Friday 10 March 2006 à 13:29
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Je voulais aborder un sujet assez difficile de l'Histoire de France, la Police sous Vichy et son role notamment dans les rafles des juifs et l'élimination des opposants et resistants notamment les communistes.

Le livre de Berlière Jean-Marc et Chabrunt Laurent, "Les Policiers français sous l’Occupation, d’après les archives inédites de l’épuration" tente de réhabilité la Police en s'appuyant sur des "archives inédites", probleme c'est que ces archives ne sont jamais citées dans le livre...

Il ne fait aucun doute que la Police participa activement aux rafles de juifs qui ont commencé à l’été 1942. Les services de police étaient placés sous l’autorité du ministre secrétaire d’Etat à l’Intérieur. En outre, une large délégation de pouvoir est octroyée aux préfets régionaux, nouvel échelon instauré par la loi du 19 avril 1941, lesquels ont pour mission de coordonner l’action des services de l’Etat dans les domaines cruciaux de l’économie et du maintien de l’ordre. Le préfet régional devient le véritable chef de la police dans son secteur. Les textes le plaçait à la tête d’un vaste dispositif comprenant les services administratifs, la police judiciaire, les Renseignement Généraux et le Groupe mobile de réserve (futur CRS). Il y a aussi la création de polices spéciales telles que : le service de la police anticommuniste, la police aux questions juives, la police des sociétés secrètes.

L’Allemagne participe à cette réforme équipant les policiers, souvent en échange de l’orchestration des rafles de juifs en vue de leur déportation, dont la tristement célèbre Rafle du Vel d’Hiv des 16-17 juillet 1942. René Bousquet devient l’élément de liaison avec les allemands, il est le fonctionnaire qui a passé avec les Allemands des contrats d'armes en échange de l'expulsion de juifs du territoire (accord Oberg-Bousquet). En 1943, Bousquet est remplacé par le chef de la milice, Joseph Darnand, qui, pour maintenir l’ensemble du pouvoir sous sa coupe, place ses camarades miliciens à des postes sensibles. Il occupe aussi l’avant scène auprès des autorités allemandes qui sont en accord avec les moyens mis en œuvre pour faciliter la vie de l’occupant et celle du régime collaborationniste. La réforme de la police a pour but de scinder l’administration derrière l’idéale du régime de Vichy.

Cependant Robert Paxton souligne dans son livre "La France de Vichy" que la police française en faisait bien plus que les voeux allemands, en tout plus de 70 000 juifs en France furent envoyés dans les camps à l'est et ce grace à notre police.



Cette photo représente un rassemblement d’agent de police réuni en janvier 1942, au palais de Chaillot. Ces représentants de l’ordre prêtent serment de fidélité à l’Etat français du maréchal Pétain. Cette photo, du fait de son ambiguïté, fut interdite par la censure. Ambiguïté, car elle montre les policiers français "soumis" au IIIe Reich. Ce qui est le contraire de la propagande vichyssoise laquelle appelle au patriotisme, à l’identité nationale française et au chef unique qu'est le maréchal. Le salut n**i est un salut étranger qui rend hommage au chef du régime allemand. La photo reflète aussi l’engagement policier sous le régime de Vichy. Engagement qui signifie une collaboration étroite avec l’occupant, notamment dans l’action d’épuration des juifs d’Europe.

Pour finir voici une allocution de Jacques Chirac, président de la République, prononcée à Drancy, le dimanche 16 juillet 1995, lors des cérémonies commémorant la grande rafle des 16 et 17 juillet 1942 :

"Il est, dans la vie d’une nation, des moments qui blessent la mémoire et l’idée que l’on se fait de son pays. Ces moments, il est difficile de les évoquer, parce que l’on ne sait pas toujours trouver les mots justes pour rappeler l’horreur, pour dire le chagrin de celles et ceux qui ont vécu la tragédie. Celles et ceux qui sont marqués à jamais dans leur âme et dans leur chair par le souvenir de ces journées de larmes et de honte.
Il est difficile de les évoquer, aussi, parce que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français. Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes français, sous l’autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis. Ce jour-là, dans la capitale et en région parisienne, près de dix mille hommes, femmes et enfants juifs furent arrêtés à leur domicile, au petit matin, et rassemblés dans les commissariats de police.
On verra des scènes atroces : les familles déchirées, les mères séparées de leurs enfants, les vieillards – dont certains, anciens combattants de la Grande Guerre, avaient versé leur sang pour la France – jetés sans ménagement dans les bus parisiens et les fourgons de la préfecture de police. On verra, aussi, des policiers fermer les yeux, permettant ainsi quelques évasions. Pour toutes ces personnes arrêtées commence alors le long et douloureux voyage vers l’enfer. Combien d’entre-elles ne reverront jamais leur foyer ? Et combien, à cet instant, se sont senties trahies ? Quelle a été leur détresse ?
La France, patrie des Lumières et des Droits de l’homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. Conduites au vélodrome d’Hiver, les victimes devaient attendre plusieurs jours, dans les conditions terribles que l’on sait, d’être dirigées sur l’un des camps de transit – Pithiviers ou Beaune-la-Rolande – ouverts par les autorités de Vichy. L’horreur, pourtant, ne faisait que commencer. Suivront d’autres rafles, d’autres arrestations. À Paris et en province. Soixante-quatorze trains partiront vers Auschwitz. Soixante-seize mille déportés juifs de France n’en reviendront pas. Nous conservons à leur égard une dette imprescriptible. [...]
En cet instant de recueillement et de souvenir, je veux faire le choix de l’espoir. Je veux me souvenir que cet été 1942, qui révèle le vrai visage de la « collaboration », dont le caractère raciste, après les lois anti-juives de 1940, ne fait plus de doute, sera, pour beaucoup de nos compatriotes, celui du sursaut, le point de départ d’un vaste mouvement de résistance. Je veux me souvenir de toutes les familles juives traquées, soustraites aux recherches impitoyables de l’occupant et de la milice, par l’action héroïque et fraternelle de nombreuses familles françaises. J’aime à penser qu’un mois plus tôt, à Bir Hakeim, les Français libres de Kœnig avaient héroïquement tenu, deux semaines durant, face aux divisions allemandes et italiennes. Certes, il y a les erreurs commises, il y a les fautes, il y a une faute collective. Mais il y a aussi la France, une certaine idée de la France, droite, généreuse, fidèle à ses traditions, à son génie. Cette France n’a jamais été à Vichy. Elle n’est plus, et depuis longtemps, à Paris. Elle est dans les sables libyens et partout où se battent des Français libres. Elle est à Londres, incarnée par le général de Gaulle. [...]
Ces valeurs, celles qui fondent nos démocraties, sont aujourd’hui bafouées en Europe même, sous nos yeux, par les adeptes de la « purification ethnique ». Sachons tirer les leçons de l’Histoire. N’acceptons pas d’être les témoins passifs, ou les complices, de l’inacceptable. "


