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mardi 09 mai 2006 à 17:07
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Demain 10 mai, la france fêtera la journée de l'abolition de l'eclavage.
Pour la première fois, une commémoration officielle aura lieu en métropole.


moi je pense que c'est une très bonne chose. Et vous ?



ps: 40 députés UMP ont appelé a abroger un alinéa de la loi Taubira qui conseille de donner une juste place dans les programmes scolaires, à cette période douleureuse de l'esclavage.
ces même députés sont ceux qui étaient à l'origine de la loi 23 sur le positivisme de la colonisation. ces types me dégoutent. et vous ?


mardi 09 mai 2006 à 17:14
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QUOTE (Jar0d @ 09 May 2006 à 17:07)
Demain 10 mai, la france fêtera la journée de l'abolition de l'eclavage.
Pour la première fois, une commémoration officielle aura lieu en métropole.


moi je pense que c'est une très bonne chose. Et vous ?



ps: 40 députés UMP ont appelé a abroger un alinéa de la loi Taubira qui conseille de donner une juste place dans les programmes scolaires, à cette période douleureuse de l'esclavage.
ces même députés sont ceux qui étaient à l'origine de la loi 23 sur le positivisme de la colonisation. ces types me dégoutent. et vous ?

Je pense que c'est une mesure a la con pour faire taire ceux qui se réclament victimes de l'esclavage aujourd'hui au sein d'association de racisme anti-français. Je pense que l'esclavage était autant le fait des noirs qui vendaient leurs frères et des arabes qui vendaient des noirs que des blancs qui les achetaient et qu'on a pas spécialement besoin de s'auto-flageller comme on nous le demande. Je pense qu'afficher notre honte d'être français de manière officielle dé-sert le pays.

Dans un meilleur des mondes ou la bien pensance dirigerait le monde, ce serait une bonne mesure mais dans le contexte ou nous nous trouvons ce n'est pas le cas. Ici on fait de l'humanisme une valeur supérieure à la Nation, permettant ainsi aux ennemis de l'interieur de la sapper un peu plus. Bientot la Nation Française sera dissoute au bénéfice des "victimes qu'elle a faite" par esprit de culpabilité.
mardi 09 mai 2006 à 17:15
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Je suis d'accord avec Ribentrop. On devrait faire des cérémonies concernant tous les esclavages, pas seulement celui qu'a pratiqué la France.
mardi 09 mai 2006 à 17:15
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QUOTE (Jar0d @ 09 May 2006 à 17:07)
Demain 10 mai, la france fêtera la journée de l'abolition de l'eclavage.
Pour la première fois, une commémoration officielle aura lieu en métropole.


moi je pense que c'est une très bonne chose. Et vous ?



ps: 40 députés UMP ont appelé a abroger un alinéa de la loi Taubira qui conseille de donner une juste place dans les programmes scolaires, à cette période douleureuse de l'esclavage.
ces même députés sont ceux qui étaient à l'origine de la loi 23 sur le positivisme de la colonisation. ces types me dégoutent. et vous ?

peut etre que si on rajoute quelque chose au programme d'histoire, il faille en retirer d'autre. apres c'est une question d'importance, relative a chaque individu quue je partage avec toi.
mardi 09 mai 2006 à 17:20
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C'est toute la loi Taubira qu'il faudrait abroger.
Quant aux programmes scolaires, ce n'est pas à l'Etat de dicter ce qui doit y figurer ou non, ce n'est pas à l'Etat d'écrire l'histoire que ce soit dans un sens ou dans l'autre.

Pour les commémorations c'est bien.

Ce message a été modifié par WhiteShadows - mardi 09 mai 2006 à 17:21.
mardi 09 mai 2006 à 17:29
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Topic à mettre en Histoire nan ? biggrin.gif
mardi 09 mai 2006 à 17:38
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Le problème c'est la question de la reconnaissance que demandent ceux qui se considèrent (voire sont considérés) comme victimes. Faut en effet éviter de tomber dans l'ultra victimisation non plus, qui va de paire avec la compétition des victimes (Blacks contre Juifs, "Arabes" contre Juifs, etc. c'est à qui a le plus souffert ou souffre le plus) : cela se peut s'il y a justement une certaine reconnaissance. Le problème c'est que la mémoire est toujours appelée pour répondre à des problèmes et objectifs présents !!! Ce n'est pas tant l'esclavage qui pose problème ou la colonisation que leurs retombées, continuations apparentes dans les situations d'exclusion que vivent les personnes identifiées comme descendants d'esclaves ou d'ex-colonisés. Convoquer un passé qui se poursuit dans une certaine mesure (mais pas exactement, ne délirons pas) et ne passe pas, bien sur que c'est important. Se voir reconnaître et non dénier ce passé est tout autant fondamental. Cela se passe néanmoins dans plein de domaines : reconnaissance officielle à coup de discours langue de bois habituel, ok. Ecriture de l'histoire et enseignement de celle-ci (c'est le fait d'historiens évidemment, mais n'oublions pas que l'Education Nationale et le programme de l'enseignement public est commandité par le politique -le gouvernement en l'occurence) itou, d'où le bordel sur la loi sur la colonisation récent. Regards de la société -ce qu'on lit dans la presse, entend dans les médias, au café etc... l'opinion publique quoi. Là c'est plus hard-rock. Puis dans les pratiques : si on continue à discriminer au présent une catégorie de population qui se sent dominée depuis des années historiquement, ils vont continuer à recourir légitimement à une des ressources symboliques qu'ils ont : le passé et l'esclavage aujourd'hui moralement condamné (juridiquement aussi au présent, mais bon vous voyez de quoi je cause). Bref, c'est ultra compliqué.

