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lundi 24 juillet 2006 à 17:03
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Enquête. Lady Salma

Au palais royal de Marrakech,
le 12 mai 2006. (AFP)


Oubliée, la timidité craintive de ses débuts ! Activités sociales soutenues, missions diplomatiques en solo, séduction et petits gestes étudiés… Même si elle n'a pas le titre officiel de reine, l'épouse de Mohammed VI s'émancipe visiblement. Au ravissement des Marocains, qui n'oublient pas ses origines populaires.


14 juin 2006, aéroport international de Bangkok, Thaïlande. Arrivée au sommet de la passerelle, à la porte de l'avion qui doit la ramener au Maroc, Lalla Salma se retourne pour dire adieu, d'un gracieux geste de la main, à ses hôtes thaïlandais. Les appareils photo crépitent.
Quelques minutes plus tard, quand les images sont diffusées sur Internet, les Marocaines, attentives aux détails vestimentaires, notent que la jupe de la princesse s'arrête au dessus de ses genoux. Question de millimètres, sans doute. Mais tous ceux qui connaissent la rigidité du protocole chérifien l'auront compris : ces genoux princiers découverts sont une première assumée. Avant de tourner les talons, Lalla Salma arrange ses mèches, balayées par le vent qui souffle sur le tarmac, puis gratifie les photographes d'un large sourire. C'est évident : quelque chose a changé en elle.

Il y a bien un style M6. Aujourd'hui, le Palais prépare le style Salma. A 28 ans, cette ancienne roturière bombardée princesse par la grâce d'un “conte de fées marocain” (voir TelQuel n°22) est résolument sortie de l'état d'hibernation, jusque là imposé par sa fonction de jeune maman. Depuis, elle assume régulièrement des missions sociales et diplomatiques. Le prince héritier Moulay Hassan a trois ans. Cela donne le temps à sa mère de s'occuper d'elle-même - et de se consacrer au travail qu'exige son statut de princesse. L'image de “cendrillon” qui a accompagné ses premières sorties et gestes spontanés (jugés maladroits, à l'époque) de jeune étudiante issue du peuple, relève maintenant de l'histoire ancienne. Coiffure, habillement, prestance… Lalla Salma a manifestement été relookée. Elle a sa propre association, elle représente le roi dans des manifestations mondiales et l'accompagne dans les réceptions au sommet. Bref, la princesse se forge une personnalité publique. Elle capitalise sur la sympathie générée par ses origines populaires pour véhiculer un messages précis : avec son royal époux, elle forme un couple moderne, dans lequel chaque partenaire a un mandat particulier et des dossiers personnalisés à gérer.

La femme du roi d'abord
Comment, en 4 ans, cette fille du peuple est-elle devenue une première dame ? Après son mariage, sa première mission a été de donner un héritier à Mohammed VI. “C'est pour ça qu'elle ne s'est pas lancée plus tôt dans le social et les acticités diplomatiques”, disent ses proches. Pendant trois ans, en effet, ses sorties ont été rares. Sa principale préoccupation était son fils. Et ses proches d'insister : “avant d'assumer un quelconque rôle public, Lalla Salma se considère d'abord comme la femme du roi”. Ce qui n'est pas exceptionnel par rapport à d'autres premières dames dans le monde. Nancy Reagan et Jacqueline Kennedy ne disaient-elles pas que la first lady est “d'abord une épouse” et qu'elle doit s'occuper “en priorité de son mari et de sa famille” ?

Mais plus que cela, Lalla Salma a du faire sa place dans un cercle royal à priori méfiant à son égard. Dans un sérail fermé où les seules figures féminines publiques étaient les sœurs du roi et, dans une moindre mesure, ses tantes, l'enjeu était d'envergure. Comment faire sa place tout en gardant ses propres repères, sa propre vie ? Jusqu'à aujourd'hui, “Lalla Salma emmène son petit chez sa grand-mère qui a conservé sa maison à Hay Laqbibat à Rabat, même si on a mis à sa disposition une villa au Souissi. Elle se rend souvent aussi chez sa sœur, médecin de profession”, témoignent ses proches. Du reste, la princesse n'habite pas le palais royal. “Sa maison”, c'est maintenant une résidence cossue à Dar Essalam.

Les princesses et autres membres de la famille royale, Lalla Salma maintient avec eux des rapports cordiaux, mais ne les voit que rarement, toujours à l'occasion de manifestations officielles. Seul Moulay Rachid vient régulièrement rendre visite à son neveu. L'épouse de Mohammed VI s'est-elle barricadée pour autant ? A t-elle échappé aux guerres des clans inhérentes au sérail ? Pas si sûr. Surtout maintenant qu'elle commence à occuper une place prépondérante, auréolée qui plus est de la bénédiction du roi. Au Palais, cette sollicitude fait grincer des dents… voire plus. Après que l'hebdomadaire Al Jarida Al Oukhra ait qualifié Lalla Salma de “première dame”, on rapporte que certains membres du sérail auraient piqué une grosse colère. Pour elles, il était inadmissible qu'un tel titre puisse échoir à quelqu'un qui n'a pas d'ascendance royale. Mohammed VI a en effet nommé son épouse “altesse royale”, alors que selon les usages, ce titre ne revient, de droit, qu'aux enfants et frères et soeurs du roi. Donc, à ceux qui ont du sang royal dans les veines. Mais la brèche a été trouvée. “Lalla Salma a été élevée au rang de princesse parce qu'elle a intégré la famille royale”, explique un familier du Palais. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que cela se produit. La libanaise Lamia Solh avait elle aussi bénéficié de la même faveur, quand elle avait épousé feu le prince Moulay Abdellah. Et il ne vient à l'idée de personne de s'offusquer de son titre de “Lalla”…

Cap sur le social
Dès que son fils est suffisamment grand, Lalla Salma se lance dans les activités sociales. Il faut dire qu'elle y a été initiée bien avant son mariage et ce, sur demande expresse du roi. A l'époque, un acteur associatif avait reçu pour mission de lui faire connaître l'autre visage du Maroc, celui de la pauvreté extrême. Pendant 4 jours, celle qui n'était pas encore l'épouse de Mohammed VI a visité de nombreux douars et bidonvilles. Elle “voulait absolument connaître toute la vérité sur la pauvreté”, raconte un témoin. Ce lien avec le social, Lalla Salma n'allait le renouer qu'après la naissance de l'héritier du trône, en créant sa propre association de lutte contre le cancer. Pourquoi le cancer ? “C'est un sujet qui lui tient à cœur. Un membre de sa famille est mort de cette maladie”, confie l'un de ses proches.

