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Thursday 04 January 2007 à 15:47
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En images : des lacs de méthane sur Titan bien réels !
Par Jean Etienne, Futura-Sciences, le 04/01/2007 à 09h16

Les scientifiques annoncent avoir définitivement démontré la présence de lacs de méthane liquide à la surface de Titan, le plus gros satellite naturel de Saturne. Voici les points essentiels de leur communiqué, à paraître cette semaine dans Nature.

De vastes étendues de méthane liquide ont été mises en évidence à la surface de Titan par imagerie radar, au moyen des données acquises à partir du 22 juillet 2006 via la sonde américaine Cassini en orbite autour de Saturne, selon les scientifiques du programme. Une reconstitution en fausses couleurs réalisée à partir de ces données fournit un aspect aussi fidèle que possible de ce qui a pu apparaître sous le regard électronique de l'engin spatial.


Voici quelques points essentiels du communiqué destiné à paraître cette semaine dans Nature, la prestigieuse revue scientifique américaine.

+ Cette image radar en fausses couleurs montre des lacs à la surface de Titan. L'intensité de la couleur est proportionnelle à la puissance du signal réfléchi. Crédit NASA/JPL/USGS. +


Caractéristiques

Les parties nettement délimitées apparaissant noires ou très foncées sont interprétées comme des lacs de faible réflectivité, y compris les similitudes morphologiques telles les canaux ou les embouchures ainsi que les dépressions topographiques.

Les surfaces foncées en surface peuvent être formées de liquide, de glace, de roche ou de composés organiques lisses. Plus de 75 formations de ce type ont été dénombrées, mesurant de 3 à 70 kilomètres.

Quelques lacs paraissent partiellement asséchés, alors que d'autres semblent remplis de liquide. Certaines cavités partiellement remplies peuvent s'être partiellement évaporées, à moins qu'elles n'aient jamais atteint leur niveau maximum. Les lacs asséchés présentent des remparts et un plancher dont la réflectivité est similaire au terrain environnant, démontrant l'absence en leur sein de tout liquide.

Les taux de remplissage variés de tous les lacs observés suggèrent que leur existence pourrait être soumise à de nombreux changements d'aspect et même être provisoire selon un timing indéterminé, du moins dans la région observée de Titan.

Au moins 15 des formations les plus foncées paraissent remplies de liquide et ne montrent aucune trace évidente d'érosion. Celles-ci présentent de nombreuses similitudes avec des lacs terrestres confinés dans des cratères d'impact, comme par exemple le lac Clearwater au Canada, ou au sein de caldeiras volcaniques, telle le Crater Lake, en Oregon. Leur aspect similaire, ainsi que leurs dimensions s'inscrivant dans une fourchette commune semblent cependant privilégier une origine volcanique.



Vue radar d'un lac à la surface de Titan. Crédit NASA/JP

Quelques lacs présentent des remparts tombant à pic et une bordure très nette, suggérant une faille topographique, et pourraient résulter d'affaissements provoqués par des infiltrations de liquides de drainage souterrains.

D'autres lacs, par contre, apparaissent plus diffus, entourés de bords crantés, et présentent une diminution de réflectivité des ondes radar de l'extérieur vers le centre. Ceux-ci pourraient être associés aux canaux, ou il pourrait s'agir de lacs de drainage de liquides souterrains.

D'autres encore sont prolongés de méandres qui les font ressembler à des vallées terrestres inondées par un fleuve, comme le lac Powell.

De petites zones plus lumineuses à proximité des berges des lacs pourraient être de petites îles venant crever la surface. La présence d'"icebergs" est toutefois peu probable, car contrairement à la glace d'eau, les hydrocarbures liquides congelés ne flottent pas en surface, leur densité étant trop élevée.

Autres observations

En se basant sur les caractéristiques des lacs, les scientifiques du programme Cassini sont convaincus qu'ils se trouvent bien en face de dépressions remplies de liquide. Une autre hypothèse voudrait que ces formations se soient formées dans un lointain passé et se soient remplies d'un dépôt de matière de faible densité, plus foncée que les terrains composant le reste de la surface du satellite. Cependant, l'absence de vents dans cette région de Titan rend cette théorie peu plausible.

Les formations lacustres de l'hémisphère nord de Titan démontrent avec évidence que la surface du planétoïde et son atmosphère sont soumis à un cycle hydrologique particulièrement actif, mettant en œuvre des formes liquides autres que l'eau. Au cours de ce cycle, les lacs sont approvisionnés par des précipitations de méthane ainsi que probablement par des couches de subsurface semblables à nos nappes phréatiques, à la différence près que le méthane liquide remplace l'eau.

Alors que les saisons sur Titan progressent selon un cycle de 29 années en fonction de l'orbite de Saturne autour du Soleil, les lacs situés dans l'hémisphère où règne l'hiver devraient se remplir de méthane liquide, approvisionnés par des précipitations abondantes, alors que ceux situés aux antipodes devraient se réduire ou s'assécher entièrement.

D'autres observations rapprochées sont encore attendues de la surface de Titan, qui décidément, nous réserve bien plus de surprises qu'on ne le pensait.



Perspective complète en fausses couleurs des lacs à la surface de Titan. L'intensité de la couleur est proportionnelle à la puissance du signal réfléchi.
Crédits : NASA/JPL/USGS

Monday 08 January 2007 à 09:58
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Record de chaleur pour un condensat de Bose-Einstein
Par Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences, le 05/01/2007 à 11h25

Vingt kelvins ! Bien sûr, c’est seulement vingt degrés au-dessus du zéro absolu, mais ce froid intense est un record de chaleur pour un condensat de Bose-Einstein, un état de la matière qui passionne les physiciens du monde entier depuis des décennies.

Au Laboratoire de spectrométrie physique de Grenoble (CNRS), à l'École polytechnique fédérale de Lausanne et à l'université de Cambridge, des chercheurs ont dû sabler le champagne avant les fêtes de Noël. Grâce à une technique originale, ces trois équipes ont créé un condensat de Bose-Einstein à 20 kelvins, soit - 253 °C. Jusqu’à présent, il fallait frôler le zéro absolu pour obtenir un peu de matière dans cet état très particulier, prédit par le physicien indien Satyendra Nath Bose pour les photons et dont le concept a été généralisé à toutes les particules appelées bosons (du nom de Bose), de spin entier et qui peuvent partager le même état quantique.