En soi, je ne suis pas contre, je pense comme Ribentrop que c'est du pipeau en revanche, mais je comprends parfaitement les demandes de reconnaissance et je crois que cela dépasse largement une question de devoir de culpabilité ou d'ennemi de l'intérieur sappant la grandeur de la Nation ou que sais-je. Accessoirement, dire que l'esclavage est un système mis en place par les "plus Blancs" (les Arabes étant moins "noirs") avec la connivence d'intermédiaires de même couleur que les esclaves n'empêche absolument pas cette reconnaissance historique. Je ne vois pas pourquoi on ne l'incluerait pas d'une part et je ne vois pas en quoi cela semble si incroyable. C'est comme ça que l'on domine aussi, faut s'assurer de l'aide de membres du groupe mis en infériorité (les caciques en Amérique Latine ; certains conseils Juifs pendant la guerre dénoncés par Hannah Arrendt notamment ; les indics dans les milieux voyous...).
mardi 09 mai 2006 à 17:55
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QUOTE (Lounita @ 09 May 2006 à 17:38)
En soi, je ne suis pas contre, je pense comme Ribentrop que c'est du pipeau en revanche, mais je comprends parfaitement les demandes de reconnaissance et je crois que cela dépasse largement une question de devoir de culpabilité ou d'ennemi de l'intérieur sappant la grandeur de la Nation ou que sais-je. Accessoirement, dire que l'esclavage est un système mis en place par les "plus Blancs" (les Arabes étant moins "noirs") avec la connivence d'intermédiaires de même couleur que les esclaves n'empêche absolument pas cette reconnaissance historique. Je ne vois pas pourquoi on ne l'incluerait pas d'une part et je ne vois pas en quoi cela semble si incroyable. C'est comme ça que l'on domine aussi, faut s'assurer de l'aide de membres du groupe mis en infériorité (les caciques en Amérique Latine ; certains conseils Juifs pendant la guerre dénoncés par Hannah Arrendt notamment ; les indics dans les milieux voyous...).

Non, ce qui est sappé c'est le pays. Aujourd'hui la France perd toute crédibilité au niveau international et perd la confiance de ses citoyens, parce que le système est corrompu que personne n'ose l'avouer. Il n'a pas l'appui des citoyens alors il se retrouve a la merci des syndicats (CPE) des emeutiers (en novembre 2005), les dirigeants ne sont pas légitimes car non-représentatifs du peuple et chacun vote pour le moins pire un coup à droite pour sanctionner la gauche, un coup à gauche pour sanctionner la droite.
Le pays est à l'abandon et soumis à ses ennemis de l'interieurs car il n'en a pas à l'exterieur pour renforcer la cohésion nationale.

Ce sont le problèmes que l'on agrave en faisant cette humilitaion de la nation.

Comme je disais, dans l'idéal chacun pourrait reconnaitre ses torts passés et les victimes ou plutot leur descendants pourraient être appaisées dans leur douleur, mais il y a des questions qui doivent prévaloir sur ça d'une part et d'autre part les gens qui se prétendent victimes sont en fait des pirates qui se victimisent pour obtenir des traitements de faveur.
mardi 09 mai 2006 à 18:28
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Pour le débat sur l'esclavage entre noirs, par les arabes ou les blancs. Certains lisent les travaux des historiens pour trouver des responsables ! Qui était le plus méchant wink.gif Qui est la bête immonde de l'histoire a érradiquer. Cette idée existe d'autant plus que la 2ème guerre mondiale a vu l'émergence d'un "mal" absolu, face à un "bien" absolu (Les paranthèses ne sont pas une remise en cause des horreurs de h*****, c l'analyse moral et sa rigidité qui est soulignée).

Cette notion de bien ou de mal s'est renforcée avec la G froide (J'aurais pu parler des G justes ou saintes au MA). Malheureusement, au plan politique, médiatique ou social, il y a eu la volonté de trouver derrière chaque évènement où était le bien et le mal. Moyen pour désigner l'ennemi et justifier sa violence !

L'esclavage en fait parti. Les blanc sont ils les immondices de l'histoire ? Ou les noirs en participant à l'eclavage montrent que les blancs ne sont pas si mauvais et ont eu un rôle positif dans l'histoire humaine ? En deux mot, un petit mal pour un grand bien !

En fait, la seule chose que nous apprend ces évènements, c que tous les hommes sont aussi c... et donc tous aussi égaux !

Ce que l'on peut reprocher, c l'échelle qu'a prise l'esclavage du fait des blancs. Le système s'est généralisé, renforçant la structure des états noirs tourné vers la recherche et la vente d'esclaves. Condamnant ces espaces et empêchant l'émergence d'autres formes de dvlppmt.

Quelle doit donc être la position de la loi ? La loi est en théorie le juste milieu, issu du "bon sens". Que faire face aux estrémisme, qui lorsqu'ils aboutissent mènent aux pires méfaits ?

Pour notre cas, l'intervention de la loi dans ce qu'il faut dire ou ne pas dire est génant. Même si certains condamnent en bloc le travail des historiens sérieux, il n'empêche que les positions sur l'esclavage, le colonialisme, les camps...etc sont connues. Les débats historiographiques existent, mais ne portent pas sur la compréhension de fonds des évènements.

En conséquence, les instructions ministérielles sufisent bien. Certes, la place de l'esclavage dans les programme est bancale ! Mais ça a été amélioré. Et de toute façon, malgré la bonne volonté, tout histoire est "tronqué" par les contraintes de temps !

Laissons faire aux historiens leur travail, sans que la loi dise ce qu'il faut écrire !

L'histoire est le fruit de l'ammoncellement des actions de tous les hommes. Elle est un tout, et c'est en l'apréhendant comme telle que l'on parviendra à les dépasser.

Ce message a été modifié par Caracal - mardi 09 mai 2006 à 18:30.
mardi 09 mai 2006 à 20:35
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+1 pour Caracal
mardi 09 mai 2006 à 22:44
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QUOTE (Ribentrop @ 09 May 2006 à 17:55)
Non, ce qui est sappé c'est le pays. Aujourd'hui la France perd toute crédibilité au niveau international et perd la confiance de ses citoyens, parce que le système est corrompu que personne n'ose l'avouer. Il n'a pas l'appui des citoyens alors il se retrouve a la merci des syndicats (CPE) des emeutiers (en novembre 2005), les dirigeants ne sont pas légitimes car non-représentatifs du peuple et chacun vote pour le moins pire un coup à droite pour sanctionner la gauche, un coup à gauche pour sanctionner la droite.
Le pays est à l'abandon et soumis à ses ennemis de l'interieurs car il n'en a pas à l'exterieur pour renforcer la cohésion nationale.

Ce sont le problèmes que l'on agrave en faisant cette humilitaion de la nation.

Comme je disais, dans l'idéal chacun pourrait reconnaitre ses torts passés et les victimes ou plutot leur descendants pourraient être appaisées dans leur douleur, mais il y a des questions qui doivent prévaloir sur ça d'une part et d'autre part les gens qui se prétendent victimes sont en fait des pirates qui se victimisent pour obtenir des traitements de faveur.

