mardi 20 novembre 2007 à 20:33
Liban : 4ème report du scrutin présidentielhttp://lebnanews.com/Newlib/index.ph...k=view&id=1695Libnanews - 20 novembre - Comme attendu par les analystes de la vie politique du Liban, le scrutin présidentiel initialement prévu le 23 octobre dernier a été pour la 4ème fois reporté au 23 novembre, veille de la fin du mandat du président de la république Emile Lahoud.
Ce nouveau report aurait été décidé par le président de la chambre des députés Nabih Berry en accord avec le dirigeant de la majorité parlementaire Saad Hariri pour permettre l’obtention d’un consensus sur la personne qui devra succéder au locataire actuel du Palais de Baabda et alors que le ministre des AF français Bernard Kouchner et le président de la Ligue Arabe se trouvent toujours à Beyrouth comme médiateurs.
L’ambassadeur plénipotentiaire français Jean-Claude Cousseran a vu sa demande de pouvoir se rendre à Téhéran rejetée par les autorités iraniennes, alors que le député Saad Hariri se trouve actuellement à Moscou pour demander à ce que le Kremlin fasse pression pour faciliter l’organisation d’un scrutin présidentiel.
D’autre part, le premier ministre libanais actuel Fouad Saniora a qui devrait être confié les prérogatives présidentielles en cas de vacance du pouvoir a annoncé sa démission en cas de tenue du scrutin présidentiel conformément à la constitution libanaise. Il reste cependant possible à ce qu’un 2ème gouvernement dirigé par l’opposition soit nommé par le président de la république Emile Lahoud à quelques heures de la fin de son mandat, faisant craindre une répétition du scénario des années de la guerre civile ou 2 gouvernements rivaux s’étaient opposés entre 1988 et 1990.
Le blocage dû à un désaccord entre Nabih Berri et Saad HaririPar ailleurs, l’ancien ministre Michel Murr a indiqué à Jean-Claude Cousseran que seuls les puissances internationales peuvent démêler les complications actuelles face à cette situation et d’autres sources indiquent que le blocus actuel serait dû au désaccord entre le président de la Chambre Nabih Berri et le député Saad Hariri qui n’ont pu désigner un candidat consensuel.
Bernard Kouchner et Amr Moussa en médiateurHier déjà, le ministre des AF Français, Bernard Kouchner avait menacé de révéler à la communauté internationale l’identité des factions bloquant l’obtention d’un consensus au cours d’une conférence de presse :
« Tout le monde a donné son accord. Maintenant je m'étonne. La France s'étonne que quelque chose ait coincé, que quelque chose ait bloqué, que quelque chose ait dérapé. Je voudrais que chacun prenne ses responsabilités. (…)
Je le répète, les Syriens étaient d'accord. Je voudrais savoir qui n'est pas d'accord. Je voudrais savoir qui a intérêt au chaos, qui a intérêt à ce que l'élection ne puisse a
(…) Celui qui portera la responsabilité d'avoir bloqué ce processus accepté par tout le monde portera la responsabilité de la déstabilisation du Liban et de ses conséquences régionales. Je voudrais qu'il en prenne conscience, qu'ils en prennent conscience, et qu'ils soient sûrs que la France le fera savoir au monde entier. »
Suite à une rencontre avec le président Emile Lahoud, le secrétaire général de la Ligue Arabe a déclaré qu’il existe toujours une chance s’obtenir un consensus au sujet du successeur tout en soulignant les difficultés rencontrées dans le processus. Il a indiqué que le locataire actuel de Baabda ne veut prendre de décision qui entrainera la partition du Liban.
Il est également attendu à ce que soit organisé une rencontre tripartite entre le ministre des AF français Bernard Kouchner, le président de la Ligue Arabe, Amr Moussa et le premier ministre libanais Fouad Saniora pour discuter des derniers développement en cours sur la scène politique libanaise.
La majorité et l’opposition toujours diviséesPar ailleurs, les députés de la majorité accusent nommément la Syrie et l’Iran de vouloir transformer le Liban comme champ de bataille contre les USA tandis que le ministre des AF français déclarait depuis Rabieh que « le général Aoun n'est pas le problème mais une partie importante de la solution ».
Selon diverses sources, l’opposition aurait porté son choix pour l’élection de l’ancien ministre Michel Eddé par ailleurs actionnaire du quotidien L’Orient le Jour tandis que la majorité actuelle serait préférable à l’élection du député Robert Ghanem ou de Michel Khoury.
L’armée libanaise sur le qui viveCette situation intervient alors que le commandant de l’armée libanaise a indiqué que l’institution militaire s’opposera à toute tentative visant à déstabiliser le Liban et alors que l’ANI annonce que les permis de port d’armes sont annulés du 21 novembre jusqu'à une date indéterminée.
10 000 hommes d’une brigade de l’armée libanaise, des forces de sécurités et des différents services sécuritaires seraient en cours de déploiement depuis ce samedi à Beyrouth et une force d’intervention rapide serait en constitution. Cette force porterait le nombre total à 20 000 hommes disponibles pour mettre en échec tout recours à la violence alors que devrait avoir lieu de mercredi la tenue du scrutin visant au remplacement du président Emile Lahoud.