Dans une condensation de Bose-Einstein, justement, toutes les particules se comportent exactement de la même manière, comme si elles n’en formaient qu’une. Des propriétés extraordinaires surgissent, qui n’ont pas fini d’émerveiller les physiciens. Voilà 70 ans que ce sujet fait l’objet d’une recherche intense. Ce phénomène quantique intervient notamment dans la superfluidité quand un liquide perd toute viscosité (ce sont alors les atomes qui sont condensés). Il explique aussi la supraconductivité, où la condensation concerne les électrons (ou plutôt des paires d’électrons de spins opposés, ou paires de Cooper).



Mise en évidence d’un condensat de Bose-Einstein dans un gaz par mesure de la distribution des vitesses. A droite, les deux pics, obtenus à basse température, montrent l’apparition d’un groupe d’atomes se comportant tous de la même manière. Crédit : John Bohn, Jinx Cooper, Eric Cornell, Chris Greene, Murray Holland, Deborah Jin, Carl Wieman / University of Colorado

Physicien recherche particule légère

Pour obtenir un condensat, il faut refroidir généreusement ou compresser beaucoup - mais vraiment beaucoup. Au cœur d’une étoile à neutrons, ces restes d’étoiles extraordinairement compacts, on pense que la matière est un condensat superfluide. Au laboratoire, la seule solution est de refroidir très près de 0 kelvin.

On sait aussi que plus les particules sont légères et moins il faut refroidir. Les scientifiques ont suivi cette piste depuis un moment et essayé de fabriquer des condensats avec des excitons. Ces pseudo-particules, rencontrées dans les semi-conducteurs, sont formées par l’association d’un électron (un poids plume) et d’une sorte de trou, espace vide au sein d’un réseau d’atomes et jouant le rôle de partenaire positif. Mais apparemment cette voie est pleine d’embûches.

Les éphémères polaritions

Voilà pourquoi la triple équipe a préféré les polaritons. Discrets, voire méconnus, ces objets étranges sont aussi des quasi-particules. Elles apparaissent quand une onde lumineuse s’associe à une onde de polarisation, causée par les légers mouvements d’une charge électrique dans un isolant (qui, par nature, ne permet pas l’établissement d’un courant). On les obtient en envoyant des excitons d’un semi-conducteur dans une microcavité contenant deux miroirs. « Comme ils contiennent un photon, les polaritons sont des particules particulièrement peu massives, explique Daniel Le Si Dang, du Laboratoire de spectrométrie physique de Grenoble. Ils sont donc susceptibles de former un BEC à relativement haute température. »

Les polaritons n’ont qu’un défaut, mais de taille : leur durée n’est que de… 1 picoseconde, soit 10-12 seconde. Malgré ce handicap, le condensat a pu être réalisé et observé. Voilà donc un objet de plus, le condensat de polaritons, exposé à la curiosité des physiciens…
Tuesday 09 January 2007 à 01:30
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En vidéo : première carte 3D de la matière noire de l'Univers !
[URL=http://www.futura-sciences.com/news-video-premiere-carte-3d-matiere-noire-univers_10206.php]
Par Laurent Sacco, Futura-Sciences, le 08/01/2007 à 16h22[/URL]

La distribution de la matière noire en 3D à l’échelle des amas de galaxies vient d’être cartographiée par une équipe internationale d’astronomes, un exploit accompli une fois de plus grâce au télescope Hubble !

+ Carte de la distribution de matière noire entre 3,5 et 6,5 milliards d'années lumière. Notez l'évolution temporelle. +


Rappelons que la matière noire est une forme exotique et invisible de matière invoquée pour expliquer le comportement des galaxies et des amas de galaxies. Près de 5 fois plus abondante que la matière ‘normale’, elle jouerait aussi un rôle fondamental dans l’apparition des galaxies, la formation et l’évolution des structures à grandes échelles formées de ces dernières.

Une preuve indirecte, extrêmement convaincante de son existence, a d’ailleurs été fournie il y a quelque mois, suite à l’étude d’un amas de galaxise en rayons X par le cousin de Hubble, Chandra.

Selon la théorie de l’évolution des galaxies, la matière noire s’est effondrée gravitationnellement la première, servant de germe à la formation des galaxies qui, à leur tour, se rassemblent au cours du temps pour former des amas localisés dans un réseau de filaments interconnectés. Les zones de matière noire créent, alors, une sorte de puits gravitationnel dans lequel la matière normale tombe par attraction au cours du temps.

On comprend donc qu’avoir une carte en 3D de la matière noire à grande échelle est un moyen essentiel pour tester la théorie. N’oublions pas aussi que regarder loin dans l’Univers, c’est regarder tôt à cause de la vitesse finie de propagation de la lumière. C’est pourquoi cette carte permet de tester l’évolution de la répartition dans le temps de la matière, et pas seulement dans l’espace.

Comment s’y prendre alors puisque, par définition, cette matière ne rayonne pas ?

Les astrophysiciens et les astronomes sont habitués à relever de tels challenges, ils savent qu’ils ont un outil formidable pour percer les secrets de l’Univers à grande échelle : la théorie de la relativité générale d’Einstein !

La masse courbe la trajectoire des rayons lumineux. En utilisant cet effet, on peut remonter à la distribution de matière s’intercalant entre la source de ces rayons et l’observateur. Quand on regarde la forme des galaxies à grande distance, on s’aperçoit que leur image est légèrement déformée à cause de ce phénomène. C’est en utilisant essentiellement cette technique, dite de lentille gravitationnelle faible, pour près d’un demi-million de galaxies à grandes distances, que l’on a pu aboutir au résultat aujourd’hui publié dans «Nature».


Video sur la découverte de Hubble (en anglais)
Credit: ESA/Hubble (M. Kornmesser & L. L. Christensen)


On le doit à une équipe d'astronomes du Caltech, de l'Observatoire de Marseille et d'autres institutions dans le monde. En plus de l'effet de lentille, il a fallu utiliser des données en rayons X.