Ce n'est pas à cause de ces questions que le pays, comme tu dis va mal. Le discrédit des politiciens ne provient pas de ces problèmes de reconnaissance. Et je ne suis pas d'accord du tout avec ce que tu sous-entend sur le chaos du CPE et des "émeutiers". Ils réagissent à des problèmes sectoriels qui sont largement connus et débattus sur la place publique. Que tu sois en accrod avec eux ou non c'est une autre histoire.

La cohésion nationale se fait sur une intégration pleine et entière de ses membres et vu le chômage et la précarité galopante en France, c'est mal barré. Le déclin des grandes idéologies mobilisatrices l'explique également.

Il n'y a aucune humiliation à reconnaître le passé. Surtout si le passé est actif et réactivé au présent. Ce sont à des questions présentes que s'adressent ces demandes de reconnaissance.
Ces questions étant le racisme, dans notre France, en partie issu du colonialisme en effet, la discrimination réelle connue par les immigrés et descendants d'immigrés identifiés comme tels, et puis plein d'autres : les nanas, les homos etc.

Ce n'est pas réclamer un traitement de faveur que de demander que cessent les discriminations qui sont justement un traitement de défaveur.
Il y a des choses autour de la réparation qui se jouent aussi, et qui sont extrêmement importantes pour rétablir une unité nationale. Regarde ce qui se passe dans les Etats de Transition, comme en Afrique du Sud ou en Amérique Latine.

Maintenant, je suis d'accord à faire attention à ne pas tomber dans la victimisation à outrance qui enferme les personnes se sentant victimes dans une position passive qui les dessert. Au niveau de leurs propres représentations également.

Un autre type a causé du travail de l'historien, du juge et du citoyen, c'est Ricoeur, dans une phrase d'une interview au Monde il y a quelques années : « c’est au juge qu’il revient de condamner et de punir et au citoyen de militer contre l’oubli et aussi pour l’équité de la mémoire ; à l’historien reste la tâche de comprendre sans inculper ni disculper », j'aime bien.
mardi 09 mai 2006 à 23:20
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QUOTE (Lounita @ 09 May 2006 à 22:44)
Ce n'est pas à cause de ces questions que le pays, comme tu dis va mal. Le discrédit des politiciens ne provient pas de ces problèmes de reconnaissance. Et je ne suis pas d'accord du tout avec ce que tu sous-entend sur le chaos du CPE et des "émeutiers". Ils réagissent à des problèmes sectoriels qui sont largement connus et débattus sur la place publique. Que tu sois en accrod avec eux ou non c'est une autre histoire.

La cohésion nationale se fait sur une intégration pleine et entière de ses membres et vu le chômage et la précarité galopante en France, c'est mal barré. Le déclin des grandes idéologies mobilisatrices l'explique également.

Il n'y a aucune humiliation à reconnaître le passé. Surtout si le passé est actif et réactivé au présent. Ce sont à des questions présentes que s'adressent ces demandes de reconnaissance.
Ces questions étant le racisme, dans notre France, en partie issu du colonialisme en effet, la discrimination réelle connue par les immigrés et descendants d'immigrés identifiés comme tels, et puis plein d'autres : les nanas, les homos etc.

Ce n'est pas réclamer un traitement de faveur que de demander que cessent les discriminations qui sont justement un traitement de défaveur.
Il y a des choses autour de la réparation qui se jouent aussi, et qui sont extrêmement importantes pour rétablir une unité nationale. Regarde ce qui se passe dans les Etats de Transition, comme en Afrique du Sud ou en Amérique Latine.

Maintenant, je suis d'accord à faire attention à ne pas tomber dans la victimisation à outrance qui enferme les personnes se sentant victimes dans une position passive qui les dessert. Au niveau de leurs propres représentations également.

Un autre type a causé du travail de l'historien, du juge et du citoyen, c'est Ricoeur, dans une phrase d'une interview au Monde il y a quelques années : « c’est au juge qu’il revient de condamner et de punir et au citoyen de militer contre l’oubli et aussi pour l’équité de la mémoire ; à l’historien reste la tâche de comprendre sans inculper ni disculper », j'aime bien.

Je ne dis pas que ce sont les causes ni même les seules causes, je dis qu'on parle de facteurs agravants et qu'on s'évertue a les accentuer. Oui ce genre de cérémonies servent a entacher la nation et a la proclamer coupable aux yeux de tous, de tous ceux qui sont aussi coupables que nous mais qui se foutent bien de nous "les sales esclavagistes".

Je dis qu'on est faibles, en position politique difficile au niveau international et en perte de vitesse au niveau interieur et qu'on s'évertue a s'affaiblir encore de l'interieur. On joue le jeu de ceux qui nous crachent dessus a longueur de journée.

Oui, dans l'absolu reconnaitre ses fautes c'est bien mais le faire maintenant c'est poser des charges au fond du navire.
Oui les discriminations doivent cesser mais pas de cette manière là, ça c'est un truc de looser.
Ceux qui crachent sur la France continueront tant et plus, tandis que ceux qui comprennent les problèmes eux n'en auront pas une vison transcendée.
Pour que la société fonctionne bien et qu'elle intègre les gens d'origine étrangère ce qu'il leur faut c'est un travail gratifiant, c'est un logement correct, pas une cérémonie qui leur dit "vous êtes différents".
mercredi 10 mai 2006 à 09:42
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QUOTE (Ribentrop @ 09 May 2006 à 23:20)

Je ne dis pas que ce sont les causes ni même les seules causes, je dis qu'on parle de facteurs agravants et qu'on s'évertue a les accentuer. Oui ce genre de cérémonies servent a entacher la nation et a la proclamer coupable aux yeux de tous, de tous ceux qui sont aussi coupables que nous mais qui se foutent bien de nous "les sales esclavagistes".

Je dis qu'on est faibles, en position politique difficile au niveau international et en perte de vitesse au niveau interieur et qu'on s'évertue a s'affaiblir encore de l'interieur. On joue le jeu de ceux qui nous crachent dessus a longueur de journée.

Oui, dans l'absolu reconnaitre ses fautes c'est bien mais le faire maintenant c'est poser des charges au fond du navire.
Oui les discriminations doivent cesser mais pas de cette manière là, ça c'est un truc de looser.
Ceux qui crachent sur la France continueront tant et plus, tandis que ceux qui comprennent les problèmes eux n'en auront pas une vison transcendée.
Pour que la société fonctionne bien et qu'elle intègre les gens d'origine étrangère ce qu'il leur faut c'est un travail gratifiant, c'est un logement correct, pas une cérémonie qui leur dit "vous êtes différents".

