jeudi 25 octobre 2007 à 00:01
Le nouveau député du CPL, le Dr.Kamil Khoury a répondu aux questions des membres du RPL France (CPL en France). C'est plutôt sympa à lire.
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L'élection présidentielle et ses enjeux Dr. Camille Khoury, né en 1961 au Metn, est un médecin de carrière et un homme politique libanais.
Dès 1988, il soutient le Général Michel Aoun et intègre quelques années plus tard le Courant Patriotique Libre de l'ex-Commandant en chef de l'Armée libanaise. Depuis 1995, il occupe le poste de coordinateur du groupe de médecins du CPL et prend part aux différentes manifestations des activistes aounistes.
Il fut arrêté avec des centaines d'opposants à l'occupation syrienne du Liban en août 2001.
En juillet 2007, le Général Aoun le choisit comme candidat à l'élection partielle du Metn face à l'ancien Président de la république Amine Gemayel qui était largement soutenu par l'Alliance au pouvoir. Khoury devient le 22e député du Bloc du changement et de la réforme.
A l'approche de l'élection présidentielle et de ses enjeux, Dr. Camille Khoury a accepté de répondre aux questions des internautes de rplfrance.org.
Nous le remercions.
S. Assaf : Les politiciens du 14 mars refusent que le vote de la présidentielle se fasse au suffrage universel soit disant c'est contre la constitution. Puisqu'ils n'arrivent pas à élire un candidat à cause de l'ingérence des pays occidentaux. Qu'est ce qui est préférable que nous allions vers une guerre civile ou se référer directement au peuple ?Dr. C. Khoury : L'idée du vote au sufrage universel et pour une seule fois s'est posée par le général compte tenu de l'impasse politique poue arriver á une président émanant d'une entente nationale et le refus de la constitution d'un gouvernement d'union nationale d'entente par les 14 "marsiens", et puisque dans les pays démocratiques le dernier recours est le vrai possésseur du pouvoir est le peuple, cette idée serait la vraie solution du probleme actuel.
Il n’y aura pas de guerre civile malgré eux et la démocratie vaincra.
A. Assouad : Mr le député, pensez-vous que nous nous dirigeons vers une guerre civile dans le cas où il n’y aurait pas d’élection présidentielle ?Dr. C. Khoury : Il y a des fractions qui s’y préparent parce que ça amplifie leur raison d’être politique mais je pense que l’armée sera présente activement et efficacement pour les neutraliser et empêcher la guerre.
R. Jreige : Si demain, le Général AOUN est élu Président de la République, ce que je souhaite, qu’est ce qui changera au Liban ? De quels moyens dispose-t-il ?Dr. C. Khoury : Le Liban passera de l’occupation et l’hégémonie á la liberté et la souveraineté, de la corruption et les compromis á la fidélité, l’honnêteté et la transparence, du monopôle á la convivialité et le vrai partage du pouvoir, de la soumission au vrai pouvoir, du féodalisme á la justice et l’égalité. Pour y arriver il disposera de la confiance de la majorité du peuple.
E. Badr : Pourquoi le Général Aoun n’appuie pas le Général Sleiman pour la présidence de la république ?Dr. C. Khoury : Par conviction profonde le général AOUN est le plus fort et le meilleur des candidats pour arriver á des solutions définitives des problèmes essentiels (les armes de Hezbollah et des palestiniens , le conflit avec Israël et les problèmes suspendus avec la Syrie) s’appuyant sur une base de confiance populaire et parlementaire.
L. Abiad : A l’évidence, il y a un blocage sur le nom du Général Aoun malgré sa représentativité. Quel est votre plan B?Dr. C. Khoury : Notre plan B est de débloquer cette situation sinon un gouvernement transitoire d’union nationale á double mission : nouvelle loi électorale et élections législatives anticipées puis l’élection d’un président par le nouveau parlement.
A. Labaki : Pourquoi le général Aoun n’accepte pas un candidat de compromis ?Dr. C. Khoury : Le général accepte un candidat de compromis ou plutôt d’entente nationale sur la base du quorum des 2/3.
J. Hobeika : Je souhaite réagir à l’idée du Général concernant l’élection du président de la République au suffrage universel.
La manière d’élire un président au Liban est connue par tous, celle que propose le Général fait peur à tous.
Que pensez vous de l’idée de mixer les deux façons de faire par les deux étapes suivantes:
A) Dans un premier temps le parlement s’en charge de limiter le nombre de candidats à 2 ou 3 à titre d’exemple qu’il considère sérieux et crédibles (Les candidats doivent être maronite afin de respecter l’équilibre " statique " libanais
dans un deuxième temps le peuple choisira parmi les finalistes que le parlement a choisit.
Il est clair que ce processus nécessite un amendement de la constitution au même titre que le suffrage universel.Dr. C. Khoury : Il faut toujours respecter la constitution concernant le quorum des 2/3.
J. Hobeika : 3 cas possibles concernant l’éléction presidentielle et je souhaite connaitre votre avis dans ces 3 cas de figures :
1) Dans le cas où le Général sera président comment va t’il gérer la cohabitation avec un premier ministre comme M. Siniora?
2) Le général ne sera pas président quelle sera la réaction de l’opposition (est ce qu’on va avoir 6 ans de galère de nouveau?)
3) Il n’y aura pas d’élection, donc la blocage persistera jusqu’où et jusqu’à quel point?Dr. C. Khoury : 1) Dans le cas où général AOUN sera président Mr SINIORA sortira su sérail. Mais il n’y a pas de problème de cohabitation.