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Friday 10 March 2006 à 20:20
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Il faut se replacer dans le contexte de l'époque pour réaliser la complexité de la tâche du gouvernement français de cette époque.
Je viens à ce propos d'ouvrir un topic sur le Maréchal Pétain pour qui j'ai le plus grand respect..
Je te conseille, par ailleurs, de lire - si tu ne l'as pas encore fait - le livre de Marie Chaix intitulé "Les lauriers du lac de Constance" qui retrace très bien ce que fut, à cette époque, le dilemme qu'ont affronté les fonctionnaires, les policiers et même les militaires à cette époque - dilemme cruel et puissant puisqu'il a abouti, pour la marine au drame de Mers el Kébir.
Ce fut une époque sans repères où personne ne savait où était son devoir, la France était alors un bateau ivre .
Je pense qu'il eût été préférable pour la cohésion nationale de faire preuve de clémence et de compréhension de façon à ne pas aggraver encore nos divisions qui sont, hélas, nombreuses et dévastatrices.
Friday 10 March 2006 à 23:01
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QUOTE
Il faut se replacer dans le contexte de l'époque pour réaliser la complexité de la tâche du gouvernement français de cette époque.


Voici une pièce d'archive sur la Police en 1943, tu pourra prendre conscience de ce que t'appel "la complexité de la tache du gouvernement". On voit dans ce texte les premières mesures pour enterrer les crimes et organiser la fuite à l'aube de la défaite. Je précise que ce document m'a été tansmis par l'historienne Annie Lacroix-Riz.

Archives nationales, F1 a, vol. 3959, Seine région 17, police, presse et radio Fiche ronéotée, CFLN, commissariat à l’Intérieur, information du 10-12-1943, réc (réception) 9-2-1944, diff (diffusion) 22-2-1944, 5 p. Pris in extenso

" De sombres pressentiments hantent le haut personnel de la Préfecture de Police à Paris"

2 équipes d’héritiers présomptifs se signalent particulièrement équipe Langeron-équipe Chiappe. Depuis les dernières offensives russes, de sombres pressentiments hantent le haut personnel de la Préfecture de Police à Paris. Pour lui, l’ère des persécutions fraîches et joyeuses est close.
Anxieux d’un avenir qui, pour la plupart de ses membres s’avère lourd de menaces, il envisage de prochains soulèvements populaires et, en vue de cette éventualité, élabore un « plan de défense ». Défense élastique en l'occurrence, car ce plan de défense est en réalité un plan de fuite.
Deux soucis le dominent: faire disparaître, d’abord, les preuves principales des méfaits accomplis; puis sauver les coupables de périls du flagrant délit.

Soit deux tâches:
- assurer, quand se déclarera la carence des autorités protectrices, la destruction totale des archives compromettantes;
- ménager aux hommes compromis, si leurs bureaux venaient, un jour d’émeute, à être cernés, une issue commode de retraite;
On a trouvé l’issue et elle est symbolique: ces MM. seront évacués par les égouts. Un premier itinéraire avait été prévu. Il aboutissait place Dauphine. Mais il a été divulgué et l’on en cherche une autre. Dans cette atmosphère de terreur grandissante, les chefs responsables, comme d’ailleurs ceux de leurs subordonnés qui leur ont emboîté le pas réagissent suivant leur caractère différemment.
Il en est dont la brutalité s’exaspère. Ce sont les plus marqués, les plus violents, ceux qui, sans doute, se sentent définitivement discrédités; les plus redoutables, ceux qui resteront à craindre jusqu’au bout. Ils sont rares.
Si, à la direction des RG, la sauvagerie des supplices que l’on fait endurer aux inculpés politiques de tout âge et de tout sexe, atteint un paroxysme, s’il semble qu’une haine de plus en plus désespérée y anime un certain nombre de techniciens de la torture et, s’il est parfaitement exact, enfin, que les commissaires, David, Cougoule et autres (comme le directeur lui-même, M. Rottée) ne dédaignent point d’y mettre la main à la pâte, cravache en main, il en va dans les autres services bien autrement.