Je ne partage à la base pas, je crois, ton idée de la Nation et de son rayonnement. Mais bon.

Pour ma part, si la France se discrédite à l'étranger, c'est d'une part qu'il y a des raisons pour -et celles-ci sont à rechercher de façon structurelle, le reste n'en étant que des symptômes visibles (les émeutes iceberg émergent de l'exclusion sociale et spaciale et "raciale" par exemple), donc les cacher à tout prix n'empêche pas que les problèmes de fond perdurent et perturbent la cohésion interne... d'autre part le gouvernement se discrédite tout seul et donne une image politique extérieure et intérieure assez lamentable ; enfin il est peut-être temps de cesser d'avoir une haute idée de la France qui a tendance à se reposer sur un passé glorieux -littéraire et philosophique, économique, humaniste mais aussi impérial- qui n'est plus.
Dois-je te ressortir le coup de la blanche colombe et du glaviot du crapaud ?

Pour l'histoire dont on parlait initialement, il faut dépasser le schéma coupable/victime. Encore une fois la reconnaissance et la réparation s'inscrivent dans un processus plus complexe. De nombreux Blacks sont français, ils font partie de la nation, d'autant plus. La reconnaissance de l'esclavage s'inscrit véritablement dans une politique qui, tu n'as pas tort, esquiverait certaines questions du présent : filer du taf' et cesser le racisme et les discriminations et qui sont proprement en jeu aujourd'hui à mon avis dans cette demande ; cela ne servirait à rien d'ailleurs de reconnaître quoique ce soit si ce n'était pas suivi d'effets pratiques. Je ne suis pas naïve au point de croire que cela va contribuer à faire baisser le racisme, vu comme il est ancré dans les mentalités, y a du boulot de déconstruction qui va au-delà, mais la reconnaissance officielle inscrit les paroles durablement et peut servir de tremplin à une politique de fond pour l'avenir. Elle peut véritablement apaiser aussi des personnes malmenées par l'image qu'on leur renvoie d'eux même.

La politique de fond n'est cependant guère d'actualité, au vu des dernières lois sur l'immigration et des discours qui l'accompagnent, et cela se veut davantage placebo qu'autre chose, tu as probablement raison là-dessus.

Mais vraiment je ne te suis pas sur ces trucs de "se faire cracher dessus". Qu'entends tu exactement par là, de qui parles tu, en quelles circonstances ?
mercredi 10 mai 2006 à 11:55
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QUOTE (Lounita @ 10 May 2006 à 09:42)

Mais vraiment je ne te suis pas sur ces trucs de "se faire cracher dessus". Qu'entends tu exactement par là, de qui parles tu, en quelles circonstances ?

De qui je parle en parlant de ceux qui "crachent sur la France" ?

Deux catégories distinctes de personnes :

1/ Les gens issus de l'immigration africaine ou pire qui viennent des DOM-TOM , des citoyens Français qui sont dans une situation déplorable parce qu'on les a collé dans des cités pourries et qu'on les discrimine pour changer de logement car les propriétaires de logements n'ont pas confiance, soit par racisme, soit par peur des impayés, ou pour d'autres préjugés. Ces gens sont mal éduqués dans des écoles pourries, avec de la criminalité mais la police n'intervient pas dans leur quartier ... ces gens sont discriminés, ils ont du mal a trouver un travail à cause de leur adresse de leur nom de leur couleur de peau, il leur est impossible d'en changer -d'adresse- , bref ils ne se sentent pas chez eux, ils ne sont pas intégrés par cette société.
Ces gens là crachent sur la France, ils la haïssent parce qu'elle ne les aime pas, parce qu'elle les rejette et pourtant ils en sont les fils et les filles. Ils disent que la France c'est de la merde que les Français sont tous des connards racistes. Certains d'entre eux devienent des criminels, d'autres militent au MRAP.

2/ Des gens qui viennent de l'étranger pour détruire la France (et aussi d'autres pays d'europe) de l'interieur. Ces gens là sont beaucoup plus rares, une part infinitésimale de la population mais ils disposent d'une influence sur les autres : ce sont des prêcheurs, des imams ou autres "responsables du culte" qui viennent dire aux gens qui se sentent rejettés par le pays qu'ils sont Musulmans avant d'être Français, que seule la loi de Dieu s'applique, que les infidèles doivent être méprisés sinon assassinés. Ces gens là veulent récupérer le désespoir des citoyens pas ou mal intégrés pour servir leurs propres desseins.

Et quand on commémore l'esclavage on fait le jeu de ces gens là en victimisant les populations Françaises d'origine Africaine car elles se sentent actuellement rejettées, on sacralise cette situation immuable du méchant-blanc-esclavagiste-colonisateur face au gentil-noir-pauvre-victime-innocente tout en participant à l'ammalgamme entre esclavage, colonisation et extermination (génocide), ce qui ne me semble pas très opportun dans la situation ou se trouvent tous les gens que j'ai mis dans la catégorie 1/

mercredi 10 mai 2006 à 13:11
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QUOTE (Ribentrop @ 10 May 2006 à 11:55)



Entendu, c'est à peu près ce que j'avais compris : oui tu n'as pas tort dans la désignation d'une partie des personnes qui tombent dans le rejet de la France.

