mardi 22 juillet 2008 à 15:32
Diffiçile de s'enthousiasmer ou au contraire s'emporter à propos du vote positif du Congrés sur les changements institutionnels. Le sujet est complexe, et assez loin il faut bien le dire de nos préoccupations estivales. Ce n'est d'ailleurs certainement pas un hasard si cette consultation des deux chambres cruciale pour notre Président s'est positionnée sur le calendrier à une période synonyme de villégiature. Et en guise de feuilleton de l'été, les français se seront à n'en pas douter intéressés beaucoup plus aux péripéties et autres expertises venues d'Outre-Atlantique.
La réforme de nos institutions a pourtant mis en ébullution la sphère politique mais cette effervescence n'a guère traversé les palais. Tout au plus fût-il amusant, voire déconcertant, de suivre les dernières équipées du pouvoir en place pour obtenir les voix de quelques élus de la majorité récalcitrants. A gauche, l'affaire était déjà entendue, ce qui est bien dommage. Les socialistes se sont confortés dans leurs retranchements partisans, cette attitude étant certes motivée par le refus obstiné du gouvernement à accepter des amendements pourtant progressistes. Il n'en fallait pas moins pour que l'opposition parle d'une voix commune, à l'exception d'une, et refuse tout compromis. Bien mal acquis ne profite jamais dit-on, mais cette fois-ci l'occasion était belle pour dépoussiérer un système présidentiel hérité du Général De Gaulle. Notre Président, même si sa victoire est étriquée, saura rappeler en temps voulu qu'il fût l'instigateur du changement constitutionnel, accordant aux parlementaires des droits face à la toute puissance de l'exécutif. Espérons maintenant que nos députés utiliseront ces nouvelles prérogatives à bon escient, en ne se cantonnant pas uniquement à un rôle d'enregistrement des décisions gouvernementales. Il leur faudra pour cela sortir de la logique des partis et se consacrer un peu plus à la députation pour laquelle les électeurs leur ont fait confiance. Sinon, l'Assemblée nationale risque fort de n'être un peu plus qu'un lieu de satisfecit donné au chef de l'Etat, ce qui ne serait par pour déplaire à notre cher Président.
Jefka, rédacteur en chair du
Petit journal, une voix du Nord (
http://jefka.centerblog.net/)