat et les puissances de l’argent, et sans céder trop dangereusement à la pression contraire du « ministère des masses ».

La grève : un choc imprévu
3) Car, troisième élément, 1936 est aussi – et d’abord dans le souvenir collectif – un mouvement de grèves d’une ampleur sans précédent : 12 000 grèves, dont les trois quarts avec occupation des usines ou des magasins, 1 800 000 grévistes. Spontané ici, dès longtemps préparé par une poignée de militants « gauchistes » ou communistes ailleurs, spectaculaire et imprévu – une « gifle » pour le gouvernement, dira Léon Blum –, il dévoile un monde d’oppression patronale et il exerce, assez joyeusement, la lutte des classes. Des patrons « de droit divin », de petits tyranneaux du salon de coiffure ou du grand magasin, sont contraints pour la première fois d’engager le dialogue avec leurs ouvriers et employés, dans les grosses « boîtes » de la métallurgie comme dans les petites entreprises familiales. Pis encore, les voici obligés à appliquer la loi, voir s’installer face à eux un animal étrange : le travailleur syndiqué.
Car le mouvement syndical français a enfin recruté des troupes dans ces grèves et l’accord Matignon l’a installé au rang de négociateur privilégié et d’interlocuteur reconnu : les « partenaires sociaux » devront apprendre à cohabiter autour d’une table et dans le respect de la nouvelle législation. Prolongée par les premiers congés payés de l’été, vibrante et gaie, plus libératoire qu’émancipatrice, la grève du printemps 1936 fut un choc social imprévu et inoubliable. Une onde aussi forte ne s’épuise pas en quelques semaines : le Front populaire devra gérer une situation inédite, où le social devance le politique.

4) Enfin, un authentique et confus mouvement de masse enveloppe et dépasse l’élection, la pratique de gouvernement et même la grève. Un mouvement collectif, bien sûr, mais qui saisit l’individu, bouscule les sociabilités locales et enivre les moins militants. Car, avec la crise et la bataille contre le fascisme – réel ou supposé : en France, l’antifascisme a précédé toute menace fasciste réellement constituée à l’intérieur –, ont surgi des comités de chômeurs qui sont illustrés par de grandes « marches de faim » depuis 1933 ; des comités de Rassemblement populaire, des associations qui réunissent travailleurs et intellectuels imposent leur turbulence aux sections locales des syndicats et des partis politiques.
Sur ce fond permanent de fermentation sociale s’épanouit donc, en 1936, une sorte d’« agit-prop » culturelle qui signe l’entrée de la France dans l’âge nouveau. Les slogans, les images, les chansons fleurissent. La radio prend son essor de média de masse. Et, dès le mois d’août, l’espoir a pris le soleil, sur les plages envahies par « les salopards en casquette » et dans les campagnes parcourues le sac au dos ou en tandem. Cet « air du temps », qui entêtera longtemps de son parfum, excite donc les militants les plus disciplinés : « 36 » fut profondément créateur.
La combinaison de ces quatre éléments constitutifs aurait suffi à donner une coloration particulièrement forte à « l’expérience » Blum. Mais le poids des événements inattendus s’ajoute à celui des conditions initiales pour rétrécir la marge de manœuvre et faire échouer l’ambition. En particulier, il ne faut pas sous-estimer le rôle de la grande peur sociale que les grèves sur le tas ont déchaînée. Sans doute la révolution n’y était-elle pas à l’ordre du jour, quoi qu’en aient cru quelques militants des minorités révolutionnaires qui campaient sur les marges du PCF et de la SFIO : dès le 11 juin, Maurice Thorez, au nom des communistes, a déclaré qu’il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue.
Il n’empêche que de dangereuses « queues de grèves » sont observées en septembre et qu’une agitation larvée se poursuivra dans les entreprises. Or les patrons, poussés à négocier depuis l’accord Matignon et le vote des lois sociales, sont bien décidés à ne plus céder un pouce de leur souveraineté et à protéger la rentabilité de leurs entreprises : ils engagent leur « bataille de la Marne » avec détermination. Et ils trouvent dans cette lutte contre tout retour du « printemps de la peur » de solides alliés chez les adversaires politiques du Rassemblement populaire.
"

La problematique de ce topic est simple, comment peut on juger l'action du Front Populaire, fut-elle un succès pour la France ou un echec ?

