jeudi 23 novembre 2006 à 20:26
| QUOTE (Gracchus @ 23 Nov 2006 à 11:55) |
Merci à tous les libanais ici d'éclairer de manière si intéressante un peu notre lanterne...
ici en France c'est l'hallali contre la Syrie... et en boucle toujours les mêmes pénibles style Antoine Sfeir qui doit avoir un abonnement permaments dans les rédaction française
Heureusement ce matin sur France culture j'ai entendu un prof à science po (un libanais je pense) Joseph Bahout qui de manière prudente pensait improbable l'implication de la Syrie... (avec les mêmes arguments que ceux exposés ici)
(et bien le temps que j'écrive mon message .... on évoquait déjà le même Bahout...) |
L'interview de Joseph Bahout
Interview de Joseph Bahout, politologue, enseignant et chercheur associé à Sciences-Po Paris
Q: L'assassinat de Pierre Gemayel est le 5e d'une série d'attentats politiques commencée avec celui de Rafic Hariri, le 14 février 2005. Cet attentat risque-t-il de provoquer une autre guerre civile ?
R: Il pourrait effectivement pousser la société libanaise dans un cycle de violences rendu propice par de très fortes tensions politiques.
Q: Aujourd'hui, quelle est la marge de manoeuvre du gouvernement de Fouad Siniora ?
R: Ce gouvernement est mort. Constitutionnellement, Fouad Siniora reste Premier ministre. Mais, dans les faits, n'étant plus appuyé, depuis la démission des six ministres prosyriens, que par la coalition chrétienne, sunnite et druze dite du « 14 mars », son cabinet a perdu toute légitimité.
Q: Mardi soir, Saad Hariri, le fils de Rafic Hariri et chef de la majorité, ainsi que l'ensemble de la communauté internationale ont aussitôt accusé la Syrie. Pensez-vous que Damas soit derrière cet attentat ?
R: Concernant les précédents, je n'ai aucun doute. Mais cette fois, il est possible que les choses soient plus subtiles qu'elles n'en ont l'air. Certains, au sein de la majorité du 14 mars, étaient très gênés par le rapprochement qui se dessinait depuis quelques semaines entre la Syrie et les Occidentaux. Cet assassinat rallume en outre de très vieilles tensions interchrétiennes et place le général Aoun – qui a remporté lors des élections de 2005 les deux tiers du vote chrétien – dans une position très inconfortable, du fait de son alliance avec le Hezbollah chiite, aujourd'hui au banc des accusés. Je n'exclus donc pas, cette fois, que cet attentat ait des commanditaires pas nécessairement syriens.