Sunday 11 May 2008 à 12:11
Combats à Tripoli (nord), Beyrouth calme
Beyrouth était calme dimanche mais les partisans du gouvernement et l’opposition se livraient d’intenses combats samedi dans le nord du Liban, principalement à Tripoli, où une femme a été tué, ce qui porte le bilan de cinq jours de violences à au moins 38 morts. Des accrochages ont été signalés dans la vallée de la Bekaa, selon des responsables de la sécurité.
Le calme est revenu dans les quartiers de Beyrouth (centre-ouest), après quatre jours de violences. Mais de nombreuses grandes routes, y compris celle qui mène à l’unique aéroport international, étaient toujours barrées par des empilages de sacs de sable réalisés par l’opposition, qui compte poursuivre sa campagne de "désobéissance civile" jusqu’à satisfaction de ses exigences.
Les heurts les plus violents de dimanche matin se sont produits dans la ville côtière de Tripoli, où des partisans de Hariri ont tiré à la grenade et à la mitrailleuse lourde contre un autre quartier où se trouvaient des opposants, d’après des responsables ayant requis l’anonymat.
Les combats ont gagné en intensité au fil des heures puis la situation s’est apaisée lorsque les troupes libanaises ont commencé à se déployer entre les deux camps. Une femme a été tuée, ce qui porte à 38 morts le bilan global de cinq jours d’affrontements. Ce sont les pires violences qu’ait connues le pays depuis la guerre civile de 1975-90.
Dans la vallée de la Bekaa, dans l’est du Liban, des accrochages entre les deux camps se sont produits dans différents villages et villes. Des partisans de Hariri continuaient de barrer la route menant au principal poste-frontière avec la Syrie, en réponse au barrage de l’accès à l’aéroport.
Après un discours de Fouad Siniora samedi, l’armée a appelé les groupes armés à quitter Beyrouth et rouvrir les routes. Elle a également annoncé que le chef de la sécurité de l’aéroport, limogé car il était soupçonné d’être proche du Hezbollah, conserverait son poste, et a recommandé au gouvernement de revenir sur sa décision de déclarer illégal le système de communications indépendant du mouvement.
Ces deux sujets étaient à l’origine de la tournure violente qu’avait prise la crise politique. La plupart des miliciens du Hezbollah se sont retirés après le communiqué de l’armée, ne laissant qu’une poignée d’alliés armés dans les rues.
(Dimanche, 11 mai 2008 - 11h.35)
Source