vendredi 18 mai 2007 à 00:03
Blue Velvet : Je l'avais jamais vu sur grand écran. Toujours aussi flippant et malsain. Les acteurs semblent vraiment à l'aise, Rosselini et Hopper les premiers. Rien à dire sur tout ce qui est lumiere, caméra : profondément lynchien. Laura Dern est par contre insupportable en cruche ( qu'elle incarne d'ailleurs perfaitement bien ). Bourré de scene d'anthologie, à commencer par celle d'exposition : l'entrée en scene de Dennis Hopper, la scene de la voiture, le passage chez Ben, la fin dans l'appartement de Dorothy. Brrr. Et la musique de Badalamenti...
You're so suave, you're so fuckin' suave !
La Comtesse aux pieds nus : Considéré comme un des meilleurs de Mankiewicz, un film de 54 porté par un Bogar un peu vieilli. Un portrait de l'univers Hollywoodien et le constat de son echec, de sa mort. Tres acerbe et pessimiste, ce film sans sourires, sans amour heureux, sans amour tout court d'ailleurs. Original dans le fond, puisqu'il dénonce et aussi sur la forme ( pas de couple entre les deux héros !!! ), un vrai grand moment. Par contre, premiere fois que je vois Ava Gardner à l'écran, et je m'attendais à mieux.
La Dame de Shanghai : Aaaah. Autant Arkadin, vu une semaine plutot, ne m'avait pas totalement convaincu, autant la j'ai eu la pleine demonstration du génie de Welles ! En tant que realisateur, bien sur, mais surtout comme acteur. Putain il est énorme. Rita Hayworth et lui forme vraiment un couple dement ! La voix off est délicieuse, et découpe des scenes d'anthologie, au nombre desquelles l'aquarium et les ombres et surtout la scene de la fete foraine. Les miroirs, les décors farfelus et la caméra oblique. Cette fin atroce, ce " Michael, I dont want to die..". Tout est parfait. J'ai vraiment pris conscience d'un truc. Cap sur La Soif du mal !
Le Grand Silence : Autant le dire, je ne connaissait du western italien que Sergio Leone et je m'en contentais. Quand j'ai vu Trintignant au generique d'un western, j'ai foncé. Resultat : un film ultra-violent qui me rapelle un peu Peckinpah, qui fait tres peu americain et qui fait la part belle à ses personnages. Klaus Kinski, le chasseur de primes malhonnete et sans scrupule, et Trintignant, le vengeur muet juste et brave; à la classe égalant presque celle d'Eastwood. Meme si les dialogues ne sont pas forcément judicieux, les scenes, la musique ( Morricone tres en forme ) et les acteurs valent le détour ! Point d'orgue du film, la bagarre finale donne lieu a un denouement innatendu, déroutant de pessimisme et de cynisme. Une sorte d'ovni filmique porté par deux des grands acteurs de l'époque : un must.
Spider-man 3 : Nous y voila, j'avais revu les deux premiers et je m'attendais à quelque chose de vraiment mieux. On m'en avait dit que du bien, du scenario à l'ambiance sombre. Mouais, bon. D'abord, cette désagréable impression que meme le pire des mechants a ses raisons, mérite le pardon, ou au moins n'est pas foncierement mauvais. Ensuite, cette grand mere toujours la pour prodiguer le conseil adéquat à Peter Parker. Des adversaires qui s'en vont, qui reviennent, qui meurent, qui revivent : y'en a marre. Des plans completement absurde dans un film qui se veut sombre et plutot tragique : Parker dans la rue et dans la boite est grotesque, l'effet " costume noir" est completement mal traité. Aucun des personnages sont signifiants, si ce n'est Harry. Quelques points positifs néanmoins : toujours ce climat propre à cette saga, un peu en marge des blockbusters classique, les effets speciaux plutot extraordinaires, et la scene du restaurant ou Bruce Campbell fait plaisir à voir, où on parle un peu français et ou Tobey est enfin credible. Bryce Dallas Howard et J.K. Simmons, aussi. Au final, trop americain ( meme si comics oblige ), trop moraliste et pas assez couillu.
Le Port de l'angoisse : La rencontre à l'écran de Lauren Bacall et Humphrey Bogart dans un film d'Howard Hawks de 1944. Ca se passe en Martinique, c'est adapté d'Hemingway et c'est l'occasion d'enfin voir "The Look" et son regard resté mythique. Que de bonnes raisons d'aller le voir ! Et le film tient toutes ses promesses. Le cadrage et les plans d'interieures à l'hotel sont somptueux, l'histoire et les personnages sont attachants et bien travaillés. Mais le plus important : les acteurs. Putain, le film à acteurs par excellence. Et surtout à actrice, en l'occurence. Voir Bacall décocher son "Anyone got a match ?" lors de son apparition, et mourir. Completement désarmé devant cette femme et son jeu.Du coup je me suis focalisé sur elle pendant tout le film et pas mal de trucs ont du m'échapper. En tout cas : c'est un chef-d'oeuvre du film noir. En plus, ça en met plein la gueule à l'Etat Français.