Le Liban Xi [ Suite Du Topic Liban ]

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lundi 30 juillet 2007 à 00:27
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Benp
dimanche 29 juillet 2007 à 22:47
tiens ca me rappelle quelque chose ca...
que se passe t'il si un parti d'opposition possedant au moins un tiers des deputes decide de boycotter le deuxieme tour?




Le nouveau président ne peut être élu. C'est pour cela qu'il est primordial que les partis s'entendent sur le prochain président. Ce qui est absurde au Liban, c'est que ce président est tout désigné. Mais comme il ne constitue pas un appui aux dominances extérieures, il est sans cesse écarté. Espérons que cette fois, le peuple ne se laissera pas faire... wink.gif

mercredi 01 août 2007 à 01:32
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clapclap.gif BONNE FÊTE à votre armée libanaise ! original.gif

Salut à tous et au plaisir de vous lire ...
mercredi 01 août 2007 à 18:01
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Un point de la situation avec les élections qui se profilent ce dimanche. Effervescence totale au Metn et un peu moins à Beyrouth (circonscription n°II) où se dérouleront les 2 partielles électorales prévues à la suite de l'assassinat de Walid Eido (Beyrouth II) et de Pierre Gemayel (Metn).

Alors qu'à Beyrouth, le candidat de Hariri n'est pas disputé par l'opposition, par respect ainsi que pour éviter des tensions communautaires (Le Hezbollah et Amal (chiites), le Tachnag (parti arménien) ont refusé de participer à ces élections), une bataille électorale aura bien lieu dans la circonscription chrétienne du Metn. Cela dit, à 4 jours du scrutin, les efforts sont encore déployés pour arriver à un compromis entre Phalangistes et CPL. Sinon, sur le terrain, les 2 camps se préparent pour la bataille électorale. Ainsi plusieurs sondages sont effectués pour donner une idée de la lutte. Des sondages donnent un avantage à l'ex-président Gemayel face au candidat du CPL, Camille Khoury. D'autres, dont la fiabilité est contestée par les pro-gouvernementaux, donnent le candidat du CPL vainqueur face à Amine Gemayel. Bref, c'est l'inconnue et le moins que l'on puisse dire, c'est que les bases respectives des partis s'étant lancées dans la bataille ne veulent pas lacher le morceau et veulent à tout prix s'exprimer dans les urnes ce dimanche.

Au niveau des alliances:
Amine Gemayel (Kataeb) a reçu le soutien de Geagea (FL), du rassemblement Kornet Chehwan, du parti national libéral, du rassemblement démocratique, de la gauche démocratique et de toute une floppée de politiciens, et parait-il.... du patriarche maronite Nasrallah Sfeir!

Camille Khoury (CPL) a reçu le soutien du Tachnag (parti arménien) et de Michel Murr. L'alliance de juin 2005 est donc reconduite.

En juin 2005, au Metn, l'alliance du CPL avait recueilli 63% des voix alors que les loyalistes comptaient 37%.
2 ans après, la question est de savoir si cette tendance s'est inversée avec tous les évènements et la campagne médiatique à l'encontre du CPL. Puis il faut aussi dire que la mort de Pierre Gemayel peut jouer sur les sentiments des gens.


Ce message a été modifié par populas - mercredi 01 août 2007 à 18:01.
mercredi 01 août 2007 à 21:05
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Pourquoi Geagea ne s'est pas présenté aux élections ?
mercredi 01 août 2007 à 21:22
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Sidi
mercredi 01 août 2007 à 21:05
Pourquoi Geagea ne s'est pas présenté aux élections ?




D'abord, ce n'est pas sa région. Ensuite, son allié Amine Gemayel ne l'aurait jamais accepté puisque le Metn est le fief des phalangistes (kataeb)... Enfin, Geagea ne pourra gagner que dans sa propre région (Bcharré) vu son incroyable impopularité nationale!


Ce message a été modifié par populas - mercredi 01 août 2007 à 21:22.
mercredi 01 août 2007 à 22:38
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Michel Aoun a une chance de gagner ?
jeudi 02 août 2007 à 00:14
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Sidi
mercredi 01 août 2007 à 21:05
Michel Aoun a une chance de gagner ?




Je l'espère bien sûr, et je pense honnêtement que oui. Bien sûr, les médias n'ont jamais été aussi féroces qu'aujourd'hui pour dissuader les gens de voter pour lui. Il suffit (pour les francophones) de lire l'Orient-le-jour pour s'en convaincre. Le lecteur a droit chaque jour à 2 ou 3 articles destinés UNIQUEMENT à casser du Aoun ou du CPL. C'est assez hallucinant.

Je vais poster quelques articles pour illustrer ça, tu m'en diras des nouvelles wink.gif
jeudi 02 août 2007 à 00:25
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Voici ce dont l'orient le jour se permet, "oubliant" cette fois complètement son rôle de média devant diffuser l'information, sans prise de position.

On lit ces "lumières" chaque jour. Il ne faut pas s'étonner dès lors que le monde francophone ait une vision totalement erronée de l'opposition (et spécialement du CPL) avec une telle impartialité...

NB: L'orange est la couleur du parti du général Aoun. Il donne des boutons à bien des personnes original.gif

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Limonade syrienne : orange pressée
L'article de Jean ISSA

C’est pour mieux te manger, mon enfant »
(Le Loup de Damas au Petit Chaperon orange).


Un langage de limonadier. Le général Ibrahim Tannous, son ancien patron ? À bien l’entendre, à bien le comprendre (mais qui le pourrait jamais ?), c’est pratiquement une vieille ganache gaga. Le président Amine Gemayel ? Il ne lui arrive pas «sous la ceinture». Ce qui, du reste, situe bien le niveau du personnage. Le mal appris du malappris : chacun retourne à ses origines. Selon l’un de ces dictons populaires dont il s’affirme fin spécialiste.Ou reste attaché à son poteau, pour user d’un autre adage de chevrier mal dégrossi. Le berceau natal, Haret Hreik, est otage. Tambourit, notre sœur du Sud, également. Qu’y peut le pacte avec le diable ?
« O »bjections ? Pourquoi pas. Mais abjection de propos orduriers, pourquoi donc ? Quelle gloire, quelle utilité surtout, peut avoir, peut promouvoir, une logorrhée d’une violence verbale si triviale. Qui est en soi un [« O »le !], un encouragement clamé aux fauteurs de troubles. Genre gros bras du PSNS.
« O »vationné sur sa télé, il plisse les lèvres de contentement. D’autosatisfaction. Shampress et « une autre agence allemande », il les dément. Mais SANA, pour commencer, dans ses premières dénégations, les plus spontanées sinon les plus sincères, il n’en parle pas du tout. Il aura fallu que le président Gemayel évoque nommément l’agence syrienne, rapport à une cassette vidéo, pour que, bien obligé de lui répondre, il le fasse à son tour.