Sa chute peut elle s'expliquer par la politique de Léon Blum en elle meme ou par les multiples pressions de la droite et des ligues fascisantes (action française ou le parti de Doriot) ou encore par un patronat français revanchard des accords de Matignon ?
Monday 08 May 2006 à 12:21
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Personne ne veut debattre ? sad.gif

Je cite juste un patron de 1936 qui illustre le traumatisme qu'ont été les greves de mai-juin 36 : "En 1936 alors là. Le dimanche on dormait sur nos deux oreilles. Le lundi matin, on se réveille : c'était la revolution ! L'usine occupée. On n'avait jamais vu cela. 36 a été épouvantable. C'est vraiment un tournant dans l'Histoire, je ne l'oublierai jamais." Ferdinand Béghin, industriel français dans La Revanche des Patrons de J. Kolboom
Thursday 11 May 2006 à 00:13
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Les citations provenant des intellectuels et hommes politiques de droite sont très éclairantes sur l'état d'esprit de la droite anti front populaire et l'esprit de revanche de la droite qui l'anime!

Brasillach : "Lorsqu'un gouvernement national aura fusillé Blum et Cot personne ne versera une larme sur ces deux excréments".

Laubreaux (Journaliste à Je suis partout) exprimait pour la France son espérance en une "guerre courte et désastreuse".

Maurras le chef de l'Action Française : "Comment un régime enjuivés, météqués et démocrassouillé ose-t-il prétendre mener une guerre sans organiser sciemment le suicide de la nation?"

La chute du front populaire à pour cause (parmis d'autres) le sabotage de la droite, qui préférait plutôt freiner le réarmement, que voir la France forte militairement face à l'Allemagne mais dirigé par la gauche!

Ainsi la défaite de 1940 ne doit pas être imputé aux 40 heures et aux congés payés. Ces conquêtes sociales n'étaient pas du goût du patronat, qui s'est opposé frontalement au gouvernement en réaction à ces réformes.
Thursday 11 May 2006 à 18:26
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QUOTE (Tomas Wong @ 11 May 2006 à 00:13)
La chute du front populaire à pour cause (parmis d'autres) le sabotage de la droite, qui préférait plutôt freiner le réarmement, que voir la France forte militairement face à l'Allemagne mais dirigé par la gauche!

Ainsi la défaite de 1940 ne doit pas être imputé aux 40 heures et aux congés payés. Ces conquêtes sociales n'étaient pas du goût du patronat, qui s'est opposé frontalement au gouvernement en réaction à ces réformes.

La défaite de 1940 ne doit pas être forcément imputée aux 40 heures et aux congés payés mais c'est n'importe quoi d'affirmer que la droite préférait freiner le réarmement de la France.
Je ne crois pas que la course aux armements pour faire face à la situation allemande, fût la priorité du Front populaire, donc il s'agit d'une grave erreur politique imputable à ces gouvernements, le patronat cherche toujours à faire des profits et je ne sais pas pourquoi il aurait refusé les commandes militaires?
Tuesday 23 January 2007 à 13:40
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J'ai trouvé cette note très interessante lors de mes recherches au quai d'orsay, cela intervient alors que le Président de la Republique Albert Lebrun rappelle le 13 mars Léon Blum pour former un nouveau gouvernement, ce gouvernement qui ne dura que quelques semaines notamment à cause des problèmes financiers et le refus du Sénat de donner à Blum les pleins pouvoirs financiers.

Après ceci Blum sera remplacé par Daladier, "l'homme de Munich".

Archives du Ministère des Affaires Etrangères, Série Y - 232 finances publiques françaises, 3 novembre 1937, 14 juillet 1938.

Le Ministre de l’intérieur au Ministre des Affaires Etrangères, Paris le 18 mars 1938

« On sait que depuis une semaine environ le franc fait l’objet de vives attaques de la spéculation, attaques qui ont provoqué une certaine tension des changes.
Ces manœuvres, bien qu’émanant en apparence d’Amsterdam, sont en réalité dirigées par la Cité de Londres.
Elles sont l’œuvre d’un groupe britannique financier très puissant, comprenant notamment Lord Astor (propriétaire du Times) lord Halifax, M. Normann…
Ce groupe qui agirait d’accord avec certaines personnalités politiques françaises, aurait pour but de provoquer en France une dissociation du Front Populaire, le rejet des communistes dans l’opposition et la rupture du pacte franco-soviétique.
La France et l’Angleterre pourraient alors conclure un pacte à Quatre avec l’Allemagne et l’Italie. Tous les milieux britanniques qui sont partisans, pour des raisons divers, d’un rapprochement avec l’Allemagne et l’Italie, appuient cette manœuvre. La place d’Amsterdam a été choisie pour masquer l’opération aux yeux de l’opinion publique française. »