Evidemment, il y a aussi un choix politique derrière cette spécialité princière. La médecine est l'un des terrains les moins investis par la famille royale, surtout s'agissant de la lutte contre les maladies chroniques. Enfance, environnement, bienfaisance… Les domaines de compétence des sœurs et tantes du roi avaient été répartis il y a bien longtemps, pour assurer une couverture royale des principaux volets sociaux. Mais avec la lutte contre le cancer, Lalla Salma investit un domaine transversal, qui touche une population plus large et qui génère, de surcroît, un énorme capital sympathie. Le Maroc compte chaque année, en effet, plus de 40.000 cas de cancer recensés.

Le démarrage de l'association s'est fait “d'une façon très étudiée”. Le roi a tout mis à sa disposition pour qu'elle puisse percer rapidement - notamment le local, une villa meublée de façon chic et moderne, juste en face du palais royal de Rabat. C'est un des fidèles du sérail, le Secrétaire général du gouvernement Abdessadek Rabiîe, qui assiste la princesse dans son travail. Le conseil d'administration, qui s'est tenu 4 fois depuis la création de l'association en novembre dernier (une prouesse dans le monde associatif !), abrite les gros calibres du monde de la finance et de la communication : Saâd Bendidi de l'ONA, Abdeslam Ahizoune de Maroc Telecom, Moulay Hafid Elalamy du groupe Saham (et prochainement patron des patrons), Nourredine Omary du groupe Banque Populaire, et Noureddine Ayouch de l'agence de publicité Shem's (et de la méga association de micro-crédit Zakoura). Tout ce beau monde représente une inestimable source de dons et s'investit dans le montage des projets. Pour que son association n'ait pas des fins de mois difficiles, la crème du capitalisme marocain a été mobilisée pour la princesse. Dans le même conseil d'administration, Lalla Salma compte deux proches : Mohamed Bensouda, son oncle maternel, et Moulay Taher Alaoui, un professeur en gynécologie qui a fait partie de l'équipe ayant supervisé la naissance du prince héritier.

Les choses sont allées très vite. Enquête de terrain, campagne d'information, construction “de maisons de vie” pour l'hébergement des malades… Il y a plusieurs associations marocaines de lutte contre le cancer, mais celle de la princesse a vite pris le pas sur toutes les autres. Habilement, le Palais a associé les responsables de ces associations à l'ONG princière. Pour s'assurer une large collaboration, mais aussi pour éviter toute rivalité. Fouzia Alaoui Mseffer, responsable de la Maison de l'avenir pour les enfants cancéreux, fait ainsi partie du conseil scientifique. Aussitôt créée, l'ONG de Lalla Salma a obtenu le statut d'utilité publique pour pouvoir récolter des fonds détaxés.

Une seule cause, pas plus
Auditée par Price Waterhouse & Cooper et obéissant à des procédures de gestion très strictes, l'association de Lalla Salma suit le chemin emprunté par la Fondation Mohammed V pour la solidarité, présidée de manière effective par son royal mari. Le travail se décline par projets, et s'appuie sur le partenariat et les collaborations externes “pour mobiliser plus de monde”. C'est également un produit d'appel pour les dons étrangers. En visitant le Maroc, l'épouse du président chinois a donné 600 000 DH, sous forme d'équipements. “Les dons collectés couvrent déjà tous les besoins de construction des maisons de vie programmées dans une première phase”, soulignent les responsables de l'association. Lalla Salma assiste à toutes les réunions des conseils d'administration, reçoit un rapport quotidien sur tout ce qui s'y fait, dispatche elle-même le travail, et garde un œil vigilant sur tout. Elle s'investit pleinement dans cette tâche et “ne veut pas se disperser sur d'autres causes, pour vivre entièrement son engagement”, témoigne un de ses collaborateurs.

Et la lutte contre le Sida ? Il y a un mois, la princesse a en effet représenté le Maroc à l'assemblée de l'ONU sur la lutte contre le VIH. Ce voyage officiel donne-t-il le signal d'un proche investissement de la princesse dans une seconde cause ? Selon un connaisseur de la diplomatie royale, il vise plutôt à marquer l'engagement du Maroc sur la scène internationale en faveur de la lutte contre le Sida. Le combat contre cette maladie planétaire est d'ailleurs un must du marketing politique de plusieurs “first ladies” à travers le monde.


Quand elle est en visite de terrain loin de Rabat, la princesse n'hésite pas à mettre un jet privé à la disposition de ses collaborateurs pour qu'ils l'y rejoignent, leur réserve des chambres d'hôtel, et prend soin de les inviter à manger avant de commencer le boulot. On lui prête des qualités de simplicité, d'écoute et d'empathie, mais aussi un caractère affirmé. Pendant l'élaboration des campagnes d'information et de communication, elle a habilement corrigé le langage des médecins qui l'entouraient, en leur demandant que les résultats et les dénominations scientifiques soient vulgarisés en darija, “pour atteindre Monsieur tout le monde”. Des termes comme “bzazel” (seins) ou “laâchoub” (plantes médicinales) ont ainsi remplacé leurs équivalents en arabe classique, que les Marocains ne comprennent pas forcément. La consigne princière est claire : il faut communiquer dans le langage du peuple.


Dans le milieu associatif, on se souvient encore d'une expression que Lalla Salma avait lancée spontanément à Aïcha Echenna, quand elle était venue inaugurer le nouveau hammam de l'association Solidarité féminine. “Hemmerti lina oujehna” (“tu nous a fait honneur”), avait dit la princesse à la militante associative. Encore émue par cette déclaration, Echenna ne tarit pas d'éloges sur “l'humanisme de la princesse”. Elle raconte que cette dernière “frappait à la porte des pensionnaires et demandait la permission avant d'entrer”. La moindre des choses ? Voire… S'ils sont considérés comme naturels venant des “gens normaux”, de tels gestes de respect, venant d'une princesse, surprennent et enchantent. Et expliquent, au moins en partie, l'énorme capital sympathie dont bénéficie Lalla Salma au niveau national - et qu'elle compte bien fructifier à l'international. À ce niveau, son image commence aussi à s'imposer. Plus épanouie dans ses contacts officiels, l'épouse du roi du Maroc se prête allégrement au jeu des photographes.