Intox et manip
Or il est évident que les fausses déclarations lénifiantes, ces mamours à la Syrie qu’elle-même lui attribue, n’ont de portée politique qu’en raison de la caution directe, par voie d’organe officiel, du régime syrien.
Autrement, et sobrement dit, qu’il le veuille ou non, qu’il l’admette ou pas, Damas utilise Aoun ouvertement. À l’insu de son plein gré, comme dit plaisamment, et couramment, Julien Lepers. Et le manipule à volonté, à satiété. Sans qu’il soit en mesure de mettre vraiment les points sur les i, pour dissiper totalement l’équivoque. De se rebiffer.
Ainsi, il est bien le seul indépendantiste historique à ne pas vouloir reconnaître, avec Kouchner comme avec les commissaires de l’ONU, ou avec Moratinos, que tout le problème tient à l’agression perpétrée contre le Liban par l’axe d’acier, l’axe infernal, syro-iranien.
Et pourquoi, cet aveuglement ? Parce qu’il s’est trop fortement lié au Hezbollah. Bras séculier de l’axe susdit. Pour lequel il opère sur le plan régional à partir de son fief du Sud. Et qui, en sus, prépare patiemment, au niveau local, la réalisation de son projet. De contrôle du pouvoir, sinon de la création de son propre État. Avec ou sans partition (de préférence). Dans les deux cas, Aoun, il se retrouverait où ?

Nuances
Ce qui nous conduit à l’observation suivante : la bataille du Metn, soulignent pareillement les protagonistes, oppose dans sa finalité deux projets politiques antagonistes. C’est vrai, et c’est faux à la fois. Il est exact en effet que le camp du 14 Mars, sempiternellement agressé, se trouve obligé de défendre les constantes nationales. En sus, à cette occasion, du patrimoine des traditions, de valeurs humaines et morales. D’où l’appui soutenu de cette haute autorité morale (justement) qu’est Bkerké.
Mais en face, quel idéal défendent les aounistes, pour quel projet se battent-ils ? Celui du Parti syrien national social (PSNS) qui porte si bien son nom ? Ou le leur propre, et quel est-il au juste ? En quoi se distingue-t-il, en quoi dévie-t-il du nationalisme libanais bien compris ? Faut-il souligner que le CPL, comme Frangié, sa force, il en prive le Cèdre ? Et du coup, la tourne contre lui ? En tout cas, et en pratique, si projet aouniste il y a, il est clairement phagocyté, avalé, par le Hezb. Pôle magnétique bien plus fort. Et, plus loin, par l’Iran et par la Syrie. Ces bons amis que l’on fait mine d’ignorer.
Autre chose, pour nuancer la mise en relief de l’élément bataille politique fondamentale. Quel qu’en soit le résultat, personne n’aura marqué, à ce niveau élevé, de point décisif. Il faudra, en fait, attendre l’épilogue de la lutte des axes, dont découle en droite ligne notre crise. En effet, ce n’est pas parce que le candidat aouniste l’aura emporté que le 14 Mars rendra les armes devant la Syrie. Et ce n’est pas, non plus, parce que le président Gemayel aura eu gain de cause sur une partielle, pour un siège de deux ans, que le régime syrien cessera de nous tarabuster. Ou que nos martyrs cesseront de tomber, dans la rue comme face à Fateh el-Islam.
Et à ce propos, à propos de la terreur, du terrorisme utilisé en toutes circonstances, le Libanais moyen, sans doute choqué par le ton si relevé du discours aouniste, est encore plus apeuré par les menaces évidentes de troubles. Comme l’« on » en a provoqué dimanche. Dès lors, atterré, il risque de ne pas mettre le nez dehors, le 5 août, de ne pas aller voter. Les observateurs planchent d’ailleurs beaucoup sur cette question, sans doute déterminante, de la mobilisation. Ils n’arrivent pas vraiment à donner, sur ce plan, l’avantage à l’un ou l’autre camp. Les uns ont pour eux une organisation disons plus musclée. Les autres, la force de la conviction. Et le soutien, impondérable, de Bkerké.
Rendez-vous dimanche. Et qui vivra verra. Ou entendra


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Michel HAJJI GEORGIOU tente depuis 3 jours de démonter le programme du CPL (seul parti à mettre par écrit ses projets pour le pays!).