Ainsi le franc aurait subi des attaques dirigées par les milieux anglais en accord avec le rapprochement avec l'Axe dans le but de faire tomber le nouveau gouvernement du Front Populaire qui était une menace dans la signature d'un pacte à Quatre. vous en pensez quoi ?
Tuesday 23 January 2007 à 14:04
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Hadora tu pourrais mettre une petite chronologie?
Tuesday 23 January 2007 à 15:20
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Plausible...surtout au vu des noms que tu cites : Lord Halifax, par exemple, partisan après juin 40 d'un arrangement avec l'Allemagne et très connu pour avoir été plutôt germanophile ( tellement connu que c'est vers son domaine que s'est dirigé Rudolf Hess quand il a pris l'avion ....)
Et les milieux financiers britanniques ne voyaient certainement pas d'un bon oeil les gouvernements de Front Populaire français et toutes leurs mesures en faveur du peuple; par contre, le Reich hitlerien et l'Italie fasciste leur apparaissaient certainement comme de bon régimes, où l'ouvrier produisait en fermant sa gueule et où les communistes étaient pourchassés et parqués dans des camps....
Tuesday 23 January 2007 à 20:43
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Je te rejoins parfaitement Gilcad, j'étais juste surpris de voir l'Angleterre prendre une part active dans l'effondrement du Front Populaire.
Tuesday 23 January 2007 à 20:54
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QUOTE (fitz @ 23 Jan 2007 à 13:04)
Hadora tu pourrais mettre une petite chronologie?

ok voici quelques repères chronologiques :

12 février 1934 : Une manifestation commune SFIO et PC a lieu en reponse à la manifestation des groupes fascistes du 4 février. Elle est le premier acte du Front populaire qui naît officiellement le 14 juillet 1935.

3 mai 1936 : Les accords du Front populaire permirent la victoire aux élections législatives et débouchèrent sur le premier gouvernement à dominante socialiste de la IIIe République.

Nuit du 7 au 8 juin 1936 : Signature des accords de Matignon suite aux grèves de mai et juin lancées par la CGT.

29 juillet 1936 : Fut votée la retraite des mineurs et le 28 août, une loi sur les allocations chômage. Une politique de nationalisations fut mise sur pied, dans l'industrie aéronautique, d'armement (7 août), puis dans les chemins de fer (naissance de la SNCF en 1937). La Banque de France ne fut pas nationalisée, mais la tutelle de l'État s'accrut et le droit de vote s'étendit à tous les actionnaires (il était jusqu'alors réservés aux 200 plus gros).

28 août 1936 : Fut adopté un budget de 20 milliards de F pour de grands travaux.

Septembre 1936 : Dévaluation du franc.

13 février 1937 : Blum décide également une pause dans les réformes, ce qui le prive du soutien communiste. Des réformes importantes comme les retraires sont alors abandonnées.

21 juin 1937 : Le premier gouvernement Blum présente sa démission. Le radical Camille Chautemps prend sa succession.

Mars-avril 1938 : Après avoir été rappelé le 13 mars par le président de la République Albert Lebrun, Léon Blum forma un éphémère gouvernement, puis démissionna, n'arrivant pas à obtenir les pleins pouvoirs financiers auprès du Sénat, dans le but d'appliquer de grandes réformes financières pour sortir la France du marasme économique. Le radical Edouard Daladier le remplaça, décidé à « remettre la France au travail ».

Voila en gros pour la politique intérieure, source : wikipedia.
Tuesday 23 January 2007 à 22:13
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QUOTE (Gilcad @ 23 Jan 2007 à 14:20)
Et les milieux financiers britanniques ne voyaient certainement pas d'un bon oeil les gouvernements de Front Populaire français et toutes leurs mesures en faveur du peuple; par contre, le Reich hitlerien et l'Italie fasciste leur apparaissaient certainement comme de bon régimes, où l'ouvrier produisait en fermant sa gueule et où les communistes étaient pourchassés et parqués dans des camps....