Les mesures montrent un accord très satisfaisant avec les prédictions de la théorie de la formation des grandes structures, il reste juste à détecter directement cette matière noire en laboratoire !

Ce pourrait être ce qu'on appelle des WIMPS ou des axions. Le candidat le plus probable actuellement, et qui pourrait être détecté au LHC, est une particule issue des théories de supersymétrie, le neutralino.

Cartes en fausses couleurs montrant la densité de matière normale (rouge) et celle de la matière noire (bleu).
Crédits : Credit: NASA, ESA, CalTech


Ce message a été modifié par Daddy-O - Tuesday 09 January 2007 à 01:32.
Tuesday 16 January 2007 à 01:39
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Interview : un impact majeur sur Terre il y a 4000 ans
Par Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences, le 15/01/2007 à 08h22

Pour Futura Sciences, la géologue Marie-Agnès Courty revient sur ses découvertes qui l’amènent à affirmer qu’un astéroïde ou une comète a percuté la planète il y a seulement 4000 ans.

Depuis plus de quinze ans, elle accumule des preuves, travaillant parfois sur ses fonds propres et avec l’aide d’un réseau de scientifiques. Un peu partout dans le monde, jusque dans le fond des océans, les traces d’un événement considérable sont inscrites dans le sol. Pour elle, son origine cosmique ne fait aucun doute. Elle travaille actuellement à réaliser un dossier solide, qui sera prochainement publié dans une revue scientifique internationale. Marie-Agnès Courty est directrice de recherche au CNRS, UMR 5198, Centre Européen de Recherches Préhistoriques de Tautavel dans les Pyrénées Orientales.

Futura Sciences : Comment une géologue comme vous peut-elle se préoccuper d’archéologie ?

Marie-Agnès Courty :
Ma spécialité est l’étude du sol en relation avec les activités humaines, sur une période vaste, disons de l’Erectus (vers un million d’années) jusqu’au Moyen-Âge. Techniquement, c’est une forme de pétrographie. On parle aussi de micromorphologie. Nous étudions le sol jusque dans ses structures microscopiques et nous parvenons à lire sa micro-organisation pour reconstituer les événements qui s’y sont déroulés. On peut aussi restituer avec beaucoup de précision l’environnement (climat notamment) qui existait au moment correspondant à des restes d’activités humaines. À la limite, nous sommes capables de dire, devant des traces d’un foyer allumé par des hommes, qu’il pleuvait ce jour-là. C’est une discipline récente, que j’ai créée avec deux collègues étrangers il y a une vingtaine d’années, car j’ai toujours été fascinée par l’archéologie.


+ Une couche rougeâtre, riche en éléments fondus, surmonte un niveau noirci : voilà un exemple de la « couche 4000 », en Charente, dans un fossé datant du Néolithique final +


FS : Comment vous êtes-vous lancée sur la piste d’un astéroïde ?

Marie-Agnès Courty :
Il faut dire « impacteur », car il peut s’agir d’une comète ! En 1990, en Syrie, à l’occasion d’une prospection géoarchéologique (on tente de repérer des sites, on ne fouille pas), je suis tombée sur une couche bizarre, datant de 4000 ans avant le présent, faite de matériaux pulvérulents, d’agrégats de la taille de grains de sable, avec des verres volcaniques. Certains minéraux avaient fondu à des températures supérieures à 1500 °C. D’après leur composition, ces agrégats n’avaient rien à faire là ! J’ai cherché un volcan en Syrie qui pourrait expliquer cette couche. Mais il n’y en a pas, les seuls candidats potentiels étaient un peu plus au nord, en Turquie. En 1993, nous avons publié dans Science avec Harvey Weiss un article expliquant que cette catastrophe avait pu conduire à la disparition de l’empire Akkad. Mais la suite de mes recherches en Syrie m’a conduite à reconnaître que l’événement a eu lieu au début de cet empire… Nous avons été piégés par les résidus volcaniques. Ils ne provenaient pas d’un volcan proche : ils ont été transportés avec les autres matériaux de la couche. Ils venaient de beaucoup plus loin…

+ Les matériaux de ce bloc ont fondu à plus de 1 500 °C, une température que les hommes ne savaient pas produire il y a 4.000 ans. Crédit : Marie-Agnès Courty +


FS : Comment la communauté scientifique a-t-elle accueilli votre thèse ?

Marie-Agnès Courty :
Cela a été difficile ! En 1994, il y a eu un congrès de paléoclimatologues. À l’époque, je défendais l’idée d’un changement climatique brutal associé à des vents violents. Le congrès s’est transformé en cacophonie ! Il a été proposé que l’on vote pour savoir si mon idée était bonne. C’était ahurissant ! J’ai dû hurler pour qu’on ne le fasse pas. La science, ce n’est pas de la démocratie… L’année suivante, la majorité de ces congressistes avaient rejoint mon avis mais j’avais changé le mien ! De nouveaux éléments m’avaient conduite à abandonner l’hypothèse volcanique pour m’engager sur la piste d’un impact et j’ai cherché des traces ailleurs.

FS : Comment avez-vous pu remonter sa trace ?

Marie-Agnès Courty :
J’ai cherché cette couche de matériaux fondus partout où c’était possible mais les financements étaient très difficiles à trouver. On a dû se débrouiller. J’ai profité de campagnes faites pour d’autres recherches, notamment au Pérou, et une partie de mes travaux dans d’autres régions a été conduite sur mes fonds propres ! Des collègues m’ont aidée dans le monde entier, et surtout en France, avec l’aide de l’Institut National de Recherche Archéologique Préventive (qui réalise des fouilles sur des chantiers). Des grands labos ont fait des analyses gratuitement. J’ai pu m’appuyer sur les travaux de paléo-océanographes français qui disposent de carottes prélevées dans différents océans pour lire l’évolution du climat de la planète. J’ai ainsi pu rechercher cette couche de 4000 ans BP (before present, NDLR) dans les sédiments marins sous différentes latitudes. Pendant toutes ces années, j’ai affiné la reconnaissance des signatures présentes dans la couche.