L’Arlésienne
L'article de Michel HAJJI GEORGIOU



«Le Courant patriotique libre, en sa qualité de parti politique, cible le renouvellement de la vie politique au Liban sur des bases éthiques, de culture et d’avant-gardisme, de même qu’il aspire à l’émancipation des esprits. »
Au nombre de ses objectifs, « le Courant patriotique libre aspire à (...) : affranchir les esprits de la mentalité de subordination et développer le sens critique des citoyens ».
Ces deux phrases sont extraites de la traduction française de la charte fondatrice du CPL, disponible sur le site Web du parti.
En soi, l’ensemble de ce texte est un document magnifique, ouvert sur la modernité, avide de citoyenneté, de responsabilisation ou encore de diffusion du sens critique. Malheureusement, il semble que certains documents soient parfois voués à rester de belles déclarations d’intentions, sans plus. C’est d’ailleurs très souvent le cas de ce genre de littérature au Liban : les chartes fondatrices de courants politiques ne sont pas sans faire rêver sur le plan de la théorie. Toute autre est la pratique politique, qui se retrouve souvent aux antipodes des intentions affichées. C’est tristement le cas, à titre d’exemple, du fameux « document d’entente » entre le CPL et le Hezbollah, qui est un morceau exemplaire, sur le plan littéraire, de ce que devrait être un texte unissant deux formations sur un projet en apparence moderne et ouvert. La théorie est enjôleuse, la pratique, elle, beaucoup moins : ce qui unit aujourd’hui le Hezbollah au CPL n’a pas vraiment grand-chose à voir avec « l’édification de l’État », principal titre dudit document d’entente. Bien au contraire, sur le plan du comportement politique, ce n’est rien d’autre qu’un mimétisme de plus en plus important qu’il faut constater entre les deux partis, mimétisme qui est d’ailleurs orienté sur un rejet de l’État, une attitude foncièrement antiétatique. Chez le Hezbollah, l’attitude antiétatique est manifeste, puisqu’elle s’accompagne d’une dimension de substitution à l’État, d’un comportement paraétatique, aussi bien dans l’allégeance théocratique au wilayet el-faqih que dans la discipline fascisante et l’utilisation des armes comme moyen de préserver le mini-État dans l’État, et, à travers lui, les chances d’une autre forme d’État à la place de l’État.
Au niveau du CPL, dont le discours et la pratique politiques étaient orientées, jusqu’à présent, sur le rétablissement de la souveraineté et l’édification de l’État, plusieurs éléments – communs au Hezbollah – apparaissent de plus en plus dans le comportement du CPL : le comportement de secte, la démagogie populiste, le culte du chef, transfiguré en être suprême qui ne se trompe jamais, l’embrigadement politique aveugle et la surenchère communautaire à des fins mobilisatrices en jouant sur la fibre affective (alors même qu’il accuse les autres de le faire). Inutile de prouver que tout cela est loin de mener à l’État, qu’il se fait même par opposition à la culture de l’État, mais qu’il profite néanmoins de la faiblesse de l’État (merci Damas). Et, pire encore, tout cela se fait sous le prétexte de ramener la communauté chrétienne (comme le Hezbollah la communauté chiite) au sein de l’État.
La manipulation est extraordinaire : elle vise à prétendre que le parti politique (le CPL) a réalisé une fusion totale avec sa communauté (chrétienne) pour qu’elle se sente plus forte et reprenne la place qui lui revient de droit au sein des institutions. Le discours est séduisant, l’illusion de la force enivrante, et les masses embrigadées suivent. Le chef du groupe politique, lui, peut mener à bien ses ambitions en paix : retranché derrière son discours idéologique, il est paré pour tous les coups. Mieux que cela, il peut se permettre, derrière son image d’incorruptible, de laminer ses adversaires, en les accusant de « marginaliser les chrétiens ». C’est oublier que ce qui lamine le pôle chrétien au sein du pouvoir, c’est cette détermination à entraîner les chrétiens à l’extérieur du projet de l’État, et hors d’une stratégie de consolidation de la souveraineté retrouvée, dans les contrées d’une alliance régionale mortelle avec l’Iran et le régime syrien.

***

Le général Michel Aoun a, certes, le droit de se retrancher derrière les arguments idéologiques de son choix. Après tout, il n’y a pas que le discours politique qui peut descendre « en dessous de la ceinture ». Une certaine vision de la politique défend l’usage de tous les moyens pour parvenir à ses fins. Il reste au citoyen de démonter les arguments de chacun et de décider de ce qui est plus conforme à la réalité – à condition, bien sûr, qu’on puisse lui préserver un minimum de sens critique, loin de la frénésie des masses.
Cependant, le CPL continue de se présenter spécifiquement comme un courant moderne, une alternative au traditionalisme et à tous les courants politiques libanais qui existent déjà. Sa charte parle de laïcité, le voilà enferré dans une surenchère « christianiste » outrancière ; de souveraineté, et le voilà dans un mutisme total face aux assassinats politiques et à la contre-offensive syrienne qui décime les rangs du 14 Mars dans la foulée du printemps de Beyrouth ; d’édification de l’État de droit, et le voilà qui légitime le maintien de l’arsenal du Hezbollah au détriment du monopole de la violence.
Mais la goutte d’eau qui fait déborder le vase, c’est cette pseudo-bataille contre le traditionalisme que le général Aoun mènerait actuellement au Metn contre Amine Gemayel. On aura du mal à le croire, au vu de l’ensemble de son comportement électoral depuis le début de cette bataille. Un fait cependant mérite qu’on s’y attarde : c’est l’absence, dans le cadre de cette lutte, du principal concerné, le candidat aouniste Camille Khoury, relégué au rang d’image (et encore !). Est-ce ainsi que le CPL entend, conformément à sa charte, « affranchir les esprits de l’insubordination et développer le sens critique du citoyen » ? N’est-ce pas là une image frappante de clientélisme politique, celle d’un chef qui fait la campagne à la place de son candidat, qui plus est dans le cadre d’une partielle – et tout le monde sait combien la relation entre le candidat et ses électeurs est importante lors d’une telle élection ? On arguera peut-être qu’en Occident, ce sont les partis qui mènent les batailles pour les candidats, mais nous sommes bien loin de l’Occident, où les élections se jouent sur des programmes, et non sur la puissance verbale des figures charismatiques. Cela n’abolit pas, de toute façon, la nécessité d’une proximité entre électeurs et élus : sinon, sur quelles bases demander des comptes par la suite ? Surtout si Camille Khoury rejoint d’autres députés, notamment certains du Bloc du changement et de la réforme, dans un alignement total sur le discours du chef et une inexistence politique et parlementaire absolue.
À travers son candidat, réduit au silence et à la figuration, et dont il fait tous les jours la campagne électorale, le général Aoun s’aligne sur le comportement traditionaliste en vogue au Liban. Il est difficile, dès lors, qu’il puisse encore se poser en moderniste. Quant à Camille Khoury, il est le candidat dont tout le monde parle et qu’on ne voit pas, une authentique Arlésienne du Metn.
Dans la nouvelle éponyme d’Alphonse Daudet, l’Arlésienne est au cœur de l’intrigue, mais elle n’apparaît jamais.
Le problème, c’est que L’Arlésienne se termine par un drame, plus précisément par un suicide. Coïncidence troublante ? Les suicides politiques, qui plus est collectifs, ne sont jamais une fatalité. Il est toujours possible de les éviter. Il y a toujours la possibilité de faire un choix pour éviter le pire. N’est-ce pas là l’autre nom de la citoyenneté ?