Ca parait logique que des capitalistes préférent un régime qui maintient leur structures et priviléges qu'un régime qui proclame la nationalisation unilatérale.
Remarque: tu sais en Union Soviétique aussi l'ouvrier produisait en fermant sa gueule et les supposés opposants étaient pourchassés et parqués dans des camps. siffle.gif
Wednesday 24 January 2007 à 12:04
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Le contexte d'avant guerre était quand même favorable au Front populaire.Les deux partis ayant la même "idéologie" de base sont quand même par nature opposés au fascisme.
L'erreur de Blum c est d avoir stoppé les réformes, ce qui l a privé du soutien communiste.
Wednesday 24 January 2007 à 12:04
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QUOTE (paysan @ 23 Jan 2007 à 21:13)
Remarque: tu sais en Union Soviétique aussi l'ouvrier produisait en fermant sa gueule et les supposés opposants étaient pourchassés et parqués dans des camps. siffle.gif

Le fait d'associer la condition de l'ouvrier allemand sous le IIIeme Reich à celui de l'URSS de Staline prouve que tu ignores la différence entre les droits et les conditions de travail pour un ouvrier allemand et russe. Ce n'est pas pour rien si vers la fin des années 30, la propagande communiste clandestine gagnait du terrain au sein des ouvriers allemands. Bref, revenons au sujet du topic...
Wednesday 24 January 2007 à 12:13
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QUOTE (fitz @ 24 Jan 2007 à 11:04)
Le contexte d'avant guerre était quand même favorable au Front populaire.Les deux partis ayant la même "idéologie" de base sont quand même par nature opposés au fascisme.
L'erreur de Blum c est d avoir stoppé les réformes, ce qui l a privé du soutien communiste.

oui la "pause" au debut de 1937 marque une rupture totale avec le programme du Front Populaire mais il ne faut pas oublier n'ont plus la crise économique de l'époque et l'arme économique utilisée contre le Front Populaire. On pourrait évoquer la fuite énorme des capitaux :

Archives des Affaires Etrangères Série Y 232 finances publiques françaises, 3 novembre 1937, 14 juillet 1938

Projet de loi du 5 avril 1938, tendant à donner au gouvernement les pouvoirs nécessaire pour mettre la nation en état de faire face aux charges qui lui incombent et spécialement aux besoins de sa défense.

« D’après les évaluations les plus autorisées, l’exportation des capitaux évalués en francs Poincaré, se serait élevé en 1935 à 16 350 millions, et en 1936 à près de 18 milliards. Sur les mêmes bases, on a pu évaluer le chiffre de 1937 à 6 milliards environ. Au total il serait sorti de France en trois ans, 40 milliards de francs Poincaré (soit 80 milliards de nouveaux francs). La fuite du capital a eu pour effet l’arrêt à peu près total des investissement en France et par conséquent la diminution de l’activité général ainsi que la contraction des recettes budgétaires qui sont fonction de cette activité. »

Ajouter à cela la contre-offensive patronale qui faisait pression pour une rupture des accords de Matignon et cela dès le premier jour je pense notamment à l'action de la CGPF (confédération générale du patronat français), à lire le très bon livre de l'historien allemand Ingo Kolboom : "La revanche des Patrons", Flammarion, 1986
Wednesday 24 January 2007 à 12:13
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Hadora:Actuellement quel parti est le plus proche du Front Pop?Est ce qu un parti se réclame être l 'héritier du Front Pop?
Wednesday 24 January 2007 à 12:20
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QUOTE (fitz @ 24 Jan 2007 à 11:13)
Hadora:Actuellement quel parti est le plus proche du Front Pop?Est ce qu un parti se réclame être l 'héritier du Front Pop?

