| QUOTE (Jar0d @ 09 May 2006 à 17:07) |
| Demain 10 mai, la france fêtera la journée de l'abolition de l'eclavage. Pour la première fois, une commémoration officielle aura lieu en métropole. moi je pense que c'est une très bonne chose. Et vous ? ps: 40 députés UMP ont appelé a abroger un alinéa de la loi Taubira qui conseille de donner une juste place dans les programmes scolaires, à cette période douleureuse de l'esclavage. ces même députés sont ceux qui étaient à l'origine de la loi 23 sur le positivisme de la colonisation. ces types me dégoutent. et vous ? |
| QUOTE (Jar0d @ 09 May 2006 à 17:07) |
| Demain 10 mai, la france fêtera la journée de l'abolition de l'eclavage. Pour la première fois, une commémoration officielle aura lieu en métropole. moi je pense que c'est une très bonne chose. Et vous ? ps: 40 députés UMP ont appelé a abroger un alinéa de la loi Taubira qui conseille de donner une juste place dans les programmes scolaires, à cette période douleureuse de l'esclavage. ces même députés sont ceux qui étaient à l'origine de la loi 23 sur le positivisme de la colonisation. ces types me dégoutent. et vous ? |
| QUOTE (Lounita @ 09 May 2006 à 17:38) |
| En soi, je ne suis pas contre, je pense comme Ribentrop que c'est du pipeau en revanche, mais je comprends parfaitement les demandes de reconnaissance et je crois que cela dépasse largement une question de devoir de culpabilité ou d'ennemi de l'intérieur sappant la grandeur de la Nation ou que sais-je. Accessoirement, dire que l'esclavage est un système mis en place par les "plus Blancs" (les Arabes étant moins "noirs") avec la connivence d'intermédiaires de même couleur que les esclaves n'empêche absolument pas cette reconnaissance historique. Je ne vois pas pourquoi on ne l'incluerait pas d'une part et je ne vois pas en quoi cela semble si incroyable. C'est comme ça que l'on domine aussi, faut s'assurer de l'aide de membres du groupe mis en infériorité (les caciques en Amérique Latine ; certains conseils Juifs pendant la guerre dénoncés par Hannah Arrendt notamment ; les indics dans les milieux voyous...). |
| QUOTE (Ribentrop @ 09 May 2006 à 17:55) |
| Non, ce qui est sappé c'est le pays. Aujourd'hui la France perd toute crédibilité au niveau international et perd la confiance de ses citoyens, parce que le système est corrompu que personne n'ose l'avouer. Il n'a pas l'appui des citoyens alors il se retrouve a la merci des syndicats (CPE) des emeutiers (en novembre 2005), les dirigeants ne sont pas légitimes car non-représentatifs du peuple et chacun vote pour le moins pire un coup à droite pour sanctionner la gauche, un coup à gauche pour sanctionner la droite. Le pays est à l'abandon et soumis à ses ennemis de l'interieurs car il n'en a pas à l'exterieur pour renforcer la cohésion nationale. Ce sont le problèmes que l'on agrave en faisant cette humilitaion de la nation. Comme je disais, dans l'idéal chacun pourrait reconnaitre ses torts passés et les victimes ou plutot leur descendants pourraient être appaisées dans leur douleur, mais il y a des questions qui doivent prévaloir sur ça d'une part et d'autre part les gens qui se prétendent victimes sont en fait des pirates qui se victimisent pour obtenir des traitements de faveur. |
| QUOTE (Lounita @ 09 May 2006 à 22:44) |
| Ce n'est pas à cause de ces questions que le pays, comme tu dis va mal. Le discrédit des politiciens ne provient pas de ces problèmes de reconnaissance. Et je ne suis pas d'accord du tout avec ce que tu sous-entend sur le chaos du CPE et des "émeutiers". Ils réagissent à des problèmes sectoriels qui sont largement connus et débattus sur la place publique. Que tu sois en accrod avec eux ou non c'est une autre histoire. La cohésion nationale se fait sur une intégration pleine et entière de ses membres et vu le chômage et la précarité galopante en France, c'est mal barré. Le déclin des grandes idéologies mobilisatrices l'explique également. Il n'y a aucune humiliation à reconnaître le passé. Surtout si le passé est actif et réactivé