QUOTE
Et quand on commémore l'esclavage on fait le jeu de ces gens là en victimisant les populations Françaises d'origine Africaine car elles se sentent actuellement rejettées, on sacralise cette situation immuable du méchant-blanc-esclavagiste-colonisateur face au gentil-noir-pauvre-victime-innocente tout en participant à l'ammalgamme entre esclavage, colonisation et extermination (génocide), ce qui ne me semble pas très opportun dans la situation ou se trouvent tous les gens que j'ai mis dans la catégorie 1/


Mais là je ne te suis plus. En quoi est-ce faire le jeu de "ces gens là" ? La reconnaissance ayant pour but non plus l'exclusion mais l'inclusion en partageant un certain nombre de points d'accord sur une histoire nationale/internationale relativement unifiée (j'avoue que le consensus est méga dur à faire, d'où forcer un peu sur la juste demande de reconnaissance de la colonisation, et de l'esclavage ok). Après cela dépend complétement la façon dont c'est fait. On peut expliquer les choses de façon à couper un peu la culture ancestrale et relater le contexte qui a fait que certains Blancs à un moment donné de l'Histoire, dans une idéologie dominante, se sont pensés supérieurs à d'autres et les ont asservis de diverses manières. Il s'agit de faits, à interprétations multiples dont on peut trouver trace dans l'historiographie existante, que l'on se doit justement de présenter. Laisser le champ de ce discours aux n° 2 (t'as fait quelques raccourcis mais bon disons grosso modo), c'est ultra dangereux justement. C'est permettre les amalgames rapides, le racisme anti-blanc, le mélange juteux qui se fait et la haine qui trouve son expression et son ennemi. Masquer le réel au nom d'un aveu de faiblesse qui consisterait à avoir le courage et les énergies pour, non pas faire un bête méa culpa, mais une réflexion légitime (parrainée officiellement dans ce cas un peu), dans l'éducation nationale, dans le débat public, permettrait justement de couper à ras les tentatives de récupération simpliste et de partage en live haineux de ceux qui se sentent "victimes".

Une question encore : les considères-tu comme des victimes de fait ?
mercredi 10 mai 2006 à 15:12
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QUOTE (Lounita @ 10 May 2006 à 13:11)
Mais là je ne te suis plus. En quoi est-ce faire le jeu de "ces gens là" ? La reconnaissance ayant pour but non plus l'exclusion mais l'inclusion en partageant un certain nombre de points d'accord sur une histoire nationale/internationale relativement unifiée (j'avoue que le consensus est méga dur à faire, d'où forcer un peu sur la juste demande de reconnaissance de la colonisation, et de l'esclavage ok). Après cela dépend complétement la façon dont c'est fait. On peut expliquer les choses de façon à couper un peu la culture ancestrale et relater le contexte qui a fait que certains Blancs à un moment donné de l'Histoire, dans une idéologie dominante, se sont pensés supérieurs à d'autres et les ont asservis de diverses manières. Il s'agit de faits, à interprétations multiples dont on peut trouver trace dans l'historiographie existante, que l'on se doit justement de présenter. Laisser le champ de ce discours aux n° 2 (t'as fait quelques raccourcis mais bon disons grosso modo), c'est ultra dangereux justement. C'est permettre les amalgames rapides, le racisme anti-blanc, le mélange juteux qui se fait et la haine qui trouve son expression et son ennemi. Masquer le réel au nom d'un aveu de faiblesse qui consisterait à avoir le courage et les énergies pour, non pas faire un bête méa culpa, mais une réflexion légitime (parrainée officiellement dans ce cas un peu), dans l'éducation nationale, dans le débat public, permettrait justement de couper à ras les tentatives de récupération simpliste et de partage en live haineux de ceux qui se sentent "victimes".

Une question encore : les considères-tu comme des victimes de fait ?

Qui je considère comme victime ? Victime du racisme, de l'esclavage ou de la colonisation ?

L'esclavage ça commence à dater un peu son abolition en FRance, je ne considère donc personne victime de l'esclavage ou descendant d'esclave, faut pas déconner non plus. Ou alors a un certain degré d'ancienneté mais en tous cas ils sont décédés depuis belle lurette.

Ici la commémoration à un sens, et est parfaitement bienvenue.

Mais il existe dans la pensée revendicative contre le racisme un amalgamme entre le colonialisme, l'esclavage et même depuis quelque temps avec une forme de génocide*.

Et il existe des personnes vivantes en France qui ont connu l'époque de la colonisation comme colonisateurs ET comme colonisés. Et il y a en France des citoyens Français qui sont les enfants, les petits-enfants de ces personnes ex-colonisées, des personnes qui revendiquent un statut de "victime de la colonisation" qui dans leur esprit doit être proche de celui de "victimes du génocide n**i" -ou en tous cas dans le mien pinch.gif -
L'abérration consiste ici à être victime d'un pays et réfugié dans ce même pays qui théoriquement vous opprime et a en être citoyen.

Ensuite, ces personnes de par leurs moeurs et leur façon de parler, leur couleur de peau ont été mal intégrées au départ, on les a regroupées dans des cités hors de villes ou personne d'autre ne voulait habiter. Personne ne voulait d'eux ni dans son entreprise, ni comme locataire dans son appart et cette situation perdure aujourd'hui. Aujourd'hui les problèmes ne sont plus tout à fait les mêmes, les élevages de poulets et égorgements de moutons dans les apparts ne sont sans doute plus qu'un souvenir (mes parents on eu des voisins qui faisaient ça je ne pars pas d'un préjugé) mais on a de la criminalité des collégiens en bandes armés de cutters qui terrorisent la vieille femme en bas de son immeuble, qui crament des poubelles et des voitures qui taguent les murs. Des garçons plus vieux qui terrorisent les filles du quartier et vendent de la drogue. Ces jeunes qui font des conneries continuent a disqualifier l'ensemble du quartier, à empêcher l'intégration de tous ceux qui voudraient juste une vie normale. Ceux qui veulent une vie normale, un boulot, une maison ce sont eux les victimes du racisme tandis que les petits caïds se prétendent victime du système tout en ne cherchant pas à en faire partie. Ce sont eux qui fabriquent du racisme. Sans eux il y en aurait forcément toujours, mais sans gangs, sans violence aveugle et ethnique la population ne resterait pas divisée comme elle l'est.

Aujourd'hui en parlant de l'esclavage comme une faute de la France, on créé une attente. On créé l'attente de la reconnaissance de la colonisation comme un crime d'état horrible voire comme un génocide, l'attente de l'auto-flagellation et de l'auto-humiliation de la population "blanche et raciste". Cette attente attise les haines à l'encontre de la France et des Français "blancs et racistes" et en ça, on fait le jeu des intégristes qui viennent justement dénoncer les mauvais occidentaux démoniaques esclavagistes colonisateurs qui martyrisent les Musulmans.

Ici il ne s'agit pas de renoncer à la vérité, mais de ne pas remuer inutilement le couteau dans la plaie, de ne pas donner de grain à moudre aux agitateurs.

