Voici ce dont l'orient le jour se permet, "oubliant" cette fois complètement son rôle de média devant diffuser l'information, sans prise de position.
On lit ces "lumières" chaque jour. Il ne faut pas s'étonner dès lors que le monde francophone ait une vision totalement erronée de l'opposition (et spécialement du CPL) avec une telle impartialité...
NB: L'orange est la couleur du parti du général Aoun. Il donne des boutons à bien des personnes

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Limonade syrienne : orange pressée
L'article de Jean ISSA
C’est pour mieux te manger, mon enfant »
(Le Loup de Damas au Petit Chaperon orange).Un langage de limonadier. Le général Ibrahim Tannous, son ancien patron ? À bien l’entendre, à bien le comprendre (mais qui le pourrait jamais ?), c’est pratiquement une vieille ganache gaga. Le président Amine Gemayel ? Il ne lui arrive pas «sous la ceinture». Ce qui, du reste, situe bien le niveau du personnage. Le mal appris du malappris : chacun retourne à ses origines. Selon l’un de ces dictons populaires dont il s’affirme fin spécialiste.Ou reste attaché à son poteau, pour user d’un autre adage de chevrier mal dégrossi. Le berceau natal, Haret Hreik, est otage. Tambourit, notre sœur du Sud, également. Qu’y peut le pacte avec le diable ?
« O »bjections ? Pourquoi pas. Mais abjection de propos orduriers, pourquoi donc ? Quelle gloire, quelle utilité surtout, peut avoir, peut promouvoir, une logorrhée d’une violence verbale si triviale. Qui est en soi un [« O »le !], un encouragement clamé aux fauteurs de troubles. Genre gros bras du PSNS.
« O »vationné sur sa télé, il plisse les lèvres de contentement. D’autosatisfaction. Shampress et « une autre agence allemande », il les dément. Mais SANA, pour commencer, dans ses premières dénégations, les plus spontanées sinon les plus sincères, il n’en parle pas du tout. Il aura fallu que le président Gemayel évoque nommément l’agence syrienne, rapport à une cassette vidéo, pour que, bien obligé de lui répondre, il le fasse à son tour.
Intox et manipOr il est évident que les fausses déclarations lénifiantes, ces mamours à la Syrie qu’elle-même lui attribue, n’ont de portée politique qu’en raison de la caution directe, par voie d’organe officiel, du régime syrien.
Autrement, et sobrement dit, qu’il le veuille ou non, qu’il l’admette ou pas, Damas utilise Aoun ouvertement. À l’insu de son plein gré, comme dit plaisamment, et couramment, Julien Lepers. Et le manipule à volonté, à satiété. Sans qu’il soit en mesure de mettre vraiment les points sur les i, pour dissiper totalement l’équivoque. De se rebiffer.
Ainsi, il est bien le seul indépendantiste historique à ne pas vouloir reconnaître, avec Kouchner comme avec les commissaires de l’ONU, ou avec Moratinos, que tout le problème tient à l’agression perpétrée contre le Liban par l’axe d’acier, l’axe infernal, syro-iranien.
Et pourquoi, cet aveuglement ? Parce qu’il s’est trop fortement lié au Hezbollah. Bras séculier de l’axe susdit. Pour lequel il opère sur le plan régional à partir de son fief du Sud. Et qui, en sus, prépare patiemment, au niveau local, la réalisation de son projet. De contrôle du pouvoir, sinon de la création de son propre État. Avec ou sans partition (de préférence). Dans les deux cas, Aoun, il se retrouverait où ?
NuancesCe qui nous conduit à l’observation suivante : la bataille du Metn, soulignent pareillement les protagonistes, oppose dans sa finalité deux projets politiques antagonistes. C’est vrai, et c’est faux à la fois. Il est exact en effet que le camp du 14 Mars, sempiternellement agressé, se trouve obligé de défendre les constantes nationales. En sus, à cette occasion, du patrimoine des traditions, de valeurs humaines et morales. D’où l’appui soutenu de cette haute autorité morale (justement) qu’est Bkerké.