Cette trace se retrouve partout. Nous l’avons détectée dans le sud de la France, à Nîmes, à Mauguio, dans le Tarn, l’Aude, etc. En Irlande, Mike Baillie, spécialiste de paléoécologie à Belfast, l’a repérée dans les cernes des arbres. Il est même beaucoup plus affirmatif que moi et situe l’événement vers 2350 avant Jésus-Christ.

Et les preuves se sont accumulées. Dans les échantillons de Syrie, nous avons trouvé des nanodiamants, déjà connus pour se former lors des impacts. En 2005, les paléo-océanographes ont pu déterminer des fossiles marins que j’avais identifiés dans ce niveau de 4000 ans BP, apportant la preuve que ces radiolaires, diatomées et foraminifères provenaient d’Antarctique ! Comment s’étaient-ils retrouvés de l’autre côté du globe ? Dans les carottes océaniques, les épaisseurs de cette couche deviennent considérables à mesure que l’on descend vers le sud : on passe de quelques millimètres dans l’hémisphère nord à plusieurs mètres dans l’océan austral ! Cela et les indices pétrologiques semblent désigner une région proche des Kerguelen.


Trouvé en Syrie au milieu de blocs basaltiques, ce radiolaire (un microorganisme marin) a vécu… en Antarctique. Crédit : M.-A. Courty

FS : Etes-vous sûre de la datation ?

Marie-Agnès Courty :
La datation calendaire (donnant une date précise) est difficile à obtenir. Nous avons comparé avec les carottes tirées de l’Antarctique, mais le calage est dépendant des datations au carbone 14. Des stalactites et stalagmites ont aussi donné des résultats. Il y a les cernes des arbres. Après corrections (imposées du fait des fluctuations de l’activité solaire), on arrive à 4200 +/- 200 ans BP ans en âge calibré. Mais beaucoup d’échantillons sont pollués par des hydrocarbures qui ont été éjectés par l’impact. On ne peut pas en tenir compte (même si leur analyse a coûté cher !).

FS : Quelle image vous faites-vous de cet événement ?

Marie-Agnès Courty :
L’impact a projeté dans l’atmosphère une quantité énorme de blocs incandescents qui se sont répandus à des dizaines de milliers de kilomètres. Ils ont provoqué des ignitions : des incendies qui pouvaient être très localisés. Imaginez : sous la chaleur, la table fond mais à côté tout reste normal.

FS : Pourtant, il manque des pièces au puzzle pour affirmer qu’il s’agit bien d’un impacteur ?

Marie-Agnès Courty :
Il manque les traces d’iridium, considérées comme la signature indubitable d’un astéroïde, bien que tous les impacts ne soient pas associés à un pic d’iridium. Il manque aussi la trace d’un cratère. Il y a aussi la puissance de l’impact. Les spécialistes des impacts disent qu’une telle extension géographique impose un choc gigantesque, certes pas aussi puissant que la chute de l’astéroïde à la fin du Crétacé connu pour avoir provoqué une extinction massive, et qu’il aurait dû provoquer des dégâts énormes. Nous sommes toujours là, donc, il ne peut y avoir eu un cataclysme considérable, et en conséquence pas d’impact d’une telle amplitude. Voilà ce que disent les modèles d’impact. Mais les faits sont là, et il faudra bien concilier modèles et données !

FS : Peut-on trouver des traces dans l’histoire humaine ?

Marie-Agnès Courty :
Il y a 4 000 ans, l’écriture n’était pas encore installée. Elle n’était utilisée que par une élite et, d’après les spécialistes, elle était cryptée. De plus, nous avons très peu de textes. On n’a pas de données de ce côté-là. En archéologie, il y a des indices. Dans des sites de l’Empire d’Akkad en Mésopotamie du Nord, des restes de jarres montrent qu’elles contenaient les matériaux fondus de la couche 4000 et elles se trouvent dans des lieux rituels ! Cela veut donc dire que ces curieux matériaux ont été ramassés et stockés dans des lieux très particuliers. Mais d’une manière générale, les archéologues ont du mal à croire à cette théorie catastrophiste…

FS : Faut-il revisiter les grands mythes, comme l’Apocalypse ?

Marie-Agnès Courty :
Je suis stupéfaite de la précision avec laquelle on décrit un phénomène si proche de la chute d’un impacteur dans le récit de l’Apocalypse. Mais je ne me sers pas de cela pour caler une datation ! Cela m’intéresse intellectuellement, c’est tout…

FS : Et la prochaine étape ?

Marie-Agnès Courty :
Publier de nouveaux résultats. Mais notre souci est plutôt que nous avons trop de données ! Il faut les organiser, les épurer pour en faire une thèse simple et solide. Mais il faut faire vite. Des Américains ont annoncé aussi l’hypothèse d’un impact, mais 800 ans plus tôt, à partir de données qui déforment un peu les miennes… Nous en reparlerons bientôt !

Ce message a été modifié par Daddy-O - Tuesday 16 January 2007 à 01:41.
Wednesday 17 January 2007 à 12:05
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Evolution accélérée : une fleur géante au record mondial de croissance...
Par Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences, le 17/01/2007 à 10h27

Un mètre de diamètre et 7 kg sur la balance : la fleur de la Rafflesia défiait depuis 200 ans les spécialistes de la classification. Surprise : on apprend aujourd’hui que ses ancêtres d’il y a au plus 46 millions d’années avaient des fleurs toutes petites. Voilà qui lui confère le record de croissance parmi tous les organismes vivants de la Terre !

On sait maintenant que Rafflesia arnoldii est une euphorbiacée, cette famille à laquelle appartiennent nos euphorbes et qui compte quelque 6 000 espèces. Annoncée ainsi, la nouvelle ne semble pas fracassante. Elle le paraît davantage quand on considère l’incroyable fleur de cette plante tropicale : son diamètre peut atteindre un mètre et son poids grimpe jusqu’à sept kilogrammes. Dans la forêt, elle se fait remarquer par cette taille hors norme mais aussi par son odeur, pestilentielle mais utile : c’est elle qui attire les insectes se chargeant de sa pollinisation. Elle n’a donc pas grand-chose à voir avec les euphorbiacées, dont les inflorescences dépassent rarement quelques millimètres.


