samedi 26 avril 2008 à 00:18
Personnellement, je suis frontiste et ne m'en cache pas. Bien que je comprenne en partie J.M. Le Pen quand il dit cela, je note le peu d'intérêt qu'il y a à le répéter. Malgré tout le respect que je lui dois, il faut reconnaître qu'il se fait vieu, et que certainement les récents résultats éléctoraux l'ont ruiné moralement, et le FN est ruiné financièrement. Et certains de s'en réjouir, d'autre de s'émouvoir de la disparition (ou presque) du dernier partie de droite traditionnelle et populiste, après la disparition des partis de gauche traditionnelle et populiste (PCF en tête, et qui pourtant était véritablement mouillé dans et complice des horreurs du régime soviétique, là où le FN n'a absolument aucun rapport, de forme ou de fond, avec les régimes nazis ou fascistes, quoi qu'on en dise).
Le Pen a raison de dire que la Shoah n'est qu'un détail de la seconde guerre mondiale, mais non pas un détail moral ou idéologique, mais dans l'histoire et le déroullement de la guerre. En effet, de nos jours, ce qu'on cherche à faire retenir de la WW2, c'est en gros la Shoah et l'Occupation, le tout avec force discours politisés à mort, où l'analyse historique, économique, sociale, est reléguée, elle, aux rang des détails. Car en effet, c'est n'est que vers l'extrême fin de la guerre, alors que l'armée soviétique avance, que l'on prend vraiment connaissance de l'horreur des camps de concentration et d'extermination, de leur nombre, et des victimes que ça a fait. Avant se moment là, tout le monde se contrefoutait royalement de ce qui pouvait arriver aux juifs, américains et anglais y compris.
Et par ailleurs, l'hypocrisie des vainqueurs (et objectivement, la France ne fait pas partie des vainqueurs, même si la résistance a été courageuse) est insupportable quand on sait qu'ils n'ont reproché lors des procès de Nuremberg qu'aux nazis la culpabilité de crime contre l'humanité, alors que parmis les accusateurs siégeaient ceux qui avaient organisé le génocide ukrainien, l'Holodomor, qui a fait au grand minimum deux millions de morts (on dit entre 4 et dix millions), et cela au début des années trente déjà. C'est donc bien que la Shoah était surtout un instrument moral pour écraser pour de bon l'Allemagne après la défaite (comme si c'était la première fois que ça arrivait, d'ailleurs), et cela les américains vendeurs d'armes, les anglais xénophobes et suprématistes (voire la manière dont ils traitaient les Irlandais), et les soviétiques totalitaires et génocidaires main dans la main. L'hôpital qui se fout de la charité.
Et dire que l'occupation allemande en France n'était pas si terrible est une évidence. Economiquement, ça a été très lourd, évidement aussi il y a eu des abus intolérables, des exécutions injustes de civils innocents, des déportations, etc... Mais quand on reagrde ce qui s'est passé dans les pays slaves, en Pologne, où les Einsatzgruppen passaient village après village faire creuser une fosse aux habitants pour ensuite les y fusiller, hommes, femmes, enfants et vieillards en vrac, on se dit que définitivement non, on était pas à plaindre. De même les chiffres des déportations de juifs. Le consensus est établi autour de 6 millions de juifs exterminés, mais pour la France il est de "seulement" 76.000 personnes. Relativement à la taille de notre pays, c'est un chiffre ridiculement bas, qui n'atteint même pas les 2% du total. Face à cela, qui sont les chiffres tout à fait officiels et consensuels, on est fortement en droit de remettre en cause l'importance de l'antisémitisme et de la collaboration des français d'une part (dont on nous rabache pourtant les oreilles dès qu'on aborde le sujet), et d'autre part la sévérité de l'Occupation.
Ceal dit, je le répète, je me détache de ces propos, qui sont inutiles, même nuisibles. Il est en train de tirer dans les jambes de sa fille, qui pourtant semble plutôt bien partie pour se débarasser des casseroles de ce genre que trainait le FN. Je pense honnêtement qu'il est vraiment temps pour Le Pen père de prendre sa retraite.