Michel HAJJI GEORGIOU


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La bataille oppose deux modèles : Beyrouth 2005 à Gaza 2007, affirme Samir Frangié

Au nombre de ses hôtes, le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a reçu hier à Dimane le député Samir Frangié, les anciens députés Mansour el-Bone, Farès Souhaid et M. Antoine Khawaja.
À l’issue de l’entretien, M. Frangié a précisé que la discussion avait porté sur l’échec des efforts français en faveur de la relance du dialogue interlibanais en raison de l’opposition syrienne à cette médiation. « Toute la région va entrer dans une situation difficile au printemps prochain, d’où la nécessité de créer un filet de sécurité, notamment sur le plan chrétien, pour empêcher les répercussions de ce qui pourrait arriver. Il faut élever le niveau du discours qui est au plus bas, cesser de se parler dans le style baassiste et en revenir à la charte de bonne conduite sur le plan du discours », a-t-il dit.
Évoquant ensuite les divisions nationales, Samir Frangié a estimé qu’il fallait garder la bataille du Metn dans le cadre démocratique. Il s’agit d’une « bataille entre deux modèles » qui est en cours à l’échelle de la région tout entière : celui de « mars 2005 » et celui de « Gaza 2007 ». Aussi a-t-il appelé à une « bataille démocratique et civilisée qui ouvrirait la voie à une nouvelle étape, et à un retour, par le biais des résultats de l’élection partielle, aux constantes chrétiennes définies par Bkerké dans son communiqué de 2000 et par le synode maronite ».
« Le climat électoral est excellent au Metn. Les citoyens sont conscients et ont défini leurs orientations. Ils savent ce qu’ils veulent. Par conséquent, les résultats sont connus d’avance. Si certains veulent éviter cette bataille, il y a un seul moyen de le faire : reconnaître que ce siège est vacant en raison d’un assassinat, et ne pas assassiner Pierre Gemayel une deuxième fois. Par conséquent, que ceux qui doivent se retirer se retirent, ils auront ainsi rendu service au Metn et aux chrétiens en général en se basant sur une position éthique », a ajouté Samir Frangié.

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Tout le monde attend le communiqué des évêques aujourd’hui
L'article de Ziyad MAKHOUL



Ibrahim Kanaan qui a fait l’aller-retour deux fois hier entre Rabieh et Dimane et qui insiste, sur le perron du patriarcat maronite, sur le fait que le CPL fera « tout » ce que Mgr Sfeir lui demandera de faire (et pourtant les tentes sont encore bien plantées au centre-ville…) ; l’archevêque Boulos Matar qui se rend à Bickfaya, Ahmad Fatfat qui souligne que le gouvernement n’est plus en mesure, techniquement, de reporter la partielle du Metn ; Robert Ghanem qui refuse que la justice, par le truchement du Conseil d’État, soit utilisée comme une « barricade » au service de scories politiques ou d’ambitions personnelles, comme un « prétexte » pour ce même report ; cette question lancinante et toute une gamme de réponses contradictoires qui va avec : est-ce que Michel Murr a ouvert les portes de la Aamara, son QG électoral, ou pas, est-ce qu’il va peser dans la bataille ou pas, et dans quel sens, et enfin : comment va se présenter aujourd’hui le communiqué mensuel des évêques, que tout le monde attend ?
C’était hier une valse infinie de rumeurs et d’interrogations, comme en connaît le Liban à chaque veille d’élection(s) majeure(s) ; encore plus pour cette partielle du Metn qui cristallise toutes les passions, qui transcende l’arithmétique et le siège en lui-même, et qui résume désormais, à elle seule, c’est malheureux mais c’est ainsi, la bataille entamée un certain 27 février 2005, c’est-à-dire une bataille de principes. Au milieu de toutes ces hypothèses, de tout ce gossip, une certitude : Amine Gemayel, redevable à ses électeurs, entouré de ses alliés, refuse d’ores et déjà, au nom justement de ces principes, non négociables à l’instar « du sang de Pierre », qui sont ceux de la révolution du Cèdre, la condition de Michel Aoun, jugée à nouveau, selon les milieux proches de Bickfaya, totalement « rédhibitoire ». Cette condition est la suivante : tous les candidats se retirent, les élections sont ajournées, le siège revenant « plus tard » aux Kataëb, à condition que ce ne soit pas Amine Gemayel qui se représente au poste, selon des milieux bien informés.
Ces milieux en question analysent la proposition Aoun comme étant déjà la traduction tangible d’un sentiment d’insécurité électorale ; elles disent que « sinon, il n’y aurait pas eu tout ce ramdam, toutes ces gesticulations vers Dimane ». Selon ces milieux, le CPL mise désormais tout sur cette phrase, surprenante dans la bouche de n’importe quel cadre aouniste : « Ce que veut le patriarche… » ; il veut même « faire croire », ajoutent ces sources, que la proposition Aoun est en fait celle de Dimane. Parallèlement, le CPL essaye de comprendre – et d’inverser – les motifs d’une affection « timide » du Tachnag et de la pyramide murrienne à son égard, une timidité manifeste, déjà, sur le terrain à plus d’un (haut) niveau.
C’est en fonction de tout cela, et de bien d’autres paramètres encore, que se rédigera, aux premières lueurs de l’aube, le communiqué mensuel des évêques maronites. Que va-t-on décider à Dimane ? De demander à Amine Gemayel de faire une contre-proposition à celle de Michel Aoun, de manière à pouvoir trouver des dénominateurs communs aux deux et éviter ainsi une nouvelle déchirure interchrétienne ? De trouver une solution honorable aux deux parties qui ne remette d’abord et avant toute chose pas en cause les principes sacro-saints sur base desquels Amine Gemayel et l’Alliance du 14 Mars ont décidé de mener bataille ? De réaffirmer avec force ce sur quoi Mgr Sfeir, considéré à Bickfaya comme la « boussole », a mis l’accent dans sa dernière homélie dominicale, à savoir la nécessité d’une élection d’office du président Gemayel ?
De Dimane, les Libanais en général et les Metniotes en particulier attendent, comme toujours, de la lumière, de la constance, de la force et de la foi. La foi dans ces valeurs, ces concepts et ces principes que le patriarcat maronite en général, le patriarche Sfeir en particulier, et toute l’Alliance du 14 Mars défendent, qui depuis toujours, qui depuis l’an 2000, qui depuis 2005, mais tous bec et ongles, dans le respect de la démocratie et de la primauté du Droit.

Ziyad MAKHOUL
jeudi 02 août 2007 à 01:16
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La bataille électorale au Metn est la plus serrée et elle s'annonce très difficile pour le CPL. Plusieurs raisons à cela:

- Tout d'abord, il y a disproportion dans la notoriété des candidats! Amine Gemayel, candidat du gouvernement, est ancien président du Liban et frère de Bachir Gemayel. Il est le père du regretté Pierre Gemayel (sèchement abattu en plein jour, vers fin novembre 2006) et ces élections sont organisées pour le remplacer. De l'autre côté, Camille Khoury est le candidat du CPL mais jamais personne n'en a entendu parler auparavant! Cela va inévitablement affecter le score du CPL et j'espère que la défaite ne sera pas au bout... Mais au moins, il représente plus que jamais un parti au sens propre du terme, un projet et un programme.