Dans la forêt tropicale, Rafflésia est devenue un diffuseur géant de parfum - hélas nauséabond. Crédit : Jeremy Holden

Jusque-là, la position de cette curiosité et de ses cousines, les rafflesiacées, restait une énigme, bien que ces plantes soient connues depuis deux siècles. Il faut dire qu’elles sont parasites, vivant aux dépens de l’arbre sur lequel elles se sont fixées. Elles sont dépourvues de feuilles et de tiges, qui servent justement aux taxonomistes pour situer une plante dans la classification. L’étude génétique n’était d’aucun secours car les botanistes utilisent l’ADN des chloroplastes, ces petites structures intracellulaires qui conduisent la photosynthèse. Or, ils sont absents chez les rafflesiacés. Charles Davis (de l’université Harvard, Etats-Unis), lui, s’est attaqué à l’ADN des mitochondries, des organites (intracellulaires, comme les chloroplastes) et qui s’occupent de la respiration.

Grâce à cet ADN mitochondrial, les rafflesiacées, dans une première étude, ont trouvé leur place parmi les malpighiales, qui comprennent les euphorbiacées. L’équipe de Davis a ensuite analysé 11 500 paires de base dans plus de cent espèces de ce groupe. Dans leur article, publié dans Science, le verdict est clair : les rafflesiacés appartiennent aux euphorbiacées.

Si peu de millions d’années pour grandir…

Pour déterminer quand les ancêtres des rafflésiacées ont commencé à faire grandir leurs fleurs, l’équipe a étudié les fossiles connus d’euphorbiacées. Selon les auteurs, les rafflésiacés ont commencé à diverger des autres euphorbiacées il y a 46 millions d’années. L’énorme augmentation de taille n’a donc pu se produire qu’à partir de ce moment. Le manque de fossile de rafflésiacées empêche de savoir quand a débuté cette croissance. Elle pourrait donc être plus récente.

Même si elle date de 46 millions d’années, cette tendance au gigantisme étonne. La raison semble en être la meilleure efficacité de la production et de la diffusion du parfum, repoussant pour un nez humain mais attractif pour les insectes pollinisateurs. Mais la question restant en suspens est celle de la vitesse du changement, très élevée vue l’ampleur de la modification. « L'échelle de cette évolution est inédite dans le règne végétal et dépasse même tout ce qui se fait dans le monde vivant, explique Daniel Nickrent, l’un des coauteurs. » Entre la taille des fleurs des ancêtres des rafflésias et celle des espèces actuelles, poursuit-il, « c’est comme comparer un homme et la pyramide de Gizeh ».

En rapprochant ce groupe d’euphorbiacées actuelles, les chercheurs espèrent qu’il sera possible de déterminer quels gènes se sont modifiés pour provoquer ce gigantisme. Rafflesia a donc encore des secrets à révéler.
Wednesday 17 January 2007 à 23:29
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Une nouvelle source de cellules souches !
Extrait du BE Etats-Unis N°61 - Ambassade de France aux Etats-Unis, le 17/01/2007 à 12h15

Sept années de recherche auront été nécessaires à un groupe de scientifiques des écoles de médecine de Wake Forrest University, en Caroline du Nord et d'Harvard University, à Boston pour caractériser une nouvelle source de cellules souches : le liquide amniotique.

Cette étude publiée dans Nature Biotechnology pourrait bien exposer une solution alternative à la technologie des cellules souches embryonnaires humaines, laquelle alimente le débat politique. Le Président Bush a d'ailleurs opposé le seul et unique véto de ses deux mandats sur un amendement qui autorisait l'octroi de crédits fédéraux pour des recherches sur les cellules souches provenant d'embryons détruits. Fort de sa nouvelle majorité, le parti démocrate a d'ailleurs promis de déposer très rapidement un texte similaire au congrès.

Selon l'un des auteurs principaux de l'étude, Anthony Atala, les cellules nommées "amniotic fluid-derived stem cells" (AFS) sont facilement collectées lors de diagnostics prénataux classiques. Elles présentent des avantages comparables à la fois aux cellules souches embryonnaires et aux cellules souches adultes.

Ces lignées de cellules souches sont véritablement totipotentes. Elles sont capables de se différencier en de nombreux types de tissus (sang, tissu adipeux, muscles, os...), mais également de former les trois feuillets embryonnaires, l'ectoderme, le mésoderme et l'endoderme. Après deux semaines de culture, leur croissance est stable et rapide (36h par génération). De plus, après deux ans de croissance en laboratoire, elles ne présentent pas de signe de vieillissement ou de marqueurs cancéreux.

Leur efficacité fonctionnelle a également été démontrée, puisqu'une fois engagées dans un processus de différentiation neuronale, ces cellules, injectées dans le crâne de souris atteintes de maladies cérébrales, sont capables de créer de nouvelles connexions avec d'autres neurones sains. De plus, ces cellules AFS différenciées et cultivées sur une matrice sont capables de se calcifier pour former un tissu osseux solide et sain.

Selon Anthony Atala, les cellules amniotiques de 100 000 femmes seraient suffisantes pour former une banque suffisamment diverse d'un point de vue génétique pour fournir des tissus immunologiquement compatibles à l'ensemble des Etats-Unis.

Pour Richard Doerflinger, directeur adjoint des activités anti-avortement de la conférence des évêques catholiques américains, c'est une nouvelle réjouissante puisque cette recherche ne nécessiterait plus de détruire des d'embryons.

Cependant Anthony Atala et d'autres scientifiques soulignent que ces nouvelles cellules ne vont pas rendre obsolètes les cellules souches embryonnaires humaines. Ainsi, Robert Lanza, directeur scientifique de "Advanced Cell Technology" de Worcester, Massachusetts pense qu'il faut avancer dans les recherches de front et décider, au final, quelle technologie est la plus efficace.

