mardi 04 septembre 2007 à 23:13
Aoun : « Suis-je un candidat de défi ? »
04 Septembre 2007
L'Orient Le Jour
Après la réunion hebdomadaire de son bloc parlementaire, le général Michel Aoun s'est adressé à la presse. Tout en saluant la victoire de l'armée sur le groupe terroriste Fateh el-Islam, le chef du CPL a abordé les questions politiques. Il a réitéré ses attaques contre le gouvernement actuel, l'accusant de rechercher le vide constitutionnel dans l'espoir de pouvoir gouverner à la place du président de la République. Mais le général Aoun a affirmé que l'opposition ne restera pas les bras croisés face à une telle situation, et ce gouvernement ne pourra pas, selon lui, prendre les rênes du pouvoir. Le chef du CPL a ajouté que le sabotage permanent de la part de l'équipe au pouvoir de toutes les tentatives pour former un gouvernement d'union nationale a mis à rude épreuve la patience des citoyens. Face à cette situation, l'opposition, a-t-il déclaré, considère qu'elle a les coudées franches et une liberté d'action.
Évoquant l'initiative du président de la Chambre, le général Michel Aoun a considéré qu'elle comporte des éléments positifs. Il lui a souhaité plein succès, tout en rappelant que les forces du 14 Mars tentent de poser des conditions rédhibitoires pour faire échouer cette tentative.
Le chef du CPL a aussi tiré la sonnette d'alarme, affirmant que si l'initiative de M. Berry échouait, le pays se retrouverait face à un scénario de deux gouvernements.
En réponse à une question, le général Aoun s'est présenté comme un candidat consensuel. « Suis-je donc un candidat de défi ? » a-t-il demandé, avant de répéter qu'il se considère comme un candidat d'entente. Il a aussi tourné en dérision les affirmations selon lesquelles il aurait perdu ses chances d'être élu à la présidence après l'élection partielle du Metn ou après ses derniers propos contre les députés de Baabda-Aley.
Enfin, le général Aoun a vivement critiqué les ingérences étrangères dans les affaires internes libanaises, évoquant la reconnaissance éventuelle par certaines parties étrangères d'un président élu avec un quorum de la majorité des députés. « Cette reconnaissance est rejetée et je dis à ceux qui y pensent, cessez de vous mêler de nos affaires internes », a-t-il martelé.
Interrogé sur les chances du général Michel Sleimane à la présidence après la bataille de Nahr el-Bared, le chef du CPL a affirmé que la candidature du général Sleimane n'a pas pour point de départ Nahr el-Bared, mais des considérations objectives et des circonstances déterminées. Il a critiqué au passage les candidats à la présidence qui présentent, selon lui, des programmes électoraux qui ne prévoient pas de mécanismes d'application.
Par ailleurs, le général Michel Aoun se rend aujourd'hui à Strasbourg sur une invitation de Mme Béatrice Patrie, présidente de la délégation interparlementaire pour le Machrek au Parlement européen. Le général Aoun aura à cette occasion plusieurs entretiens politiques avec les députés européens, dans le cadre d'une réunion de la délégation Machrek. Il tiendra aussi une conférence de presse, en présence de Mme Patrie et de M. John Parvis.