Mais en face, quel idéal défendent les aounistes, pour quel projet se battent-ils ? Celui du Parti syrien national social (PSNS) qui porte si bien son nom ? Ou le leur propre, et quel est-il au juste ? En quoi se distingue-t-il, en quoi dévie-t-il du nationalisme libanais bien compris ? Faut-il souligner que le CPL, comme Frangié, sa force, il en prive le Cèdre ? Et du coup, la tourne contre lui ? En tout cas, et en pratique, si projet aouniste il y a, il est clairement phagocyté, avalé, par le Hezb. Pôle magnétique bien plus fort. Et, plus loin, par l’Iran et par la Syrie. Ces bons amis que l’on fait mine d’ignorer.
Autre chose, pour nuancer la mise en relief de l’élément bataille politique fondamentale. Quel qu’en soit le résultat, personne n’aura marqué, à ce niveau élevé, de point décisif. Il faudra, en fait, attendre l’épilogue de la lutte des axes, dont découle en droite ligne notre crise. En effet, ce n’est pas parce que le candidat aouniste l’aura emporté que le 14 Mars rendra les armes devant la Syrie. Et ce n’est pas, non plus, parce que le président Gemayel aura eu gain de cause sur une partielle, pour un siège de deux ans, que le régime syrien cessera de nous tarabuster. Ou que nos martyrs cesseront de tomber, dans la rue comme face à Fateh el-Islam.
Et à ce propos, à propos de la terreur, du terrorisme utilisé en toutes circonstances, le Libanais moyen, sans doute choqué par le ton si relevé du discours aouniste, est encore plus apeuré par les menaces évidentes de troubles. Comme l’« on » en a provoqué dimanche. Dès lors, atterré, il risque de ne pas mettre le nez dehors, le 5 août, de ne pas aller voter. Les observateurs planchent d’ailleurs beaucoup sur cette question, sans doute déterminante, de la mobilisation. Ils n’arrivent pas vraiment à donner, sur ce plan, l’avantage à l’un ou l’autre camp. Les uns ont pour eux une organisation disons plus musclée. Les autres, la force de la conviction. Et le soutien, impondérable, de Bkerké.
Rendez-vous dimanche. Et qui vivra verra. Ou entendra
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Michel HAJJI GEORGIOU tente depuis 3 jours de démonter le programme du CPL (seul parti à mettre par écrit ses projets pour le pays!).
L’Arlésienne
L'article de Michel HAJJI GEORGIOU«Le Courant patriotique libre, en sa qualité de parti politique, cible le renouvellement de la vie politique au Liban sur des bases éthiques, de culture et d’avant-gardisme, de même qu’il aspire à l’émancipation des esprits. »
Au nombre de ses objectifs, « le Courant patriotique libre aspire à (...) : affranchir les esprits de la mentalité de subordination et développer le sens critique des citoyens ».
Ces deux phrases sont extraites de la traduction française de la charte fondatrice du CPL, disponible sur le site Web du parti.
En soi, l’ensemble de ce texte est un document magnifique, ouvert sur la modernité, avide de citoyenneté, de responsabilisation ou encore de diffusion du sens critique. Malheureusement, il semble que certains documents soient parfois voués à rester de belles déclarations d’intentions, sans plus. C’est d’ailleurs très souvent le cas de ce genre de littérature au Liban : les chartes fondatrices de courants politiques ne sont pas sans faire rêver sur le plan de la théorie. Toute autre est la pratique politique, qui se retrouve souvent aux antipodes des intentions affichées. C’est tristement le cas, à titre d’exemple, du fameux « document d’entente » entre le CPL et le Hezbollah, qui est un morceau exemplaire, sur le plan littéraire, de ce que devrait être un texte unissant deux formations sur un projet en apparence moderne et ouvert. La théorie est enjôleuse, la pratique, elle, beaucoup moins : ce qui unit aujourd’hui le Hezbollah au CPL n’a pas vraiment grand-chose à voir avec « l’édification de l’État », principal titre dudit document d’entente. Bien au contraire, sur le plan du comportement politique, ce n’est rien d’autre qu’un mimétisme de plus en plus important qu’il faut constater entre les deux partis, mimétisme qui est d’ailleurs orienté sur un rejet de l’État, une attitude foncièrement antiétatique. Chez le Hezbollah, l’attitude antiétatique est manifeste, puisqu’elle s’accompagne d’une dimension de substitution à l’État, d’un comportement paraétatique, aussi bien dans l’allégeance théocratique au wilayet el-faqih que dans la discipline fascisante et l’utilisation des armes comme moyen de préserver le mini-État dans l’État, et, à travers lui, les chances d’une autre forme d’État à la place de l’État.