Par rice Obadia, Hedi Haddada & Sophia Gray

Référence: "Isolation of amniotic stem cell lines with potential for therapy" De Coppi P., Nature Biotechnology, 7 janvier 2007.
Saturday 20 January 2007 à 16:25
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La Russie doit renoncer à la course à la Lune
Par Jean Etienne, Futura-Sciences, le 20/01/2007 à 10h49

A l'instar des Etats-Unis, la Russie ambitionne d'établir un nouveau programme d'exploration lunaire avec la construction de bases habitées et de laboratoires scientifiques. Mais est-ce bien raisonnable ?

Les deux grandes puissances spatiales ne dissimulent pas leurs objectifs. A long terme, chacune vise le débarquement de cosmonautes à l'horizon 2015 - 2017, et la construction des premières bases habitées en permanence vers 2025 - 2030. Mais cette "course à la Lune bis" suscite des critiques acerbes à Moscou, et même une certaine incompréhension doublée de scepticisme de la part des scientifiques.

Ainsi Alexandre Zakharov, docteur en physique et mathématique, chercheur à l'Institut d'Etudes Spatiales, déclare: "Nous n'avons plus, comme par le passé, de programme cohérent d'étude de la Lune et d'autres planètes. Pour l'instant, toutes ces déclarations ne sont que pure rhétorique. Pour le moment, la Russie n'a qu'un seul projet d'étude de la Lune : le programme "Lune-Globe" (cartographie de la Lune, NDLR). Certes, d'autres projets sont également examinés, mais ils sont prévus pour un avenir plus lointain. Par conséquent, il est prématuré de parler de "compétition lunaire" avec les Américains."

Aux Etats-Unis même, lors de la présentation du nouveau programme lunaire, l'Administrateur de la Nasa avait annoncé que le premier vol d'une semaine de quatre astronautes à destination de notre satellite reviendrait à 100 milliards de dollars, somme qui avait immédiatement entraîné de nombreuses critiques à la lumière des dépenses provoquées par la guerre en Irak et le coût de la reconstruction après l'ouragan Katrina.

La Russie, dont le programme lunaire avait été interrompu avant son aboutissement dans les années 70 et ne disposant pas de la même expérience que les Américains, devrait donc dégager une somme au moins aussi importante d'autant plus qu'elle ne dispose d'aucun lanceur susceptible d'emporter un vaisseau habité vers la Lune. Les quatre tentatives de lancement de la fusée lunaire N1, équivalent de la Saturne 5 américaine, avaient échoué en provoquant parfois la destruction totale du champ de tir.


Le lanceur soviétique N1, de taille et masse comparables à la fusée Saturne 5 américaine, était acheminée horizontalement sur son pas de tir. Crédit RKK-Energya.

Son successeur, Energya, capable de satelliser 88 tonnes en orbite basse, n'a été utilisé qu'à deux reprises, pour une tentative de lancement d'une charge militaire (présentée comme un satellite géodésique, qu'elle ne parvint pas à mettre en orbite) et lors du premier et unique vol de la navette spatiale soviétique Bourane le 15 novembre 1988. Quant au plus puissant vecteur russe actuel, Proton, sa capacité de 21 tonnes seulement en orbite basse la rend inapte pour une mission impliquant un alunissage avec retour d'astronautes.

"Malheureusement, la Russie ne peut que parler de tels projets", déclare le docteur en économie Mikhaïl Deliaguine. "Je suis certain que nous sommes incapables de procéder seuls en ce moment à l'exploration de la Lune. Nous n'arrivons même pas à explorer nos propres terres dans l'Est, en Sibérie, alors que dire des projets extraterrestres".

Les deux vidéos que nous vous présentons revêtent un caractère historique. La première montre la mise à feu du premier exemplaire de la N1, le 21 février 1969, suivie du début de son ascension. La seconde présente le lanceur au décollage, puis l'explosion de son premier étage à la 70e seconde de vol.



Thursday 25 January 2007 à 21:29
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Tout le monde s'en fout de mes articles. dry.gif
Thursday 25 January 2007 à 21:32
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Première observation d'un système triple de quasars
Par Laurent Sacco, Futura-Sciences, le 24/01/2007 à 08h38

C’est la conclusion surprenante à laquelle est arrivée une équipe d’astronomes du California Institute of Technology et de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne en observant trois quasars distants de 10,5 milliards d’années-lumière.


Triple quasars observés par les astronomes de l'ESO

«Les quasars sont des objets plutôt rares dans l’Univers » affirme l’astrophysicien George Djorgovski du fameux Caltech et directeur de l’équipe responsable de la découverte. « En observer deux associés est déjà improbable s’ils sont distribués de façon aléatoire, mais trois…cela ne s’est jamais vu ! » .

Originellement découverts sous forme de sources d’ondes radios, l’observation de leur contrepartie en optique, par Maarten Schmidt, avait stupéfié le monde de l’astronomie. Ils apparaissaient comme de simples étoiles, mais avec un décalage spectral vers le rouge élevé, impliquant une distance de plusieurs milliards d’années-lumière. Au passage, ceci explique que Quasar est l’acronyme de QUAsi Stellar Astronomical Radiosource, aujourd’hui on parle plutôt de QSO pour Quasi Stellar Object.

Or, pour paraître aussi lumineux, la quantité d’énergie libérée devait être gigantesque. Qu’on en juge, cela correspond en général à plusieurs milliers de fois la luminosité d’une galaxie contenant des centaines de milliards d’étoiles ! Comment produire cette énergie quand on sait, de plus, que la source doit se trouver dans un volume de l’ordre de celui du système solaire ?

Il semble n’y avoir qu’une seule possibilité, un trou noir de Kerr en rotation dépassant le million de masses solaires et accrétant du gaz provenant, par exemple, de la disruption d’étoiles par les forces de marée. L'énergie cinétique de rotation du trou noir et celle, gravitationnelle, du gaz chutant vers lui seraient alors converties en rayonnement par un mécanisme de MHD relativiste connu sous le nom de mécanisme de Blandford-Znajek.

