mercredi 04 juin 2008 à 20:44
Intéressant... Bon déjà ça ne laisse plus aucun doute sur les bienfaits incontestables du régime soviétique (voir aussi "L'Aveu", à ce sujet). D'autre part, ça n'a rien à voir avec WoW. Wow, c'est la grosse pompe à fric décervelisante, un genre de truc voté à l'unanimité d'un conseil d'administration. Mais ce jeu, c'est autre chose. C'est le mélange de la roulette russe et de la guerre. C'est excitation de pouvoir faire souffrir, de pouvoir tuer, et le plaisir masochiste de souffrir soi-même. Et pourquoi ça passionne tant? Parce que l'enjeu, c'est la survie même, qui se joue en quelques minutes ou en quelques heures. C'est le risque de la mort, mais surtout l'attraction pour elle. Comme les guerriers gaulois, qui se jetaient nus et sans ordre sur les légions romaines, arme au poing, dans l'excitation de la victoire ou de la mort, cela étant entre les mains des dieux et du destin. C'est une transe guerrière, quelque part. La virtualité permet cependant de conserver le status quo social: on ne tue pas vraiment, c'est une simulation qui finit par tourner mal, l'ordre social n'est pas remis en cause, etc... L'absolue gratuité est aussi importante, elle purifie encore cet élan guerrier, on ne sait pas qui on fait souffrir, on ignore qui nous tue, et tout le monde est venu là pour ça. C'est l'esthétique du combat et de la mort. Certainement, il faut jouer pour comprendre.