Thursday 01 May 2008 à 14:01
Le forum du RPL France... place à la sécurité routière cette fois.
La sécurité routière au Liban
Avertissement, prévention et sécurité :
L’avancement de la conscience chez les citoyens, les problèmes et les solutions.
Créée au Liban en 1996, l’organisation non gouvernementalle YASA (Youth Association for Social Awareness) s’est chargée de la sécurité, de l’avertissement et de la prévention dans les domaines suivants :
- La sécurité d'enfants
- la Sécurité à l'intérieur des voitures
- la sécurité de Piéton
- la maintenance Routière
- l'abus d'Alcool
- la sécurité de Motocyclette
- les améliorations de Permis de conduire
- la sécurité de bus Scolaire
- les systèmes D'urgence et la sécurité de camion
- la Sécurité Maritime
YASA a été très actif dans la promotion de la conscience au gouvernement et au niveau de citoyens et a travaillé de près avec les institutions de média, les agences d'éducation (les écoles) et les compagnies dans le secteur privé pour développer et diriger des programmes de sécurité routiers. Beaucoup d'entre ceux-ci sont éducatifs mais YASA a aussi été impliqué dans la promotion de la sécurité aux zones de construction routières. Elle a aussi organisé des séminaires de sécurité routiers nationaux et régionaux dans le but d'élaborer des recommandations d’amélioration.
Aujourd’hui, la YASA publie son propre hebdomadaire en langue arabe tous les jeudis et un Journal Spécialisé en anglais avec le Dailystar chaque premier mercredi du mois.
M. Ziad AKL, le fondateur de l’organisation YASA au Liban et au moyen-orient a accepté d’etre notre invité et de répondre aux questions des internautes. Nous le remercions.
V. Khoury : Bonjour M AKL, comment l'association Yasa est elle perçue de la part des citoyens libanais? Avez vous des bénévoles qui vous aident? Avez vous des volontaires occasionnels pour expliquer vos objectifs?
Z. Akl - yasa : YASA est perçue de la part de la majorité des citoyens libanais comme étant une association active dans le domaine de la prévention des traumatismes.
Il y a des centaines de volontaires dans la YASA qui aident dans nos efforts de prévention. On est tres actif dans les établissements scolaires, dans les media…
M. Romain : M AKL, Nous voyons tous les jours au Liban des gens qui se font tuer à cause de la vitesse car aucun contôle de vitesse n'est efficace et le permis de conduire est "Acheté" par les citoyens. Comment y remédier à ce scandale et quel est votre rôle en tant que Yasa?
Z. Akl - yasa : Nous faisons de sorte à avoir des réunions régulières avec le ministère de l’intérieur, de façon à réduire le plus possible le nombre de permis de conduire illégaux. Et nous procédons par des cas juridiques afin de mieux appliquer la loi et d’améliorer les conditions théoriques et pratiques nécessaires pour cette application. En bref, il y a beaucoup des politiciens qui font parties dans la corruption présente en large dans ce domaine.
J. Chartouny : M. AKL, A part la Yasa, qui travaille dûr et sérieusement pour instaurer la sécurité routière, où trouvez-vous le rôle du gouvernement actuel et des autres gouvernements libanais quant aux:
Routes mal entretenues, Le permis de conduire mal contrôlé, les gendarmes et policiers mal formés et informés sur la sécurité routière, la surveillance nocturne et journalière, les passages piétons inexistants et lorsqu'ils existent non respectés par quasiment tous les conducteurs, les conducteurs qui conduisent sous l'emprise de l'alcool et la drogue et autres stupéfiants???? Et j'en passe et des meilleures??? A qui incombe à votre avis le rôle de punir et surveiller? Et qui assume actuellement la responsabilité et qui assumera la responsabilité demain.
Z. Akl - yasa : Chère Joumana, le gouvernement et le peuple libanais sont également responsables de la sécurité routière, ainsi que des accidents de route qui se passent fréquemment. Voyez-vous, les routes sont mal entretenues, mais en contre partie, les gens en conduisant ne prennent pas leurs précautions. Le permis de conduire commence par être pris de plus en plus au sérieux ; cependant, un bon nombre de libanais continuent par se faire acheter le leur. Les gendarmes et les policiers sont mal formés et informés, pourtant même dans des endroits où ils ont été remplacés par les feux, nous voyons toujours des gens qui passent le feu rouge. (Notons bien ici que la YASA travaille dur et sans arrêt avec le ministère de l’intérieur pour faire payer des amendes à ceux qui désobéissent la loi, mais il y a toujours des exceptions et des fraudes qui vont mettre du temps pour être toutes corrigées). Concernant les passages piétons, nous nous donnons beaucoup plus de travail afin d’éveiller les libanais (surtout à partir d’un âge très jeune) sur la façon dont il faudra traverser, alors que beaucoup de routes au voisinage de Beyrouth sont en train d’être mieux entretenues et arrangées.