- Deuxièmement, il n'est un secret pour personne que le budget de Amine Gmayel n'est pas à comparer avec celui du candidat CPL Camille Khoury. Les images de Gemayel sont partout dans les rues, les drapeaux des phalangistes (son parti) sont partout dans le Metn, alors que de l'autre côté, les moyens sont très limités et l'on voit à peine quelques photos de Camille Khoury. A vrai dire, je ne pensais pas que cela serait aussi disproportionné, c'est assez impressionnant et... inquiétant.

- Troisièmement, cet excès d'argent chez Amine Gemayel (ah au fait directement fourni par Hariri, pas besoin de se poser la question) sert surtout à gagner des voix en proposant à des gens une compensation financière conséquente en échange de leur voix. Les sommes sont astronomiques et avoisinent les 1200 € par voix. Ils osent également appeler des gens pro-CPL en leur proposant de ne pas aller voter le jour des élections (en rendant leur carte électorale) pour la modique somme de 1000 € ! C'est d'autant plus dégoutant que si certaines personnes acceptent, c'est parce qu'elles sont dans des situations qui ne leur permettent pas de refuser de telles offres. La situation est catastrophique d'un point de vue économique, spécialement pour ces régions chrétiennes volontairement "oubliées" du gouvernement!

- Quatrièmement, la propagande est sans précédent avec cette bataille électorale. Comme illustré brièvement plus haut avec l'orient-le-jour, les articles sont directement dirigés pour dissuader les gens de voter pour le candidat CPL. On cherche à attiser la haine entre Chrétiens plutôt que de promouvoir la démocratie!

- Enfin, la carte du patriarche maronite, Mgr Sfeir, est largement utilisée par Amine Gemayel. Il faut dire que ce patriarche n'a jamais pu supporter le général Aoun puisqu'il lui volait la vedette chez les Chrétiens au niveau politique. Comme ce patriarche a encore beaucoup d'influence chez les Maronites, il tente également d'influencer les électeurs du Metn. Mais il semblerait qu'ils se fassent prendre par leur propre jeu. En effet, le patriarche cherche à tout prix à éviter la bataille électorale et il a finalement proposer une entente, pensant que le CPL allait la refuser et imaginant pouvoir l'utiliser pour l'accuser de renier l'entente entre Chrétiens. Eh bien coup de théatre, le CPL l'a accepté et il restait donc à Amine Gemayel d'en faire de même. Il a pourtant refuser, prouvant ainsi qu'il était sous le commandement de Hariri et non du patriarche (comme il cherche à le montrer aux maronites)!


Bref, avec tout ceci, je me demande comment s'en sortira le candidat du CPL. Va-t-il perdre et réduire à néant l'espoir de nombres de gens (cfr présidentielles de septembre)? Ou au contraire, arrivera-t-il à s'imposer malgré tout ceci et infliger une défaite aussi couteuse que lourde en conséquence pour l'actuel gouvernement?
La tension est à son comble...


Ce message a été modifié par populas - jeudi 02 août 2007 à 01:17.
jeudi 02 août 2007 à 12:49
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Merci pour cet article wink.gif

J'ai vu la dernière fois la télévision "Futur-TV"...la présentatrice était tellement neutre...c'était magnifique à voir mrgreen.gif

Sinon, pourrais-tu me dire à quel courant politique le partriarche Sfeir est le plus proche ?

Merci original.gif



Ce message a été modifié par Sidi - jeudi 02 août 2007 à 12:53.
jeudi 02 août 2007 à 17:48
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Sidi
mercredi 01 août 2007 à 21:05
Merci pour cet article wink.gif

J'ai vu la dernière fois la télévision "Futur-TV"...la présentatrice était tellement neutre...c'était magnifique à voir mrgreen.gif

Sinon, pourrais-tu me dire à quel courant politique le partriarche Sfeir est le plus proche ?

Merci original.gif




Le patriarche Sfeir a toujours été proche des anciennes milices chrétiennes : forces libanaises (Geagea) et phalangistes (Gemayel). Il a un gros problème avec le général Aoun alors que pourtant l'inverse n'est pas vrai.
D'ailleurs, s'il y a bien un reproche que je peux faire au général Aoun, c'est le contact qu'il entretient avec lui et ce, malgré tous les coups bas envers le CPL. Je suis Chrétien maronite, fervent pratiquant, mais ce patriarche ne me représente pas politiquement. Qu'il se contente de prêcher la bonne parole au sein de l'église maronite car il a déjà assez contribué à la ruine politique des Chrétiens du pays!
jeudi 02 août 2007 à 17:53
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Voici une interview réalisée par Scarlett Haddad, la seule journaliste de l'Orient-le-Jour qui réalise son travail correctement envers le CPL. Profitez-en, elle est largement mise à l'écart ces jours-ci...

En deux mots, le général Aoun y parle notamment de l'épisode du pacte du patriarche et de la manière dont le piège s'est retourné contre Amine Gemayel.
Bon amusement wink.gif

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À quatre jours de la partielle du Metn, le chef du CPL laisse la porte ouverte à la médiation de Bkerké
Aoun : Si Gemayel l’emporte, la présidence perdra le peu de prérogatives qui lui restent...

Aout 02 2007
Scarlett HADDAD


À son domicile qui ne désemplit pas, Michel Aoun ne ressemble pas à l’image que certains donnent actuellement de lui. Calme mais déterminé, il reste un homme ouvert qui souhaiterait éviter la bataille, mais qui se considère contraint de la mener.

Son franc-parler légendaire, qui lui a joué parfois de mauvais tours, ne s’aventure pas « au-dessous de la ceinture », mais reste entre le cœur et le cerveau, où se situe la mémoire. Car le grand problème du général avec une partie de la classe politique est, comme il le dit lui-même, son incapacité à occulter le passé. Mais il ne s’y attarde pas pour autant. C’est un homme d’action, qui va de l’avant et qui poursuit son chemin, contre vents et marées, avec confiance et conviction. À quatre jours de la partielle du Metn, il a accepté la médiation de Bkerké et attend la position de la partie adverse...