* Le génocide qui rappelons le, ne peut pas exister si on considère qu'il n'y a qu'une race humaine, mais ceci est un autre débat.
jeudi 11 mai 2006 à 14:40
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Sur l'esclavage, ce n'est pas une simple position de filiation qui confère la position de victime ou non. On peut se sentir appartenir à un groupe (on vous y fait appartenir de l'extérieur d'ailleurs en vous identifiant comme membre de ce groupe) sans en être le descendant "naturel". La nature ici est d'ailleurs tout sauf naturelle réellement, par essence transcendante... De toute façon, se sentir victime est éminement subjectif, mais les faits n'empêcheront cependant pas quelqu'un de se sentir, à juste titre ou non, victime et c'est également sur ce ressenti là, s'il est collectif et donc constitue une demande sociale importante, qu'il convient de prendre en compte quoiqu'il en soit, pour y apporter une réponse. Cela étant c'est plus complexe que cela.

Tu as raison il y a des amalgames. Mais ils sont liés ensemble pourtant par une certaine logique : le sentiment (et les faits historiques les confirment) d'appartenir à un groupe qui a subi une domination depuis des siècles. Et il est vrai que l'on ne peut pas aborder la question du racisme aujourd'hui, sans voir son histoire et les variations idéologiques qu'il a pris. L'esclavage, soit la réduction d'un groupe identifiable selon des critères "biologiques" (phénotypiques en l'occurence) à la merci d'un autre (identifiable également : les non-noirs), a fourni ou plutôt s'accompagne de l'idéologie raciste, qui justifie grâce à cette idéologie son action. C'est parce qu'ils sont inférieurs aux Blancs qu'on les réduit en esclavage. La justification vient à postériori de l'action, même si les idéologues d'alors pouvaient réellement penser qu'ils étaient supérieurs. Un tas de blabla religieux, "scientifiques" ou politiques sont venus donner des fondements à la domination de fait. Il en va de même dans le processus de colonisation, sensé apporter à des peuples moins civilisés les outils de la modernité (Jules Ferry était un fervent partisan des Colonies et le pensait vraiment, pour lui c'était "bien"). Le racisme trempe également largement dans l'Espagne de la Reconquista, au moment de la "liempeza del sangre" quand on convertit à tour de bras ou on expulse les Juifs d'Espagne. On est encore dans l'ordre soit-disant naturel : le sang. Le racisme tente de se justifier sur des bases biologiques, aujourd'hui plus culturelles parce que cela a été pas mal démontré que c'était des conneries tout ça (la race humaine, comme tu dis).
Je pourrais continuer longtemps là-dessus, mais ce que je veux dire essentiellement c'est que ces amalgames ont leur raison d'être et de se tenir ensemble, au passé comme au présent, dans les faits (la discrimination vécue par les population, à plus ou moins fort degré) comme dans les mentalités (se sentir infériorisés en permanence, illégitimes...).

Je ne suis pas d'accord non plus sur ton explication du racisme en France et sur l'histoire de l'immigration. Ne nous trompons pas : les immigrés ou leurs descendants ne fabriquent pas le racisme. C'est l'idélogie raciste qui crée les catégorisations raciales et la justification par celles-ci de la domination d'un groupe sur un autre. Ce n'est donc pas le comportement déviant de certains gamins (phénomène important, je ne le nie pas, mais qui s'explique par ailleurs comme une réponse à l'exclusion -davantage cause du racisme alors) qui "fabrique" le racisme. Récupéré par les politiciens et les médias, il contribue en effet à la profusion des idées racistes, là je suis d'accord. Et le quotidien difficile près de "ces gens là" aussi. Mais l'idéologie était pré-existante à cette déviance.

Si l'on fait un bref aperçu de l'histoire des migrations en France, on se rend bien compte que la xénophobie était présente avant les Maghrébins et les jeunes des cités, pour aller vite. Les Polonais et les Italiens au début du siècle se faisaient castagner, parce qu'ils étaient trop cathos pour les premiers, trop "noirs" pour les seconds et aussi parce qu'ils entraient en compétition sur le domaine du travail avec les ouvriers français (les patrons s'en servaient pour casser les grèves, ils ne se syndiquaient guère et se contentaient de plus modestes salaires)... mais tu peux prendre n'importe quel bouquin depuis les vagues migratoires datant de la révolution industrielle et tu y trouveras le même argumentaire contre les populations mal vues : la religion, la couleur de la peau, la culture et la délinquance. On n'osait pas aller dans certains quartiers "ritals" de peur de se faire égorger dans les années 50 encore !
Ce qui est commun c'est plutôt l'appartenance sociale de ces populations et le vieil adage "classes laborieuses classes dangereuses". Les migrants et leurs descendants constituent (pas tous, une petite classe moyenne est parvenue à émerger et cela dépend de la date de la migration et du contexte socio-économique d'alors) une immense part des classes populaires françaises aujourd'hui, multipliant les handicaps et les discriminations subies au nom de la classe, de la "race" ou dite telle, de la "culture" ou de la "génération" (les jeunes des classes populaires sont toujours vus comme dangereux)...

Encore un point : les migrants maghrébins vivaient dans des bidonvilles tout d'abord, et on ne voulait effectivement pas les loger. Ils ont participé à la construction des cités et des logements dans les années 60 et 70, très importante et ne sont arrivés dans les cités d'habitat social que dans les années 80, la paupérisation de la population et la possibilité pour d'autres catégories (les classes moyennes) de se loger ailleurs (avec l'explosion du pavillonaire dans les années 70-80), les critères de répartition des populations de la part des organismes HLM ayant pratiqué des statistiques ethniques parfaitement interdites, la dégradation des lieux ont provoqué la situation d'exclusion spatiale et sociale et "raciale" que l'on connaît aujourd'hui.

Quant au génocide c'est plus complexe : les historiens et sociologues (quid des philosophes ?) ne sont pas tous d'accord sur sa définition, mais n'oublie pas que la racine genos renvoyant au mot "peuple" grec, n'a pas un sens racial mais davantage celui de groupe. Ce groupe pouvant être caractérisé par sa culture, sa religion, ses idées politiques parfois, etc.

Je laisse tomber tous les attributs caricaturaux sur les "voyous" et tout ce qu'ils font. C'est en partie fondé, mais à déconstruire comme toute généralité...

