mardi 28 août 2007 à 04:30
2ème partie
Ça se produisit un samedi.
Théodore quittait à midi , comme tout les enfants de sa classe, il avait faim et était pressé de rentrer chez lui.
D’habitude , il prenait le bus scolaire qui était garé sur le parking de l’école, mais le samedi , le bus scolaire ne circulait pas.
Il avait réussi à convaincre sa maman de ne pas venir le chercher, il était grand et pouvait rentrer à pied, d’autant plus que c’etait en plein jour !
Sa mère avait accepté, ça lui rendait service de ne pas avoir à quitter son travail pour venir le chercher.
Pour gagner son domicile, Théodore devait faire à pied environ 3km . C’etait sa promenade du samedi , il en avait prit l’habitude.
Mais ce jour là, il avait envie de passer par le canal, pour voir si le pépé était sur son banc le samedi aussi.
Sa mère n’aurait pas apprécié, elle lui défendait toujours d’aller seul près de l’eau.
Mais aujourd’hui, il se sentait bien, de bonne humeur, et il faisait beau. Il était bien rare qu’il transgresse l’avis de sa mère, mais pour une fois.. Elle n’en saurait jamais rien .
Au lieu de prendre par la route de la ville, Theodore s’engagea sur le sentier battu qui coupait court vers le canal. C’est par là que les enfants qui faisaient l’école buissonière passaient pour fuir les cours.
La terre était sèche , et Theodore marchait d’un pas décidé en direction du canal, regardant à gauche et à droite du chemin , les noisetiers en fleur et les nombreux papillons qui volaient autour.
« - Tiens tiens mais qui voilà ! »
Theodore tressaillit. La voix venait d’une haie de cyprès. En dirigeant son regard vers celle-ci, Il vit que les cypres bougeait, et trois jeunes enfants sortirents d’entres les arbustes. Les trois.
Le rouqin avait une salopette bleue, et avait l’air plus en forme que jamais, ses deux comparses etait en jeans tout les deux, de la poche du plus petit dépassait une règle en fer.
Le roux s’avança tout pres de Théodore qui eu un mouvement de recul instinctif.
« Qu’est ce qui t’arrive ? J’te fais peur ? » lança le roux d’un ton moqueur.
Les deux autres ricanèrent , Théodore ne répondit pas. Il repensait soudainement à ce qu’il avait vu ce jour là dans les toilettes du collège, et un sentiment terrifiant l’envahie. Il allait mourir, il le savait , il allait mourir si il ne s’enfuyait pas immédiatement, le plus vite possible. Mais il etait paralysé par la peur.
« T’as quelque chose pour moi ? » demanda le roux.
Theodore ne pouvait pas répondre .
« Oh t’es sourd ? Il a quelque chose pour moi hein les gars ? ! » ricana t-il « il vaudrait mieux pour lui... »
Theodore reussi enfin à parler.
« Je ... Je dois rentrer chez moi » Balbutia t-il.
« Rentrer ? Mais attends , t’es pas bien avec nous ? » répondit le roux.
Theodore tenta de se frayer un passage entre le roux et l’un des deux autres. Le roux le poussa violament et Théodore s’étala de tout son long sur l’herbe .
Les trois ricanèrent à nouveau.
Le roux pointa le doigt vers la manche gauche de Theodore " Je veux ça" .
Theodore tressaillit. Comment pouvait il savoir? Comment pouvait il voir?
Le roux n'est pas humain
" Pourquoi tu dis ça ? " Demanda le roux
Dire... Les deux acolythes du roux le regardèrent avec de gros yeux. Theodore n'avait rien dit.
Il avait pensé.
Le roux emit un rictus géné, puis se répéta son ordre : " Donne moi ça ".
Theodore repondit sans réflechir :" NON ! "
Le roux sourit, comme si il avait attendu cette réponse avec envie .
Il frappa du pied Theodore dans les cotes, plusieurs fois.
Ensuite il tourna autour de ce gamin etalé par terre et lui dit
" A partir de maintenant , tout les jours je te demanderais ça , et si tu ne me le donnes pas, tout les jours je te frapperai. "
Theodore se leva. Il pensait que les trois allaient le pousser à nouveau, mais il n'en fut rien, ils repartirent en directions des arbres d'où ils etaient sorti.
Tout les jours pendant un mois, Theodore eu a affronter le roux.
Tout les jours pendant un mois, Theodore refusa de donner son magot.
Tout les jours pendant un mois, le roux frappa Theodore avec force.
Les premiers temps, Theodore avait pensé le dire à sa mère, ou même au policiers, mais etrangement, les marques que le roux lui faisait avec ses pieds disparaissaient quelques heures apres avoir apparu.
Theodore ne comprenait pas.
On etait dimanche, et Theo allait au bord du canal, il etait au bout du roulot et voulait en finir. Il ne supporterait pas un passage à tabac de plus ...
En s'avançant au delà des limites que sa mère lui avait toujours defendu de franchir, Theodore se retrouva face à la noirceur de la pronfondeur des eaux. Un pas de plus et tout ça serait finit.
Alors qu'il prenait son souffle pour sauter, une main se posa sur son épaule.
Il se retourna et vit le pépé, le regardant d'un oeil compatissant.
" Je sais ce qui t'arrive, viens t'assoir avec moi , il faut qu'on parle, et j'ai beaucoup de choses à te raconter... "