L’opinion publique est un peu perdue. Où en est la médiation du patriarcat maronite ?

R : Il s’agit d’une tentative pour éviter la bataille. Elle provient du patriarche maronite contrairement à ce qu’a prétendu cheikh Amine Gemayel. L’opinion publique n’a d’ailleurs pas oublié qui a refusé le pacte d’honneur et qui a rejeté les principes de Bkerké, tout en affirmant se placer sous le parapluie du patriarcat.
Le même scénario s’est répété ces derniers jours. La partie adverse a multiplié dans les médias les déclarations sur sa volonté de parvenir à un accord, tout en sabotant toutes les tentatives. Même aujourd’hui, je n’ai pas beaucoup d’espoir que cette partie accepte les propositions de Bkerké. Nous attendons sa position finale.

En acceptant la médiation, n’êtes-vous pas en train de confirmer certains pronostics qui disent que vous êtes sur le point de perdre cette bataille ?

C’est ce que dit la partie adverse. Je crois plutôt que c’est la partie qui est en position de force qui peut accepter ou rejeter une médiation, puisque c’est elle qui a le plus à perdre dans cette formule. Un accord ne peut être conclu que si le vainqueur probable est d’accord. Nous avons accepté la proposition de Bkerké, sans tambour ni trompette, car elle émane de cette autorité, alors que Amine Gemayel avait maintes fois déclaré qu’il avait chargé le patriarche maronite d’un mandat illimité et il reporte sans cesse sa position finale, en essayant de gagner du temps, sans doute pour me faire assumer la responsabilité de son échec. Ces gens-là ne peuvent pas sortir de l’instrumentalisation des faits, sans aucun respect pour la réalité ou pour les positions et les places occupées par les autres. Nous attendons dimanche soir pour connaître l’issue de cette bataille. Mais ce sont eux qui assument la responsabilité des éléments négatifs qui pourraient en découler. Ils ne peuvent plus nous accuser de vouloir fermer une maison politique ou de vouloir prendre la place du martyr. D’ailleurs, voter contre Amine Gemayel n’est nullement voter contre cheikh Pierre. Amine Gemayel a un passé connu et il a accumulé les échecs au cours de sa longue carrière. Il a d’ailleurs toujours eu une conception exclusive de l’exercice du pouvoir. Ce n’est pas moi qui le dis, mais des journalistes américains comme Bob Woodward, Thomas Friedman ou encore comme l’ancien émissaire américain au Liban, Philip Habib. Même Georges Haoui avait raconté comment il avait tout fait pour s’opposer à la candidature de son frère Bachir à la présidence. Enfin, les Metniotes n’ont pas oublié l’ASU et la période où il a dirigé une milice. Tout comme les Gardiens du Cèdre, le Tanzim, les Noumours du PNL se souviennent de son comportement lors de la bataille de Tall-Zaatar...

N’avez-vous pas l’impression que vous avez été manipulé pour vous lancer dans cette bataille ?

La confrontation avec moi a commencé bien avant mon retour au Liban. Mais depuis ma victoire aux élections, il y a eu une campagne systématique menée contre moi. Le phénomène se poursuit aujourd’hui et la partie adverse utilise l’argent et cherche à semer le doute dans les esprits de mes partisans au sujet de ma politique. Elle exploite aussi des situations émotionnelles. Elle évoque même tous les martyrs pour susciter la sympathie. Mais, en définitive, c’est Amine Gemayel qui est le candidat.

En menant cette campagne n’êtes-vous pas en train de jouer le jeu de la partie adverse, qui finalement vous a mené là où elle voulait ?

Nous ne voulions pas de cette bataille, mais nous avons été contraints de la mener, car céder aurait signifié priver le président de la République de ce qui lui reste de prérogatives et s’incliner devant un fait accompli, qui est une violation flagrante de la Constitution. Nous avons essayé d’éviter la bataille en nous adressant au Conseil d’État. Mais il a refusé de se prononcer sur la question du droit, montrant ainsi qu’une nouvelle institution est paralysée. Cela avait commencé avec le Conseil constitutionnel. Puis il y a eu la présidence, le Conseil des ministres, le Parlement, maintenant c’est le tour du Conseil d’État. C’est réellement un système terroriste qui accumule les grandes fautes politiques. Mais il ne faut pas oublier que c’est Amine Gemayel qui nous a laissé en héritage la tutelle syrienne. C’est encore lui qui s’était tu lorsque les Syriens étaient revenus à Beyrouth pendant son mandat... Et pendant trois ans, le Conseil des ministres ne s’était plus réuni, car ses adversaires politiques refusaient de lui adresser la parole. Mais eux, au moins, respectaient la signature du président, d’où le système « des décrets mobiles ».

N’y a-t-il pas une contradiction entre votre volonté de défendre les prérogatives du président et votre participation à l’élection partielle sur la base d’un décret qui ne porte pas la signature du chef de l’État ?

Nous avons commencé par avoir recours à la justice, mais celle-ci a refusé de se prononcer. Nous avons alors décidé de recourir au juge suprême, le peuple. Le symbolisme de cette bataille, c’est que le peuple doit se prononcer sur la question des prérogatives du président. Si Amine Gemayel refuse le compromis de Bkerké, la situation est encore plus grave car il aura renoncé à l’avance aux prérogatives présidentielles.

Vous affirmez défendre la présidence de la République et vos députés ne se sont pratiquement jamais rendus à Baabda ces derniers temps ?

La défense de la présidence se fait-elle à travers les visites ou bien par le biais des positions fermes ? Beaucoup de personnes se rendent à Baabda et mentent aussitôt après. La position concrète et publique est bien plus utile et a plus de poids qu’une visite formelle.

Certains disent que quelle que soit l’issue de cette bataille, c’est Samir Geagea qui en sortira vainqueur. Qu’en pensez-vous ?

Les médias font des analyses selon leurs tendances politiques. La vérité c’est que si Amine Gemayel l’emporte, la présidence perdra le peu de prérogatives qui lui restent. Nous ne lui souhaiterons pas alors de devenir président, car c’est à peine s’il pourra bénéficier de la limousine protocolaire. Si, par contre, c’est nous qui l’emportons, nous n’accepterons plus qu’on joue avec la dernière position chrétienne, d’ailleurs bien affaiblie.

Ne pensez-vous pas qu’on vous a quand même entraîné dans cette bataille pour vous distraire des grandes échéances ?

