dimanche 02 mars 2008 à 03:20
samedi 01 mars 2008 à 06:19 Je me posais assez naïvement la question... Puisque la recherche du bonheur apparaît généralement comme la quête ultime, en quoi ce serait obligatoirement une fin?
Pourquoi inscrit-on cet état dans un processus temporel linéaire (cad: est-ce que ce ne serait pas une erreur de le considérer comme un but?) ?
moi je n'ai pas l'impression du tout que les gens courrent après le bonheur.
maintenant, peut être que je n'ai pas de chance et que je ne suis entourée de que névrosés, mais bon, je ne pense pas.
je trouve que la société occidentale est super forte pour faire passer des vessies pour des lanternes: avec l'image sacrée de l'executive man ou woman, le travail devient une valeur en soit, pas une façon d'obtenir des moyens de subsister.
l'argent est une valeur en soit. idem.
la famille est une valeur en soit, pas un groupe qui permet de nous protéger, nous rendre plus fort, moins perméable aux coups durs.
l'acquisition d'un cercle d'amis ne sert qu'à nous prouver notre valeur sociale: plus on connait de gens plus on est fréquentable, et plus ils sont importants, plus on a la quote! (ne dit-on pas d'un pauvre type qu'il n'a pas d'amis?)
la renommée devient une valeur en soit, valeur pour laquelle certains sont prêts à faire n'importe quoi, y compris transiger avec leurs principes les plus sacrés, même si cette renommée les distingue aux yeux de crétins pour lesquels ils n'ont aucune estime.
et tout le monde trouve ça normal.
à la limite, c'est ce qui me ferait le plus peur.
honnêtement, je ne suis pas sûre du tout que la société actuelle promeuve la quête du bonheur. je pense surtout qu'elle promeut l'acquisition de SIGNES de bonheur et de réussite,
en l'absence de bonheur et de réussite.en gros, elle nous vend du vent, et elle ne s'en cache même pas.
parce qu'il faut être fin con pour croire qu'
avoir un travail, un conjoint, des enfants, une maison, une voiture et un chien c'est la quintessence du bonheur et de la réussite.
nous savons tous que le bonheur est un sentiment.
il ne se cherche donc pas dehors, mais dedans.
commencez à parler de recherche spirituelle du bonheur, et on vous targuera de suite d'illuminé. commencez à parler de chercher un boulot mieux payé, avec plus de responsabilités, et tout le monde cautionnera votre recherche active du bonheur.
le seul fait qu'on s'attache plus à la forme d'une idée qu'à son essence, me prouve que finalement, ici et maintenant, les gens ont renoncé à ETRE heureux.
ils ne cherchent plus qu'à le paraître.
et c'est même pas malheureux. c'est juste désespérant.