Au niveau du CPL, dont le discours et la pratique politiques étaient orientées, jusqu’à présent, sur le rétablissement de la souveraineté et l’édification de l’État, plusieurs éléments – communs au Hezbollah – apparaissent de plus en plus dans le comportement du CPL : le comportement de secte, la démagogie populiste, le culte du chef, transfiguré en être suprême qui ne se trompe jamais, l’embrigadement politique aveugle et la surenchère communautaire à des fins mobilisatrices en jouant sur la fibre affective (alors même qu’il accuse les autres de le faire). Inutile de prouver que tout cela est loin de mener à l’État, qu’il se fait même par opposition à la culture de l’État, mais qu’il profite néanmoins de la faiblesse de l’État (merci Damas). Et, pire encore, tout cela se fait sous le prétexte de ramener la communauté chrétienne (comme le Hezbollah la communauté chiite) au sein de l’État.
La manipulation est extraordinaire : elle vise à prétendre que le parti politique (le CPL) a réalisé une fusion totale avec sa communauté (chrétienne) pour qu’elle se sente plus forte et reprenne la place qui lui revient de droit au sein des institutions. Le discours est séduisant, l’illusion de la force enivrante, et les masses embrigadées suivent. Le chef du groupe politique, lui, peut mener à bien ses ambitions en paix : retranché derrière son discours idéologique, il est paré pour tous les coups. Mieux que cela, il peut se permettre, derrière son image d’incorruptible, de laminer ses adversaires, en les accusant de « marginaliser les chrétiens ». C’est oublier que ce qui lamine le pôle chrétien au sein du pouvoir, c’est cette détermination à entraîner les chrétiens à l’extérieur du projet de l’État, et hors d’une stratégie de consolidation de la souveraineté retrouvée, dans les contrées d’une alliance régionale mortelle avec l’Iran et le régime syrien.
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Le général Michel Aoun a, certes, le droit de se retrancher derrière les arguments idéologiques de son choix. Après tout, il n’y a pas que le discours politique qui peut descendre « en dessous de la ceinture ». Une certaine vision de la politique défend l’usage de tous les moyens pour parvenir à ses fins. Il reste au citoyen de démonter les arguments de chacun et de décider de ce qui est plus conforme à la réalité – à condition, bien sûr, qu’on puisse lui préserver un minimum de sens critique, loin de la frénésie des masses.
Cependant, le CPL continue de se présenter spécifiquement comme un courant moderne, une alternative au traditionalisme et à tous les courants politiques libanais qui existent déjà. Sa charte parle de laïcité, le voilà enferré dans une surenchère « christianiste » outrancière ; de souveraineté, et le voilà dans un mutisme total face aux assassinats politiques et à la contre-offensive syrienne qui décime les rangs du 14 Mars dans la foulée du printemps de Beyrouth ; d’édification de l’État de droit, et le voilà qui légitime le maintien de l’arsenal du Hezbollah au détriment du monopole de la violence.