Mais revenons aux observations. Le quasar LBQS 1429-008 avait été découvert en 1989 dans la constellation de la Vierge par une équipe internationale d’astronomes dirigée par Paul Hewett, du célèbre Institute of Astronomy de Cambridge en Angleterre. A l’époque, ils avaient aussi observé un autre quasar associé et l’avaient interprété comme un effet de lentille gravitationnelle dédoublant l’image du précédent. Ce phénomène avait été prédit par Albert Einstein dans les années 30 avant d’être observé pour la première fois en 1979. Toutefois d’autres groupes pensaient plutôt y voir là un système binaire de quasars, d’où la reprise des études en utilisant, cette fois-ci, le Very Large Telescope de l’ESO au Chili et le W.M. Keck Observatory au sommet du Mauna Kea à Hawai.

Ce que l’équipe américano-suisse a trouvé, c’est qu’il y avait un troisième quasar associé aux deux précédents, mais beaucoup plus faiblement lumineux. La surprise est venue de la mesure du décalage spectral vers le rouge de ce troisième objet… le même que les deux autres ! La conclusion s’imposait, tous les trois sont à la même distance de nous.

Les astrophysiciens ont alors tenté plusieurs modélisations théoriques pour obtenir les trois images à partir d’effets de lentilles gravitationnelles, en vain. « Nous ne pouvions tout simplement pas reproduire les observations » déclare Frédéric Courbin de l’école polytechnique de Lausanne ? « Il est impossible de reproduire le phénomène à partir des modèles de lentilles les plus raisonnables » ajoute-t-il. Une conclusion renforcée par l’absence de galaxies auxquelles on pourrait imputer un effet de lentille et l’existence de différences faibles, mais significatives, dans le spectre de chacune des trois images de quasars.

« Il ne nous reste plus qu’une seule possibilité, c’est un quasar triple » affirme Georges Meylan aussi de Lausanne. Les distances séparant ces quasars sont alors de 100 000 à 150 000 années-lumière, à peu près la taille de notre Galaxie, la Voie Lactée. « On pense généralement que la source d’énergie des Quasars provient de la chute de gaz sur un trou noir supermassif » explique Djorgovski « C’est ce qui arrive quand deux galaxies entrent en collision et même fusionnent. Or nous observons ce système triple au moment de l’histoire de l’Univers où le taux de collisions était à son maximum ».

Si les interactions entre galaxies sont bien à l’origine de l’activité des quasars, alors, avoir deux quasars proches l’un de l’autre devrait effectivement être plus probable que s’ils étaient répartis de façon complètement aléatoire sur la sphère céleste. Cela expliquerait pourquoi plusieurs groupes ont rapporté un taux apparemment anormal de quasars doubles. Ce qui fait dire à Ashish Mahabal du Caltech «Dans ce cas, nous avons la chance de prendre sur le fait trois galaxies en train d’interagir, un événement rare ».

La multiplication des découvertes de tels systèmes devrait permettre aux astrophysiciens de mieux comprendre, non seulement la formation et l’évolution des galaxies, mais aussi celles des trous noirs supermassifs dans leur bulbe.

+ Comparaison de l'apparence d'un quasar avec une galaxie et une étoile +


Thursday 25 January 2007 à 21:38
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QUOTE (Daddy-O @ 25 Jan 2007 à 20:29)
Tout le monde s'en fout de mes articles. dry.gif

Nan. sleep.gif
Friday 26 January 2007 à 19:56
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Mais nan mon Daddy, moi non plus je m'en fous pas ! happy.gif


Friday 26 January 2007 à 23:07
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QUOTE (Daddy-O @ 25 Jan 2007 à 21:29)
Tout le monde s'en fout de mes articles. dry.gif

C'est pas vrai, il est monstre bien celui sur l'aérospatiale russe.
Friday 26 January 2007 à 23:07
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Vous êtes sympas. blush.gif

Allez, j'ai un article assez interessant sur un procedé qui pourrait rendre les prothèses de membres directement commandée par les neurones :

Interface bionique pour prothèse commandée par la pensée
Par Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences, le 26/01/2007 à 16h09

Relier au système nerveux d’une personne amputée les moteurs et les capteurs sensoriels d’une prothèse : ce n’est plus de la science-fiction. Depuis des années, des chercheurs y travaillent et ont franchi plusieurs caps.

Entre la jambe artificielle et le corps humain sur lequel elle est fixée, un fin cordon de quelques centimètres ne contient aucun fil électrique mais des fibres nerveuses. Côté prothèse, les neurones vivent sur une puce électronique. Dans un sens, les fibres transmettent les commandes venues du cerveau pour actionner les moteurs de la prothèse, qui font office de muscles. Dans l’autre sens, des neurones envoient vers le système nerveux des signaux en provenance de différents capteurs (pression, température…). Voilà, certains en sont sûrs, la prothèse de prochaine génération.

L’équipe dirigée par Douglas H. Smith, à l’Ecole de médecine de l’université de Pennsylvanie, n’en est pas encore là. Mais elle s’en approche… Une récente publication dans la revue Surgery résume plusieurs années de travaux et expose les derniers développements. Les scientifiques sont parvenus à faire pousser, en culture, des neurones sur deux surfaces planes accolées. L’une porte un ensemble d’électrodes et l’autre une puce électronique. Les neurones commencent leur croissance sur ces deux surfaces. Mais le plateau portant la puce électronique est mobile. Son mouvement extrêmement lent est piloté par un ordinateur. Il lui faut plusieurs jours pour parcourir un centimètre. Les deux masses de cellules se trouvent séparées mais, en bons neurones qu’elles sont, elles font croître leurs extensions nerveuses et un ensemble d’axones (qui transmettent l’influx nerveux issu du neurone, et qui, dans l’organisme, constituent les nerfs).

+ Image +

A gauche, les neurones poussent sur une puce électronique et ceux vivant à droite croissent sur un faisceau d’électrodes. Entre les deux, des fibres nerveuses (des axones) grandissent lentement tandis que le plateau de gauche s’éloigne à vitesse très faible. Le gros plan montre un microphotographie de ces fibres. Quand la longueur obtenue est suffisante, l’interface bionique est fabriquée. Crédit : Douglas Smith, MD, University of Pennsylvania School of Medicine

Entre les deux surfaces finit par se constituer un faisceau d’axones. Ce n’est pas exactement un nerf puisqu’il transmet l’influx nerveux dans les deux sens. Un nerf est, lui, unidirectionnel. Les nerfs moteurs, par exemple, envoient vers les muscles l’influx nerveux venant du cerveau. Mais ici, il y a des neurones de part et d’autre et tous envoient leurs axones vers l’autre côté.

