mardi 15 janvier 2008 à 13:31
mardi 15 janvier 2008 à 13:00 J'apprécie l'ouverture d'esprit l'honnêteté intellectuelle dont tu fais preuve et je vais tenter, par delà les pamphlets haineux de certains, de te donner une image claire de la question :
Il faut commencer par expliquer l'origine du mot "Palestine".
En l'an 70 de notre ère, après des années de révolte du peuple juif contre les envahisseurs romains, ceux-ci chassèrent de leur pays la presque totalité de ses habitants et, pour encore mieux le faire disparaître, le rebaptisèrent "Palestine" en se servant de la racine sémantique qui désignait autrefois la tribu des philistins. Le peuple juif fut alors ballotté pendant 19 siècles de spoliations en massacres, d'exils en confinements dans des ghettos, à travers toute l'Europe et le monde méditerranéen. Au 19° siècle, c'est dans la Russie tsariste que vivait la plus forte communauté juive, confinée dans des zones géographiques hors desquelles ils n'avaient pas le droit de résider, traités en citoyens de seconde zone, victimes de pogromes à répétition, accablés de lois discriminatoires. C'est là qu'est né le sionisme, mouvement de retour à la terre des ancètres, de reconstitution d'une mère patrie pour ce peuple qui en avait été privé pendant près de deux millénaires.
La Palestine, ancien royaume d'Israël et de Judée, fut successivement romaine, puis arabe, puis en partie Royaume Franc (les croisés), puis province de l'empire de Saladin, puis (pendant quatre siècles) province ottomane, puis territoire placé par la Société des Nations sous mandat britannique (1920-1948). En 1922, les britanniques en détachèrent les quatre cinquièmes pour créer le Royaume Hachémite (l'actuelle Jordanie). En Novembre 1947, les britanniques ayant abandonné leur mandat à l'ONU, celle-ci décida de le partager en fonction des répartitions démographiques en un état juif et un état arabe.
Les juifs (ils étaient alors 600.000 dans le pays, certains depuis l'antiquité, beaucoup depuis le XIX° siècle) acceptèrent immédiatement cette résolution de l'ONU et proclamèrent la fondation de l'état d'Israël le jour du départ du dernier soldat britannique : le 15 Mai 1948. Les arabes, s'exprimant collectivement au travers de la Ligue arabe, refusèrent le plan de partage et proclamèrent leur volonté de chasser tous les juifs du pays. C'est ainsi que commença en 1948 une guerre qui dure encore (sauf avec les deux pays qui se sont finalement décidés à conclure la paix avec Israël : l'Egypte et la Jordanie.
Cette guerre, dans sa phase initiale, s'est traduite par de massifs déplacements de populations. Le cessez-le-feu signé en 1949 laissait à Israël un territoire un peu plus grand et cohérent que celui que lui avait alloué l'ONU. Quant au reste, il fut annexé par l'Egypte (Gaza) et par la Jordanie (ce qu'on appelle la "cisjordanie"). La trève dura tant bien que mal jusqu'en 1967 (avec une courte phase de combats en 1956). A la suite des initiatives de matamore du président égyptien NASSER, de la préparation d'une guerre d'extermination d'Israël qui se traduisit par l'envoi massif de troupes égyptiennes dans la zone démilitarisée du Sinaï, par la mise sous commandement commun des armées d'Egypte, de Syrie et de Jordanie et par le blocus du détroit de Tiran (asphyxiant le port d'Eilat, seul débouché israélien sur la Mer Rouge et l'Océan Indien), éclata en Juin 1967 ce qui fut plus tard baptisé "la guerre des six jours", qui vit la déroute des armées arabes et l'occupation par Israël du Sinaï, de Gaza, de la Cisjordanie et du Golan.
L'ONU appela alors les belligérants à s'asseoir à une table de négociation et à conclure la paix entre Israël et ses voisins (ce qui signifiait la reconnaissance par ceux-ci de la légitimité de l'existence d'Israël). La réponse unanime des arabes à cette résolution 242 fut le triple NON de Khartoum : NON à la reconnaissance d'Israël, NON à la négociation et NON à la paix.
Faute de solution au conflit, l'occupation israélienne s'éternisa. Entretemps naquit au sein de la population des arabes de Palestine et de leurs descendants (auxquels leurs pays arabes d'accueil avaient unanimement refusé le droit de s'intégrer, les parquant dans des camps à la charge de la communauté internationale) un mouvement national, le Fatah, qui fit émerger peu à peu parmi eux la prise de conscience d'une identité "palestinienne".
Lorsqu'en 1974 fut négocié et conclu le traité de paix entre Israël et l'Egypte (qui eut pour effet le retrait total du Sinaï), l'Egypte déclara renoncer à sa souveraineté sur Gaza et abandonner son sort à un futur accord à intervenir sur la souveraineté de ce territoire entre Israël et les représentants des palestiniens. Peu après, la Jordanie déclara à son tour renoncer à sa souveraineté sur la cisjordanie qu'elle avait annexée en 1949.
Voilà le background historique sur lequel se fonde l'actuel conflit du PO.
Pour finir, quelques définitions :
Hébreux : La tribu d'Abraham qui donna naissance par la suite au peuple juif. La langue du peuple juif est l'hébreu.
Juifs : Les juifs sont un peuple qui s'est formé autour d'une religion qui se caractérise par la loi de Moïse et par une loi orale qui fut ultérieurement transcrite par écrit sous le nom de Talmud. Comme pratiquement tous les peuples de la terre, c'est la religion qui a forgé la culture, les traditions et l'identité du peuple juif.
Sionistes : Ce sont les adeptes du mouvement né en Russie au milieu du XIX° siècle, théorisé et structuré plus tard par Theodor Herzl, prônant la reconstitution d'une mère-patrie du peuple juif sur la terre de ses ancètres. Plusieurs vagues d'immigration à partir de 1860 permirent l'établissement dans cette province ottomane de plusieurs centauines de milliers de juifs qui mirent le pays en valeur, le dotèrent de toutes les structures d'un état moderne et revendiquèrent leur souveraineté.
Israéliens : ce sont tout simplement les citoyens d'Israël, ceux qui possèdent un passeport israélien. Remarquon que 20 % des israéliens sont des arabes : ceux dont les ancètres n'avaient pas fui en 1948-49.
J'espère que ces explications te seront apparues comme claires.
Merci pour ton message, tu es le seul a avoir tenté de m'aider a comprendre alors que les autres se balancent des ripostes cinglantes dans la gueule.
C'est tres compliqué et plein d'infos. Le probleme a mon avis vient du fait que les deux peuples, arabe et juif, ont eu chacun un vécu sur cette terre et y sont profondément attaché, de par leur culture, leur histoire et leur religion.
Serait-ce un probleme impossible a résoudre?