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Liban
dimanche 16 mars 2008 à 15:25
Liban : Rassemblement du CPL à l’occasion de la commémoration du 14 mars
le 15-03-2008 19:41
Libnanews – 15 mars – A l’occasion de la 19ème commémoration du 14 mars 1989, le Courant Patriotique Libre a organisé un grand rassemblement au Palais des Congrès à Dbayé qui a été diffusé en direct sur les chaînes locales OTV et Al-Manar ainsi que sur les ondes de la radio Sawt el-Ghad, et au cours duquel le général Michel Aoun et des cadres du CPL ont prononcé des discours. Durant cette rencontre, et selon le site électronique du Naharnet, un brouillage des fréquences de la chaîne OTV et de la radio Sawt el-Ghad a eu lieu.
(mis à jour)
La cérémonie a commencé par la projection d’un film « Le klaxon entrecoupé » mis en scène par Gino Aoun, suivi par un mot d’ouverture dit par la journaliste Shirley Murr et de la diffusion d’un documentaire sur le parcours du CPL depuis le 14 mars 1989 jusqu’à nos jours. Une série de discours a succédé aux projections :
L’architecte Hikmat Dib a salué tous les étudiants du CPL qui ont longtemps été dans les premiers rangs des manifestations contre l’occupation syrienne.
M. Kamal Yaziji a rappelé que le CPL était le seul à lutter lorsque personne n’était à ses côtés, et malgré tout cela, il a pu gagner les élections universitaires et mis en place un règlement intérieur.
L’architecte Ziad Abs a mis l’accent sur les comités organisés par les étudiants du CPL et auxquels ont participé les cadres qui prétendent aujourd’hui appartenir au 14 mars, indiquant qu’il suffit d’avoir ces réunions comme base pour être au courant de la vérité derrière tous ces partis.
M. Walid Achkar a de son côté déclaré que le CPL n’est pas prêt d’oublier ceux qui l’ont persécuté moralement et physiquement durant les années d’occupation syrienne, ajoutant que le CPL est fier de ce qu’il a pu réaliser jusqu’à nos jours et de son parcours de lutte pour l’indépendance et la liberté.
Discours du general Aoun :
« Lorsque j'ai pensé à mon allocution d'aujourd'hui, pour commémorer le 14 mars 1989, j'ai réalisé que je vais vous dire ce que j’ai déjà déclaré à la veille de la fête de l'indépendance le 21 novembre 1989.
Aujourd'hui, je pose une question au peuple libanais : qu’est-ce qui a changé au Liban en vingt ans, depuis 1989 jusqu'à présent? Avons-nous vraiment réalisé l'indépendance du pays et atteint la liberté de la parole aujourd’hui, au moment où ceux qui détiennent le pouvoir au pays des cèdres continuent de vivre sur les restes de leurs maîtres, réclamant des directives et sollicitant des feux verts et rouges, à l’image de leurs actes de par le passé, lors de l’exploitation syrienne et l’humiliation de Anjar ? Quelle est la différence entre un maître et un autre, lorsque les deux s’accaparent de la volonté et la prise de décision du peuple libanais?
Quelle est la différence entre un pouvoir qui opprime ses citoyens réclamant la liberté, la souveraineté et l'indépendance, et un pouvoir se cachant derrière des huis clos du Grand Sérail à côté duquel se trouvent à quelques mètres seulement des citoyens libanais réclamant la liberté, la souveraineté, l'indépendance, la juste participation et la réform pour le droit à une vie digne et équitable?
Quelle est la différence entre un pouvoir imposé de fait au peuple par l'occupant qui l’utilise pour couvrir ses actions contre le peuple, et au terme de cette occupation, ce même pouvoir qui a volé les principes et les emblèmes de ce même peuple actif qu’il avait auparavant opprimés de la manière la plus hideuse ?
Est-ce que ceux qui détiennent le pouvoir de pays aujourd’hui, ces clones de l'occupant, ont-ils réussi à relever le Liban de sous les décombres ou bien à retracer la carte du pays d’une façon sectaire et confessionnelles qui aurait pu déclencher une guerre civile et déchirer le pays avec le retour de la répartition des fiefs selon les divisions des milices, s'il n'y avait pas eu un document d’entente et de compréhension profonde entre deux grands groupes nationaux conscients de la gravité de la situation et partageant une même vision stratégique ?
Ces esclaves d’hier, devenus libres aujourd’hui, n’osent toujours pas, que ce soit dans leur discours ou dans leurs actes, serrer la main qui leur est tendue pour renouer le dialogue, parce que leurs nouveaux maîtres ne leur ont toujours pas donné la permission de le faire.
Est-ce que la réconciliation nationale réelle doit être bâtie sur la convergence des intérêts régionaux et internationaux et des relations de tactiques passagères qui varient selon l’offre et la demande ? Ou doit-elle être basée sur les intérêts suprêmes de la nation et sur la coexistence entre les différents composantes de la société dans le cadre de relations régionales et internationales fondées sur l'égalité entre les nations? Une réconciliation nationale née des volontés et des intérêts régionaux et internationaux et des intérêts est anormale et non viable.
Tout ce que le gouvernement au pouvoir a pu faire, c'est de remplacer l'oppression du peuple par le biais des armes, par leur oppression dans la vie élémentaire de tous les jours… de ce fait, il a refusé toute participation équitable, et marginalisé l'opposition en général, et les chrétiens en particulier.
Ne s'agit-il pas de ces mêmes puissances politiques qui ont couvert l'invasion syrienne du 13 octobre 1990 et qui détiennent le pouvoir actuel qui ont étouffé la liberté du Liban et la décision libre et se sont noyés dans le bourbier de la corruption politique, administrative, et morale?
Est-ce que ces puissances politiques veulent qu’un autre accord de Taëf soit imposé sur le peuple libanais sous la menace de conflits sectaires et de guerres régionales au lieu d'un accord national résultant d'une volonté libanaise souveraine exempte de toute pression régionale et internationale.
Ces pouvoirs ne sont-ils pas ceux qui refusent de renforcer les pouvoirs du président de la République par la formation d'un gouvernement d'union nationale qui unifie la décision nationale, et par le biais d'une nouvelle loi électorale qui permettrait la formation d’un parlement réellement démocratique, représentant le peuple et prend les mesures nécessaires pour mettre un terme à la corruption mettre fin à la dilapidation et le détournement des biens publics, un parlement qui abolit la falsification de la volonté nationale, qui veille à ce que la justice soit faite et qui empêche que le pays ne tombe dans les mains des puissances étrangères et des projets suspects qui entraînent le Liban dans la soumission.
En dépit de cette atmosphère obscure qui règne et de la présence de ce pouvoir oppressif, je tiens à vous dire qu’un avenir radieux nous attend à l'horizon, et que les jours d'obscurité disparaîtront et le nouveau visage du Liban apparaîtra. Les puissances contraignantes vont choir avec leur politique tyrannique. Et sur les ruines de ce pouvoir, un nouveau pouvoir libre et transparent sera établi et le Liban de demain sera tel qu’il devait être, pareil à vos ambitions et à l'avenir de vos enfants qui ont toujours voulu la liberté, la souveraineté, et l'indépendance.