Enfin, tu n'as peut-être pas lu ou compris ce que je voulais te dire, en te suivant justement, sur l'importance de ne pas laisser le champ de la victimologie aux "fous de dieu" ou autres récupérateurs des "exclus" : il est absolument nécessaire que cela appartienne au débat public, que l'Education Nationale, les médias, les Officiels de la République s'emparent de ces questions du passé (un passé qui ne passe pas) présentes et constamment réifiées dans les interactions sociales (les discriminations subies et le discours raciste latent ou explicite en France), pour ne pas laisser le terrain libre et sans débat contradictoire, sans études sérieuses à l'appui, aux détracteurs qui cherchent, pour d'autres raisons qu'il conviendrait d'explorer, à constituer un genre d'anti-France.
jeudi 11 mai 2006 à 23:43
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QUOTE (Lounita @ 11 May 2006 à 14:40)

Enfin, tu n'as peut-être pas lu ou compris ce que je voulais te dire, en te suivant justement, sur l'importance de ne pas laisser le champ de la victimologie aux "fous de dieu" ou autres récupérateurs des "exclus" : il est absolument nécessaire que cela appartienne au débat public, que l'Education Nationale, les médias, les Officiels de la République s'emparent de ces questions du passé (un passé qui ne passe pas) présentes et constamment réifiées dans les interactions sociales (les discriminations subies et le discours raciste latent ou explicite en France), pour ne pas laisser le terrain libre et sans débat contradictoire, sans études sérieuses à l'appui, aux détracteurs qui cherchent, pour d'autres raisons qu'il conviendrait d'explorer, à constituer un genre d'anti-France.

Je pense simplement que nos opinions divergent sur quelques points :

1/ Pour moi l'attitude des "jeunes des banlieues" entretient le racisme ambiant et pour toi ça semble ne pas être le cas, puisqu'un racisme préexistait avant les migrations d'origine du maghreb.... sauf qu'a l'époque le racisme était une doctrine d'état justifiant le colonialisme, donc son existance n'est pas très surprenante. Une forme de racisme a perduré de manière très répendue après la décolonisation jusqu'a ce qu'on lance une campagne "anti-raciste". Mais cette campagne a été trop longtemps attendue ce qui créé la synchonicité entre la fin du "racisme pour le racisme" et le début du "racisme contre les racailles". Aujourd'hui beaucoup de monde les désigne simplement par le mot "arabe". Aussi on entendra "un arabe m'a volé" "un arabe m'a frappé", et ici c'est la criminalité qui fabrique du racisme, plus précisément de la discrimination et pas du racisme.
De la discrimination en raison de l'appartenance a un groupe non pour des motifs idéologiques "de race inferieure" mais à cause d'une crise de la confiance. Dans les faits ça se traduit différement, il n'y a pas de ratonnades, peu d'insultes racistes mais toujours pas plus de logements, ni de boulots. Aujourd'hui ce sont les blancs qui ont peur des "arabes" et non l'inverse.

2/ Le placement abusif comme victime : il est inévitable. Et le débat public n'aura pas lieu ou du moins tout le monde s'en foutra donc il ne contrera pas ce mouvement massif de victimisation abusive. Dans ce pays comme dans tous les autres ce qui fait vendre du papier c'est le sensationnel et donc PAS le débat public. Par contre un responsable d'association -quelle qu'elle soit- qui dit "Ah la la ma pov' dame, la France c'est des méchants racistes qui discriminent, les salauds ils reconnaissent l'esclavage noir et pas la colonisation du maghreb on est la seule race inferieure au monde" Ce genre de propos là trouvera echo dans les médias. Et si quelqu'un s'avise de répondre ce sera publié en page 76 dans l'echo des savanes après l'horoscope.
vendredi 12 mai 2006 à 11:31
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QUOTE (Ribentrop @ 11 May 2006 à 23:43)

Je pense simplement que nos opinions divergent sur quelques points :

1/ Pour moi l'attitude des "jeunes des banlieues" entretient le racisme ambiant et pour toi ça semble ne pas être le cas, puisqu'un racisme préexistait avant les migrations d'origine du maghreb.... sauf qu'a l'époque le racisme était une doctrine d'état justifiant le colonialisme, donc son existance n'est pas très surprenante. Une forme de racisme a perduré de manière très répendue après la décolonisation jusqu'a ce qu'on lance une campagne "anti-raciste". Mais cette campagne a été trop longtemps attendue ce qui créé la synchonicité entre la fin du "racisme pour le racisme" et le début du "racisme contre les racailles". Aujourd'hui beaucoup de monde les désigne simplement par le mot "arabe". Aussi on entendra "un arabe m'a volé" "un arabe m'a frappé", et ici c'est la criminalité qui fabrique du racisme, plus précisément de la discrimination et pas du racisme.
De la discrimination en raison de l'appartenance a un groupe non pour des motifs idéologiques "de race inferieure" mais à cause d'une crise de la confiance. Dans les faits ça se traduit différement, il n'y a pas de ratonnades, peu d'insultes racistes mais toujours pas plus de logements, ni de boulots. Aujourd'hui ce sont les blancs qui ont peur des "arabes" et non l'inverse.

2/ Le placement abusif comme victime : il est inévitable. Et le débat public n'aura pas lieu ou du moins tout le monde s'en foutra donc il ne contrera pas ce mouvement massif de victimisation abusive. Dans ce pays comme dans tous les autres ce qui fait vendre du papier c'est le sensationnel et donc PAS le débat public. Par contre un responsable d'association -quelle qu'elle soit- qui dit "Ah la la ma pov' dame, la France c'est des méchants racistes qui discriminent, les salauds ils reconnaissent l'esclavage noir et pas la colonisation du maghreb on est la seule race inferieure au monde" Ce genre de propos là trouvera echo dans les médias. Et si quelqu'un s'avise de répondre ce sera publié en page 76 dans l'echo des savanes après l'horoscope.