Une diplomatie étudiée
Pour mieux assumer ses nouvelles fonctions diplomatiques, la princesse a suivi un “stage en étiquette” en Allemagne, juste après la naissance de son fils. Parlant le français, l'anglais et l'arabe classique, elle voudrait maintenant, selon son entourage, apprendre l'espagnol. En Thaïlande, Lalla Salma a représenté le Maroc dans les festivités du 60ème anniversaire de l'intronisation du roi Bhumiphol. Et au Japon, elle a assisté à une exposition marocaine. Ses missions à l'étranger ont souvent une coloration culturelle, et sont évidemment axées sur la promotion du Maroc. Mais pourquoi elle ? “C'est le roi qui décide. Il n'y a pas de règle”, répond, lapidaire, un de ses collaborateurs. En fait, le choix des activités des membres de la famille royale est généralement dicté par leurs “spécialités” respectives. Mais dans le cas de Lalla Salma, il y a une dimension supplémentaire : quelle que soit la cause qu'elle sert, elle est, en tant qu'épouse “visible” d'un chef d'Etat musulman, une ambassadrice de la modernité et du Maroc qui bouge.

Ses sorties, mais également son habillement, sont minutieusement étudiés. En recevant le président chinois et son épouse au Maroc, Lalla Salma arborait une takchita jaune et rouge, aux couleurs du drapeau chinois. En Thaïlande, où elle représentait son époux pour le 60ème anniversaire de l'intronisation du roi, elle portait un tailleur jaune pour rendre hommage à son hôte, le jaune étant la couleur royale dans ce pays. Des attentions subtiles, qui ont été fort appréciées par les Chinois et les Thaïlandais…

Des anecdotes, il en circule aussi pas mal. A Bangkok, Lalla Salma aurait ainsi exigé de la direction de son hôtel de lui dépêcher un personnel à 100% féminin. La presse Thaïlandaise rapporte aussi que juste après son arrivée, la princesse est allée faire du shopping dans les bazars. Là-bas, elle a fait emplette de trois paires de chaussures et de vingt T-shirts portant l'inscription “nous aimons le roi”. Encore un petit clin d'œil... Mais c'est une autre scène qui a vraiment marqué les Thaïlandais. Quand le commerçant a voulu lui offrir des cadeaux, elle a d'abord insisté pour savoir s'ils étaient de prix - sans doute dans l'intention de les refuser, si elle s'était rendue compte que le commerçant faisait un trop gros sacrifice. Devant l'insistance de ce dernier, elle a fini par accepter, puis a demandé autour d'elle comment on disait merci en Thaï. Joignant les mains à la manière des asiatiques, elle a alors répété les mots “khop khun”. Depuis, les Thaïlandais se sont entichés de cette princesse “simple et coquette”, comme l'a rapporté leur presse.

Du sport et de la mode
Si on se réfère à ses débuts, la métamorphose de la princesse est perceptible. Bien que lève-tard, le sport est une de ses activités quotidiennes. Depuis la naissance de son fils, elle observe un régime pour garder la ligne, s'intéresse beaucoup à la mode et fait volontiers la sieste quand elle n'a pas d'engagement. Sinon, la plupart du temps, elle reste chez elle. “Lalla oum Sidi”, dénomination officielle de la mère du prince à Dar Al Makhzen, s'occupe de son fils, lui donne à manger et choisit elle-même ses vêtements. Mais il ne l'accompagne pas pour autant dans ses déplacements officiels. A 3 ans, son quotidien est rempli par sa royale éducation. Le petit garçon est constamment suivi par ses préceptrices, et évolue dans son univers, à Dar Essalam.

Le statut de maîtresse de maison de Lalla Salma s'est également affirmé. Pas spécialement ravie par les attitudes ancestrales pesantes de Dar El Mahkzen, elle avait commencé par traiter sévèrement son personnel. Puis elle a tranché, en en congédiant une bonne partie. Elle en a gardé quelques-uns auprès d'elle, et a fait appel à un nouveau staff plus moderne, formé de lauréats des écoles hôtelières. La méfiance que suscitait, au départ, son statut de roturière, s'est progressivement estompée. Aujourd'hui, on la dit “plus sereine”. Ce qui ne l'empêche pas de bousculer les habitudes des serviteurs du Makhzen. Elle leur aurait ainsi interdit cette manie qu'ils avaient de jurer tout le temps. Elle se serait, rapporte-on, mise en colère quand elle a découvert la disparition - pour cause de renouvellement - de certains de ses appareils électroménagers. Par habitude, les employés héritaient systématiquement de tout ce dont les princes et princesses n'avaient plus besoin. Avec elle, c'est différent. Ces choses-là, y compris les habits, elle préfèrerait, selon son entourage, les donner à ses proches. De même, elle mène une bataille discrète contre les abus. L'indemnité financière de l'Aïd El Kébir, que le personnel percevait chaque année, a ainsi été remplacée par un mouton, à prendre ou à laisser. Une orientation probablement inspirée par son époux, qui avait, dés le début de son règne, fait part de sa volonté de “fermer les robinets”, pour tâcher de réduire autant que possible le train de vie de la Cour. À voir l'augmentation, rapportée par la presse, des dépenses du Palais, ce n'est pas une tâche facile…

Princesse, mais pas reine
Le pouvoir grandissant de la princesse Lalla Salma annonce t-il une fonction supérieure dans la hiérarchie de l'Etat ? Pas pour l'instant, en tout cas… Le Palais travaille bien pour faire de la princesse une première dame, mais pas une reine. Mohammed VI lui-même avait tranché sur cette question, en 2001, lors d'un entretien accordé à Paris Match : “Il n'y a pas de reine en Islam, et donc la question ne se pose pas”. “En tout cas pas au Maroc”, avait ajouté le roi, pensant probablement à la reine Rania de Jordanie. A ce niveau-là, le Palais entend couper court à toute supputation. Pour motiver l'impossibilité de ce titre, un membre du premier cercle royal évoque des raisons historiques : “la monarchie marocaine n'a jamais connu de reine, et ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer”. Voila qui est clair. Pour les experts en communication, en tout cas, le titre de première dame est déjà une révolution. “Elle humanise le roi et lui donne une dimension civile, celle d'un homme qui a une vie sentimentale comme les autres”. “Sans compter qu'elle atténue la sacralité surdimensionnée qui l'entoure”, ajoute l'un d'eux.