au présent. Ce sont à des questions présentes que s'adressent ces demandes de reconnaissance. Ces questions étant le racisme, dans notre France, en partie issu du colonialisme en effet, la discrimination réelle connue par les immigrés et descendants d'immigrés identifiés comme tels, et puis plein d'autres : les nanas, les homos etc. Ce n'est pas réclamer un traitement de faveur que de demander que cessent les discriminations qui sont justement un traitement de défaveur. Il y a des choses autour de la réparation qui se jouent aussi, et qui sont extrêmement importantes pour rétablir une unité nationale. Regarde ce qui se passe dans les Etats de Transition, comme en Afrique du Sud ou en Amérique Latine. Maintenant, je suis d'accord à faire attention à ne pas tomber dans la victimisation à outrance qui enferme les personnes se sentant victimes dans une position passive qui les dessert. Au niveau de leurs propres représentations également. Un autre type a causé du travail de l'historien, du juge et du citoyen, c'est Ricoeur, dans une phrase d'une interview au Monde il y a quelques années : « c’est au juge qu’il revient de condamner et de punir et au citoyen de militer contre l’oubli et aussi pour l’équité de la mémoire ; à l’historien reste la tâche de comprendre sans inculper ni disculper », j'aime bien. |
| QUOTE (Ribentrop @ 09 May 2006 à 23:20) |
| Je ne dis pas que ce sont les causes ni même les seules causes, je dis qu'on parle de facteurs agravants et qu'on s'évertue a les accentuer. Oui ce genre de cérémonies servent a entacher la nation et a la proclamer coupable aux yeux de tous, de tous ceux qui sont aussi coupables que nous mais qui se foutent bien de nous "les sales esclavagistes". Je dis qu'on est faibles, en position politique difficile au niveau international et en perte de vitesse au niveau interieur et qu'on s'évertue a s'affaiblir encore de l'interieur. On joue le jeu de ceux qui nous crachent dessus a longueur de journée. Oui, dans l'absolu reconnaitre ses fautes c'est bien mais le faire maintenant c'est poser des charges au fond du navire. Oui les discriminations doivent cesser mais pas de cette manière là, ça c'est un truc de looser. Ceux qui crachent sur la France continueront tant et plus, tandis que ceux qui comprennent les problèmes eux n'en auront pas une vison transcendée. Pour que la société fonctionne bien et qu'elle intègre les gens d'origine étrangère ce qu'il leur faut c'est un travail gratifiant, c'est un logement correct, pas une cérémonie qui leur dit "vous êtes différents". |
| QUOTE (Lounita @ 10 May 2006 à 09:42) |
| Mais vraiment je ne te suis pas sur ces trucs de "se faire cracher dessus". Qu'entends tu exactement par là, de qui parles tu, en quelles circonstances ? |
| QUOTE (Ribentrop @ 10 May 2006 à 11:55) |
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| QUOTE |
| Et quand on commémore l'esclavage on fait le jeu de ces gens là en victimisant les populations Françaises d'origine Africaine car elles se sentent actuellement rejettées, on sacralise cette situation immuable du méchant-blanc-esclavagiste-colonisateur face au gentil-noir-pauvre-victime-innocente tout en participant à l'ammalgamme entre esclavage, colonisation et extermination (génocide), ce qui ne me semble pas très opportun dans la situation ou se trouvent tous les gens que j'ai mis dans la catégorie 1/ |
| QUOTE (Lounita @ 10 May 2006 à 13:11) |
| Mais là je ne te suis plus. En quoi est-ce faire le jeu de "ces gens là" ? La reconnaissance ayant pour but non plus l'exclusion mais l'inclusion en partageant un certain nombre de points d'accord sur une histoire nationale/internationale relativement unifiée (j'avoue que le consensus est méga dur à faire, d'où forcer un peu sur la juste demande de reconnaissance de la colonisation, et de l'esclavage ok). Après cela dépend complétement la façon dont c'est fait. On peut expliquer les choses de façon à couper un peu la culture ancestrale et relater le contexte qui a fait que certains Blancs à un moment donné de