Enfin en ce qui concerne l’abus d’alcool où la prise de drogues, ceci se discute aussi dans nos réunions avec le ministère. Nous espérons aboutir à des solutions au plus tôt.
Pour conclure ma réponse, je ne dispense le gouvernement d’aucune responsabilité, mais je tiens à vous informer que le temps de l’éveil des gouverneurs libanais est encore loin ; mieux vaut entre temps que le peuple coopère afin d’éviter au plus possible les accidents de route et de ne pas profiter de cette situation ou de l’empirer.
A. Chbeir : Cher Monsieur Akl, il est évident qu'il manque beaucoup d'infrastructures pour rendre nos routes sures, d'autant plus que leur aménagement représentera un coût énorme. Il est donc d'abord urgent de se concentrer sur des moyens plus abordables. En Europe, il existe des programmes télévisés hebdomadaires dans le but de conscientiser les gens sur les dangers ainsi que sur l'importance du respect du code de la route. Est-ce que ce type de programme existe au Liban? Si non, existe-t-il des projets allant dans ce sens?
Z. Akl - yasa : YASA a comme but d’éveiller et de conscientiser les libanais sur la sécurité routière. Bien sûr que nous faisons de notre mieux de guider le plus possible de gens. C’est pourquoi, nous avons mis à la disposition de tous et s’adressant à tous les âges, des livres pour mieux apprivoiser la route, des brochures, des posters, des publicités, notre site www.yasa.org et des journaux hebdomadaires figurant en arabe, français et anglais. Nous lançons très souvent des appels visant médiatiques pour leur rappeler l’importance, du sérieux et du danger qui tournent autour de leurs comportements en route.
N. RAAD : Comment expliquez-vous que sur une grande autoroute comme celle qui mène à Damas, il n'y ait pas de ponts pour que les pietons puissent traverser ?
Combien de personnes vont encore mourir pour que le gouvernement se décide à construire ce genre d'infrastructures ?! J'espère que votre voix se fera entendre. Cordialement Nael RAAD
Z. Akl - yasa : Cher Nael, C’est dommage qu’au Liban, nous attendions le drame pour qu’il vienne nous secouer, TEMPORAIREMENT ! La route de Damas a attendu la mort d’Elias Nabhan (un jeune de 18 ans) pour qu’on lui construive un seul pont, et ceci après plusieurs manifestations de YASA avec la famille d’Elias. Malheureusement, beaucoup de ponts manquent encore, non seulement sur la route de Damas, mais sur toutes les autoroutes. Les libanais sont obligés de faire face au danger de mort pour chaque route traversée. La protection des piétons constitue une branche de notre travail qui travaille beaucoup, qui demande, qui insiste, qui éveille. Nous lançons des demandes ; à tout entendeur, salut !
On a pu construire une dizaine de ponts après des manifestations alors qu.one a besoin d’une centaine.
A. Asmar : Tout d'abord, félicitations pour vos actions. Elles sont nécessaires mais pensez-vous qu'elles soient suffisantes sans une vraie politique de la sécurité routière du gouvernement ? Les dangers de la route ne viennent-ils pas aussi d'un mauvais entretien de l'infrastructure, de la quasi absence de panneaux routiers et de marquage au sol, de feux quasi inexistants ou quand ils existent sont doublés de policiers qui font la loi à leur façon ?
Z. Akl - yasa : Vous avez raison. La coopération du gouvernement et aussi des municipalités nous est indispensable. Mais pour le moment elle est quasi absente. C’est pourquoi nous visons le peuple et les établissements scolaires pour une meilleure prévention. Et entre temps nous nous réunissons avec les agences publiques pour discuter des sujets importants concernant la tenue de route et les besoins primordiaux pour la sécurité routière.
S. Raad : Y-a-t-il au Liban des panneaux routiers de limitation de vitesse ? Que risquent les personnes qui dépassent la limitation ? Si des sanctions ne sont pas appliquées, comment voulez-vous que les "citoyens" (en dehors de l'appel à leurs responsabilités) soient disciplinés ?