L'idée est d'éviter de calquer des modèles étrangers, car le contexte et les enjeux au Maroc sont “tout à fait différents”. En clair : le Maroc, ce n'est pas la Jordanie. Le fait même que la femme du roi ait un visage et une identité “est une rupture”. Elle a un boulot, une mission par le haut qui représente une forme de co-responsabilité. “On sait que la communication qui passe par elle est gagnante, explique un spécialiste. C'est une fille du peuple. Elle a donc un capital de sympathie quasi-inné. Le roi a tout à gagner en agissant à travers elle”. Il est vrai que le roi agit aussi, et depuis longtemps, à travers ses sœurs. Sauf que ces dernières limitent souvent leur action à des présidences d'honneur. C'est regrettable, comme le dit cette militante associative, “le peuple est très sensible aux visites des princes et princesses sur le terrain. C'est dommage qu'ils ne viennent pas nous voir plus souvent”.

D'autres acteurs associatifs ont une analyse plus sévère. Une ONG présidée par une princesse ou un roi, est-ce, au fond, une bonne chose ? Tout le monde est d'accord sur les répercussions de telles présidences, en termes de notoriété et de facilitation du travail. “Mais ce modèle perpétue une tradition fâcheuse dans le monde associatif : le culte du chef incontesté qui s'entoure de fidèles. Inconsciemment, les petites ONG reproduisent ce schéma. Cela retarde l'instauration d'une gouvernance par le bas, où tous les acteurs seraient responsabilisés”, souligne une activiste, excédée par le “trop officiel” dans la société civile.

Reste que l'activité sociale est déterminante pour la promotion de l'image d'une première dame qui cherche à faire ses preuves. Voire qui cherche, selon certains, à “susciter l'admiration de son mari”. “Lalla Salma veut être respectée par le roi pour ce qu'elle fait”, dit-on dans son entourage. Une déclaration un tantinet pompeuse, quand on sait que le caritatif a toujours été un champ d'action privilégié de la famille royale. Mais Lalla Salma est peut-être en train d'en changer les règles. Aujourd'hui, on sent nettement poindre une orientation stratégique réfléchie, pour faire de l'ONG de l'épouse du roi un levier de la politique de son mari. D'autant que le mode de communication choisi par Lalla Salma s'inscrit dans une constante de la politique royale : l'émancipation de la femme, lancée par la réforme de la Moudawana.

Fashion, toujours
Pour servir cette image d'émancipation, le look est déterminant. Avec des cheveux moins rebelles, un maquillage discret mais “qui lui va parfaitement”, disent ses zélateurs, Lalla Salma a maintenant un style propre. Son apparence actuelle tranche radicalement avec celle de ses débuts de princesse, “trop maquillée autour des yeux, et avec une frange relevée qui ne convenait pas à son visage”, disent les spécialistes de ce genre de choses. Aujourd'hui, c'est une princesse fashion qui s'affirme. Son goût pour les tenues Channel est toujours le même. Normal, la maison française habille la plupart des familles royales dans le monde. En journée, les vestes et les jupes ajustées sont un classique. Et pour les soirées de gala, il y a les robes Valentino et Christian Lacroix. Rien que de l'habituel pour les princesses. C'est, en revanche, au niveau de ses tenues marocaines que les pros de la mode affirment d'une seule voix que “quelque chose a bougé”. Celle qu'elle portait à la soirée de gala de la dernière édition du festival du film de Marrakech fait encore jaser le monde de la haute couture. A cette occasion, la princesse serait, à les entendre “sortie des couleurs primaires de rigueur à Dar El Makhzen”. Ce soir là comme d'autres soirs, elle a en effet arboré des couleurs pastel, conformes aux tendances de la saison vestimentaire. Mais sans déroger, pour autant, à ce qui fait la touche particulière du sérail royal : l'incontournable sfifa (boutonnière) et le 1 mètre 90 de longueur de la tenue. Il est vrai que Lalla Salma est grande de taille. Mais même pour les petites carrures, le métrage est immuable. “Cela permet aux princesses de ne pas dévoiler leurs genoux quand elles doivent marcher en portant Jlail (traîne de la tenue)”, explique une styliste. Il aura donc fallu un détour par la Thaïlande pour que les Marocains visualisent les genoux princiers. Où se niche l'audace...



lundi 24 juillet 2006 à 19:47
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Ca parle de quoi?
lundi 24 juillet 2006 à 20:58
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QUOTE (petitCalimero @ 24 Jul 2006 à 19:47)
Ca parle de quoi?

de la princesse selma sleep.gif
lundi 24 juillet 2006 à 21:21
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Cool. C'est qui?
lundi 24 juillet 2006 à 22:29
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QUOTE (petitCalimero @ 24 Jul 2006 à 21:21)
Cool. C'est qui?

la femme du roi du maroc
lundi 24 juillet 2006 à 22:40
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QUOTE (francoise-ette @ 24 Jul 2006 à 22:29)
la femme du roi du maroc

Cool,il parait qu'elle est intelligente.
mardi 25 juillet 2006 à 00:13
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intelligente , oui et ki a un CV irréprochable! rolleyes.gif biggrin.gif
mardi 25 juillet 2006 à 03:43
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QUOTE (sarsoura731 @ 25 Jul 2006 à 00:13)
intelligente , oui et ki a un CV irréprochable! rolleyes.gif biggrin.gif

Je peux en avoir un aprecu?
mercredi 26 juillet 2006 à 10:16
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Que celui qui à tout lu du premier post me jette la premiere pierre virtuelle huh.gif
mercredi 26 juillet 2006 à 10:20
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QUOTE (zaibacker @ 26 Jul 2006 à 10:16)
Que celui qui à tout lu du premier post me jette la premiere pierre virtuelle huh.gif

laugh.gif
mercredi 26 juillet 2006 à 11:17
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QUOTE (francoise-ette @ 24 Jul 2006 à 17:03)
Enquête. Lady Salma

Au palais royal de Marrakech,
le 12 mai 2006. (AFP)


Oubliée, la timidité craintive de ses débuts ! Activités sociales soutenues, missions diplomatiques en solo, séduction et petits gestes étudiés… Même si elle n'a pas le titre officiel de reine, l'épouse de Mohammed VI s'émancipe visiblement. Au ravissement des Marocains, qui n'oublient pas ses origines populaires.


14 juin 2006, aéroport international de Bangkok, Thaïlande. Arrivée au sommet de la passerelle, à la porte de l'avion qui doit la ramener au Maroc, Lalla Salma se retourne pour dire adieu, d'un gracieux geste de la main, à ses hôtes thaïlandais. Les appareils photo crépitent.
Quelques minutes plus tard, quand les images sont diffusées sur Internet, les Marocaines, attentives aux détails vestimentaires, notent que la jupe de la princesse s'arrête au dessus de ses genoux. Question de millimètres, sans doute. Mais tous ceux qui connaissent la rigidité du protocole chérifien l'auront compris : ces genoux princiers découverts sont une première assumée. Avant de tourner les talons, Lalla Salma arrange ses mèches, balayées par le vent qui souffle sur le tarmac, puis gratifie les photographes d'un large sourire. C'est évident : quelque chose a changé en elle.