l'Histoire, dans une idéologie dominante, se sont pensés supérieurs à d'autres et les ont asservis de diverses manières. Il s'agit de faits, à interprétations multiples dont on peut trouver trace dans l'historiographie existante, que l'on se doit justement de présenter. Laisser le champ de ce discours aux n° 2 (t'as fait quelques raccourcis mais bon disons grosso modo), c'est ultra dangereux justement. C'est permettre les amalgames rapides, le racisme anti-blanc, le mélange juteux qui se fait et la haine qui trouve son expression et son ennemi. Masquer le réel au nom d'un aveu de faiblesse qui consisterait à avoir le courage et les énergies pour, non pas faire un bête méa culpa, mais une réflexion légitime (parrainée officiellement dans ce cas un peu), dans l'éducation nationale, dans le débat public, permettrait justement de couper à ras les tentatives de récupération simpliste et de partage en live haineux de ceux qui se sentent "victimes". Une question encore : les considères-tu comme des victimes de fait ? |
| QUOTE (Lounita @ 11 May 2006 à 14:40) |
| Enfin, tu n'as peut-être pas lu ou compris ce que je voulais te dire, en te suivant justement, sur l'importance de ne pas laisser le champ de la victimologie aux "fous de dieu" ou autres récupérateurs des "exclus" : il est absolument nécessaire que cela appartienne au débat public, que l'Education Nationale, les médias, les Officiels de la République s'emparent de ces questions du passé (un passé qui ne passe pas) présentes et constamment réifiées dans les interactions sociales (les discriminations subies et le discours raciste latent ou explicite en France), pour ne pas laisser le terrain libre et sans débat contradictoire, sans études sérieuses à l'appui, aux détracteurs qui cherchent, pour d'autres raisons qu'il conviendrait d'explorer, à constituer un genre d'anti-France. |
| QUOTE (Ribentrop @ 11 May 2006 à 23:43) |
| Je pense simplement que nos opinions divergent sur quelques points : 1/ Pour moi l'attitude des "jeunes des banlieues" entretient le racisme ambiant et pour toi ça semble ne pas être le cas, puisqu'un racisme préexistait avant les migrations d'origine du maghreb.... sauf qu'a l'époque le racisme était une doctrine d'état justifiant le colonialisme, donc son existance n'est pas très surprenante. Une forme de racisme a perduré de manière très répendue après la décolonisation jusqu'a ce qu'on lance une campagne "anti-raciste". Mais cette campagne a été trop longtemps attendue ce qui créé la synchonicité entre la fin du "racisme pour le racisme" et le début du "racisme contre les racailles". Aujourd'hui beaucoup de monde les désigne simplement par le mot "arabe". Aussi on entendra "un arabe m'a volé" "un arabe m'a frappé", et ici c'est la criminalité qui fabrique du racisme, plus précisément de la discrimination et pas du racisme. De la discrimination en raison de l'appartenance a un groupe non pour des motifs idéologiques "de race inferieure" mais à cause d'une crise de la confiance. Dans les faits ça se traduit différement, il n'y a pas de ratonnades, peu d'insultes racistes mais toujours pas plus de logements, ni de boulots. Aujourd'hui ce sont les blancs qui ont peur des "arabes" et non l'inverse. 2/ Le placement abusif comme victime : il est inévitable. Et le débat public n'aura pas lieu ou du moins tout le monde s'en foutra donc il ne contrera pas ce mouvement massif de victimisation abusive. Dans ce pays comme dans tous les autres ce qui fait vendre du papier c'est le sensationnel et donc PAS le débat public. Par contre un responsable d'association -quelle qu'elle soit- qui dit "Ah la la ma pov' dame, la France c'est des méchants racistes qui discriminent, les salauds ils reconnaissent l'esclavage noir et pas la colonisation du maghreb on est la seule race inferieure au monde" Ce genre de propos là trouvera echo dans les médias. Et si quelqu'un s'avise de répondre ce sera publié en page 76 dans l'echo des savanes après l'horoscope. |
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