Je reste d’une grande disponibilité et j’ai même le temps de me détendre. Eux sont tellement débordés qu’ils croient que les autres sont dans la même situation.

Êtes-vous sûr de vos alliés et quelle sera selon vous la position des partisans du ministre de la Défense, Élias Murr ?
Bien sûr que j’ai confiance dans mes alliés et je crois que les souvenirs vécus par le ministre de la Défense le poussent à adopter une position saine.

Pourquoi n’avez-vous pas saisi l’occasion de la rencontre de la Résidence des Pins pour saluer Amine Gemayel ?

Il n’y a pas eu de salutation entre nous car je n’ai pas voulu perpétuer la tradition du mensonge. Pour moi, c’est une question de principe.

Vous avez déclaré mardi que vous comptez couper la main qui se portera contre vous. Que vouliez-vous dire exactement ?

Tout simplement que nous avons des gens qui savent se défendre et que ce qui s’est passé à Broummana, lorsqu’ils ont fermé la route devant nos partisans, ne se répétera pas. L’histoire de Marc Hoayeck (le jeune homme qui a été agressé le 23 janvier et qui s’est retrouvé paralysé, alors que son agresseur a été relâché) ne doit pas être rééditée.

Est-ce à dire que vous adhérez à la théorie de l’autosécurité ?

Pas du tout. Les forces de l’ordre sont responsables de la sécurité. Nous ne sommes pas isolés et nous n’accepterons pas d’être pris à partie.

En vous lançant dans cette bataille, n’êtes-vous pas en train de contribuer à l’affaiblissement des chrétiens que vous voulez défendre ?

Il ne faut pas se tromper dans les faits. C’est l’État qui est responsable de l’affaiblissement et de la marginalisation des chrétiens. La même politique se poursuit depuis l’époque de la tutelle syrienne, avec, cette fois, la couverture des chrétiens du 14 Mars. C’est cette politique qu’il faut changer.

On dit qu’il y a un conflit entre vous et le Hezbollah au sujet de votre participation à la partielle ?

Cela fait partie de nos approches différentes. Le Hezbollah ne veut pas participer car le décret ne porte pas la signature du président. De notre côté, nous pensons que cette élection constitue une sorte de référendum populaire sur la justesse de notre opposition.

N’empêche que le Hezbollah semble conclure un arrangement tacite avec le Courant du futur à Beyrouth et il vous laisse seul dans la bataille au Metn...

Chacun a son approche et en assume la responsabilité. Personnellement, mon souci porte sur les prérogatives du président.

L’impression est que vous vous battez toujours seul contre tous. Est-il possible d’avoir raison contre tout le monde ?

Je ne suis pas seul. Mais ce sont les mêmes qui cherchent à m’isoler. Il y a entre nous un grand sujet de conflit : la corruption. L’opinion publique doit savoir que les causes invoquées pour me combattre ne sont pas les vraies. Ils affirment que le général est avec la politique des axes. C’est totalement faux, les Américains, les Français et les Arabes le savent. Mais ils cherchent quand même à tromper les Libanais sur ce sujet.

Cette bataille a entraîné des écarts de langage, dont on vous fait porter la responsabilité...

Ce n’est pas moi qui en suis responsable. Mais je suis franc et je ne peux pas transformer le mensonge en vérité. Chaque fois que je parle, j’avance des preuves. Je cite des faits, eux des fantasmes. Toute la différence est là.


Ce message a été modifié par populas - jeudi 02 août 2007 à 17:54.
jeudi 02 août 2007 à 20:56
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Qu'aurait à gagner le Hezbollah en s'alliant (momentanément ou définitivement ?) avec le Courant du futur et lâchant ainsi le Courant patriotique libre ?

Aussi, les Arméniens et les Grecs-Orthodoxes soutiennent quel mouvement (hormi le leur) ?

jeudi 02 août 2007 à 22:55
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Sidi
mercredi 01 août 2007 à 21:05
Qu'aurait à gagner le Hezbollah en s'alliant (momentanément ou définitivement ?) avec le Courant du futur et lâchant ainsi le Courant patriotique libre ?

Aussi, les Arméniens et les Grecs-Orthodoxes soutiennent quel mouvement (hormi le leur) ?




Les Arméniens et les Grecs-Orthodoxes soutiennent en général le Courant Patriotique Libre qui a des rapports assez froids, même si jamais problématiques, avec le patriarcat maronite. Comme le parti est à égale distance des communautés chrétiennes du pays, ca se ressent. Les autres partis ont toujours un cachet soit maronite (il y en a une floppée éparpillé), soit catholique (Skaff à Zahlé principalement), soit arménien (Tashnag principalement), soit orthodoxe (Murr principalement).

Quant au Hezbollah, franchement... je le vois mal se séparer du Courant Patriotique Libre pour rejoindre le Courant du Futur. Leur entente est une réussite au niveau politique et populaire. Ils ont prouvé leur efficacité (à travers les évènements de la guerre lors de l'été 2006) et leur confiance mutuelle est très grande.
Par contre, ce que les gens attendent, c'est une entente entre ces 3 là (Hariri-Aoun-Nasrallah) puisqu'ils représentent les 3 grandes puissances du pays. Cela permettrait de mettre au frigo les tensions communautaires.


Ce message a été modifié par populas - jeudi 02 août 2007 à 22:56.
jeudi 02 août 2007 à 23:23
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Comment fait le C.P.L pour avoir tant d'argent ? Il est financé par un autre pays ?


vendredi 03 août 2007 à 00:39
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Sidi
mercredi 01 août 2007 à 21:05
Comment fait le C.P.L pour avoir tant d'argent ? Il est financé par un autre pays ?




Le CPL n'a justement pas d'argent! Le CPL ne bénéficie d'aucun soutien étranger et sa force, il la puise du peuple.
Alors qu'on voit Amine Gemayel (panneaux publicitaires géants) et les drapeaux Phalangistes partout dans les rues (sur les poteaux électriques), le candidat du CPL n'apparaît même pas. A peine les partisans, persécutés par les médias, osent planter leur drapeau sur le balcon de leur maison ou bien afficher la photo du candidat. Amine Gemayel a une machine électorale infernale derrière lui avec des millions de dollars à dépenser alors que Camille Khoury ne peut compter que sur la générosité de ses partisans. Ca a toujours été comme ça au CPL et cette fois, c'est vraiment très dur. On n'a pas les moyens de faire de si grosses dépenses pour un seul siège (et c'est un peu trop tard pour les colllectes, en 2005 ca avait permis de combler les dépenses électorales du parti).

vendredi 03 août 2007 à 00:47
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Pendant ce temps, l'armée libanaise tente toujours de mettre fin à la présence du Fath el islam.

