Saturday 04 February 2006 à 17:13
Le Sahara occidental (de code ISO 3166-1 EH) est un territoire de 266 000 km² du nord-ouest de l'Afrique. Il est bordé par le Maroc au nord, l'Algérie à l'est, la Mauritanie au sud et à l'est, et sa côte ouest donne sur l'océan Atlantique.
Vaste territoire désertique, cette ex-colonie espagnole n'a toujours pas trouvé de statut définitif sur le plan juridique, plus de trente années après le départ des espagnols en 1975. Le Sahara occidental est effectivement en proie à un conflit reflétant à la fois la lutte des Sahraouis pour leur indépendance et la rivalité hégémonique du Maroc et de l'Algérie dans cette région. Devenu un enjeu global, le dossier saharien bloque toujours la construction de l'Union du Maghreb arabe (UMA). Le territoire est revendiqué à la fois par le Front Polisario, mouvement dont l'objectif est l'indépendance totale du Sahara occidental, soutenu par l'Algérie et qui proclama en 1976 la République arabe sahraouie démocratique, et le Maroc qui en administre la quasi-totalité. En 1963, les Nations unies classèrent le territoire dans la liste des territoires non auto-gouvernés ([1]), ce qui en fait l'un des plus vieux dossiers gérés par l'ONU qui tente d'organiser un référendum sous l'égide de la "Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental" (MINURSO) depuis 1988. Plus particulièrement, la France, l'Espagne et les États-Unis appellent à un dialogue direct entre l'Algérie et le Maroc afin de trouver une solution viable et de mettre un terme à un conflit qui dure depuis déjà trois décennies.
L'annexion par le Maroc
Le retrait des troupes espagnoles entre 1975 et 1976, décidé peu avant la mort de Franco ouvrit la voie au partage entre la Mauritanie et le Maroc, qui venait d'organiser sa Marche verte (6 novembre 1975) pour marquer la volonté d'une souveraineté marocaine sur ce territoire. Un accord tripartite (Espagne, Maroc, Mauritanie) fut signé le 24 novembre 1975 à Madrid pour officialiser le partage à proportion de deux tiers contre un tiers au profit du Maroc et de la Mauritanie.
Le 27 février 1976, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) fut proclamée par le Front Polisario, notamment en réaction à l'accord de Madrid qui n'avait pas tenu compte des populations locales ni de la volonté de l'ONU, qui exigeait un référendum d'auto-détermination. Dans le même temps, la lutte armée du Front Polisario se retourna contre les forces marocaines et mauritaniennes perçues comme de nouvelles forces d'occupation.
Le Maroc annexa de fait le reste du territoire en 1979, à la suite du retrait de la Mauritanie. Une guerre d'embuscades avec le Front Polisario contestant la souveraineté de Rabat prit fin en 1991 suite à un cessez-le-feu favorisé par la médiation de l'Organisation des Nations unies ; un référendum organisé par les Nations-Unies sur le statut final a été reporté à plusieurs reprises.
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Polémique sur la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental
Alors que le statut final du Sahara occidental reste à déterminer, l'Union africaine a reconnu en 1982 la "République arabe sahraouie démocratique" (qui revendique l'indépendance du Sahara occidental), et l'a accueillie comme État-membre, sous l'impulsion de l'Algérie. Cette reconnaissance a conduit le Maroc à se retirer de l'Union.
Il convient de signaler à cet égard, que le Sahara occidental est considéré par le Maroc comme constituant ses provinces du sud. Ce pouvoir revendiqué comme historique et légal par le Maroc sur cette partie du Sahara est contesté par le Front Polisario, soutenu par l'Algérie voisine qui souhaite selon le Maroc avoir ainsi une ouverture sur l'océan Atlantique et voir exploiter d'hypothétiques champs pétrolifères restant à découvrir dans cette région largement inexplorée.
Avant même que l'affaire du Sahara occidental ne prenne la tournure d'une crise ouverte, avec la volonté affirmée de l'Espagne, au début de la décennie 1970, de procéder à l'indépendance pure et simple de ce territoire (Saguia El Hamra et Rio de Oro), Alger affichait la volonté d'endiguer ce qu'elle appelait « l'expansionnisme chérifien, grave danger », s'il en était, pour tous les voisins de l'est et du sud, aidée en cela et armée par son allié traditionnel des années 1970 à 1989, l'URSS qui voyait d'un mauvais œil géostratégique d'abord les bases américaines, puis la présence discrète des États-Unis au Maroc.
Il existe aussi quatre enclaves espagnoles le long de la côte méditerranéenne (Ceuta, Melilla, Peñon Velez de la Gomera et Peñón de Alhucemas), ainsi que plusieurs îlots (Perejil) et îles (Chafarinas). L'existence de ces territoires est une source de tension entre les deux États.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sahara_occidental