L’équipe de Douglas Smith a démontré que les neurones poussant sur la puce électronique peuvent transmettre les signaux électriques envoyés dans le circuit. Dans un travail précédent, elle avait transplanté cette sorte d’interface bionique chez un rat.

Les conditions sont maintenant réunies pour passer à l’étape suivante et tester la possibilité de rendre cette interface fonctionnelle. Chez l’animal, il s’agit de s’assurer que les neurones transplantés peuvent effectivement être réunis au système nerveux de l’organisme et transmettre l’influx dans un sens ou dans les deux, par exemple pour restaurer une activité motrice. On pourrait aussi espérer utiliser cette interface pour contourner une lésion de la moelle épinière et commander un membre paralysé.
Friday 26 January 2007 à 23:09
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Eh, Daddy, tu t'es inscrit sur Wikinews?
Friday 26 January 2007 à 23:14
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QUOTE (_Heavy Wizard_ @ 26 Jan 2007 à 22:09)
Eh, Daddy, tu t'es inscrit sur Wikinews?

Ouais, j'y suis inscrit mais j'y ai encore rien fait.

Enfin si, j'ai corrigé une faute d'orthographe dans la charte "mon avi" au lieu de "mon avis".






Ce message a été modifié par Daddy-O - Friday 26 January 2007 à 23:18.
Sunday 28 January 2007 à 01:33
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QUOTE (Daddy-O @ 25 Jan 2007 à 20:29)
Tout le monde s'en fout de mes articles. dry.gif



Non au contraire je les lis tous et tu fais du bon boulot rolleyes.gif
Sunday 28 January 2007 à 02:21
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Mouais enfin c'est pas un boulot enorme non plus, hein, le plus dur c'est de selectionner les articles les plus interessants, donc tu vois, je fais pas grand chose à part jouer avec les tags. mrgreen.gif
Sunday 28 January 2007 à 02:30
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Pour certains c'est beaucoup d'effort, la sélection d'articles et le jeu des tags sleep.gif
Sunday 28 January 2007 à 03:30
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QUOTE (dandoon @ 28 Jan 2007 à 00:33)


Non au contraire je les lis tous et tu fais du bon boulot rolleyes.gif

Moi je lis pas tout mais j'ai bien aimé celui sur Raflesia la plante sans chloroplaste.
Sunday 28 January 2007 à 21:23
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Le manchot, un oiseau qui se prend pour un poisson
Par Guy CLAVEL




BASE DUMONT D'URVILLE (AFP) - Le manchot, tel l'"Empereur" et l'"Adélie" vivant près de la base française de Dumont d'Urville en Antarctique, est un oiseau qui ne vole pas, se dandine maladroitement sur terre, mais évolue dans l'eau avec la même aisance qu'un poisson.

"Il n'est pas normal pour les oiseaux de mer tels que les manchots d'être à terre", remarque Yves Cherel, directeur de recherche en écologie au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de Chizé, dans le centre de la France). En fait, "ils ne sont à terre que pour se reproduire et muer".

Dumont d'Urville, souligne-t-il, est véritablement une "oasis pour les oiseaux de mer en général (pétrels, fulmars...), et le manchot Adélie en particulier : la côte offre des rochers à nu qu'ils utilisent pour faire leur nid". Le manchot Empereur, lui, préfère la glace.

Parfaitement adaptés aux milieux terrestres et aquatiques où ils vivent, les manchots - 17 espèces - pourraient avoir évolué d'oiseaux ressemblant à des goélands, ou d'un genre de pétrel de l'ère Eocène (40 à 50 millions d'années). De la famille des Sphéniscidés, ils seraient passés par une phase où ils pouvaient nager et voler, comme les pingouins (famille des Alcidés).

Sur la glace ou les rochers, ils déambulent avec gaucherie ou glissent sur le ventre. Dans l'eau, leurs pattes partiellement palmées permettent à certains Adélie d'atteindre des vitesses de 25 km/h.

Pour pêcher, ils descendent régulièrement à quelque 100 - 150 m de profondeur pour l'Empereur, et 30 à 40 m pour l'Adélie. Mais les records enregistrés pour l'Empereur ont été de 560 m de profondeur, et 21 minutes d'immersion, note Yves Cherel.

Ils voient très bien sous l'eau alors qu'ils sont naturellement myopes. Dotés de puissantes mandibules, ils mangent céphalopodes, poissons ou krill, qu'ils sont capables de régurgiter quelques jours après, parfaitement conservés grâce à leurs sécrétions gastriques.

L'ouïe des manchots est quant à elle nécessairement très développée : après être partie pêcher pendant des semaines, la femelle doit en effet retrouver son partenaire et son poussin au milieu d'une foule compacte. Alors ils "coincouinent et roucoulent" pour s'identifier, selon l'expression d'un des premiers hivernants français en Terre Adélie, en 1952, Mario Marret.

"Chaque individu a un chant, une signature vocale, différente et reconnaissable", ainsi qu'une "oreille sélective" lui permettant de reconnaître le chant de son partenaire, explique Yves Cherel.

Le manchot Adélie, le plus nombreux en Terre Adélie avec une population estimée à 44.000 couples, mesure 75 cm, avec un poids de 5 kg en moyenne. Il pond deux oeufs et construit un nid de galets posés en cercle sur le sol.

Le manchot Empereur - 1,20 m en moyenne pour un poids de 30 à 40 kilos - ne pond qu'un oeuf, que le mâle fait incuber sous un repli de chair. Sa population à Dumont d'Urville est estimée à 2.700 couples, et reste stable.

Mais il revient de loin : "Lors d'une période de réchauffement de 4 à 5 ans à la fin des années 70 et au début des années 80, sa population a diminué de moitié, passant de 6.000 couples à 3.000", raconte le scientifique.

Le réchauffement avait empêché la formation de la glace de mer, indispensable au développement du krill dont se nourrissent en partie les manchots


http://fr.news.yahoo.com/

Ce message a été modifié par sandie72 - Sunday 28 January 2007 à 21:24.

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