Il y a bien un style M6. Aujourd'hui, le Palais prépare le style Salma. A 28 ans, cette ancienne roturière bombardée princesse par la grâce d'un “conte de fées marocain” (voir TelQuel n°22) est résolument sortie de l'état d'hibernation, jusque là imposé par sa fonction de jeune maman. Depuis, elle assume régulièrement des missions sociales et diplomatiques. Le prince héritier Moulay Hassan a trois ans. Cela donne le temps à sa mère de s'occuper d'elle-même - et de se consacrer au travail qu'exige son statut de princesse. L'image de “cendrillon” qui a accompagné ses premières sorties et gestes spontanés (jugés maladroits, à l'époque) de jeune étudiante issue du peuple, relève maintenant de l'histoire ancienne. Coiffure, habillement, prestance… Lalla Salma a manifestement été relookée. Elle a sa propre association, elle représente le roi dans des manifestations mondiales et l'accompagne dans les réceptions au sommet. Bref, la princesse se forge une personnalité publique. Elle capitalise sur la sympathie générée par ses origines populaires pour véhiculer un messages précis : avec son royal époux, elle forme un couple moderne, dans lequel chaque partenaire a un mandat particulier et des dossiers personnalisés à gérer.

La femme du roi d'abord
Comment, en 4 ans, cette fille du peuple est-elle devenue une première dame ? Après son mariage, sa première mission a été de donner un héritier à Mohammed VI. “C'est pour ça qu'elle ne s'est pas lancée plus tôt dans le social et les acticités diplomatiques”, disent ses proches. Pendant trois ans, en effet, ses sorties ont été rares. Sa principale préoccupation était son fils. Et ses proches d'insister : “avant d'assumer un quelconque rôle public, Lalla Salma se considère d'abord comme la femme du roi”. Ce qui n'est pas exceptionnel par rapport à d'autres premières dames dans le monde. Nancy Reagan et Jacqueline Kennedy ne disaient-elles pas que la first lady est “d'abord une épouse” et qu'elle doit s'occuper “en priorité de son mari et de sa famille” ?

Mais plus que cela, Lalla Salma a du faire sa place dans un cercle royal à priori méfiant à son égard. Dans un sérail fermé où les seules figures féminines publiques étaient les sœurs du roi et, dans une moindre mesure, ses tantes, l'enjeu était d'envergure. Comment faire sa place tout en gardant ses propres repères, sa propre vie ? Jusqu'à aujourd'hui, “Lalla Salma emmène son petit chez sa grand-mère qui a conservé sa maison à Hay Laqbibat à Rabat, même si on a mis à sa disposition une villa au Souissi. Elle se rend souvent aussi chez sa sœur, médecin de profession”, témoignent ses proches. Du reste, la princesse n'habite pas le palais royal. “Sa maison”, c'est maintenant une résidence cossue à Dar Essalam.

Les princesses et autres membres de la famille royale, Lalla Salma maintient avec eux des rapports cordiaux, mais ne les voit que rarement, toujours à l'occasion de manifestations officielles. Seul Moulay Rachid vient régulièrement rendre visite à son neveu. L'épouse de Mohammed VI s'est-elle barricadée pour autant ? A t-elle échappé aux guerres des clans inhérentes au sérail ? Pas si sûr. Surtout maintenant qu'elle commence à occuper une place prépondérante, auréolée qui plus est de la bénédiction du roi. Au Palais, cette sollicitude fait grincer des dents… voire plus. Après que l'hebdomadaire Al Jarida Al Oukhra ait qualifié Lalla Salma de “première dame”, on rapporte que certains membres du sérail auraient piqué une grosse colère. Pour elles, il était inadmissible qu'un tel titre puisse échoir à quelqu'un qui n'a pas d'ascendance royale. Mohammed VI a en effet nommé son épouse “altesse royale”, alors que selon les usages, ce titre ne revient, de droit, qu'aux enfants et frères et soeurs du roi. Donc, à ceux qui ont du sang royal dans les veines. Mais la brèche a été trouvée. “Lalla Salma a été élevée au rang de princesse parce qu'elle a intégré la famille royale”, explique un familier du Palais. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que cela se produit. La libanaise Lamia Solh avait elle aussi bénéficié de la même faveur, quand elle avait épousé feu le prince Moulay Abdellah. Et il ne vient à l'idée de personne de s'offusquer de son titre de “Lalla”…

Cap sur le social
Dès que son fils est suffisamment grand, Lalla Salma se lance dans les activités sociales. Il faut dire qu'elle y a été initiée bien avant son mariage et ce, sur demande expresse du roi. A l'époque, un acteur associatif avait reçu pour mission de lui faire connaître l'autre visage du Maroc, celui de la pauvreté extrême. Pendant 4 jours, celle qui n'était pas encore l'épouse de Mohammed VI a visité de nombreux douars et bidonvilles. Elle “voulait absolument connaître toute la vérité sur la pauvreté”, raconte un témoin. Ce lien avec le social, Lalla Salma n'allait le renouer qu'après la naissance de l'héritier du trône, en créant sa propre association de lutte contre le cancer. Pourquoi le cancer ? “C'est un sujet qui lui tient à cœur. Un membre de sa famille est mort de cette maladie”, confie l'un de ses proches.

Evidemment, il y a aussi un choix politique derrière cette spécialité princière. La médecine est l'un des terrains les moins investis par la famille royale, surtout s'agissant de la lutte contre les maladies chroniques. Enfance, environnement, bienfaisance… Les domaines de compétence des sœurs et tantes du roi avaient été répartis il y a bien longtemps, pour assurer une couverture royale des principaux volets sociaux. Mais avec la lutte contre le cancer, Lalla Salma investit un domaine transversal, qui touche une population plus large et qui génère, de surcroît, un énorme capital sympathie. Le Maroc compte chaque année, en effet, plus de 40.000 cas de cancer recensés.