2) Jamais il n’y aura un président sans l’approbation de l’opposition. Donc, soit un président d’entente soit un gouvernement transitoire pour des élections législatives anticipées et par la suite élection du président par le nouveau parlement.
3) Je pense qu’il y aura un vote majeur de l’armée.
J. Rabahieh : Pourquoi les discours du courant patriotique libre paraissent comme des discours concentrés sur les droits des chrétiens à présent et est ce que ce discours changera la nature laïque du courant patriotique libre?Dr. C. Khoury : Tant que le régime respecte le confessionnalisme il faut toujours avoir un équilibre dans le partage du pouvoir et puisque les chrétiens sont marginalisés on est obligé de maintenir ces discours.
L. Byblos : Vous pensez que votre bloc parlementaire va rester soudé à l’occasion de l’élection? Merci de répondre sans langue de bois.Dr. C. Khoury : Deux ans passées et notre bloc est toujours soudé dans l’opposition et avec les élections je suis convaincu qu’on passera au pouvoir, donc pas de soucis.
E. Karam : Si le général n’accepte pas un candidat du compromis, Murr et le Tachnag ne vont-ils pas quitter le bloc d’Aoun ?Dr. C. Khoury : On restera toujours des vrais alliés, rassurez- vous.
H. Bonne : Est-ce que vous considérez votre élection légitime?Dr. C. Khoury : Plus que légitime, surtout après toutes les ingérences illégitimes contre moi.
E. Haddad : Lors des élections au Metn-Nord, le Dr Fouad Abou Nader qui est en accord avec le document d’entente signé entre le CPL et le Hezbollah, a choisi de voter pour l’ancien président Amine Gemayel parce que son cousin Pierre était mort en martyr. Il a toutefois précisé qu’il ne s’agissait pas d’un soutien politique et qu’il n’hésiterait pas à présenter sa propre candidature la prochaine fois même face à son oncle. Le Front de la Liberté avait choisi d’être officiellement neutre afin qu’il n’y ait pas de malentendu avec le choix de son leader naturel. Toutefois, la majorité de ses membres, ont voté pour vous notamment à Baskinta. Que pensez-vous de la décision du Dr Fouad Abou Nader et voyez-vous le Front de la Liberté comme un allié notamment pour les prochaines élections législatives?Dr. C. Khoury : Je pense qu’ils sont toujours indécis. Ils attendent l’aboutissement du prochain congrès annuel de KATAEB.
A. Chbeir : Dr.Camille Khoury, vous qui avez subi les arrestations arbitraires sous l’occupation syrienne, comment interprétez-vous les arrestations récentes dont ont été victimes certains partisans du CPL (similitudes, incohérences,etc...)? Quel est le message qui se cache derrière ce bref et mystérieux acharnement?Dr. C. Khoury : Le message est clair, l’atteinte à l’image pacifique du CPL et à celle du général comme homme d’état en l’accusant d’être un chef de milice comme les autres et tout ça la veille de la présidentielle. Mais en tout cas , la réponse « gifle »est venue de la justice qui a acquitté nos détenus.
A. Abdallah : Mr le député, le Général ne doit-il pas maintenir sa candidature jusqu’au bout quitte à perdre au parlement mais au moins il aurait marqué le coup en ne cautionnant pas un président impuissant ?Dr. C. Khoury : La candidature du général AOUN n’est pas à marchander.
J. Chaar : En dépit des prochaines élections et en tant qu’homme politique maintenant député du bloc du changement et de la réforme, que pensez vous du suffrage universel pour élir le président au Liban ? est-ce qu’il faut le faire ou bien il faut garder ce système actuel par peur de l’équilibre entre confessions ?Dr. C. Khoury : Le suffrage universel fut proposé comme solution du dernier recours après l’impatience politique imposée par 14 mars et ceci pour une seule fois. Or dans les conditions des alliances actuelles, les chrétiens trancheront et ainsi l’équilibre sera respecté ; mais pour l’avenir dans un régime laïque, ça sera l’idéal.
W. Jabra : Pensez-vous que le CPL représente toujours autant les chrétiens qu’en 2005?Dr. C. Khoury : D’après tous les sondages actuels, notre representativité chrétienne et nationale est toujours stable depuis l’année 2005.
M. Dupont : Depuis plus de trente ans au Liban, le président de la république est élu avec l’aval des puissances étrangères afin de protéger leur intérêts et investissement personnelles au Liban. Ne pensez vous pas que l’élection de Michel Aoun à la Présidence de la république est totalement utopique en cas de réussite cela veut dire qu’il accepter le jeu de l’étranger et la corruption ?...Dr. C. Khoury : Le retour du général après 15 ans d’exil avec le maintien de sa popularité, les résultats des élections législatives de 2005 et les résultats des sondages actuels le mettent en premier de loin devant les autres personnalités chrétiennes font du général AOUN l’incontournable passage obligatoire à toute solution politique surtout concernant la présidentielle. Ce n’est pas utopique c’est tout à fait réel.
E. Issa : pas de question; Dieu soit avec toi plein de paix ... un homme de confiance...
S. Gugliermine : Mr le député on vous soutient et on vous demande de ne pas nous lâcher. On sait qu'il n'y a que le général qui nous sauve de tous ces mensonges et de tous ces politiciens qui demandent la place pour remplir leurs poches et surtout on a eu une expérience avec eux. Ils on mis le pays à genoux devant tous les étrangers qui se mêlent de notre situation il faut qu'on vous laisse la place et ils jugeront après. BONNE CHANCE.
Ce message a été modifié par populas - jeudi 25 octobre 2007 à 00:03.