lundi 14 avril 2008 à 18:46 Et si il ne parle pas Chinois?!
C'est comme pour toi en France... je sais pas d'où sont tes origines (peu importe), mais imagine que tu es breton et fier de l'être... et que tu ne veuilles pas utiliser ni apprendre le français... L'exemple est léger, mais ta question également !
Je rappelle juste que la Chine recommande de conserver sa langue et sa culture (aux minorités)
mais conseille de parler le chinois... c'est pas une loi, étant donné le fort niveau du chinois dans les entreprises ... si t'es tibétain et tu maîtrises pas le chinois (même simplifié par Mao), tu pourras faire des boulots où le chinois n'a pas d'importance, c'est à dire manut, et j'ai entendu récemment dire que les tibétains au tibet qui parlaient le chinois trouvaient du boulot dans leur qualif dans des boîtes chinoises..
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La Chine, après la mort de Mao Zédong, a graduellement évolué sous l’impulsion de Den Xiaoping vers une économie libre dite socialiste de marché.
Cela a permis le déploiement de l’activité commerciale, industrielle chinoise qui en fait aujourd’hui l’usine du monde et un pays émergent dont le taux de croissance tend régulièrement vers 10%. Les mesures politiques mises en œuvre dans les régions envers les minorités nationales dont mongols, tibétains, huis et bien d'autres sont différentes de celles concernant les hans.
Chez ces derniers, on recommande un enfant par couple alors que les minorités ont droit, sans autorisation particulière, à deux voire trois descendants eu égard à leur faible population. Fondée officiellement le premier octobre 1949, la République populaire de Chine pratique le communisme avec un parti communiste qui se confond avec le peuple chinois.
http://www.radicule.com/info/?1962-la-chine-le-pays-du-gigantismeExtraits : hum... choisis ! (un peu long mais instructif pour ceux que ça intéresse)
1 Les minorités nationales: les non-HanLes autorités chinoises considèrent comme des «minorités nationales» les citoyens de leur pays qui parlent une «langue non chinoise» comme langue maternelle. Les locuteurs du wu, du cantonais, du min, du xiang, du hakka, du gan, etc., parlent une «langue chinoise» et font partie des Han. Les locuteurs des langues chinoises autres que le putonghua ne sont pas considérés comme faisant partie des minorités nationales et, comme les Han, ils ont les mêmes droits que les locuteurs du chinois officiel.
Mais les peuples non sinophones, ceux qu'on appelle les «non-Han», constituent des «minorités nationales». Rappelons que les minorités nationales regroupent au moins 100 millions de personnes (8,4 % de la population) et parlent quelque 55 langues différentes. En dépit de leur faible poids démographique, de leur diversité ethnique et de leur dispersion spatiale, les quelque 55 minorités nationales revêtent une importance géopolitique certaine, dans la mesure où elles occupent plus de 60 % du territoire et où certaines aires d’habitat constituent des zones particulièrement sensibles. Il existe au-delà de 80 millions de représentants des minorités vivant dans les seules régions autonomes de la Chine, formant 78% du total (incluant les provinces) de la population minoritaire dont le nombre s'élevait, selon le recensement national de 2000, à quelque 106 millions de personnes.
2.1 Les dispositions constitutionnellesLa Constitution du 4 décembre 1982 semble avoir fait évoluer le système chinois vers un élargissement des droits linguistiques à l'égard des groupes minoritaires, du moins théoriquement. Cette constitution, la quatrième du régime, a été modifiée à quelques reprises, soit en 1988, 1993, 1999 et 2004; elle compte plusieurs articles portant sur la langue des minorités nationales. L'article 4 de la Constitution proclame que «toutes les nationalités de la République populaire de Chine sont égales en droits» et que «l'État protège les droits et les intérêts légitimes de toutes les minorités nationales». De plus, il est interdit de pratiquer de la discrimination à l'égard des minorités. Dans le même article, l'article 4 de la Constitution reconnaît le droit aux minorités de conserver et d'enrichir leur langue:
Article 4
Nationalités, minorités, régions, langues1)
Toutes les nationalités de la République populaire de Chine sont égales en droits. L'État protège les droits et les intérêts légitimes de toutes les minorités nationales, maintient et développe les rapports entre les nationalités selon le principe de l'égalité, de la solidarité et de l'entraide. Toute discrimination ou toute oppression à l'égard d'une nationalité, quelle qu'elle soit, est interdite; tout acte visant à saper l'unité nationale et établir un séparatisme ethnique est proscrit.
2)
L'État aide les régions des minorités nationales à accélérer leur développement économique et culturel en tenant compte de leurs particularités et de leurs besoins. 3) Les régions où se rassemblent les minorités ethniques appliquent l'autonomie régionale; elles établissent des organismes administratifs autonomes et exercent leur droit à l'autonomie. Aucune des régions d'autonomie ethnique ne peut être séparée de la République populaire de Chine.
4)
Toutes les nationalités ont le droit d'utiliser et de développer leur propre langue et leur propre écriture, de conserver ou de réformer leurs us et coutumes.
L'une des parties du premier paragraphe est importante, car elle peut servir à limiter ou à supprimer les droits accordés:
«Tout acte visant à saper l'unité nationale et établir un séparatisme ethnique est proscrit.»Quant à l'article 19, il prévoit que «l'État généralise l'usage de la langue commune (putonghua).