Le démarrage de l'association s'est fait “d'une façon très étudiée”. Le roi a tout mis à sa disposition pour qu'elle puisse percer rapidement - notamment le local, une villa meublée de façon chic et moderne, juste en face du palais royal de Rabat. C'est un des fidèles du sérail, le Secrétaire général du gouvernement Abdessadek Rabiîe, qui assiste la princesse dans son travail. Le conseil d'administration, qui s'est tenu 4 fois depuis la création de l'association en novembre dernier (une prouesse dans le monde associatif !), abrite les gros calibres du monde de la finance et de la communication : Saâd Bendidi de l'ONA, Abdeslam Ahizoune de Maroc Telecom, Moulay Hafid Elalamy du groupe Saham (et prochainement patron des patrons), Nourredine Omary du groupe Banque Populaire, et Noureddine Ayouch de l'agence de publicité Shem's (et de la méga association de micro-crédit Zakoura). Tout ce beau monde représente une inestimable source de dons et s'investit dans le montage des projets. Pour que son association n'ait pas des fins de mois difficiles, la crème du capitalisme marocain a été mobilisée pour la princesse. Dans le même conseil d'administration, Lalla Salma compte deux proches : Mohamed Bensouda, son oncle maternel, et Moulay Taher Alaoui, un professeur en gynécologie qui a fait partie de l'équipe ayant supervisé la naissance du prince héritier.

Les choses sont allées très vite. Enquête de terrain, campagne d'information, construction “de maisons de vie” pour l'hébergement des malades… Il y a plusieurs associations marocaines de lutte contre le cancer, mais celle de la princesse a vite pris le pas sur toutes les autres. Habilement, le Palais a associé les responsables de ces associations à l'ONG princière. Pour s'assurer une large collaboration, mais aussi pour éviter toute rivalité. Fouzia Alaoui Mseffer, responsable de la Maison de l'avenir pour les enfants cancéreux, fait ainsi partie du conseil scientifique. Aussitôt créée, l'ONG de Lalla Salma a obtenu le statut d'utilité publique pour pouvoir récolter des fonds détaxés.

Une seule cause, pas plus
Auditée par Price Waterhouse & Cooper et obéissant à des procédures de gestion très strictes, l'association de Lalla Salma suit le chemin emprunté par la Fondation Mohammed V pour la solidarité, présidée de manière effective par son royal mari. Le travail se décline par projets, et s'appuie sur le partenariat et les collaborations externes “pour mobiliser plus de monde”. C'est également un produit d'appel pour les dons étrangers. En visitant le Maroc, l'épouse du président chinois a donné 600 000 DH, sous forme d'équipements. “Les dons collectés couvrent déjà tous les besoins de construction des maisons de vie programmées dans une première phase”, soulignent les responsables de l'association. Lalla Salma assiste à toutes les réunions des conseils d'administration, reçoit un rapport quotidien sur tout ce qui s'y fait, dispatche elle-même le travail, et garde un œil vigilant sur tout. Elle s'investit pleinement dans cette tâche et “ne veut pas se disperser sur d'autres causes, pour vivre entièrement son engagement”, témoigne un de ses collaborateurs.

Et la lutte contre le Sida ? Il y a un mois, la princesse a en effet représenté le Maroc à l'assemblée de l'ONU sur la lutte contre le VIH. Ce voyage officiel donne-t-il le signal d'un proche investissement de la princesse dans une seconde cause ? Selon un connaisseur de la diplomatie royale, il vise plutôt à marquer l'engagement du Maroc sur la scène internationale en faveur de la lutte contre le Sida. Le combat contre cette maladie planétaire est d'ailleurs un must du marketing politique de plusieurs “first ladies” à travers le monde.


Quand elle est en visite de terrain loin de Rabat, la princesse n'hésite pas à mettre un jet privé à la disposition de ses collaborateurs pour qu'ils l'y rejoignent, leur réserve des chambres d'hôtel, et prend soin de les inviter à manger avant de commencer le boulot. On lui prête des qualités de simplicité, d'écoute et d'empathie, mais aussi un caractère affirmé. Pendant l'élaboration des campagnes d'information et de communication, elle a habilement corrigé le langage des médecins qui l'entouraient, en leur demandant que les résultats et les dénominations scientifiques soient vulgarisés en darija, “pour atteindre Monsieur tout le monde”. Des termes comme “bzazel” (seins) ou “laâchoub” (plantes médicinales) ont ainsi remplacé leurs équivalents en arabe classique, que les Marocains ne comprennent pas forcément. La consigne princière est claire : il faut communiquer dans le langage du peuple.


Dans le milieu associatif, on se souvient encore d'une expression que Lalla Salma avait lancée spontanément à Aïcha Echenna, quand elle était venue inaugurer le nouveau hammam de l'association Solidarité féminine. “Hemmerti lina oujehna” (“tu nous a fait honneur”), avait dit la princesse à la militante associative. Encore émue par cette déclaration, Echenna ne tarit pas d'éloges sur “l'humanisme de la princesse”. Elle raconte que cette dernière “frappait à la porte des pensionnaires et demandait la permission avant d'entrer”. La moindre des choses ? Voire… S'ils sont considérés comme naturels venant des “gens normaux”, de tels gestes de respect, venant d'une princesse, surprennent et enchantent. Et expliquent, au moins en partie, l'énorme capital sympathie dont bénéficie Lalla Salma au niveau national - et qu'elle compte bien fructifier à l'international. À ce niveau, son image commence aussi à s'imposer. Plus épanouie dans ses contacts officiels, l'épouse du roi du Maroc se prête allégrement au jeu des photographes.

Une diplomatie étudiée
Pour mieux assumer ses nouvelles fonctions diplomatiques, la princesse a suivi un “stage en étiquette” en Allemagne, juste après la naissance de son fils. Parlant le français, l'anglais et l'arabe classique, elle voudrait maintenant, selon son entourage, apprendre l'espagnol. En Thaïlande, Lalla Salma a représenté le Maroc dans les festivités du 60ème anniversaire de l'intronisation du roi Bhumiphol. Et au Japon, elle a assisté à une exposition marocaine. Ses missions à l'étranger ont souvent une coloration culturelle, et sont évidemment axées sur la promotion du Maroc. Mais pourquoi elle ? “C'est le roi qui décide. Il n'y a pas de règle”, répond, lapidaire, un de ses collaborateurs. En fait, le choix des activités des membres de la famille royale est généralement dicté par leurs “spécialités” respectives. Mais dans le cas de Lalla Salma, il y a une dimension supplémentaire : quelle que soit la cause qu'elle sert, elle est, en tant qu'épouse “visible” d'un chef d'Etat musulman, une ambassadrice de la modernité et du Maroc qui bouge.