Salut.
1/ Je ne te dis pas que les comportements déviants et sur-représentés dans les médias des "jeunes de banlieue" -catégorie devenue signifiante pour tou(te)s entraînant une cohorte de qualificaticatifs généralisants : fils d'immigrés, mecs, racailles ou voyous, musulmans, violents etc.- n'entretiennent pas le racisme. Bien sûr qu'il y puise argumentaires, justifications et adhérents. Mais ce que je voulais te dire c'est plutôt peu importe ce que sont les personnes "racisées" et contre qui s'exerce le racisme, l'idéologie raciste trouve toujours, selon les situations historiques rencontrées, une population lambda contre laquelle s'exercer. C'est aussi pour cela qu'il est important de le marteler, parce qu'on l'entend beaucoup cela : "je ne suis pas raciste, je ne l'ai jamais été, mais ces racailles là..." ! Non ce n'est pas ces "racailles là" les responsables ! D'ailleurs le cercle est auto-entretenu par le racisme justement à l'égard de ces gamins qui le renvoie, se conforme à l'image enfermante dans laquelle ils sont placés etc. C'est tout un contexte national qui ne va pas bien, et une idéologie odieuse qui y fait son chemin... Mais il est fondamental de recourir à la pensée et l'histoire pour déconstruire les catégories communes de pensée qui ont court. Pour empêcher un Finkelkraut de dire ses obscénités, de trouver le mot "communautarisme" dans n'importe quel canard, etc.
La discrimination n'existe pas sans l'idéologie sur laquelle elle repose. Ainsi pour l'homophobie, le sexisme etc... racisme et discrimination marchent main dans la main, théorie et pratique si tu veux.
Mais oui, il est à double sens actuellement, oui il se nourrit de problèmes davantage sociaux mais qui ont pris les traits d'un groupe ethnicisé, les "arabes". Seulement ça ne date pas d'hier, d'une part, et d'autre part, ce n'est pas en acceptant ce discours là et ses modalités que l'on peut combattre cette pensée qui tend à dominer. Les mômes l'ont si bien intégré cette pensée raciste, qu'ils la resservent elle-même à tour de bras, avec des oppositions "ethnicisées" dans les paroles et faits et gestes. On doit briser cette saloperie et ne pas seulement la contempler, les bras ballants, en répondant par la mano dura qui finalement vient justifier l'idéologie raciste, à force de refuser de l'aborder.
Je ne te suis pas sur ton histoire résumée du racisme, anti-racisme, mais là je vais être sacrément en retard au taf, on pourra reprendre si tu le souhaites.

2/ Assez d'accord avec toi pour le débat public réel et non pas idéal. Cela étant, cela n'empêche pas cependant de continuer à se bagarrer pour qu'il ait lieu.
vendredi 12 mai 2006 à 16:07
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Je persiste a penser que le type de discrimination actuel n'est pas idéologique du moins pour une large majorité, il ne s'agit nullement de sur-représentation médiatique lorsqu'un gamin de 16-17 ans ordonne à ma mère de 40 ans plus agée que lui de baisser les yeux face a un homme (lui). Je me suis fait agresser 7 fois en 4 ans dont 7 fois par ce genre de types là, des jeunes de banlieu d'origine nord-africaine, menacer de mort 2 fois dont deux fois par ce même type de personnes et ça n'a rien ni de médiatique ni de sur-représenté : c'est réel. Tous les hommes que je connais qui ont déposé plainte pour vol, agression, menaces c'était le fait de cette classe de personnes, les "racailles". Pour les agressions sexuelles -donc à l'encontre de femmes- le profil est différent et il peut s'agir de n'importe qui blanc, noir ou arabe.

Pour moi l'idéologie raciste consiste à affirmer avec telle ou telle justification qu'un groupe ethnico-racial est inferieur/dégénéré/mauvais/vaut moins que celui auquel j'appartiens/mérite des coups ....
Ici on a affaire à de la peur, la peur du vol, la peur de la violence, de l'agression gratuite et en plus celle du procès pour racisme. Cette peur se répend très vite car le groupe qui la provoque fait bien en sorte de l'inspirer en étant visuellement identifiable, en adoptant un parler spécifique. La peur est un sentiment particulièrement primaire, primitif même, la peur est le sentiment qui vous indique la présence d'un danger, qui vous indique qu'une protection ou qu'une fuite est nécessaire. La peur c'est sans doute l'instinct le plus animal de l'homme et eux en jouent parce qu'ils aiment l'impression de puissance qu'elle leur procure.

Question : Tu donnes les clefs de ton appart à un type qui te fait trembler de peur ? Tu lui donne un poste dans ta boite ?

Bien sur que non.

Après certains seront plus ou moins sujets à cette peur, selon leurs éventuelles agressions ou mauvaises experiences, et aussi bien sur selon la personne qu'ils auront en face d'eux. Et pour certains il y aura un blocage total masqué par de la fanfaronnade ou par un aveux contrit de racisme. Non pas par une idéologie qui les proclame meilleurs, mais parce que pour leur équilibre psychologique c'est une nécessité vitale d'éviter ce danger. Ils ont identifié le danger à sa couleur de peau, à son nom ou son prénom et ils vont l'éviter pour se préserver. C'est discriminatoire mais il le faut. Du moins c'est ce qu'ils pensent.


Là ou les médias prennent leur part, c'est par exemple quand un village d'Alsace qui ne compte pas un seul immigré d'origine du maghreb vote à 100% FN, là aussi par peur mais cette peur est un pur produit des médias. Mais si leur peur est irrationnelle, c'est que la peur de quelqu'un d'autre leur a été communiquée, une peur qui, elle, a des fondements. Les médias sont un vecteur de propagation incontrolé d'une peur réelle.

En ce qui me concerne, ce comportement ne peut être en aucun cas assimilé à de l'idéologie. La peur n'est pas une idéologie, c'est un comportement d'auto-défense.

Le problème auquel on est ici confrontés c'est que ce comportement est déclenché de manière intempestive (ou préventive) à l'encontre de personnes qui n'ont rien fait et qui se retrouvent en marge de la société à cause de lui. Il faut alors rendre confiance aux gens dans l'ensemble des citoyens de ce pays quelle que soit leur couleur ou leur nom de famille. Une méthode pourrait être celle qui fut appliquée à New York à l'encontre des criminels noirs de harlem qui étaient auparavant au ban de la société, ni cherchés par la police, ni punis par la justice et qui agissaient en toute impunité dans un quartier accessible uniquement aux noirs. Depuis les années 90 une politique de tolérance zéro fut appliquée a l'ensemble des citoyens pour l'ensemble des crimes et délits (y compris cracher sur un trottoir). Cette politique a rendu confiance aux citoyens dans le sens ou ils étaient certains que chaque personne qui circule dans la rue est un citoyen honnête qui n'a rien a se reprocher et ce quelle que soit la couleur de sa peau.

L'idée c'est que si on a confiance en la police et en la justice, on a l'assurance que le type qui se trouve face à vous ne va pas vous fracasser le crâne avec une brique pour le plaisir parce que les gens qui font ça sont en prison. On stoppe la peur.

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