Wednesday 26 September 2007 à 19:20
Le général Aoun appelle solennellement à un « dialogue franc » pour sauver le Liban
26 septembre 2007
L'Orient Le Jour
Le chef du CPL, le général Michel Aoun, a lancé hier un appel solennel à un dialogue « franc » entre tous les protagonistes dans le but de trouver des solutions à la crise. « Je suis disposé à m'ouvrir sur tout le monde », a déclaré le général, se disant prêt à accepter n'importe quelle modalité de tenue de ce dialogue. Toutefois, en dépit de son évident changement de ton, il a maintenu ses positions au sujet de la question du quorum de la séance électorale et averti qu'au cas où un président serait élu à la majorité plus un, « les États qui le soutiendraient devraient envoyer des troupes pour le protéger ».
Le général s'exprimait dans une déclaration à la presse à la suite du report de la séance à la Chambre.
« Nous avons entendu les déclarations qui ont été faites à cette occasion, et certaines étaient positives. Nous sommes en faveur de tout appel au dialogue et à l'entente parce qu'il n'y a pas de salut pour le Liban hors du dialogue », a-t-il déclaré.
« J'ai entendu ce qu'a dit le vice-président de la Chambre (Farid Makari). Il affirme que le boycottage de la Chambre est synonyme de boycottage de la nation. Je souhaite à ce propos qu'il lise tout le communiqué des évêques (maronites) car avant ce passage, il est dit en substance que le Liban ne pourrait s'en sortir que par l'entente entre le président de la République, le Premier ministre et le président de la Chambre. Dans un tel cas, il est sûr que tout le monde serait présent à la Chambre », a souligné le général.
« Donc, à partir de maintenant, si nous voulons vraiment dialoguer, il faudrait que nous ayons une approche complète de nos idées et de celles des autres. Il ne faut pas les morceler. De cette manière, nous aurons un bon début. Mais quand l'un de nous se fonde sur une idée partielle pour attaquer l'autre, même si par ailleurs il appelle au dialogue, celui-ci reste hors de portée », a-t-il dit.
« En ma qualité de député et de chef de bloc, je fais part de ma disposition à m'ouvrir sur tout le monde. Je suis prêt à écouter toute personne qui voudrait exprimer devant moi ses craintes, à l'égard des autres ou à mon égard. C'est dans mon caractère, j'aime la confrontation franche. Si nous sommes vraiment des citoyens et nous voulons sauver la patrie, il n'y a que la confrontation directe entre des individus responsables capables de discuter et de dialoguer pour arriver à un résultat », a-t-il ajouté. « J'appelle tous les responsables et surtout les chefs des blocs parlementaires à s'asseoir autour d'une table, n'importe laquelle, ou à la télévision s'ils le désirent, et chaque fois que nous tombons d'accord sur quelque chose, nous le signons », a poursuivi le chef du CPL.
« Je suis libre au point de signer sans avoir à consulter quiconque. Je sais que j'ai des amis, mais je sais aussi que je suis capable de signer sans contraintes lorsque je m'entends avec quelqu'un d'autre. Ceux qui ont cette possibilité, je leur souhaite la bienvenue. Mettons-nous ensemble autour d'une table. L'appel que je lance est franc et clair et j'espère que tout le monde en saisira la portée, car il ne s'agit pas d'une invitation en l'air, mais bien d'un appel destiné à être concrètement appliqué. Que ce soit devant tous les Libanais à la télévision ou bien dans une salle fermée entre personnes responsables, je suis prêt à toute formule que les autres décideront. Les polémiques qui n'en finissent pas ne serviront à rien. Ceux qui souhaitent véritablement contribuer au processus de sauvetage de la patrie, je leur souhaite la bienvenue ici, chez un ami, au Parlement, à la télévision ou dans le lieu qu'ils veulent », a-t-il encore dit.
Interrogé sur les raisons qui ont empêché jusqu'ici la tenue d'une rencontre entre le chef du Courant du futur, Saad Hariri, et lui-même, comme cela avait été annoncé précédemment, le général a indiqué qu'il avait lui-même été « surpris » que la rencontre n'ait pas lieu. « Mais puisque rien de négatif n'est survenu depuis cette tentative de rencontre qui n'a pas eu lieu, je pense qu'il y a toujours une possibilité qu'elle se tienne », a-t-il dit. « Si cette rencontre a lieu, je ne demanderai pas (à M. Hariri) de me soutenir pour la présidence. Ce sera simplement pour discuter franchement et nous entraider afin de définir les points d'achoppement de la crise et peut-être même pour tenter de trouver des solutions. Nul d'entre nous n'est capable de régler le problème tout seul, ni Hariri ni moi. Nous pouvons nous affronter mais nous ne réglerons rien si chacun reste à sa place. Voilà pourquoi il est toujours le bienvenu », a-t-il souligné.
« Notre message est sévère et clair au sujet de l'éventualité de l'élection du président de la République à la moitié plus un. Cette éventualité équivaut à une déclaration de guerre. Il n'est pas permis de jouer avec la question du quorum. Le cas échéant, les États qui soutiendraient un président élu de cette façon devraient envoyer leurs troupes (au Liban) pour le protéger », a averti le général.
Prié de dire comment il compte faire face à cette « déclaration de guerre », il a répondu : « Je ne peux pas donner de détails et dévoiler nos intentions. Je me contente d'affirmer que cette éventualité est interdite et qu'elle conduirait à des problèmes. »
Le général a d'autre part affirmé qu'il se considérait toujours comme un candidat « consensuel ». « Nous ne voulons pas gouverner le Liban avec son tiers ou sa moitié, comme fait le gouvernement actuel », a-t-il dit.
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