Ses sorties, mais également son habillement, sont minutieusement étudiés. En recevant le président chinois et son épouse au Maroc, Lalla Salma arborait une takchita jaune et rouge, aux couleurs du drapeau chinois. En Thaïlande, où elle représentait son époux pour le 60ème anniversaire de l'intronisation du roi, elle portait un tailleur jaune pour rendre hommage à son hôte, le jaune étant la couleur royale dans ce pays. Des attentions subtiles, qui ont été fort appréciées par les Chinois et les Thaïlandais…

Des anecdotes, il en circule aussi pas mal. A Bangkok, Lalla Salma aurait ainsi exigé de la direction de son hôtel de lui dépêcher un personnel à 100% féminin. La presse Thaïlandaise rapporte aussi que juste après son arrivée, la princesse est allée faire du shopping dans les bazars. Là-bas, elle a fait emplette de trois paires de chaussures et de vingt T-shirts portant l'inscription “nous aimons le roi”. Encore un petit clin d'œil... Mais c'est une autre scène qui a vraiment marqué les Thaïlandais. Quand le commerçant a voulu lui offrir des cadeaux, elle a d'abord insisté pour savoir s'ils étaient de prix - sans doute dans l'intention de les refuser, si elle s'était rendue compte que le commerçant faisait un trop gros sacrifice. Devant l'insistance de ce dernier, elle a fini par accepter, puis a demandé autour d'elle comment on disait merci en Thaï. Joignant les mains à la manière des asiatiques, elle a alors répété les mots “khop khun”. Depuis, les Thaïlandais se sont entichés de cette princesse “simple et coquette”, comme l'a rapporté leur presse.

Du sport et de la mode
Si on se réfère à ses débuts, la métamorphose de la princesse est perceptible. Bien que lève-tard, le sport est une de ses activités quotidiennes. Depuis la naissance de son fils, elle observe un régime pour garder la ligne, s'intéresse beaucoup à la mode et fait volontiers la sieste quand elle n'a pas d'engagement. Sinon, la plupart du temps, elle reste chez elle. “Lalla oum Sidi”, dénomination officielle de la mère du prince à Dar Al Makhzen, s'occupe de son fils, lui donne à manger et choisit elle-même ses vêtements. Mais il ne l'accompagne pas pour autant dans ses déplacements officiels. A 3 ans, son quotidien est rempli par sa royale éducation. Le petit garçon est constamment suivi par ses préceptrices, et évolue dans son univers, à Dar Essalam.

Le statut de maîtresse de maison de Lalla Salma s'est également affirmé. Pas spécialement ravie par les attitudes ancestrales pesantes de Dar El Mahkzen, elle avait commencé par traiter sévèrement son personnel. Puis elle a tranché, en en congédiant une bonne partie. Elle en a gardé quelques-uns auprès d'elle, et a fait appel à un nouveau staff plus moderne, formé de lauréats des écoles hôtelières. La méfiance que suscitait, au départ, son statut de roturière, s'est progressivement estompée. Aujourd'hui, on la dit “plus sereine”. Ce qui ne l'empêche pas de bousculer les habitudes des serviteurs du Makhzen. Elle leur aurait ainsi interdit cette manie qu'ils avaient de jurer tout le temps. Elle se serait, rapporte-on, mise en colère quand elle a découvert la disparition - pour cause de renouvellement - de certains de ses appareils électroménagers. Par habitude, les employés héritaient systématiquement de tout ce dont les princes et princesses n'avaient plus besoin. Avec elle, c'est différent. Ces choses-là, y compris les habits, elle préfèrerait, selon son entourage, les donner à ses proches. De même, elle mène une bataille discrète contre les abus. L'indemnité financière de l'Aïd El Kébir, que le personnel percevait chaque année, a ainsi été remplacée par un mouton, à prendre ou à laisser. Une orientation probablement inspirée par son époux, qui avait, dés le début de son règne, fait part de sa volonté de “fermer les robinets”, pour tâcher de réduire autant que possible le train de vie de la Cour. À voir l'augmentation, rapportée par la presse, des dépenses du Palais, ce n'est pas une tâche facile…

Princesse, mais pas reine
Le pouvoir grandissant de la princesse Lalla Salma annonce t-il une fonction supérieure dans la hiérarchie de l'Etat ? Pas pour l'instant, en tout cas… Le Palais travaille bien pour faire de la princesse une première dame, mais pas une reine. Mohammed VI lui-même avait tranché sur cette question, en 2001, lors d'un entretien accordé à Paris Match : “Il n'y a pas de reine en Islam, et donc la question ne se pose pas”. “En tout cas pas au Maroc”, avait ajouté le roi, pensant probablement à la reine Rania de Jordanie. A ce niveau-là, le Palais entend couper court à toute supputation. Pour motiver l'impossibilité de ce titre, un membre du premier cercle royal évoque des raisons historiques : “la monarchie marocaine n'a jamais connu de reine, et ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer”. Voila qui est clair. Pour les experts en communication, en tout cas, le titre de première dame est déjà une révolution. “Elle humanise le roi et lui donne une dimension civile, celle d'un homme qui a une vie sentimentale comme les autres”. “Sans compter qu'elle atténue la sacralité surdimensionnée qui l'entoure”, ajoute l'un d'eux.

L'idée est d'éviter de calquer des modèles étrangers, car le contexte et les enjeux au Maroc sont “tout à fait différents”. En clair : le Maroc, ce n'est pas la Jordanie. Le fait même que la femme du roi ait un visage et une identité “est une rupture”. Elle a un boulot, une mission par le haut qui représente une forme de co-responsabilité. “On sait que la communication qui passe par elle est gagnante, explique un spécialiste. C'est une fille du peuple. Elle a donc un capital de sympathie quasi-inné. Le roi a tout à gagner en agissant à travers elle”. Il est vrai que le roi agit aussi, et depuis longtemps, à travers ses sœurs. Sauf que ces dernières limitent souvent leur action à des présidences d'honneur. C'est regrettable, comme le dit cette militante associative, “le peuple est très sensible aux visites des princes et princesses sur le terrain. C'est dommage qu'ils ne viennent pas nous voir plus souvent”.

D'autres acteurs associatifs ont une analyse plus sévère. Une ONG présidée par une princesse ou un roi, est-ce, au fond, une bonne chose ? Tout le monde est d'accord sur les répercussions de telles présidences, en termes de notoriété et de facilitation du travail. “Mais ce modèle perpétue une tradition fâcheuse dans le monde associatif : le culte du chef incontesté qui s'entoure de fidèles. Inconsciemment, les petites ONG reproduisent ce schéma. Cela retarde l'instauration d'une gouvernance par le bas, où tous les acteurs seraient responsabilisés”, souligne une activiste, excédée par le “trop officiel” dans la société civile.