Z. Akl - yasa : Ces panneaux existent mais il en manque encore. Cependant ils ne sont pas pris au sérieux par les libanais. Je trouve que l’intervention des sanctions serait favorable à tous. C’est pourquoi nous ne cessons de combattre pour cette intervention. Mais en l’absence de toute autorité, notre travail s’adresse au peuple parce que l’application de la loi est insuffisante.
R. Duez : Ne pensez-vous pas que notre essentiel probleme au liban est que les conducteurs libanais prennent à la légère les lois, les amendes et les policiers.
Je suis en France depuis deux ans et je me suis aperçue que "la peur du gendarme" portait ses fruits. Pouriez vous faire quelque chose pour changer cette attitude?
Merci pour ce que vous faites.
Z. Akl - yasa : Nous avons besoin d’une autorité de route qui s’impose sur le peuple. Elle constituera une barrière pour ceux qui désobéissent la loi. Malheureusement, la peur du gendarme et la volonté de l’application de al code de al route n’existent pas d’une façon suffisante.
E. Jawad : Je voudrais d’abord vous remercier Monsieur Akel, vous et les membres de l’organisation YASA, et vous féliciter pour votre travail, qui me semble très dur, surtout dans un pays comme le Liban où le gouvernement ne pense meme pas aux besoins basiques de ces citoyens.
D’après ce que je viens de lire, je constate que ca fait 12 ans que votre organisation a été créée au Liban. Pourtant, le taux d’accidents dans notre pays reste quand meme bien élevé. Comment expliquez-vous cela ? Et de combien ce taux a-t-il baissé depuis le commencement du travail de la YASA ? Et ne pensez-vous pas que l’amélioration des transports en commun (Bus) pourrait bien lutter contre les accidents de voitures en diminuant leurs nombres sur les routes ?
Z. Akl - yasa : Merci, pour votre encouragement. Malheureusement, Le nombre d’accidents n’est pas restreint et l’accusé principal est le libanais lui-même. Madame, il est vrai que dans un pays comme le Liban et dans une situation pareille, l’attention du gouvernement nous serait bien favorable. Mais si elle est absente, je crois que nous ne sommes pas sensés rendre la situation pire qu’elle ne l’est ! C’est pourquoi, avec nos capacités, nos limites imposées et nos droits d’organisation non gouvernementale, nous comptons sur la coopération des libanais eux-mêmes parce que nous ne pouvons pas nous croiser les bras en attendant celle du gouvernement. En ce qui concerne les bus, déjà comme vous venez de le noter, ils ont besoin d’amélioration, mais ceci n’empêche pas la possession de voitures. Nous ne sommes pas contre que les libanais aient chacun sa voiture, ce n’est pas ça qui impose le danger, mais la façon de conduire.
A. fadel : Est-ce que les pouvoirs publics facilitent votre tâche?
Z. Akl - yasa : Oui sûrement ! En effet, nous comptons surtout sur cela pour répandre nos idées et nos appels aux mesures de précautions. Mais, les conditions politiques actuelles ne donnent pas beaucoup de priorité a la prévention routière.
C. ASSI : Mr Akl, vous faites un travail extraordinaire et bravo. Que peut-on faire de la France pour vous aider?
Z. Akl - yasa : Chère Carine, Je vous remercie pour l’intérêt que vous me présenter. Nous vous mettrons bien au courant pour toute intervention que vous pourrez faire. Vous pouvez entre notre site www.yasa.org et vous pouvez communiquer avec notre équipe.
B. Louis : Mr Akl, comment vous êtes financés pour votre action?
Z. Akl - yasa : Pour chacun des évènement, une ou plusieurs associations privées locales ou internationales nous financent. Je tiens à vous souligner qu’aucun financement n’est cependant permanent. Cela dépend de l’évènement.
P. Haddad : Est-ce que vous appartenez à un réseau international ? en France ?
Z. Akl - yasa : Oui. YASA n’est plus uniquement une organisation libanaise. Notre réseau s’est répandu et a constitué la YASA INTERNATIONALE. Vous pouvez entre notre site www.yasa.org et vous pouvez communiquer avec notre équipe.
G. Nohra : Est-ce que la politique et les politiciens vous aident ou au contraire entravent votre action?
Z. Akl - yasa : Non, c’est plutôt les médias qui facilitent notre tâche, ainsi que des volontaires qui coopèrent avec nous. La politique libanaise avec la situation qu’elle crée facilite malheureusement les fraudes et les pots-de-vin.