mardi 30 novembre 2004 à 00:16
Citer Doriot, c'est citer Vichy...
Sinon, je reviens sur ce que Oulianov a dit:
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| Le front populaire était dans son essence même une trahison de la classe ouvrière, car c'était l'alliance des partis ouvriers avec des partis bourgeois soi-disant "modérés". En France, il a réussi à étouffer les grèves les plus importantes de l'histoire du mouvement ouvrier français. En Espagne, non. Alors il a écrasé la révolution et accessoirement a permis la victoire du franquisme. |
Alors tout dépend bien sûr de ce que tu entend par "front populaire"... revenons en aux faits:
Commençons en 1934. Depuis quelques années, l'agitation ouvrière reprend, entre autre du fait que le PCF ait mis fin aux activité ultra sectaires du groupe "Barbé-Célor", et du fait que les gars de la CGTU (communiste) mobilisent dans l'union A LA BASE. En 1933 par exemple, au printemps, une grande grève est menée chez Citroën, un des bastions de la classe ouvrière et des métallos à Paris.
En fevrier 1934, le 6 février, une manifestation monstre des ligues faschistes, a faillit renverser la République, comme les fascistes l'avaient fait en Italie dans les années 20, ou en Allemagne un an auparavant. Il y a 100.000 manifestants, des heurts très violents avec la police. Quelques contre manifestants, qui mobilisent déjà.
Le 9 fevrier, le PCF organise une manifestation, et elle aura lieu, malgré son interdiction. Pendant ce temps, le gouvernement a démisionné, cherchant à déclencher une crise générale, propice aux fascistes. Cette manifestation est reprimée durement par la police. Mais l'unité à la base voit le jour (les dirigeant de la SFIO sont contraints à accepter cette union).
Une autre manifestation, le 12 fevrier, est unitaire, et présente déjà le Front Popu avant son existence réelle. La PCF et la SFIO y participent.
Les menées fascistes sont mises en echec en France, du moins pour l'instant.
C'est sur l'exemple de cet action (et aussi sur celle de l'Espagne) que l'Intenationale Communiste, lors de son VIIe Congrès, sous la direction de Dimitrov le communiste Bulgare héroïque à Nuremberg en 1933, qu'est "lancée" la ligne de Front Popu. En particulier, il s'agit de rapeller l'importance des luttes pour le pain, que bien des sectaires à travers le mouvement communiste dans le monde, rejetaient car "non révolutionnaires".
En mai 1936, la victoire aux élection des listes de Front Populaire va déclencher une vaste vague de grève, avec entre autre des occupations d'usines qui se généralisent (innovation tactique). C'est une grande grève festive, les familles viennent visiter les lieux de travail, des bals sont organisés...
Et fin juin, des acquis sont là! D'abord les acquis des grèves: jusqu'à 400%(!!) d'augmentations de salaires, 30% en moyennes. Et les lois (que ces grèves ont pressées) votées peu de temps après les grèves: congés payés (2 semaines), les 40h payés 48h (la précédente baisse avait eu lieu en 1919, en pleine peur du bolchévisme), puis les conventions collectives.
Ce mois de juin est l'apogée du Front Populaire en France. Le PCF aurait pu (du) faire mieux en particulier dans son objectif d'unir la classe ouvrière et d'en prendre la tête. Il s'est contenté pendant quelques mois de suivre un front à la tête (et non plus à la base). Mais il reprendra du poil de la bête, ne suivra pas Blum dans son exigence d'une "pause" dans les réformes, et dénoncera, nottament, la reculade de Munich: l'offrande faite par la France et l'Angleterre à l'Allemagne nazie de la Tchécoslovaquie et de son pouvoir industriel. Blum, et tous les partis bourgeois, portent une lourde responsabilité dans le non-soutien à la République espagnole. De son coté, très vite (dès l'automne 36), le PCF organise pour l'Internationale Communiste les Brigades Internationales (plusieurs dizaines de milliers de communistes, dont beaucoup de français (les plus connus: André Marty, Pierre George qui allait devenir le colonel Fabien, André Tanguy qui allait devenir "Rol-Tanguy")...
Loin d'être une trahison, le Front Populaire était une victoire pour la classe ouvrière et une grande marche en avant pour le PCF (même s'il y a eu quelques pas en arrière). Le PCF, par son expérience du Front Populaire allait pouvoir prendre tête de la Résistance intérieure de 1940 à 1945 (d'autees erreurs seront soit répetés soit nouvelles, mais là n'est pas la question).
Cette ligne de front populaire permettra cependant de planter les graines qui allaient detruire la ligne ouvrière du PCF dans les années 50-60...
Et il suffit de rappeler que la bourgeoisie française garde en horreur ces journées de juin 36, cette classe ouvrière unie, pour se rendre compte que le Front Popu n'a pas été une trahison. Il suffit de rappeller que les défaitistes de la drôel de diplomatie de 37 à 39, puis les organisateurs de la défaite de 39 à 40, et enfin les collabos de 40 à 45 n'avaient qu'un slogan à la bouche "Mieux vaut h***** que le Front Populaire!"