Reste que l'activité sociale est déterminante pour la promotion de l'image d'une première dame qui cherche à faire ses preuves. Voire qui cherche, selon certains, à “susciter l'admiration de son mari”. “Lalla Salma veut être respectée par le roi pour ce qu'elle fait”, dit-on dans son entourage. Une déclaration un tantinet pompeuse, quand on sait que le caritatif a toujours été un champ d'action privilégié de la famille royale. Mais Lalla Salma est peut-être en train d'en changer les règles. Aujourd'hui, on sent nettement poindre une orientation stratégique réfléchie, pour faire de l'ONG de l'épouse du roi un levier de la politique de son mari. D'autant que le mode de communication choisi par Lalla Salma s'inscrit dans une constante de la politique royale : l'émancipation de la femme, lancée par la réforme de la Moudawana.

Fashion, toujours
Pour servir cette image d'émancipation, le look est déterminant. Avec des cheveux moins rebelles, un maquillage discret mais “qui lui va parfaitement”, disent ses zélateurs, Lalla Salma a maintenant un style propre. Son apparence actuelle tranche radicalement avec celle de ses débuts de princesse, “trop maquillée autour des yeux, et avec une frange relevée qui ne convenait pas à son visage”, disent les spécialistes de ce genre de choses. Aujourd'hui, c'est une princesse fashion qui s'affirme. Son goût pour les tenues Channel est toujours le même. Normal, la maison française habille la plupart des familles royales dans le monde. En journée, les vestes et les jupes ajustées sont un classique. Et pour les soirées de gala, il y a les robes Valentino et Christian Lacroix. Rien que de l'habituel pour les princesses. C'est, en revanche, au niveau de ses tenues marocaines que les pros de la mode affirment d'une seule voix que “quelque chose a bougé”. Celle qu'elle portait à la soirée de gala de la dernière édition du festival du film de Marrakech fait encore jaser le monde de la haute couture. A cette occasion, la princesse serait, à les entendre “sortie des couleurs primaires de rigueur à Dar El Makhzen”. Ce soir là comme d'autres soirs, elle a en effet arboré des couleurs pastel, conformes aux tendances de la saison vestimentaire. Mais sans déroger, pour autant, à ce qui fait la touche particulière du sérail royal : l'incontournable sfifa (boutonnière) et le 1 mètre 90 de longueur de la tenue. Il est vrai que Lalla Salma est grande de taille. Mais même pour les petites carrures, le métrage est immuable. “Cela permet aux princesses de ne pas dévoiler leurs genoux quand elles doivent marcher en portant Jlail (traîne de la tenue)”, explique une styliste. Il aura donc fallu un détour par la Thaïlande pour que les Marocains visualisent les genoux princiers. Où se niche l'audace...

J'ai pas lu, mais c'est super.
On peut fermer le topic sleep.gif
mercredi 26 juillet 2006 à 14:12
Citer +Citer
Je vote pour aussi mellow.gif
jeudi 27 juillet 2006 à 00:19
Citer +Citer
QUOTE (petitCalimero @ 25 Jul 2006 à 03:43)
Je peux en avoir un aprecu?

mini Biographie

Son Altesse Royale la Princesse Lalla Salma est née le 10 mai 1978 à Fès. Lalla Salma est la mère du Prince héritier Moulay El Hassan, né en mai 2003.

Lalla Salma Bennani qui a été élevée à Rabat par sa grand-mère, a perdu sa mère, de la famille Bensouda, à l'âge de trois ans.

Son père, Haj Abdelhamid Bennani, est enseignant à l'Ecole normale supérieure de Fès.

Lalla Salma est ingénieur en informatique et a été major de sa promotion en 2002, à l'Ecole nationale supérieure d'informatique et d'analyse de systèmes (ENSIAS) à Rabat. Elle a travaillé au sein du groupe Omnium Nord Africain (ONA), premier groupe privé du Maroc.

Lalla Salma Bennani a une soeur médecin et trois autres soeurs issues du second mariage de son père.
jeudi 27 juillet 2006 à 00:21
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QUOTE (zaibacker @ 26 Jul 2006 à 14:12)
Je vote pour aussi mellow.gif

j'ai tout lu

et c trés bon, ça "résume" la vie de lady salma depuis son mariage avec SM le roi M6. rolleyes.gif
jeudi 27 juillet 2006 à 10:05
Citer +Citer
maudit soi tu lool
vendredi 28 juillet 2006 à 00:48
Citer +Citer
QUOTE (zaibacker @ 27 Jul 2006 à 10:05)
maudit soi tu lool

mf_tongue.gif sm15.gif
vendredi 28 juillet 2006 à 04:32
Citer +Citer
QUOTE (sarsoura731 @ 27 Jul 2006 à 00:19)
Lalla Salma est ingénieur en informatique et a été major de sa promotion en 2002, à l'Ecole nationale supérieure d'informatique et d'analyse de systèmes (ENSIAS) à Rabat. Elle a travaillé au sein du groupe Omnium Nord Africain (ONA), premier groupe privé du Maroc.

Pas mal du tout happy.gif
vendredi 28 juillet 2006 à 05:27
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QUOTE (francoise-ette @ 24 Jul 2006 à 17:03)
Fashion, toujours
Pour servir cette image d'émancipation, le look est déterminant. Avec des cheveux moins rebelles, un maquillage discret mais “qui lui va parfaitement”, disent ses zélateurs, Lalla Salma a maintenant un style propre. Son apparence actuelle tranche radicalement avec celle de ses débuts de princesse, “trop maquillée autour des yeux, et avec une frange relevée qui ne convenait pas à son visage”, disent les spécialistes de ce genre de choses. Aujourd'hui, c'est une princesse fashion qui s'affirme. Son goût pour les tenues Channel est toujours le même. Normal, la maison française habille la plupart des familles royales dans le monde. En journée, les vestes et les jupes ajustées sont un classique. Et pour les soirées de gala, il y a les robes Valentino et Christian Lacroix.

ah oui en effet très interessant...
surtout cette partie là de l'article siffle.gif
non mais serieusement ! dry.gif
samedi 29 juillet 2006 à 01:13
Citer +Citer
QUOTE (zaibacker @ 27 Jul 2006 à 09:05)
maudit soi tu lool


huh.gif


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