Là, le ton a changé.
Les uns voudraient se faire oublier et supputent qu’il n’est peut-être pas trop tard pour y parvenir. D’autres en appellent de leur attitude apparente à la pureté sans taches de leurs secrètes intentions. D’autres, encore, gémissant de leur servitude, imputent la responsabilité de leurs actes à l’amère exigence des disciplines professionnelles.
Quelques exemples:
A la tête de la police municipale, M. Hennequin [nommé directeur adjoint de la police municipale, en novembre 1940 par Langeron, cf.] se donnait, hier encore, pour ce qu’il était: un fanatique de l’ordre nouveau. Quand ses agents appréhendaient ou abattaient un patriote, des télégrammes intérieurs rédigés dans la forme sommaire mais triomphale des ordres du jour du Maréchal Canrobert propageaient aussitôt la bonne nouvelle. Le style s’en est modifié. Ce ne sont plus des bulletins de victoire, mais des comptes rendus “à toutes fins utiles”. Et leur auteur, soudain prudent s’abstient, désormais, de les signer.
Monsieur François [Jean], à la police administrative, a été le premier et le principal organisateur du Service Juif. Il a dû à son enthousiasme antisémite sa promotion au grade de directeur. Nommé sur les démarches pressantes d’un officier allemand, c’est en lui dénonçant la froideur dont son chef faisait preuve à l'égard des persécutions qu’il avait pu gagner sa gratitude. Et son zèle persévéra longtemps. Maintenant il verse de pieuses larmes sur ses victimes. Il se plaint de la triste besogne qu’il lui a fallu assumer. Il jure que, lui non plus, n’avait pas voulu ça. Et M. Tulard [André], son adjoint, a suivi la même évolution.
Monsieur Dallier était directeur du personnel en 1938. Nommé par la faveur de l’amiral Bard, directeur général, et promu, par celle du Maréchal, dans l’ordre de la francisque, il reste directeur général, mais ne porte plus la francisque. Ses fils, fonctionnaires au Maroc, et dont, il y a un an, il se plaisait à dire qu’ils avaient été “pris par les Américains”, se sont mués, par les miracles d’une métamorphose, lorsque, à voix basse, il se confie en intrépides volontaires de la libération. Et voici, qu’oubliant comment il lui advint naguère de traiter d’imbécile, en termes vifs et crus, un sous-ordre assez hardi pour envisager devant lui le retour à la France de l’Alsace et de la Lorraine, il se remémore en revanche, lèvres tremblantes et regard humide, ses origines alsaciennes, sûres cautions de son patriotisme.
Et puis, il y a Monsieur Tanguy. Directeur de la police judiciaire, par la grâce de la révolution nationale; cet innocent ne s’embarrasse point, dans sa candeur, de transitions. Il cherche, purement et simplement, à s’aboucher avec des comités de résistance. Il voit. Il croit. Il est désabusé...
Depuis quelque mois, par ailleurs, ces MM. rivalisent de discrétion dans l’exercice de leur autorité. L’on écarte les dossiers; l’on fuit les décisions, l’on se cuirasse d’incompétence.

Un mot d’ordre sévit: surtout ne rien signer. Les temps sont révolus où les chefs de service, jaloux de leurs prérogatives, s’efforçaient de gagner sur celle de leurs voisins. Chacun veut, désormais, restreindre son ressort. Et le jeu des attributions se joue, maintenant, à qui perd gagne.
Il est pourtant un certain nombre de fonctionnaires qui, après s’être signalés par l’ardeur de leur entrain au service des maîtres allemands, ne participent pas à cette panique.
Ce sont les plus à craindre. Parmi eux, il en est qui s’estiment mal récompensés.
Pour des raisons obscures, origines raciales suspectes ou antécédents politiques inquiétants, ils ont été mal accueillis ou même écartés. Ils avaient bien voulu des Allemands, les Allemands n’ont pas voulu d’eux... Déçus, ces méconnus espèrent une revanche. Leurs mécomptes, jugent-ils, leur créent des droits.

D’autres, comblés, au contraire, de faveurs, se préoccupent de bien conserver ce qu’ils ont mal acquis. Ils s’imaginent fermement qu’au prix de quelque habileté, ils y parviendront.
Ce sont les « réalistes », ceux qui se piquent de “savoir-faire”. Hier profiteurs de la défaite, ils entendent être demain parmi les principaux bénéficiaires de la libération.
Déjà, ils ont calculé qu’une période propice aux vastes mouvements de personnel allait s’ouvrir. Ils guettent les vacances. Ils n’ont pas attendu pour poser des candidatures.
A la Préfecture de Police, deux équipes d’héritiers présomptifs se signalent particulièrement: l’équipe Langeron et l’équipe Chiappe, mais oui! l’équipe Chiappe qui survit à son patron.
M. Langeron, comme Pierre Petit, opère lui-même. Il se donne pour un dur de la résistance. Il se répand en démarches et multiplie les déjeuners de propagande. À ceux-ci, bien entendu, les uniformes verts ne figurent plus.
Pourtant, c’est bien M. Langeron qui a ouvert le premier la préfecture aux Allemands.
C’est lui qui, le premier, a prodigués à ses services les consignes de docilité et les encouragements au zèle. Il a mis en oeuvre, parmi les premiers, et avant même que l’expression n’ait circulé, la politique de collaboration.
M. Langeron, au lendemain de l’occupation de Paris, ne s’est point contenté, purement et simplement, de rester à son poste. Suspendu par ordre de l’envahisseur et consigné dans son logis, il a mis aussitôt en mouvement toutes les influences dont il savait pouvoir jouir dans les milieux du défaitisme - soumis, la veille encore, à sa surveillance - afin d’être réinstallé dans ses fonctions. Il n’a pas hésité, pour le faire, à recourir à d’authentiques suppôts de la 5è colonne, comme le fameux Boitel, indicateur, agent double et repris de justice, titulaire de 6 condamnations, qui apparut, tant que M. Langeron resta en place, comme une sorte de préfet adjoint. C’est ce Boitel qui transmit aux Allemands les protestations de soumission de son patron, et qui leur servit auprès d’eux d’honnête caution.
M. Langeron lui devait beaucoup. Il le payait donc largement, et selon des modes inattendus: ordre avait été donné par exemple, de remettre audit Boitel toutes les voitures abandonnées sur la voir publique pendant l’exode, et qu’il lui plairait de choisir pour les revendre à sa guise et à son profit. La préfecture, pour lui, se faisait recéleuse et complice de vol d’autos.

