complément d'info sur l'obéissance :
Un enfant imitant volotontier, à deux ans, les gestes de ses parents, aura moins tendance, plus tard, à transgresser les interdits.
Sans interdits, la vie en société serait impossible. C'est pourquoi les enfants doivent acquérir cette notion, ainsi que la capacité de s'y conformer. Or, tous n'auraient pas la même capacité d'apprentissage des interdits. D'après une étude réalisée par David Forman et ses collègues de l'Université du Minnesota, la capacité d'un enfant de quatre ans à obéir à une interdiction dépend de sa capacité à imiter les gestes de ses parents à l'âge de deux ans.
Pour participer à l'expérience de D. Forman, des mères devaient réaliser des gestes simples devant leur enfant de deux ans et les inciter à répéter ces gestes. Ils s'agissait par exemple de ranger des jouets, ou de verser de l'eau dans un verre. Certains enfant reproduisaient le geste avec précision et même enthousiasme. Les autres étaient peu enclins à imiter. Deux ans plus tard, les mêmes enfants ont été placés devant des jouets posés sur la table, avec interdiction d'y toucher. Certains respectaient l'interdiction, d'autres la bravaient. Les enfants obéissants étaient ceux qui, deux ans plus tôt, s'étaient prêtés au jeu de l'imitation.
Puis, les enfants étaient placés devant une boîte opaque. Ils devaient deviner quel animal était caché. C'était impossible, à moins de tricher... et d'ouvrir la boîte. En l'absence de l'expérimentateur, certains enfants ont ouvert la boîte pour regarder secrètement ce qu'elle contenait. Ces transgresseurs étaient les mauvais imitateurs de l'expérience réalisée deux ans plus tôt.
Pourquoi désobéissent-ils davantage ? Une troisième expérience a révélé qu'ils sont moins sensibles à la culpabilité. Si on leur donne un objet précieux en leur recommandant bien de ne pas l'abîmer, et si l'objet se casse entre leurs mains - on fait en sorte qu'il soit fragile - , ils n'en éprouvent guère de remords. Au contraire, les bons imitateurs sont mortifiés par la dégradation de l'objet, même s'ils n'y sont pour rien.
Quel est le lien entre l'imitation, le respect des interdits et le sentiment de culpabilité ? Aucune explication n'est à ce jour acquise. Quelques hypothèses sont avancées. Le comportement d'imitation se manifeste très tôt : à quelques mois, le nourrisson observe les neurones, les neurones miroirs, copie de l'activité cérébrale qui commande, chez la mère, le mouvement du visage. Plus tard, l'enfant utilise ces neurones pour détecter les intentions d'autrui : si son père tend la main vers une étagère pour y saisir un pot de confiture, les neurones miroirs de son cortex prémoteur reproduisent l'activité correspondant à la préparation du geste de son père. Quand il verra son père reproduire ce geste, il saura qu'il s'apprête à prendre la confiture : il a connaissance de son intention.
Un enfant bon imitateur est un enfant qui fait beaucoup fonctionner ses neurones miroirs, et qui a vraisemblablement des capacité supérieures d'identification des intentions d'autrui. Les psychologues considèrent que la connaissance de ses propres intentions se construit à partir de l'observation des intentions de l'autre.
L'enfant placé en situation de choix entre le respect et la transgression d'un interdit forme une intention avant de passer à l'acte ou de s'abstenir. S'il a été éduqué pour repérer ses propres intentions et pour leur empêcher d'agir. S'il n'a pas subi cet entraînement, il sera moins sensible à ce qui se prépare en lui, et passera à l'acte.
Le sentiment de culpabilité procède de cette même logique : l'enfant qui voit se briser entre ses mains l'objet qu'on lui confie craint que ce geste ne soit pris pour intentionnel. Un enfant peu sensible à ses propres intentions ne peut pas former le sentiment de culpabilité. Le sentiment de culpabilité suppose l'intentionnalité, fondée sur les neurones miroirs et l'imitation.
On ignore si la capacité d'imitation précoce est innée ou si elle se forme peu à peu, au contact des parents. Si cette seconde hypothèse était avérée, le contact entre enfant et parents, les jeux et les activités communes, la qualité du temps passé ensemble visant à créer une complicité par l'imitation, seraient déterminants pour tenir le futur adulte à l'écart des conduites de transgression.
Complement au texte :
Les causes de l'obéissance
1. L'habitude : dès la naissance, l'être humain est en présence de personnes qui ont plus ou moins d'autorité, qu'il faut plus ou moins respecter, ses parents ou leurs substituts. Puis, il trouve l'autorité à l'école, avec les professeurs, dans la rue et les lieux publics avec certains représentants de l'ordre et de l'autorité, et dans son métier avec ses supérieurs hiérarchiques.
2. La crainte d'une sanction : la sanction existe partout, sous une forme ou sous une autre, plusou moins rigoureuse selon les Etats et leurs idéologies.
3. Les récompenses : dans tous les systèmes sociaux l'on récompense d'une manière ou d'une ature les obéissants : félicitations, décorations, considérations sociales, avantages matériels.
4. La confiance : sauf exceptions, les dirigés font naturellement confiance aux dirigeants, lorsque leur socialisation a été réussie et qu'ils sont bien intégrés dans la société. En définitive, c'est la croyance en la légitimité du pouvoir qui serait la cause première du phénomène d'obéissance.
5. La technique de commandement : incluant la personnalité du décideur ; le style de commandement, généralement destiné à impressionner, voire à fasciner, le rôle de l'environnement et l'objectif à atteindre.
Conséquences positives de l'obéissance : grâce à l'obéissance, la cohésion sociale des groupes peut être assurée et/ou renforcée.
source :
http://isabellesamyn.e-monsite.com/rubriqu...ue,1013526.html