jeudi 21 octobre 2004 à 07:57
CITE DU VATICAN (Reuters) - Le Vatican a annoncé qu'il avait été instrumentalisé par un juriste américain pour tenter de faire excommunier le candidat démocrate à la Maison blanche, John Kerry, en raison de sa position sur le droit à l'avortement.
Le père Agustine di Noia, un haut responsable de la Congrégation pour la doctrine de la foi du Saint-Siège, a confirmé à Reuters que Marc Balestrieri, président de l'association catholique conservatrice "De Fide", avait trompé le Vatican en ne se présentant pas sous sa véritable identité.
Balestrieri, qui voulait poursuivre John Kerry en justice pour hérésie devant un tribunal ecclésiastique américain, a provoqué une vive émotion cette semaine aux Etats-Unis en déclarant aux médias qu'il avait obtenu le feu vert officieux du Vatican pour mener à bien son projet.
Di Noia a expliqué que Balestrieri avait effectivement demandé, de façon abstraite, à la congrégation du Vatican si une personne soutenant publiquement le droit à l'avortement pouvait être jugée coupable d'hérésie.
Di Noia avait alors fait suivre la requête au père Basil Cole, avocat à Washington.
Ce dernier avait répondu, à titre officieux, qu'un catholique soutenant "publiquement et obstinément" le droit à l'avortement se montrait coupable d'hérésie et devait être "automatiquement excommunié" de l'Eglise catholique.
Balestrieri a alors estimé que cette lettre prouvait le soutien du Vatican à sa démarche. Mais le père Di Noia affirme que la réponse du père Basil Cole ne peut pas être considérée comme une réponse officielle du Saint-Siège.
"Je pensais que je conseillais un étudiant travaillant sur un projet. Je l'ai renvoyé vers un théologien de confiance, croyant aider un jeune homme", a déclaré Di Noia.
"Je ne sais pas si son but était vraiment de poursuivre John Kerry ou une autre personne pour hérésie. Mais je pense que nous avons été instrumentalisés", a-t-il ajouté.
L'initiative de Balestrieri a été largement relayée par les médias américains, à moins de deux semaines de l'élection présidentielle américaine.
Marc Balestrieri a expliqué à Reuters qu'il voulait pointer du doigt les contradictions du candidat Kerry, qui se présente comme un catholique croyant tout en soutenant le droit au libre arbitre de chaque femme à propos de l'avortement.