M. Langeron a présidé à la création du service Juif. Il a mis à la disposition des occupants, pour organiser la persécution, ses bureaux et son personnel. Il a recruté pour le faciliter et l’accélérer, des centaines d’auxiliaires. Des services politiques de la préfecture, il a fait, purement et simplement, une annexe de la Gestapo. Il a promu, par des avancements fulgurants, toutes les créatures de l’ennemi.
Et, tout cela, sans élever une protestation ni formuler une réserve. M. Langeron, pourtant a un titre, pendant 2 mois il a été incarcéré au Cherche-Midi. Pour un acte de résistance? Non pas. Lui-même n’ose pas le prétendre.
Selon sa version, il aurait eu le tort de suggérer au gouvernement que le voyage du chef de l’État à Paris, quand furent transférées les cendres de l’Aiglon, allait offrir aux Allemands l’occasion de l’appréhender, ce qui est une innocente fumisterie. Les Allemands n’avaient qu’à le vouloir pour s’en saisir, quand et comment cela leur eût convenu. Et nous avons appris par une déclaration d’h***** lui- même, que celui-ci, soucieux de conserver aux Quisling de Vichy, une apparence d’indépendance, leur avait interdit de faire de Versailles leur “capitale provisoire”.
En fait, M. Langeron a été victime de la résistance de ses subordonnés, résistance qu’il eût punie lui-même s’il en avait eu le loisir. Il a été arrêté le 25 janvier 1941, en même temps que le Dr Desplat, chirurgien des gardiens de la paix, et que Mme Rozier, sous- chef de bureau dans les services administratifs du cabinet. Tous deux furent condamnés et bien d’autres avec eux compromis dans le même complot. Le préfet, lui, bénéficia d’un non-lieu. Et ce fut justice. Mais les Allemands, déjà surpris par l’affaire d’armes des gardiens de la paix du 17è arrondissement, n’avaient point voulu croire, d’abord, que le préfet pouvait être innocent quand tant de ses subordonnés avaient d'ores et déjà engagé le combat. Il leur fallut deux mois pour se détromper. Il est vrai qu’après la mise en liberté du préfet, remplacé entre temps, Otto Abetz déplorait son départ en ces termes: “C’est un excès de zèle de Vichy”.
Le directeur du cabinet de M. Langeron était M. Cheberrey, aujourd'hui directeur des services administratifs de la circulation. Il a une ambition: être secrétaire général. Vichy ne l’a pas nommé. Il est donc anti-Vichyssois. Il pense avoir gain de cause lorsque son patron reviendra. Pourtant, si la libération, ce qu’à Dieu ne plaise, refaisait un préfet de M. Langeron, le principal appui sur lequel se fondait son collaborateur lui ferait cruellement défaut; Herr Doktor Lehrer ne pourrait plus officiellement comme il l’a déjà fait par 2 fois agir pour lui.
M. Langeron avait cependant un bras droit, qui n’était pas son chef de cabinet, mais le directeur des RG, M. Simon. Suspect, en raison d’origines raciales indécises, celui-ci devait tenter le maximum afin de faire revenir ses nouveaux maîtres sur leurs injustes présomptions.
Il les a servis avec un dévouement anxieux dont n’avaient pas bénéficié, avant la guerre, ses chefs français. Il a commencé, au profit de l’envahisseur, “l’épuration de ses services”. Il a traqué les “Gaullistes”. C’est lui qui déclarait en septembre 1940 “avant 3 mois, l’Allemagne sera victorieuse. Il y aura un boom économique et ce sera l’euphorie générale”. Son optimisme n’a pas rendu. Malgré toute son application, il n’a jamais cessé d’être pour le conseiller Boëmelborg, dont il parlait en disant: “Mon ami”..., le “petit Juif de Langeron”.
Limogé, finalement mais dans des conditions confortables; il est aujourd'hui trésorier payeur général dans un département où il attend sa revanche de ceux mêmes qu’il a pourchassés.
Plus redoutables sont les hommes de Chiappe.
L’agent direct de leur conjuration est l’ancien commissaire Zimmer, aujourd'hui Inspecteur général adjoint des services, celui-là même qui fut compromis dans le scandale Costachesco et qui gardait dans ses tiroirs les rapports relatifs à Stavisky. C’est un mince personnage, mais froid, sans scrupules et résolu. Au cours de sa longue collaboration avec Chiappe, il n’est pas sans avoir acquis certains moyens d’action peu avouables, mais souvent efficaces. Fasciste et réputé pour sa vénalité, il a depuis l’armistice, dû à la protection de MM. Peyrouton et de Carbuccia, une carrière en flèche. Entré à la Préfecture par la secrétariat particulier, alors qu’il n’était qu’inspecteur au ministère, il avait été nommé commissaire aux RG, puis commissaire de quartier, quand vinrent les événements de 1940. Depuis, il a été successivement promu en moins de trois ans, commissaire principal, commissaire d’arrondissement, commissaire divisionnaire, contrôleur général et enfin inspecteur général adjoint des services, c'est à dire, directeur adjoint. Au poste en question, il est chargé, détail piquant, de veiller sur la probité et les bonnes moeurs du personnel.
Ce Zimmer, qui, en fait, a derrière lui les nazis du conseil municipal, est inspiré surtout par le fameux Paul Guichard, ancien directeur de la police municipale, qui n’a pas désarmé et rêve toujours, après avoir été chargé de mission par Vichy aux États-Unis, de rentrer en triomphateur dans son ancienne administration. Ces MM. tiennent tout prêt, pour après la guerre, un projet de Préfecture conforme à leurs intérêts et dont les principaux artisans se présenteraient en champions du véritable patriotisme français, “pur de tout contact avec des nations étrangères, et, comme tel, seul capable de faire face au communisme”.
Afin de se faire admettre, cette équipe a entrepris de s’adjoindre quelques hommes dont l’attitude, pendant la période actuelle, ne s’est pas départie d’une certaine correction, ou qui, même, ont encouru certaines brimades.

C’est en vue d’une opération de ce genre que Zimmer a envoyé au commissaire Nicole, mis à la retraite d’office, un émissaire chargé de lui offrir, dans la combinaison, le poste de Directeur des RG.
Le commissaire Gaubiac, fonctionnaire d’une certaine valeur, mais connu pour son hostilité aux partis avancés, prend part à cette intrigue. Le commissaire Godart de Donvile et le commissaire Roche, dont la conduite n’a, elle, donné prise à aucune critique, ont également été pressentis.
De tels hommes serviraient de cautions aux autres. Ils constitueraient une sorte de couverture de bonne apparence qui ferait passer la marchandise. Quant à Zimmer, on lui réserve l’inspection générale des services. C’est à lui que reviendrait ainsi la mission d’enquêter sur les agissements des membres de la Préfecture pendant l’occupation... On imagine comment, par un tel homme, la tâche serait remplie. Ajoutons que les Allemands ont eu vent de ces tractations et qu’ils s’en sont inquiétés. Ils ont pris des renseignements auprès de leurs indicateurs qui en ont fourni d’excellents. Ceux-ci n’ont cependant pas suffi, paraît-il, à apaiser toute suspicion.
On peut, bien entendu, dans l’attente des grands événements mondiaux, qui se préparent, considérer cette agitation comme négligeable. Peut-être, néanmoins, serait-ce là un excès de confiance. Il conviendrait, semble-t-il, de tenir compte du fait que les manoeuvres qui se nouent déjà à la Préfecture de Police ont leur équivalent dans toutes les administrations françaises et qu’elles correspondant également à des intrigues de plus vaste envergure, entreprises, celles-ci, sur un plan politique.