Très difficile de répondre, le PS n'a dans son programme plus aucune similitude avec celui de la SFIO de même que le PCF d'aujourd'hui. Le Front Populaire a bénéficié d'un contexte unique : la montée du fascisme dans l'Europe, un mouvement de greve général d'une ampleur unique qui a fait tremblé le patronat pour preuve cette citation de 1976 d'un industriel : "En 1936 alors là... le dimanche on dormait sur nos deux oreilles. Le lundi matin on se réveille : c'était la révolution ! L'usine occupée. On n'avait jamais vu cela. 36 a été épouvantable. C'est vraiment un tournant dans l'Histoire, je ne l'oublierai jamais." Je pense que le Front Populaire a bénéficié d'un contexte unique qu'il serait difficile mais non impossible de recréer aujourd'hui.
Wednesday 24 January 2007 à 12:25
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QUOTE (Hadora @ 24 Jan 2007 à 11:13)
On pourrait évoquer la fuite énorme des capitaux :

Archives des Affaires Etrangères Série Y 232 finances publiques françaises, 3 novembre 1937, 14 juillet 1938

Projet de loi du 5 avril 1938, tendant à donner au gouvernement les pouvoirs nécessaire pour mettre la nation en état de faire face aux charges qui lui incombent et spécialement aux besoins de sa défense.

« D’après les évaluations les plus autorisées, l’exportation des capitaux évalués en francs Poincaré, se serait élevé en 1935 à 16 350 millions, et en 1936 à près de 18 milliards. Sur les mêmes bases, on a pu évaluer le chiffre de 1937 à 6 milliards environ. Au total il serait sorti de France en trois ans, 40 milliards de francs Poincaré (soit 80 milliards de nouveaux francs). La fuite du capital a eu pour effet l’arrêt à peu près total des investissement en France et par conséquent la diminution de l’activité général ainsi que la contraction des recettes budgétaires qui sont fonction de cette activité. »


Es-tu sûr qu'il s'agisse bien de fuite de capitaux français et non pas de retraits de capitaux étrangers investis en France ? Je pose la question, car en Allemagne, c'est le retrait des capitaux américains après le Krach de 29 qui a ruiné l'économie, mis des millions d'Allemands au chômage et a précipité ces derniers dans les bras d'h*****....je me posais donc la question de savoir si ce n'était pas la même chose dans le cas de la France....
Wednesday 24 January 2007 à 12:30
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Ok de toute façon nos partis actuels ont perdu toute condition"révolutionnaire".Et même sans aller si lon,j suis pas sûr qu il n yait des Hommes politiques de la trempe de Blum,Zay...
Mais pour moi s ils étaient compétents sur la scène intérieure, ils étaient limités face au contexte international (guerre espagnole,allemagne nazie...)

clique ici
Wednesday 24 January 2007 à 12:39
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QUOTE (Gilcad @ 24 Jan 2007 à 11:25)
Es-tu sûr qu'il s'agisse bien de fuite de capitaux français et non pas de retraits de capitaux étrangers investis en France ? Je pose la question, car en Allemagne, c'est le retrait des capitaux américains après le Krach de 29 qui a ruiné l'économie, mis des millions d'Allemands au chômage et a précipité ces derniers dans les bras d'h*****....je me posais donc la question de savoir si ce n'était pas la même chose dans le cas de la France....

Je n'ai pas précisé qu'il s'agissait des capitaux français ce que j'ai cité prouve qu'il y a eu une perte de 40 milliards de franc Poincarré par la fuite massive sous le Front Populaire. Dans ce chiffre il doit être pris en compte des capitaux étrangers comme français mais je pense qu'il s'agit en grande parti de capitaux français. J'ai vu des notes des RG signalant le passage à la frontière notamment avec l'Italie ou la Suisse d'importantes sommes d'argent de citoyens français.
Wednesday 24 January 2007 à 12:48
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QUOTE (Hadora @ 24 Jan 2007 à 11:39)
Je n'ai pas précisé qu'il s'agissait des capitaux français ce que j'ai cité prouve qu'il y a eu une perte de 40 milliards de franc Poincarré par la fuite massive sous le Front Populaire. Dans ce chiffre il doit être pris en compte des capitaux étrangers comme français mais je pense qu'il s'agit en grande parti de capitaux français. J'ai vu des notes des RG signalant le passage à la frontière notamment avec l'Italie ou la Suisse d'importantes sommes d'argent de citoyens français.

OK, c'était juste pour savoir que je posais la question ! original.gif
Friday 26 January 2007 à 17:54
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A l'époque ca basculait vite entre rouge et noir mais le malheur était là dans les deux cas.

les 2/3 de l'Europe vivait sous une dictature et entre le front populaire et ses tendances soviétiques et les réactions facistes bien de chez nous.

et quoi que puisse dire certain l'Urss se frottait les mains d'une telle situation chez nous.

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