Tuesday 29 April 2008 à 20:32
Le personnage que nous cherchons naît en janvier
1548 à Nola, bourgade proche de
Naples, d'une famille qui ne dispose que de revenus modestes et c'est l'école la plus proche qui lui donne une instruction. Imprégné d'
humanisme, d'auteurs classiques, d'étude de la langue et de la
grammaire latine, il restera toutefois marqué par le pédantisme qui accompagne l'enseignement, et le rebute. Il part rejoindre l'université publique, à Naples, où il découvrira la
mnémotechnique, l'art de la
mémoire, qui constituera rapidement l'une de ses disciplines d'excellence. Il prend aussi des cours particuliers, qui le mettent au cœur des débats philosophiques entre
platoniciens et
aristotéliciens.
Sa culture, alors essentiellement humaniste, va s'enrichir d'un apport théologique déterminant. En effet, il entre le 15 juin
1565 chez les Frères prêcheurs de
San Domenico Maggiore, prestigieux couvent
dominicain, d'une part pour la qualité des titres qu'il attribue, titres incontestés et réputés dans toute l'Italie, d'autre part parce qu'il est un précieux refuge en ces temps de
disette et d'
épidémie. Il y rencontre
Giordano Crispo, maître en
métaphysique. Il est alors un
dominicain modèle, vivant selon la devise
verba et exempla (par le verbe et par l'exemple) et ordonné
prêtre en
1573Il devient
lecteur en théologie en juillet
1575. S'il semble continuer sa carrière de dominicain modèle (il soutient une thèse sur la pensée de
Thomas d'Aquin et de
Pierre Lombard).Il dissimule en fait une rébellion contre le carcan théologique. Au fil des années, il a su se forger une culture éclectique et peu orthodoxe, sans cesse alimentée par un appétit vorace de lecture et des capacités exceptionnelles de mémorisation.
Il est tout particulièrement adepte des œuvres d'
Érasme,
humaniste catholique qui use d'une certaine liberté par rapport aux autorités ecclésiastiques. Pire, il a le goût de l'
hermétisme, la
magie. Enfin grandit une passion prémonitoire pour la
cosmologie détachée de l'approche théologique.
La rupture qui couvait finit par être consommée. Dès sa première année de noviciat, il avait ôté des images saintes de sa chambre, notamment celles représentant
Marie, s'attirant l'accusation de
profanation du culte de Marie. Au fil des années, les heurts deviennent plus durs, tout particulièrement au sujet de la
Trinité,
dogme qu'il repousse. Finalement, en février
1576, il doit abandonner le
froc dominicain et fuir, une instruction ayant été ouverte à son encontre qui doit le déclarer hérétique. (source tirée d'une page de wikipédia)