Les unes comme les autres tablent sur la peur du communisme. Les unes comme les autres ont pour animateurs les ennemis, cyniques ou sournois, des régimes de liberté. Et une même volonté les inspire:
- éliminer les premiers ouvriers de la résistance afin de maintenir à tout prix dans la victoire le régime né de la défaite ".

Fiche ronéoté information 9-1-1944, réc 13-3-1944, diff 30-3-1944, « plan de défense de la Préfecture de Police à Paris »

Le sauvetage des gradés, dont le départ est prévu par les égouts et « les archives, considérées comme compromettantes, seraient brûlées ».
« Il ne serait pas sans intérêt:
1° de faire savoir par radio qu’interdiction formelle est faite aux fonctionnaires de la Préfecture de Police, quel que soit leur grade, de procéder à des destructions d’archives, et que ceux d’entre eux qui passeraient outre cette défense seraient automatiquement inculpés d’intelligence avec l’ennemi.
2° d’inviter le Préfet de Police, toujours par radio, à se mettre immédiatement en rapport et à se place sous les ordres d’une personnalité investie par le gouvernement provisoire de toute l’autorité nécessaire ».

Ce message a été modifié par Hadora - Friday 10 March 2006 à 23:02.
Saturday 11 March 2006 à 10:23
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Hadora ... Talleyrand , avant le congrès de Vienne, répondait aux négociateurs britanniques qui , pour contester ses affirmations, lui montraient un long mémoire hollandais de 30 pages : "on n'a pas besoin d'écrire 30 pages quand on a raison".
Imprégné des méthodes politburotiennes, tu tentes de noyer ton vis à vis sous des flots de texte qui n'apportent en tout et pour tout que quelques exemples concernant des fonctionnaires opportunistes dont l'attitude n'a rien de surprenant dans le contexte de cette époque et peut être comparée à celle des Eduens au moment de la conquête de la Gaule par Jules César ou à ce qu'aurait été celle des communistes français en cas d'invasion soviétique.
Ce que je demande à mes interlocuteurs dans cette affaire c'est de prendre le temps de réfléchir sereinement, hors du tumulte médiatique, en leur âme et conscience, à ce qu'il était possible de faire dans un pays vaincu et occupé par un ennemi dirigé par un paranoïaque délirant.
Malgré le peu de considération que j'ai pour les membres du parti communiste avec lequel j'ai toutefois flirté dans ma jeunesse après une lecture attentive du Capital, je pense qu'ils peuvent faire l'effort d'une telle réflexion.
Saturday 11 March 2006 à 20:43
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QUOTE
Hadora ... Talleyrand , avant le congrès de Vienne, répondait aux négociateurs britanniques qui , pour contester ses affirmations, lui montraient un long mémoire hollandais de 30 pages : "on n'a pas besoin d'écrire 30 pages quand on a raison".


Les textes ici ne font pas 30 pages, ca prend 10 minutes maximum à lire l'ensemble. De plus il s'agit de pièces d'archives, matériel premier pour les historiens afin d'établir une quelconque vérité historique. Ta tentative de dénigrer ces documents prouve ta malhonneteté intellectuelle afin de masquer des faits historiques.

QUOTE
Ce que je demande à mes interlocuteurs dans cette affaire c'est de prendre le temps de réfléchir sereinement, hors du tumulte médiatique, en leur âme et conscience, à ce qu'il était possible de faire dans un pays vaincu et occupé par un ennemi dirigé par un paranoïaque délirant.


Ne t'inquiete pas, je prend le temps de refléchir. Au vue de ces deux texte on voit que dès 1943 date où la défaite de l'axe ne fait plus aucun doute (Stalingrad est passé par là...) on tente dans les milieux collaborateurs, ici la Police, de masquer les traces des agissements. On nous parle, je cite, de "faire disparaître, d’abord, les preuves principales des méfaits accomplis; puis sauver les coupables de périls du flagrant délit" c'est à dire "assurer, quand se déclarera la carence des autorités protectrices, la destruction totale des archives compromettantes; ménager aux hommes compromis, si leurs bureaux venaient, un jour d’émeute, à être cernés, une issue commode de retraite". En cas d'émeutes on parle meme "d'évacués par les égouts".

Je n'invente rien tout est dans ce document : "Les uns voudraient se faire oublier et supputent qu’il n’est peut-être pas trop tard pour y parvenir. D’autres en appellent de leur attitude apparente à la pureté sans taches de leurs secrètes intentions. D’autres, encore, gémissant de leur servitude, imputent la responsabilité de leurs actes à l’amère exigence des disciplines professionnelles."

Je te laisse finir la lecture des deux textes, tu verras que la Police Français n'a pas eu besoin des ordres venant de Berlin pour accomplir les voeux des nazis comme le rappel si justement l'historien Robert Paxton.

Ce message a été modifié par Hadora - Saturday 11 March 2006 à 20:43.
Sunday 12 March 2006 à 11:42
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[QUOTE=Hadora,11 Mar 2006
[QUOTE]Les textes ici ne font pas 30 pages, ca prend 10 minutes maximum à lire l'ensemble. De plus il s'agit de pièces d'archives, matériel premier pour les historiens afin d'établir une quelconque vérité historique. Ta tentative de dénigrer ces documents prouve ta malhonneteté intellectuelle afin de masquer des faits historiques.