Article 19
Éducation
1) L'État développe l'éducation socialiste pour élever le niveau scientifique et culturel du peuple tout entier. 2) L'État fonde des établissements d'enseignement de tout genre, généralise l'enseignement primaire obligatoire, développe l'enseignement secondaire, professionnel et supérieur, et promeut l'enseignement préscolaire.
3) L'État développe divers moyens d'enseignement destinés à éliminer l'analphabétisme et à donner aux ouvriers, aux paysans, aux fonctionnaires de l'État et aux autres travailleurs une formation politique, culturelle, scientifique, technique et professionnelle; il apporte son soutien à ceux qui s'instruisent par eux-mêmes.
4) L'État encourage les organisations économiques collectives, les organisations professionnelles des entreprises et institutions de l'État, ainsi que d'autres forces de la société à se livrer, dans le respect des lois, à des activités éducatives en tout genre.
5)
L'État généralise l'usage de la langue commune (putonghua).Enfin, l'article 134 de la même Constitution prévoit que «les citoyens des différentes les nationalités du pays ont le droit d'utiliser leur propre langue parlée et écrite au cours des procès»:
Soulignons aussi l'article 12 de la Loi sur l'éducation de 1995, qui énonce clairement que le chinois demeure obligatoire: Article 12
1) La langue chinoise, tant à l'oral qu'à l'écrit, est la base de la langue d'enseignement oral et écrit dans les écoles et les autres établissements d'enseignement. Les écoles et d'autres établissements d'enseignement destinés essentiellement aux enfants des minorités nationales peuvent employer pour leur instruction la langue maternelle ou celle de la nationalité généralement en usage dans cette région.
2) Les écoles et les autres établissements d'enseignement doivent dans leurs activités pédagogiques répandre le chinois national commun parlé ainsi que les règles des caractères écrits.
Enfin, la République populaire de Chine a signé, le 2 mars 1992, la Convention internationale des droits de l'enfant du 20 novembre 1989. L'article 30 énonce:
Article 30
Dans les États où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques ou des personnes d'origine autochtone, un enfant autochtone ou appartenant à une de ces minorités ne peut être privé du droit d'avoir sa propre vie culturelle, de professer et de pratiquer sa propre religion ou d'employer sa propre langue en commun avec les autres membres de son groupe.
4 Les langues dans l'Administration publique
Bien que le putonghua soit la langue officielle de l'État, les membres des minorités nationales ont le droit en principe d'utiliser leur langue maternelle s'ils résident dans une localité où cette langue est reconnue. L'article 21 de la Loi sur l'autonomie des régions ethniques reconnaît ce droit:
Article 21
Dans leurs fonctions, les institutions autonomes d'une zone d'autonomie nationale utilisent une ou plusieurs langues et écritures d'usage courant local conformément aux décrets d'autodétermination et règlements de cette zone. S'il y a lieu d'utiliser plusieurs langues (et une ou des écritures) d'usage courant local dans les fonctions institutionnelles, la langue (et écriture) de la nation qui exerce l'autonomie régionale peut être considérée comme la principale.
Il est précisé également que la langue de travail doit être celle de la nationalité autonome de la région (art. 21). Selon l'article 49, les fonctionnaires chinois doivent même apprendre la langue des minorités en plus du potunghua...
(ça je l'apprends... mais je doute que ce soit le cas partout) Article 23
Lors du recrutement des cadres ou des ouvriers dans les entreprises ou dans les établissements d'une région autonome, les personnes des minorités nationales sont choisies en priorité. Le personnel peut même être recruté parmi les minorités nationales de la campagne ou des régions de pâturages, mais l'autorisation du gouvernement populaire de la province ou de la région est nécessaire.
Néanmoins, il demeure facile d'écarter des candidats autochtones sous prétexte qu'ils ne sont pas suffisamment formés ou qu'ils connaissent mal le chinois standard. Dans l'ensemble, les langues (parlées et écrites) des différentes minorités sont plus couramment utilisées dans les préfectures et les cantons autonomes que dans les provinces et les régions autonomes. De façon générale, ces langues sont davantage en usage dans les zones rurales que dans les centres urbains, et elles ne sont jamais employées au sein du gouvernement central. Même l'administration locale d'une région autonome peine à utiliser une langue autochtone dans une ville moindrement importante. Même lorsque des langues minoritaires sont parlées par une population nombreuse (le tibétain au Tibet, le mongol en Mongolie intérieure, le zhuang au Guangxi, le ouïgour au Xinjiang), il n'est pas certain qu'elles soient utilisées dans les villes. Encore là, il faut que les services gouvernementaux locaux soient offerts dans les petites localités ou dans les villages, sinon le chinois prendra toute la place.
Au Tibet, selon les autorités chinoises, plus de 70 % des cadres seraient des Tibétains ou des membres d’autres minorités ethniques. En réalité, les membres des minorités nationales occupent plus souvent qu'autrement des postes administratifs symboliques ou subalternes, et très peu de postes impliquant un réel pouvoir.
Et, lorsqu'ils occupent un poste de pouvoir, c'est parce qu'ils sont complètement sinisés et peuvent jusqu'à ignorer leur langue maternelle. http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/asie/chine-5pol-minorites.htm