Mais la goutte d’eau qui fait déborder le vase, c’est cette pseudo-bataille contre le traditionalisme que le général Aoun mènerait actuellement au Metn contre Amine Gemayel. On aura du mal à le croire, au vu de l’ensemble de son comportement électoral depuis le début de cette bataille. Un fait cependant mérite qu’on s’y attarde : c’est l’absence, dans le cadre de cette lutte, du principal concerné, le candidat aouniste Camille Khoury, relégué au rang d’image (et encore !). Est-ce ainsi que le CPL entend, conformément à sa charte, « affranchir les esprits de l’insubordination et développer le sens critique du citoyen » ? N’est-ce pas là une image frappante de clientélisme politique, celle d’un chef qui fait la campagne à la place de son candidat, qui plus est dans le cadre d’une partielle – et tout le monde sait combien la relation entre le candidat et ses électeurs est importante lors d’une telle élection ? On arguera peut-être qu’en Occident, ce sont les partis qui mènent les batailles pour les candidats, mais nous sommes bien loin de l’Occident, où les élections se jouent sur des programmes, et non sur la puissance verbale des figures charismatiques. Cela n’abolit pas, de toute façon, la nécessité d’une proximité entre électeurs et élus : sinon, sur quelles bases demander des comptes par la suite ? Surtout si Camille Khoury rejoint d’autres députés, notamment certains du Bloc du changement et de la réforme, dans un alignement total sur le discours du chef et une inexistence politique et parlementaire absolue.
À travers son candidat, réduit au silence et à la figuration, et dont il fait tous les jours la campagne électorale, le général Aoun s’aligne sur le comportement traditionaliste en vogue au Liban. Il est difficile, dès lors, qu’il puisse encore se poser en moderniste. Quant à Camille Khoury, il est le candidat dont tout le monde parle et qu’on ne voit pas, une authentique Arlésienne du Metn.
Dans la nouvelle éponyme d’Alphonse Daudet, l’Arlésienne est au cœur de l’intrigue, mais elle n’apparaît jamais.
Le problème, c’est que L’Arlésienne se termine par un drame, plus précisément par un suicide. Coïncidence troublante ? Les suicides politiques, qui plus est collectifs, ne sont jamais une fatalité. Il est toujours possible de les éviter. Il y a toujours la possibilité de faire un choix pour éviter le pire. N’est-ce pas là l’autre nom de la citoyenneté ?
Michel HAJJI GEORGIOU
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La bataille oppose deux modèles : Beyrouth 2005 à Gaza 2007, affirme Samir FrangiéAu nombre de ses hôtes, le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a reçu hier à Dimane le député Samir Frangié, les anciens députés Mansour el-Bone, Farès Souhaid et M. Antoine Khawaja.
À l’issue de l’entretien, M. Frangié a précisé que la discussion avait porté sur l’échec des efforts français en faveur de la relance du dialogue interlibanais en raison de l’opposition syrienne à cette médiation. « Toute la région va entrer dans une situation difficile au printemps prochain, d’où la nécessité de créer un filet de sécurité, notamment sur le plan chrétien, pour empêcher les répercussions de ce qui pourrait arriver. Il faut élever le niveau du discours qui est au plus bas, cesser de se parler dans le style baassiste et en revenir à la charte de bonne conduite sur le plan du discours », a-t-il dit.
Évoquant ensuite les divisions nationales, Samir Frangié a estimé qu’il fallait garder la bataille du Metn dans le cadre démocratique. Il s’agit d’une « bataille entre deux modèles » qui est en cours à l’échelle de la région tout entière : celui de « mars 2005 » et celui de « Gaza 2007 ». Aussi a-t-il appelé à une « bataille démocratique et civilisée qui ouvrirait la voie à une nouvelle étape, et à un retour, par le biais des résultats de l’élection partielle, aux constantes chrétiennes définies par Bkerké dans son communiqué de 2000 et par le synode maronite ».
« Le climat électoral est excellent au Metn. Les citoyens sont conscients et ont défini leurs orientations. Ils savent ce qu’ils veulent. Par conséquent, les résultats sont connus d’avance. Si certains veulent éviter cette bataille, il y a un seul moyen de le faire : reconnaître que ce siège est vacant en raison d’un assassinat, et ne pas assassiner Pierre Gemayel une deuxième fois. Par conséquent, que ceux qui doivent se retirer se retirent, ils auront ainsi rendu service au Metn et aux chrétiens en général en se basant sur une position éthique », a ajouté Samir Frangié.