Il n'est pas question de dénigrer un document quel qu'il soit ni de nier les faits de collaboration , je dis seulement qu'il n'était pas possible dans la situation où était la France à cette époque d'éviter une certaine collaboration avec l'occupant.
Que certains soient allés trop loin, c'est évident - mais les circulaires que tu cites émanent en fait d'un petit nombre de cadres supérieurs qui étaient en contact direct avec les allemands et avaient sans aucun doute dû leur faire quelques concessions mais tu ne dis rien des gendarmes et des gardiens de la paix qui, avec l'accord de leurs supérieurs hiérarchiques directs, ont tenté d'avertir le plus de familles juives possible de l'imminence de la rafle du vel d'hiv et tu oublies d'imaginer ce qu'aurait été la situation s'il n'y avait pas eu de gouvernement national interposé entre le pays et l'occupant - ça c'est de la malhonnêteté intellectuelle, comparable à celle dont tu fais preuve en niant la cruauté imbécile d'un Staline ou son ivrognerie chronique.
Et tu n'arrives pas, non plus, à comprendre que lorsqu'un pays vient de vivre une période aussi noire, où bien des principês fondamentaux ont été foulés aux pieds, son intérêt n'est pas de s'acharner bêtement sur les égarés mais de reconstruire au contraire la cohésion nationale en faisant preuve de clémence.
Crois tu que les allemands n'auraient pas eu envie d'étriper les Vopos qui les flinguaient sur le mur de Berlin ? ou que les Russes n'auraient pas voulu égorger les matons du goulag ? ou que les Cambodgiens n'auraient pas volontiers massacré les sbires de Pol Pot qui, au nom du Marxisme, ont tué 2 millions des leurs ?
Ils ne l'ont pas fait pour la raison que j'explique plus haut.
La France n'a pas été capable de ce geste salvateur et elle se vautre encore dans des rancoeurs aussi dévastatrices qu'obsolètes que des inconscients dans ton genre ne cessent d'attiser.
Mais que gagnes tu à dresser les Français les uns contre les autres ? ne penses tu pas que les stupides conséquences de la prétendue lutte des classes n'ont pas fait assez de mal ?
Que cherches tu ? Une petite notoriété personnelle ? Comme les pompiers incendiaires ? ou es tu l'instrument basique d'une entreprise de démolition nationale ?

Ce message a été modifié par leucippe - Sunday 12 March 2006 à 11:46.
Sunday 12 March 2006 à 13:35
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QUOTE
Il n'est pas question de dénigrer un document quel qu'il soit ni de nier les faits de collaboration , je dis seulement qu'il n'était pas possible dans la situation où était la France à cette époque d'éviter une certaine collaboration avec l'occupant.


C'est sur que cette collaboration ne pouvait pas être éviter car elle était à la base voulu par nos classes dirigeantes qui dès 1936 ont conduit une politique d'apaisement diplomatique mais aussi économique envers le Reich. Il fallait collaborer avec l'ennemi extérieur, le nazisme pour vaincre l'ennemi intérieur le communisme. Il n'y a qu'à analyser la période des années 30 pour prendre conscience de la chose.

QUOTE
Que certains soient allés trop loin, c'est évident - mais les circulaires que tu cites émanent en fait d'un petit nombre de cadres supérieurs qui étaient en contact direct avec les allemands et avaient sans aucun doute dû leur faire quelques concessions mais tu ne dis rien des gendarmes et des gardiens de la paix qui, avec l'accord de leurs supérieurs hiérarchiques directs, ont tenté d'avertir le plus de familles juives possible de l'imminence de la rafle du vel d'hiv et tu oublies d'imaginer ce qu'aurait été la situation s'il n'y avait pas eu de gouvernement national interposé entre le pays et l'occupant - ça c'est de la malhonnêteté intellectuelle,


Aucune malhonneteté intellectuelle de ma part, sur des policiers qui ont voulu avertir les juifs d'une rafle au vel d'hiv je te demande simplement : où sont les sources ? Jusqu'à preuve du contraire la police a plus contribuer à la déportation qu'au sauvetage des juifs.

« Jusqu'aux événements de 1942, globalement, les Juifs sont perçus comme une catégorie de réprouvés, une parmi d'autres, avec les communistes, les francs-maçons, les militants des organisations de gauche, les gaullistes, les étrangers suspects et autres éléments malsains dénoncés par le régime. […]
Avec un temps de retard sur le mouvement général de dégradation à l'égard du régime, l'opinion bouge enfin devant les arrestations en masse de l'été 1942 . […]
Les protestations des pasteurs et du Comité national de l'Eglise réformée, les réactions des évêques, où la force des paroles de l'archevêque de Toulouse et de l'évêque de Montauban tranche avec le souci de mesure et de loyalisme de beaucoup d'autres, brisent la complicité du silence. ( La protestation de l'archevêque de Toulouse, Mgr SALIEGE, interdite, mais diffusée partout clandestinement, date du 20 août ; celle de l'évêque de Montauban, Mgr THEAS, du 26 août 1942 ) Elles s'ajoutent à l'émotion provoquée par le spectacle des rafles, des transports, des séparations entre enfants et parents ou par les images et les récits qui en sont répandus. ».
Pierre LABORIE, L'Opinion française sous Vichy

QUOTE
Mais que gagnes tu à dresser les Français les uns contre les autres ? ne penses tu pas que les stupides conséquences de la prétendue lutte des classes n'ont pas fait assez de mal ?
Que cherches tu ? Une petite notoriété personnelle ? Comme les pompiers incendiaires ? ou es tu l'instrument basique d'une entreprise de démolition nationale ?


Je cherche juste à comprendre un période récente de notre histoire où un régime a collaboré politiquement mais aussi économiquement et là je renvoie au livre de Lacroix-Riz "Industriels et Banquiers sous l'Occupation", avec un ennemi étranger. Il ne s'agit pas de "dresser les Français les uns contre les autres" mais simplement faire de l'histoire.

