connaissez vous LILI BONICHE Lili Boniche Crooner de la casbah, sémillant jeune homme né en 1921, Lili Boniche est la star de la musique francarabe, ce style né de la communauté juive d'Afrique du Nord au temps où le même soleil brunissait juifs et musulmans dans les quartiers populaires des villes du Maghreb. 

Grande figure de la musique judéo-arabe, Lili Boniche est de ces artistes indémodables dont le talent est aussi vaste que la diversité de son répertoire. Adepte des mélanges, il a su teinter ses chansons d’influences occidentales sans jamais trahir son identité culturelle. Créon Music nous offre de (re)découvrir une partie de son oeuvre à travers une compilation très réussie. Lili Boniche. Un nom aux allures de sobriquet qui, pour tous ceux qui ne le connaissent pas, pourrait bien prêter à sourire. S’ils savaient ! Lili, de son vrai prénom Elie, Boniche est tout simplement l’un des plus grands noms de la musique judéo-arabe. Pour cerner les contours de son oeuvre, Créon music nous propose une belle compilation résumant un répertoire à la fois classique et moderne mais toujours fidèle à ses solides racines arabes.
Etonnant parcours musical que celui de Lili Boniche. C’est dans la musique arabo-andalouse qu’il fait ses premiers pas. Des pas de géant. A 13 ans, il maîtrise déjà le répertoire classique et le luth. Le jeune surdoué algérois grimpe les marches du succès quatre à quatre pour s’installer rapidement dans la cour des grands. Mais sa curiosité artistique l’emmènera plus loin encore. Absorbant différentes influences occidentales, la musique de Lili se nourrit de la synthèse des genres. Sa notoriété dépassera les frontières.
Tango, mambo et arabo-andalou
Comme en témoigne la compilation, l’artiste sait tout faire. Et 40 ans après, sa musique garde toujours autant de charme et de caractère. Art du mélange, Lili épouse avec une surprenante aisance des styles, tels que le tango - à l’image d’" Ana el Owerka " - ou le mambo (" Ma Bine Eih) construits à l’aide d’une orchestration adéquate, piano/accordéon/violon pour l’un, congas/racleur/clarinette/violon pour l’autre. A Monsieur Boniche ensuite de marier son chant à l’ensemble. Il trouve en arabe le ton juste et évite de s’empaler sur les dangereux écueils de la fusion.
A l’écoute de la première partie de la compilation, le profane serait tenté de croire que l’artiste ne se résume qu’à son audace artistique. Mais le disque, inversant la chronologie de son oeuvre, termine par le commencement : la musique traditionnelle. Premier amour de l’artiste et matrice de la carrière que l’on sait et dont vous avez ici un fidèle aperçu. Lili Boniche : à découvrir ou à faire découvrir
BIOGRAPHIE 
Lili Boniche
Un des plus grands noms de la chanson judéo-algérienne, Lili Boniche interprète un
répertoire varié : chaâbi, tangos, rumbas francarabes, andalou.
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Lili Boniche est né en 1921 dans une venelle de la basse casbah d’Alger, de
modestes parents juifs originaires d’Akbou ( Petite-Kabylie). Son père, mélomane et
bon joueur de mandole, a toujours encouragé les dispositions musicales de son fils
en le faisant admettre, dès l’âge de dix ans, comme élève par Saoud l’Oranais,
maître du « hawzi », un des dérivés populaires de la musique classique
arabo-andalouse tel qu’il est pratiqué à Tlemcen et dans la capitale algérienne. Lili
Boniche assimile alors ce répertoire difficile et se familiarise avec le luth. Ensuite, il
quitte Saoud pour s'initier au classique pur au sein des écoles de musique
« Moutribia » et « al-Moussilia ». D’ores et déjà considéré comme un jeune prodige, il
fait vivre sa famille en se produisant dans les fêtes familiales.
Il a quinze ans et demi quand M. Azrou, directeur de Radio-Alger, lui confie une
émission hebdomadaire consacrée au « hawzi » et au répertoire classique. Les
amateurs voient en lui un grand espoir de la musique traditionnelle algérienne, mais
Lili Boniche décide de moderniser son style, convaincu que son public a de plus en
plus de mal à suivre les compositions traditionnelles.
D'Alexandrie à Beyrouth, d'Alger à Paris (où plusieurs "cabarets orientaux" se sont
ouverts), la musique arabe se frotte à l'occident, au jazz et aux musiques
"afro-latines" en vogue. Le "maître des générations", l'Egyptien Mohamed Abdel
Wahab n'a-t-il pas composé des rumbas ? Comme les Algériens Salim Halali et
Abdel Gobansi, Lili Boniche mélange les genres : rumbas, paso doble, tangos. Il
adapte les succès occidentaux, compose des chansons en francarabe, en
mélangeant savamment les deux langues (c'est au Liban et en Egypte que le genre a
été inventé, dans les années 1900).
Lili Boniche épouse une comtesse allemande et exerce d'autres activités
professionnelles. Jusqu'en 1962, il gère quatre des plus beaux cinémas d'Alger.
Après l'indépendance il crée à Paris une société de restauration d'entreprise et vend
du matériel de bureau sans jamais lâcher tout à fait le chant, le luth et la guitare
électrique. Il ne se produit alors que dans des fêtes et des mariages. Mais à la fin des
années 80, à la demande de la communauté juive d'Algérie, il retrouve la scène et le
chemin des studios. Les cinéastes font également appel à lui et il joue dans des films
comme "Le Grand Pardon" avec Roger Hanin, autre natif de La Casbah d'Alger.
Le 10 juin 1999, il donne un unique concert à l'Olympia, accompagné au piano par
son ami Maurice el Médioni, né à Oran. Il évoque Alger et El Hadj el Anka, « notre
maître à tous » et rend hommage au musicien Mustapha Skandrani.