lundi 06 août 2007 à 21:37
C'est sans nul doute la chose la plus difficile que j'ai eu la faire de toute ma vie. J'avais le cœur qui battait à la chamade, des palpitations. Ca cognait dur là dedans. Je n'osais plus les regarder en face, mon regard les évitait sans cesse. Trois semaines que je ne dors plus, repoussant sans cesse l'échéance. Comment leur dire, comment leur faire comprendre que je ne voulais pas une copine avec qui partager ma vie mais un copain ?
Ce secret que je garde en moi depuis des années était devenu un véritable poids, écrasant tout ce qui touchait de prés à ma vie sentimentale. J'étais vraiment arrivé au bout du rouleau. Il fallait que ça sorte aujourd'hui. A cause de ce non-dit, j'ai gâché la plus belle histoire d'amour que j'aurais pu vivre de toute ma vie avec l'être le plus merveilleux qu'il m'est été donné de rencontrer jusqu'à présent.
Ce que j'ai fait, je l'ai fait pour moi. Pas pour les autres. Pour pouvoir enfin vivre ma vie et ne plus subir un autre échec comme celui que je viens de subir par ma faute. Jusqu'à hier soir, je ne voulais encore rien dire. Je ne voulais jamais leur dire. Je n'ai pas dormi de toute la nuit. La même idée revenait sans cesse : en ne disant rien, j'irai d'échecs en échecs, de mensonges en mensonges. Il fallait que je prenne une décision ce matin, tout de suite, en début de semaine.
Je n'entrerait pas dans les détails, mais je me suis mis à pleurer comme un petit garçon. Ils ont vu tout de suite que ça n'allait pas. Ils m'ont demandé ce qu'il m'arrivait. Il y a eu beaucoup de larmes, beaucoup de cris. J'ai encore en tête des phrases que mon père m'a lancées. « Alors toi aussi, tu fais parti de ceux-là ? ».
Subitement j'avais l'impression de ne plus être son garçon mais j'étais devenu moi aussi un de « ceux-là ». « Ceux-là » ? Mais avait-il compris ? Qui étaient ils vraiment pour lui « ceux-là » comme ils les nommaient. Ma mère ne disait pratiquement rien. En larmes je criait contre mon père, j'étais en fait, en train de lui demander son « autorisation » pour vivre avec un mec. Pas une fille, je lui avait dit que j'en voulais pas, que je préférais un copain. « Tu crois qu'on avait bien besoin de ça ? » « C'est encore un de tes caprices ? ». Voilà maintenant que mon désir d'avoir un copain était devenu un énième caprices qu'il m'avait passé depuis que j'étais tout gamin. Ils m'ont dit que je racontais n'importe quoi, que j'étais sans doute fatigué par mon boulot. Que je devrais partir quelques jours me reposer. Descendre un peu à la mer.
Je suis parti faire un tour. On ne sait pas adressée la parole de toute la journée. Je ne les ai pas vu jusqu'à ce soir. Mon père est venu me voir. Je me rappelle encore de ses phrases. Il m'a dit « tu sais, avec ta maman on a parlé de toi cette après-midi. On te laisse faire ce que tu veux. Si tu veux faire comme ça, avoir un petit copain, il ne faut pas regarder ce qu'on pense nous. L'important c'est que tu sois bien. Nous ça n'a pas d'importance. Tout ce qu'on veut, c'est que tu ne te rendes pas malade pour ça. Tu fais ce que tu veux ». Voilà à peu prés ses paroles.
Je crois que ça a été la chose la plus difficile à faire de toute ma vie. Et je me rends compte qu'on a jamais employé les mots « gay » ou « homo ». J'ai réussi à m'en sortir en leur faisant comprendre que je préférais avoir un petit copain au lieu d'une copine. Que je ne voulais pas de copine. Et en adoucissant les angles comme ça, j'ai pu arriver à leur faire comprendre. Maintenant que j'ai leur « aval » je me sens léger comme une plume. Finalement j'ai été un « lâche », j'ai perdu des années à me torturer l'esprit. Mais aujourdh'ui j'avais atteint le point de non-retour. Est-ce que je pouvais faire machine arrière ?
Il fallait qu'ils sachent pour que je puisse enfin vivre ma vie et surtout être heureux avec une nouvelle histoire. C'est vraiment trés trés con à dire maintenant que c'est passé mais maintenant je "peux" faire ce que je veux. Et ça j'ai envie de le crier au monde entier, que maintenant je peux faire ce que je veux puisque j'ai leur bénédiction.
Donc voilà mon témoignage sur ce difficile cap. J'sais pas si j'ai bien fait ou pas de faire comme ça mais ça ne pouvais plus durer ainsi.
Ce message a été modifié par Splinter - lundi 06 août 2007 à 21:43.