Ce message a été modifié par Hadora - Sunday 12 March 2006 à 13:35.
Sunday 12 March 2006 à 16:01
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[QUOTE=Hadora,12 Mar 2006
[QUOTE]C'est sur que cette collaboration ne pouvait pas être éviter car elle était à la base voulu par nos classes dirigeantes qui dès 1936 ont conduit une politique d'apaisement diplomatique mais aussi économique envers le Reich. Il fallait collaborer avec l'ennemi extérieur, le nazisme pour vaincre l'ennemi intérieur le communisme. Il n'y a qu'à analyser la période des années 30 pour prendre conscience de la chose.

Tu es vraiment le maître du sophisme : tu viens me raconter que les gouvernements du front populaire se voulaient plus proches du nazisme que du communisme - écoute ... non ... pas ça, pas toi, pas moi.

[QUOTE]Aucune malhonneteté intellectuelle de ma part, sur des policiers qui ont voulu avertir les juifs d'une rafle au vel d'hiv je te demande simplement : où sont les sources ? Jusqu'à preuve du contraire la police a plus contribuer à la déportation qu'au sauvetage des juifs.

Parceque tu crois naïvement que des repsonsables de Services pouvaient pondre une circulaire invitant les agents à informer des Juifs ou à leur faciliter la fuite ?
Mais réfléchis un instant : cette circulaire,aurait été immédiatement transmise aux Allemands par des employés collaborateurs ( il y en avait, bien sûr dans tous les Services et à tous les niveaux) ce ne pouvait être qu'une action de type "bouche à oreille".Si tu n'as pas conscience de ça, alors tu n'es pas malhonnête,d'accord, mais tu manques singulièrement de clairvoyance.

[/QUOTE]Les protestations des pasteurs et du Comité national de l'Eglise réformée, les réactions des évêques, où la force des paroles de l'archevêque de Toulouse et de l'évêque de Montauban tranche avec le souci de mesure et de loyalisme de beaucoup d'autres, brisent la complicité du silence. ( La protestation de l'archevêque de Toulouse, Mgr SALIEGE, interdite, mais diffusée partout clandestinement, date du 20 août ; celle de l'évêque de Montauban, Mgr THEAS, du 26 août 1942 ) Elles s'ajoutent à l'émotion provoquée par le spectacle des rafles, des transports, des séparations entre enfants et parents ou par les images et les récits qui en sont répandus. ».*

Tu vois bien qu'il y a eu des protestations de personnalités - bien sûr qu'il fallait les interdire officiellement - si on ne l'avais pas fait, les Allemands auraient immédiatement accusé le gouvernement de collusion avec la clandestinité et l'auraient privé de toutes les maigres possibilités d'action qu'il avait.

[QUOTE]Je cherche juste à comprendre un période récente de notre histoire où un régime a collaboré politiquement mais aussi économiquement et là je renvoie au livre de Lacroix-Riz "Industriels et Banquiers sous l'Occupation", avec un ennemi étranger. Il ne s'agit pas de "dresser les Français les uns contre les autres" mais simplement faire de l'histoire.

Si tu veux vraiment "faire de l"histoire" et comprendre cette époque, alors puise à TOUTES les sources - lis ou relis, par exemple le livre de Jacques Isorni : Pétain a sauvé la France qui est sans doute un peu dithyrambique mais qui s'appuie sur des faits réels.
N'oublie pas que bon nombre de ceux qui ont cloué le vieil homme au pilori l'acclamaient quelques semaines auparavant - notamment à Marseille sur la Canebière.
Et essaie un peu de rompre avec ce Manichéisme si répandu chez les communistes et qui a certainement contribué à sa perte.

Ce message a été modifié par leucippe - Sunday 12 March 2006 à 16:03.
Sunday 12 March 2006 à 22:26
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QUOTE
Tu es vraiment le maître du sophisme : tu viens me raconter que les gouvernements du front populaire se voulaient plus proches du nazisme que du communisme - écoute ... non ... pas ça, pas toi, pas moi.


Je pourrais argumenter longuement sur mes propos mais ce topic ne traite pas de ce sujet.

QUOTE
Si tu veux vraiment "faire de l"histoire" et comprendre cette époque, alors puise à TOUTES les sources - lis ou relis, par exemple le livre de Jacques Isorni : Pétain a sauvé la France qui est sans doute un peu dithyrambique mais qui s'appuie sur des faits réels.


Il cite ses sources dans les notes ?

QUOTE
N'oublie pas que bon nombre de ceux qui ont cloué le vieil homme au pilori l'acclamaient quelques semaines auparavant - notamment à Marseille sur la Canebière.


Oui tout comme le faible nombre de resistants actifs dont Robert Paxton evalue à 2 % de la population française meme si je pense cela est très difficile à pouvoir chiffrer mais là on s'écarte du sujet du topic...
Monday 13 March 2006 à 03:49
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Avant de pouvoir faire un nouveau sujet n’est ce pas mieux que l’auteur dise ça propre opinion et les internautes aussi ? que d’utiliser un copier/coller ? pour se montrer plus intelligent que l’un ou l’autre de plus cela va permettre d’avoir plusieurs avis cohérant et concret puis tolérant sur un seul sujet qui va être très vaste enrichissant à lire en même temps qui permettra à tout le monde d’être dans la bonne humeur .


Ce message a été modifié par Gentleman - Monday 13 March 2006 à 03:55.
Monday 13 March 2006 à 15:14
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La police de Vichy était obligée de collaborer plus ou moins avec l'occupant, et d'appliquer les conventions d'armistice après l'anéantissement de juin 40.
Monday 13 March 2006 à 17:00
Citer +Citer
QUOTE (Hadora @ 10 Mar 2006 à 12:29)
... En 1943, Bousquet est remplacé par le chef de la milice, Joseph Darnand, qui, pour maintenir l’ensemble du pouvoir sous sa coupe, place ses camarades miliciens à des postes sensibles. Il occupe aussi l’avant scène auprès des autorités allemandes qui sont en accord avec les moyens mis en œuvre pour faciliter la vie de l’occupant et celle du régime collaborationniste. La réforme de la police a pour but de scinder l’administration derrière l’idéale du régime de Vichy.

