Tuesday 19 February 2008 à 14:25
Les révoltes anti-fiscales
Les révoltes des croquants
_ On compte quatre à cinq grandes révoltes de croquants sous l'Ancien Régime, dont celle de 1594 dans le Bas-Limousin et le Périgord ou celle de 1624 dans le Quercy. A La révolte des croquants de l’Angoumois, de la Saintonge ou du Périgord (1636-1637), répond celle des Nu-pieds de Normandie (1639). Les croquants de Gascogne se révoltent en 1642 et ceux du Rouergue sensiblement à la même période (1643).
_ Le mécanisme est presque toujours le même. Les croquants se soulèvent contre les agents royaux, les sergents de taille, les "gabeleurs" ou les intendants car ils s’opposent aux levées d’impôts qu’impose la monarchie pour alimenter son trésor de guerre. Certains petits nobles ruraux se risquent même à prendre la tête de la rébellion. Puis le mouvement fait tache d’huile, s'étend aux villages voisins, parfois il trouve des relais jusque dans les villes. Mais l’union du peuple et de la notabilité, justifiée par l'inquiétude devant la concurrence royale envers les droits seigneuriaux ne dure qu’un temps.
_ La répression royale longue à se mobiliser est toujours inéluctable. Les croquants finissent toujours par être massacrés. Si les meneurs sont châtiés sans pitié, la majorité bénéficie en général de l’amnistie, et même parfois de la suppression de l’innovation qui avait mis la feu aux poudres.
Quelques autres révoltes
Parmi les autres révoltes du même type qui ont marqué l'Ancien Régime, il convient de citer la Révolte des Pitauds de l'Angoumois et de l'Aquitaine, en 1548, contre l'extension de la gabelle (l'impôt sur le sel) aux régions de l'ouest (1541) . Les officiers de gabelle et les greniers à sel sont les premiers visés. Des villes comme Angoulême sont soumises à un siège, et certaines, dont Saintes, Cognac et même Bordeaux tombent entre les mains des insurgés. La royauté doit faire intervenir la troupe, près de 150 pitauds seront exécutés mais en 1549, la gabelle est supprimée dans les régions qui se sont révoltées. Pour revenir à la révolte des Nu-pieds en 1639, à l'instar de celle des Pitauds, elle voit son origine dans l'extension de la gabelle, mais aux régions dites de quart bouillon dans ce cas-là (Glossaire/Gabelle). La révolte des audijos (du nom de leur chef un dénommé Audijos) en 1663 dans les Landes et notamment à la Chalosse est elle aussi une révolte contre les exigences des fermes d'impôt sur le commerce du sel.
En 1675, les Bonnets-Rouges (Bretagne) se soulèvent, eux, contre l'usage du timbre fiscal dans les actes officiels. En 1707, les Tards-Avisés (près de10 000 hommes) font le siège de Cahors, ils protestent eux aussi contre l'extension des taxes (aux actes de procédure) . Malheureusement pour eux, les dragons qui se sont fait la main sur les camisards (la révolte des camisards est plutôt une révolte religieuse (huguenots) qu'anti-fiscale, voir guerres de religion) sont chargés de faire parler leur expérience. Ce qu'ils font avec un certain zèle. Cette révolte de 1707 est la dernière grande révolte de l'Ancien régime jusqu'aux années 1780-1789. Des troubles éclatent bien par-ci par-là mais ils n'ont plus l'ampleur ni la résonnance des révoltes d'antan. Jusqu'à une certaine Révolution de 1789.
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