vendredi 18 janvier 2008 à 15:48
Il me semble urgent d'étudier certains cas : ... Certains en effet, nous accusent de tout et de rien... tjrs par rapport au sionisme ! Alors qu'on peut critiquer n'importe quel pays au monde sans problème, il suffit de dire n'importe quoi sur Israël pour se voir accuser d'antisémitisme...
A quoi cela leur sert-il :
- De tjrs se placer en victime ! Le font-ils consciemment ou inconsciemment ???
- Pourquoi n'ont-ils pas le courage de dire la vérité sur le vrai antisémitisme d'extrême droite ???
- Est-il possible de défendre une idéologie avec autant de contradictions sans que cela ne les perturbe ???
Je me fais le plaisir de poster autant de fois qu'il le faut cet article de P. Stambul :Le sionisme et l’antisémitisme.Pierre Stambul Adhérent du Mrap à Marseille et Vice-président de l’Ujfp (Union Juive Française pour la Paix)
Vers 1900, à l’Ouest comme à l’Est de l’Europe, les sociétés juives traditionnelles éclatent. En Europe de l’Est, les Juifs adhèrent à différents partis politiques. D’un côté, il y a les socialistes. Ils pensent que la Révolution, en émancipant l’Humanité, émancipera les Juifs. Ils sont contre toute action spécifique juive et quelque part, ils imaginent la disparition du judaïsme avec le triomphe de la Révolution. Face à eux, le Bund, parti révolutionnaire Juif, élabore une idée originale : dans le cadre de la Révolution, les Juifs jouiront d’une autonomie culturelle sur place, sans territoire spécifique. C’est à cette époque que le Sionisme émerge.
Le Sionisme a les mêmes références idéologiques que les différents nationalismes européens, ceux qui donneront naissance à l’antisémitisme moderne. Pour les sionistes, chaque peuple doit avoir un Etat et, comme les autres nationalistes, les sionistes négligent l’existence de minorités dans leur futur état. Le Sionisme repose sur un mensonge fondateur : « la terre sans peuple pour le peuple sans terre ». Il partage avec différents colonialismes cette négation du peuple autochtone. Bien que majoritairement non-croyants, les sionistes iront puiser dans une certaine tradition religieuse revisitée, le lieu où sera bâti le futur état, la future langue et l’idée que la diaspora est une parenthèse qui doit disparaître.
Les sionistes, comme les antisémites, considèrent l’antisémitisme comme quelque chose d’inéluctable, d’impossible à combattre. Comme les antisémites, ils pensent que le « mélange » est impossible, que les Juifs ne peuvent vivre qu’entre eux, dans un Etat Juif où les Non-Juifs n’existeront pas ou seront des citoyens de seconde zone. Les combats pour la laïcité, l’égalité des droits, la citoyenneté ... n’intéressent pas les sionistes. Ils transposent le messianisme juif dans la volonté de construire un « Juif nouveau » dans un pays nouveau, ce qui implique de faire table rase de toutes les identités juives de la diaspora.
Pendant longtemps, les sionistes seront très minoritaires parmi les Juifs par rapport aux autres idéologies. Toutes les élections qui ont lieu dans les ghettos de l’Empire Russe, en Pologne ou en Lituanie l’attestent. Quand les Juifs sont violemment expulsés d’Allemagne et d’Autriche en 1938, très peu partent en Palestine. À la veille de la seconde guerre mondiale, il n’y a que 3% des Juifs qui vivent en Palestine. C’est le génocide qui va permettre au projet sioniste de réussir.
Et pourtant, les sionistes n’ont pas joué un grand rôle dans la résistance juive au Nazisme et la façon dont aujourd’hui ils s’approprient la mémoire de l’antisémitisme et du génocide est sans rapport avec leur action passée. Certes, tous les gouvernements, tous les courants politiques ont été aveugles face au Nazisme : les occidentaux à Munich, le régime stalinien en signant le pacte ou le grand mufti de Jérusalem en rendant visite à Himmler en 1942. Les sionistes n’ont pas fait mieux en privilégiant la construction de leur futur état par rapport à toute autre considération. En 1933, Ben Gourion brise l’embargo contre l’Allemagne, décidé par des Juifs Américains. À cette époque, il multiplie les déclarations expliquant que les persécutions antisémites favorisent le projet d’Etat Juif. Inspirateur de Begin et Sharon, Vladimir Jabotinsky, fondateur du sionisme « révisionniste » était dans les années 30 un admirateur de Mussolini. En 1942, le groupe Stern, dirigé par le futur Premier Ministre Itzhak Shamir, a une telle conscience du génocide en cours qu’il multiplie les assassinats de soldats britanniques. En Europe occupée, la résistance juive a été essentiellement communiste, les sionistes n’y ont joué qu’un rôle assez faible [4].
Après la guerre, l’état d’Israël en construction apparaît comme un havre de paix après la destruction du Yiddishland et de ses habitants. L’Occident décide de laver sa mauvaise conscience et sa responsabilité dans le génocide sur le dos du peuple palestinien qui n’avait pas la moindre responsabilité dans ce crime.
... De même, Alain Finkielkraut essaie d’utiliser l’antisémitisme pour justifier des propos racistes et haineux contre les Noirs et les Arabes qualifiés « d’ennemis de la France ». Les institutions juives françaises ont souvent joué un jeu très dangereux en comparant la situation des Juifs en France à celle qui a précédé le génocide ou en parlant de « nouvelle nuit de cristal ». Dans la foulée, Sharon a accueilli en triomphe un avion de Juifs Français émigrant en Israël.
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