Ce que tu rappelles plus haut me paraît difficilement discutable, sauf sur ce point : peut-on parler d'un idéal à propos d'un régime qui a eu de multiples visages, sans véritable cohérence ? En 1944, la Révolution nationale aux accents revenchards était aux oubliettes, et ce qui restait du gouvernement comptait des collaborationnistes dont on se demande bien ce qu'ils pouvaient avoir de commun avec un Weygand, par exemple. Il y a donc eu plusieurs Vichy, sans idéal commun à mon avis.
Sunday 19 March 2006 à 18:55
Citer +Citer
QUOTE (Hadora @ 12 Mar 2006 à 21:26)




Il cite ses sources dans les notes ?




Mon brave Hadora : Jacques Isorni était l'avocat de Pétain à son procès - peut il exister source plus fiable que celle de l'homme qui a étudié le dossier pendant des mois ?
Je crois vraiment, comme le dit Paysan que tu fais du copier coller sans connaître vraiment les questions que tu prétends traiter.
Sunday 19 March 2006 à 19:47
Citer +Citer
Bien sûr qu'il existe une source plus fiable, en tant qu'avocat il essaie de le défendre je te rapelle unsure.gif Une source plus objective est nettement préférable. De toute façon les faits sont là, Pétain (même si ce n'était qu'un pantin), a collaboré avec les allemands et à fait certaines rafles qui n'avaient jamais été demandées par les Allemands... !
Sunday 19 March 2006 à 20:27
Citer +Citer
QUOTE (Lys @ 19 Mar 2006 à 18:47)
Bien sûr qu'il existe une source plus fiable, en tant qu'avocat il essaie de le défendre je te rapelle unsure.gif Une source plus objective est nettement préférable.

Qu'entends-tu par "plus objective" ? Tu penses à une étude d'historien ? Mais chez les historiens aussi les avis divergent. Entre un Robert Paxton et un François-Georges Dreyfus, il y a un monde... C'est se priver d'une source de connaissance que de préférer de façon catégorique telle source à telle autre. Il vaut mieux les combiner, sans négliger de les intérpréter en fonction de leur nature bien sûr (plaidoyer ou recherche plus scientifique).

> Le livre de Paxton
> Celui de Dreyfus

QUOTE
De toute façon les faits sont là,

Bien sûr que les faits sont là. Tout dépend de ceux qu'on choisit de retenir...

QUOTE
Pétain (même si ce n'était qu'un pantin), a collaboré avec les allemands et à fait certaines rafles qui n'avaient jamais été demandées par les Allemands... !

Un "pantin" ? Dirigé par qui dans ce cas ? Par les Allemands peut-être ? Alors qu'il faisait fusiller leurs espions, alors qu'il autorisait des négociations secrètes avec l'Angleterre, alors qu'il soutenait personnellement la résistance en Alsace, alors qu'il entretenait l'esprit de revanche à travers la Révolution nationale, etc. ?

Ce message a été modifié par supercitoyen - Sunday 19 March 2006 à 20:29.
Sunday 19 March 2006 à 21:35
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QUOTE (leucippe @ 19 Mar 2006 à 17:55)


QUOTE
Mon brave Hadora : Jacques Isorni était l'avocat de Pétain à son procès - peut il exister source plus fiable que celle de l'homme qui a étudié le dossier pendant des mois ?


Je suis assez surpris que tu puisses attacher autant de valeur scientifique aux travaux de l'avocat de Petain dont le but premier était de defendre son client d'après je le présume, de nombreux témoignages à postériori des faits en question. Or je te rappel au passage que le travail de l'historien ne peut s'appuyer que sur des témoignages mais avant tout sur des sources d'époque.

QUOTE
Je crois vraiment, comme le dit Paysan que tu fais du copier coller sans connaître vraiment les questions que tu prétends traiter.


Le copier coller que j'ai fait est celui de sources originalles, d'archives provenant des archives nationales donc d'une plus grande valeur scientifique que le livre de l'avocat de Petain, un peu d'honneteté intellectuel s'il te plait avant de venir cracher sur le contenu de mes topics...
Monday 20 March 2006 à 00:02
Citer +Citer
QUOTE (Hadora @ 19 Mar 2006 à 20:35)
QUOTE (leucippe @ 19 Mar 2006 à 17:55)




Je suis assez surpris que tu puisses attacher autant de valeur scientifique aux travaux de l'avocat de Petain dont le but premier était de defendre son client d'après je le présume, de nombreux témoignages à postériori des faits en question. Or je te rappel au passage que le travail de l'historien ne peut s'appuyer que sur des témoignages mais avant tout sur des sources d'époque.



Le copier coller que j'ai fait est celui de sources originalles, d'archives provenant des archives nationales donc d'une plus grande valeur scientifique que le livre de l'avocat de Petain, un peu d'honneteté intellectuel s'il te plait avant de venir cracher sur le contenu de mes topics...

Jacques Isorni, en tant que défenseur, connaissait parfaitement le dossier Pétain.
Je t'en suggère la lecture parmi d'autres, bien entendu.
Quant aux archives officielles, elles n'ont retenu que ce qui allait dans le sens de l'accusation et, comme je te l'expliquais dans un précédent message,elles ne PEUVENT PAS contenir des pièces à décharge car celles-ci,ayant été produites pendant la période d'occupation seraient immédiatement tombées entre les mains des Allemands - ces pièces n'existent donc pas mais les chiffres concernant les déportations de Juifs en France par comparaison avec ce qu'ils sont dans les autres pays occupés démontrent à l'évidence l'action modératrice du gouvernement de Vichy.

Je suis vraiment intrigué par ton obstination à ne pas vouloir prendre cela en compte - franchement, c'est de la malhonnêteté intellectuelle et aussi le signe d'une certaine paresse intellectuelle - il est tellement plus facile de puiser passivement dans ce qui est à disposition que de creuser un peu plus la question et de rechercher si les indices indirects correspondent bien avec les affirmations officielles - si les historiens s'en étaient tenus à cette attitude, on croirait toujours au frère jumeau de louis 14 affublé du masque de fer.

Ce message a été modifié par leucippe - Monday 20 March 2006 à 00:04.


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