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Liban: violents combats à Nahr al-Bared, deux soldats tués
2 Août 2007

AFP


Deux soldats libanais ont été tués jeudi dans de violents combats contre les islamistes du Fatah al-Islam retranchés dans le camp palestinien de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban , a annoncé un porte-parole de l'armée.

Les islamistes, qui résistent toujours dans un petit secteur de 15.000 mètres carrés dans la partie sud du camp de réfugiés, ont tiré cinq roquettes qui se sont abattues sur une centrale électrique voisine, où des installations ont été légèrement endommagées.

Des combats rapprochés à l'arme automatique ont éclaté à l'aube à l'intérieur du camp, accompagnés de bombardements espacés, aux obus de chars et aux canons, depuis les positions de l'armée, a rapporté un correspondant de l'AFP.

"Deux soldats ont été tués jeudi dans les combats", a déclaré à l'AFP le porte-parole. "Les soldats continuent à avancer très lentement, car il y a toujours beaucoup de pièges et d'explosifs. C'est un travail de précision", a-t-il ajouté.

Ces combats ont entraîné la fermeture pendant environ deux heures de la route nationale qui relie la ville de Tripoli, à une quinzaine de kilomètres au sud de Nahr al-Bared, à la frontière syrienne, au nord, et longe le camp.

"Cinq Katioucha tirées de Nahr al-Bared ont touché les installations de la centrale de Deir Ammar", dans la banlieue de Tripoli, faisant de légers dégâts mais sans atteindre les réservoirs pétroliers, a déclaré le président de la municipalité de Deir Ammar, Ahmad Eid, joint au téléphone par l'AFP.

Des roquettes Katioucha tirées par les islamistes étaient tombées ces dernières semaines dans l'enceinte de la centrale, mais n'avaient jamais fait de dégâts.

M. Eid a indiqué que l'une des roquettes était tombée jeudi à proximité d'un réservoir et avait provoqué un petit incendie, rapidement éteint, tandis qu'une autre est tombée sur un bâtiment de la centrale.

Le système de sécurité s'est enclenché et la centrale s'est automatiquement arrêtée de fonctionner, a-t-il précisé.

L'armée libanaise tente depuis le 20 mai de vaincre la résistance des islamistes, désormais retranchés dans un petit secteur de 15.000 mètres carrés.

Au total, plus de 200 personnes, dont 127 soldats, ont été tuées dans les combats de Nahr al-Bared, les plus meurtriers au Liban depuis la fin de la guerre civile en 1990. Ce bilan ne tient pas compte des islamistes tués dont les corps sont restés dans le camp.

Les 31.000 réfugiés de Nahr al-Bared ont fui. Les seuls civils restés dans le camp, devenu un champ de ruines, sont les femmes et les enfants des combattants du Fatah al-Islam, qui seraient au moins une soixantaine. L'armée a accusé les islamistes de les utiliser comme boucliers humains.



Ce message a été modifié par populas - vendredi 03 août 2007 à 00:52.
vendredi 03 août 2007 à 01:13
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Demain, le CPL organise un festival électoral à Dbayeh (Metn) autour de la candidature de Camille Khoury.
vendredi 03 août 2007 à 01:16
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populas
lundi 30 juillet 2007 à 00:27
Le CPL n'a justement pas d'argent! Le CPL ne bénéficie d'aucun soutien étranger et sa force, il la puise du peuple.
Alors qu'on voit Amine Gemayel (panneaux publicitaires géants) et les drapeaux Phalangistes partout dans les rues (sur les poteaux électriques), le candidat du CPL n'apparaît même pas. A peine les partisans, persécutés par les médias, osent planter leur drapeau sur le balcon de leur maison ou bien afficher la photo du candidat. Amine Gemayel a une machine électorale infernale derrière lui avec des millions de dollars à dépenser alors que Camille Khoury ne peut compter que sur la générosité de ses partisans. Ca a toujours été comme ça au CPL et cette fois, c'est vraiment très dur. On n'a pas les moyens de faire de si grosses dépenses pour un seul siège (et c'est un peu trop tard pour les colllectes, en 2005 ca avait permis de combler les dépenses électorales du parti).





Comment le parti a-t-il pu alors avoir sa propre chaîne de télévision (OTV) ? Ou bien ce sont des actionnaires sympathisants qui ont permis sa naissance ?

J'ai l'impression que la France l'a en travers que Aoun se soit allié au Hezbollah. A son retour au Liban, elle croyait avoir un agent de plus...

vendredi 03 août 2007 à 01:44
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Sidi
mercredi 01 août 2007 à 21:05
Comment le parti a-t-il pu alors avoir sa propre chaîne de télévision (OTV) ? Ou bien ce sont des actionnaires sympathisants qui ont permis sa naissance ?

J'ai l'impression que la France l'a en travers que Aoun se soit allié au Hezbollah. A son retour au Liban, elle croyait avoir un agent de plus...




La France?
Jusqu'au tandem Kouchner/Sarkozy, la France considérait Aoun comme un moins que rien. Jamais il n'a été accueilli par le ministre des affaires étrangères sous l'ère Chirac. Sous l'ère Mitterand, la France a laché le Liban aux Syriens et s'est contenté d'offrir l'exil à Aoun. Avec Kouchner et Sarkozy, la donne a changé... enfin.
Le fait est que Aoun est le seul à avoir obtenu des concessions du Hezbollah, personne d'autre n'y est parvenu. Avant la signature du document d'entente, le Hezbollah n'avait jamais accepté de dialogue au sujet de ses armes. C'est dire leur confiance envers Aoun. Depuis (06 février 2006), ce document a permis à beaucoup d'acteurs étrangers de s'en insprier pour des résolutions ONUsiennes par exemple. Elles respectent assez bien les points émis dans le document d'entente au sujet des armes du Hezbollah. D'où, la facilité qu'a eu le Hezbollah pour accepter la résolution 1701.

Pour la OTV, ce sont en effet des actionnaires (la plupart sont des sympathisants du CPL) qui ont permis de la financer. Bientôt, ils publieront la liste des actionnaires d'ailleurs d'après ce que j'ai entendu l'autre jour.

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