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Tout le monde attend le communiqué des évêques aujourd’hui
L'article de Ziyad MAKHOULIbrahim Kanaan qui a fait l’aller-retour deux fois hier entre Rabieh et Dimane et qui insiste, sur le perron du patriarcat maronite, sur le fait que le CPL fera « tout » ce que Mgr Sfeir lui demandera de faire (et pourtant les tentes sont encore bien plantées au centre-ville…) ; l’archevêque Boulos Matar qui se rend à Bickfaya, Ahmad Fatfat qui souligne que le gouvernement n’est plus en mesure, techniquement, de reporter la partielle du Metn ; Robert Ghanem qui refuse que la justice, par le truchement du Conseil d’État, soit utilisée comme une « barricade » au service de scories politiques ou d’ambitions personnelles, comme un « prétexte » pour ce même report ; cette question lancinante et toute une gamme de réponses contradictoires qui va avec : est-ce que Michel Murr a ouvert les portes de la Aamara, son QG électoral, ou pas, est-ce qu’il va peser dans la bataille ou pas, et dans quel sens, et enfin : comment va se présenter aujourd’hui le communiqué mensuel des évêques, que tout le monde attend ?
C’était hier une valse infinie de rumeurs et d’interrogations, comme en connaît le Liban à chaque veille d’élection(s) majeure(s) ; encore plus pour cette partielle du Metn qui cristallise toutes les passions, qui transcende l’arithmétique et le siège en lui-même, et qui résume désormais, à elle seule, c’est malheureux mais c’est ainsi, la bataille entamée un certain 27 février 2005, c’est-à-dire une bataille de principes. Au milieu de toutes ces hypothèses, de tout ce gossip, une certitude : Amine Gemayel, redevable à ses électeurs, entouré de ses alliés, refuse d’ores et déjà, au nom justement de ces principes, non négociables à l’instar « du sang de Pierre », qui sont ceux de la révolution du Cèdre, la condition de Michel Aoun, jugée à nouveau, selon les milieux proches de Bickfaya, totalement « rédhibitoire ». Cette condition est la suivante : tous les candidats se retirent, les élections sont ajournées, le siège revenant « plus tard » aux Kataëb, à condition que ce ne soit pas Amine Gemayel qui se représente au poste, selon des milieux bien informés.
Ces milieux en question analysent la proposition Aoun comme étant déjà la traduction tangible d’un sentiment d’insécurité électorale ; elles disent que « sinon, il n’y aurait pas eu tout ce ramdam, toutes ces gesticulations vers Dimane ». Selon ces milieux, le CPL mise désormais tout sur cette phrase, surprenante dans la bouche de n’importe quel cadre aouniste : « Ce que veut le patriarche… » ; il veut même « faire croire », ajoutent ces sources, que la proposition Aoun est en fait celle de Dimane. Parallèlement, le CPL essaye de comprendre – et d’inverser – les motifs d’une affection « timide » du Tachnag et de la pyramide murrienne à son égard, une timidité manifeste, déjà, sur le terrain à plus d’un (haut) niveau.
C’est en fonction de tout cela, et de bien d’autres paramètres encore, que se rédigera, aux premières lueurs de l’aube, le communiqué mensuel des évêques maronites. Que va-t-on décider à Dimane ? De demander à Amine Gemayel de faire une contre-proposition à celle de Michel Aoun, de manière à pouvoir trouver des dénominateurs communs aux deux et éviter ainsi une nouvelle déchirure interchrétienne ? De trouver une solution honorable aux deux parties qui ne remette d’abord et avant toute chose pas en cause les principes sacro-saints sur base desquels Amine Gemayel et l’Alliance du 14 Mars ont décidé de mener bataille ? De réaffirmer avec force ce sur quoi Mgr Sfeir, considéré à Bickfaya comme la « boussole », a mis l’accent dans sa dernière homélie dominicale, à savoir la nécessité d’une élection d’office du président Gemayel ?
De Dimane, les Libanais en général et les Metniotes en particulier attendent, comme toujours, de la lumière, de la constance, de la force et de la foi. La foi dans ces valeurs, ces concepts et ces principes que le patriarcat maronite en général, le patriarche Sfeir en particulier, et toute l’Alliance du 14 Mars défendent, qui depuis toujours, qui depuis l’an 2000, qui depuis 2005, mais tous bec et ongles, dans le respect de la démocratie et de la primauté du Droit.
Ziyad MAKHOUL